L’hiver sera chaud

Les fêtes de fin d’années approchant plus vite que prévu, il est temps de te parler de mes derniers coups de cœur. D’ailleurs, j’aurais très bien pu appeler cet article « Coups de cœur Cul » car je vais te présenter mes amours culturels du moment.

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J’avais aimé faire cet article cet été. C’est une bonne manière de te présenter mes derniers favoris, ces petits trucs qui rendent mon quotidien moins froid et qui m’ont réchauffé le cœur. Oui, je te promets.

Je préfère t’avertir l’article sera long. Genre hyper long. Promis, je vais essayer d’être synthétique afin que je ne te perde pas en chemin. Mais, n’hésite pas à picorer les éléments qui t’intéresse plus ou à ne pas lire tout d’une traite. Maintenant, si tu le fais, tu as ma reconnaissance et je te dis déjà merci.

Et aux plus paresseux aussi, pas d’inquiétude.

Les spectacles :

  • Les Chatouilles

Ce spectacle (mis en scène par Eric Métayer), c’est simple, c’est mon coup de cœur de l’année et toutes années confondues. Ce n’est pas que moi qui le pense puisqu’il a remporté le Molière du seul.e en scène. Pourtant, ce n’était pas forcément évident. Oui, un seul en scène qui mêle danse et théâtre pour parler de pédophilie, on a connu meilleure tentation. Et bien, je suis si heureuse de m’être ruée sur les places lors des deux représentations qu’Andrea Bescond donnait au Bozar. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu envie de crier, de danser, j’ai été émue, attendrie, en colère, impuissante, apeurée, surprise, admirative et joyeuse. Je me suis prise une claque qui m’a laissée des traces indélébiles. Rien que d’y repenser, je suis encore émue et j’ai la chaire de poule. C’est simple, je n’ai jamais assité à un spectacle de cette importance. Je n’avais jamais vu toute la salle des Bozar debout pour une standing ovation qui dura (dans ma tête et à la vue de l’état de mes mains) 1h30. Andrea pleurait et nous aussi.

J’ai tellement envie que tu ailles le voir car ça fait un bien fou de voir un spectacle si poignant. C’est si beau les personnes qui sont capables de sortir quelque chose de si créatif et de si positif après un événement traumatisant.

La bonne nouvelle c’est qu’elle va rejouer son spectacle en 2018 pour quelques représentations en France. Sincèrement, si elle passe dans une ville près de laquelle tu te rends en vacances vas-y. Si tu as envies de prévoir un petit city trip tout près, fais le en fonction d’une de ces représentations. Si tu as envie de faire l’aller-retour dans la soirée, je pense qu’elle joue dans le Nord donc, vas-y.

Si jamais tu n’as pas l’occasion de la voir sur scène, pas de panique. Je viens de lire que le film « Les Chatouilles » sortira en salle en septembre 2018.

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Voici sa page facebook pour que tu puisses réserver tes places pour sa tournée 2018.

  • S’il se passe quelque chose…

Aaaaah Vincent Dedienne I love you. Je l’ai découvert en septembre 2016 lors de la rentrée de la nouvelle émission de Yann Barthès (ex-Petit Journal) et j’en suis tombée amoureuse. Il est drôle, intelligent, intéressant, émouvant, piquant, militant et tout un tas d’autres mots positifs en -ant. J’aime son écriture et sa diction. Il parle vite et ça me plait. Depuis quelques années maintenant, il présente son spectacle, son seul en scène pour lequel il a gagné le Molière de l’humour en 2017. Il raconte sa vie et la met en scène. Et bien que ça s’apparente à un One Man Show il rejette l’appellation. En effet, on associe souvent ce dernier à un spectacle à sketch où la blague vient à chaque fin de phrase. Or ici, tout n’est pas toujours drôle. C’est même parfois franchement émouvant.

Au mois d’octobre (ou début novembre) j’ai craqué mon slip quand j’ai vu que son spectacle sortait en DVD. C’était à peine deux semaines avant qu’il annonce reprendre la tournée de son spectacle en 2018 et qu’il passerait par Bruxelles ! Mince à moi mais, chance à vous. Courrez-y, c’est le 17 et 18 mai 2018 au Théâtre 140 à Schaerbeek.

Si jamais, vous craquez sur le DVD, regardez sa première partie de Juliette Chaigneau, Mélanie Lemoine et Anaïs Harté, ses copines et co-auteures.

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S’il se passe quelque chose, le DVD, 19,99€.

Les séries télé :

  • Liar

Cette série britannique de Harry et Jack Williams est un petit bijou de 6 épisodes.

