120 mots pour 120 battements par minute

Important. Bouleversant. Giffle. Coup de poing. Coup de sang. Éducatif. Romantique. Militant. Amour. Sida. Maladie. Lutte. Triste. Émouvant. Essentiel. Existentiel. Ouverture. Liberté. Magistral. Jeux d’acteurs. Réalisation. Son. Grand prix du jury à Cannes. Leçon. Humilité. Grandiose. Émotion.

On retient son souffle, sa respiration. Assis dans son fauteuil, dans le silence de cette salle qui 5 minutes avant était remplie de bruit.

Pris par l’émotion, le générique de fin défile dans un silence presque religieux. Il faut intégrer ce qu’on vient de voir sur cet écran. Personne n’arrive à se lever. Quand une femme derrière moi me donne un coup de manteau en essayant de le mettre. Un fou rire éclate. Entre rire et larme, on se dit : « c’est l’émotion ».

Processed With Darkroom

« Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant »

Comme je suis une meuf rationnelle, je vous présente les deux livres parfaits pour se détendre au bord d’une piscine le 1er septembre, quand les vacances sont finies.

En réalité, c’est un concours de circonstances. Et puis, parmi vous, il y en a peut-être qui aiment partir quand les gens rentrent de congé ? Ou vous êtes étudiant et vous vous accordez une semaine de vacances avant votre rentrée ? Ou alors, vous savez très bien lire un bouquin idéal pour les vacances, chez vous ou dans les transports pour aller au boulot ?

Bref, qui que vous soyez, il est possible que vous appréciez la lecture de ces deux romans.

Il s’agit de « Les gens heureux lisent et boivent du café » et « La vie est facile, ne t’inquiète pas » de Agnès Martin – Lugand.

C’est le genre de bouquin qu’on trouve dans une gare ou un supermarché. Ce n’est pas de la grande littérature et pourtant, ça fait du bien. La simplicité de l’écriture apportant une justesse à l’émotion et au ton.

Diane est une jeune femme d’une trentaine d’années qui se maintient en vie, tant qu’elle peut, après le décès de son mari et de leur fille. Colin et Clara. Les deux amours de sa vie.

Ça parle de deuil, de résilience, de famille, celle qu’on se choisit, de l’Irlande, de bonheur perdu et retrouvé, d’accomplissement de soi, de réveil douloureux agrémentés de café et de cigarettes, d’amitié, d’amour, de rencontres, d’au-revoir, de cœurs brisés, de reconstruction, et de renouveau. La vie quoi !

Comme je vous le disais, malgré l’écriture sans grande prétention on est plongé dans l’histoire, dans cette lutte intérieure pour rester en vie et se reconstruire. La simplicité n’enlève rien à la justesse et sublime l’émotion.

On sourit, on pleure, on voyage et on termine le deuxième roman (qui est la suite) le cœur plus léger.

Ces livres font du bien car, une fois n’est pas coutume, on apprend qu’on se remet. On se remet de tout. On a tous la capacité de surmonter les épreuves. C’est en nous. Ça prend le temps que ça prend mais, on survit. Et, parfois, on y reprend goût.

Si comme moi, la rentrée scolaire rend votre trajet en tram ou en métro très inconfortable, je vous recommande le livre afin de vous couper du monde, de suspendre le temps, juste le temps d’un trajet.

« L’aboutissement d’un deuil normal n’est en aucune façon l’oubli du disparu, mais l’aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l’aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l’existence ».
Monique Bydlowsky, Je rêve un enfant.