Culture

Denis Meyers – Remember, Souvenir

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va »

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Denis Meyers s’est battu pendant plus de trois ans pour pouvoir occuper l’ancien bâtiment Solvay voué à la destruction, Rue du Prince Albert 44 à 1050 Ixelles. L’artiste – graffeur est attaché au quartier Saint-Boniface, c’est pourquoi il tenait à réaliser cette œuvre gigantesque dans les anciens bureaux de Solvay. Il ne pensait pas que ça prendrait autant de temps, évidemment.

J’ai eu énormément de chance d’avoir obtenu des places, vu la vitesse à laquelle elles sont achetées. Et je crois que, je me considère encore plus chanceuse d’avoir eu l’opportunité d’assister à une telle exposition. À l’heure où vous lisez cet article, ARKADIA n’organise plus de visites. Mais, restez connectés sur le site, j’ai bon espoir qu’ils en organisent de nouvelles car il n’y a toujours pas de date officielle pour le début de la destruction.

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Cette exposition met en avant les talents de typographe, de graff et de scénographe de Denis Meyers. Il a pris possession du lieu. Au fil de la visite, qui respecte le sens de construction de l’artiste, on évolue en plein dans l’émotion de Denis. Le terme utilisé par le guide pour nous parler de la démarche était « Renaissance ». Renaître après le chaos. Renaître après un moment difficile et dans un lieu voué à la destruction. Denis Meyers traversait une étape douloureuse dans sa vie personnelle, les murs en témoignent. Au début de la visite, on sent que les mots sont libérateurs, qu’ils permettent de se défouler, tant pis s’ils sont sombres, et même, tant mieux. « Ne te courbe que pour aimer ».  Crever, aimer, mordre, haïr, accepter, démolir,…

Au fil du parcours, la lumière apparait, petit à petit. Certains murs sont laissés vides, permettant à chacun de reprendre son souffle. On n’est, bien sûr, pas à l’abri d’une ou deux rechutes mais, l’artiste s’ouvre, dessine et partage son expérience avec d’autres artistes. Entre autre, deux graffeurs, Arnaud Kool et Steve Locatelli, et deux photographes, Sébastien Alouf et Gilles Parmentier. Ce dernier est venu faire un travail de documentation pour permettre une postérité à cette exposition. Parce que « Remember, Souvenir » c’est ça aussi. Dès le début on n’est invité à prendre des photos et à les poster sur les réseaux sociaux en respectant les hashtag créés pour l’occasion.

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Plus Denis Meyers se libère d’un poids, plus la technique de typographie évolue, il se permet autre chose. Les lettres sont moins grosses, moins noires. Pour varier son style, il utilise différents embouts à attacher à la bombe. Ou alors, il se sert de ce que le bâtiment met à sa disposition comme des extincteurs ou une lance à incendie.

Au-delà du voyage émotionnel qu’a traversé Denis Meyers et dans lequel il nous embarque, il y a tout le poids des conditions psychologiques et météorologiques de la conception qui se ressent. Ce n’est pas anodin de n’autoriser que le noir comme couleur d’expression puisque la couleur vient, autrement, de lui, de l’innocence.

Cette exposition m’a chamboulée, émue, par moment dérangée car on entre dans son intimité. Mais l’art c’est ça. C’est bousculer, renverser, aimer, détester, choquer, émouvoir. L’art c’est un lieu, un moment. C’est Remember, Souvenir.

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(prix : 9€ par personne sur le site arkadia.be)

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