Laura Nielson (Joanne Froggatt) et Andrew Earlham (Ioan Gruffudd) sont attirés l’un par l’autre. Elle est prof, il est chirurgien. Ils décident de se voir lors d’un rencard. Tout se passe bien, l’attirance est évidente, le jeu de séduction est au point. Elle l’invite chez lui car il n’arrive pas à avoir un taxi. Et elle se réveille le lendemain à moitié déshabillée dans son lit avec l’affreuse sensation d’avoir été violée. Je ne vais pas aller plus loin dans le pitch de la série car ça desservirait le propos. Je ne peux que te la recommander. Cette série parle de la complexité des histoires de viol, autant auprès de la justice, de la réputation, de la difficulté d’accuser quelqu’un quand on a très peu de souvenirs. Lors des premiers épisodes, elle aborde la notion de consentement. Où est la limite ? Laura avait l’air partante mais elle était saoule. Je trouve le récit d’une justesse incroyable, les rôles sont tous très bien écrit et complexes.

Clairement, j’ai regardé ces 6 épisodes quasi d’un coup. Même si j’avais voulu m’arrêter, j’en étais incapable. Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre la saison 2, et ça me met en joie.

Mention spéciale aux images prises en drône de Tolesburry, un village côtier de l’Essex en Angleterre.

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  • Easy

J’ai eu l’idée géniale et assez folle de m’abonner à Netflix. Je ne sais pas si tu connais cette petite plateforme qui te permet pour genre 11€ par mois d’avoir accès à toute une sélection de films, de séries et de documentaires. Évidemment que tu connais (rires).

La série Easy est une création de Joe Swanberg pour Netflix. Elle se compose de deux saisons, pour le moment, chacune de 8 épisodes. La série se passe à Chicago et on suit différents personnages pour chaque épisode. Ce qui est très chouette, c’est qu’il y a des connexions entre les personnages puisque par exemple le mari du premier épisode de la saison 1 se retrouve dans un autre épisode puisqu’il est comédien et est cette fois-ci le « collègue » du protagoniste de l’épisode en question.
Mais en gros de quoi ça parle ?

Ben de tout. Chaque épisode aborde un sujet diffèrent comme le couple après plusieurs années de mariage, les liens familiaux, la sexualité et les rencontres, les déboires professionnels et amoureux.
En suivant, de nouveaux personnages et, du coup, une nouvelle intrigue et un nouveau thème à chaque épisode, on peut ainsi picorer et regarder un épisode par-ci et un autre par-là. C’est la série parfaite à regarder pendant le temps de ton repas ou pour prendre une pause pendant ton étude car chaque épisode et chaque histoire durent environs 25 minutes. C’est donc moins risquer de rester scotcher à ton écran toute l’après-midi.

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  • Atypical

Il s’agit d’une création originale de Netflix créée par Robia Rashid. La série est le récit initiatique de Sam Gardner (Keir Gilchrist), un adolescent atteint d’autisme.

Pour l’instant, il n’y a qu’une saison (mais, la deuxième est en cours de production) de 8 épisodes durant lesquels on suit Sam Gardner et sa famille. Ce dernier est en quête d’indépendance, il recherche une petite amie. Cela ne sera pas sans conséquences puisque ça va chambouler le fonctionnement de la famille. Finalement, cette recherche d’indépendance va se propager sur l’ensemble des personnages.

Je sais que cette série à rencontrer des avis mitigés. Certains trouvent qu’elle est touchante et réaliste alors que d’autres trouvent que la manière de représenter l’autisme et l’entourage d’une personne atteinte de cette maladie comme très réductrice et stéréotypée. Personnellement, je l’ai trouvée mignonne, touchante et intéressante. Maintenant, je ne connais pas l’autisme et je ne sais pas ce que c’est la vie de famille avec une personne atteinte de cela donc, je ne sais honnêtement pas jugée sur le fond.

Cela n’empêche que j’ai adoré le jeu d’acteur, le ton, et l’histoire de manière générale.

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Les films :

C’est marrant de se rendre compte qu’il y a des concordances dans ce qu’on aime alors qu’on en avait aucune idée. C’est ce qui arrive ici puisque je vais te présenter 3 films qui ont été réalisé par Joe Swanberg qui n’est autre que le réalisateur de la série Easy dont je te parlais plus haut. Ce qui est drôle c’est que jusqu’à l’écriture de cet article je n’avais aucune idée que ces films étaient liés à la série. Il y a plusieurs mois voire plusieurs années, j’ai découvert le film Drinking Buddies en parcourant la filmographie de Jake Johnson qui est un acteur que j’adore (tu as dû le voir dans la série New Girl). Comme j’ai adoré ce film, je me suis intéressée à celui qu’il avait co-écrit et produit : Digging for fire, que j’ai adoré aussi. Et puis, lorsque je me suis abonnée à Netflix, j’ai découvert Easy. Je n’avais pas fait attention au réalisateur de la série. Et comme Jake Johnson joue dedans je me suis à nouveau intéressé à sa filmographie et j’ai eu le plaisir de découvrir qu’il avait co-écrit et produit un nouveau film, Win It All, qui est, lui aussi, disponible sur Netflix. Comme quoi, tout à un sens.

  • Drinkingbuddies de Joe Swanberg avec Olivia Wilde, Jake Johnson, Anna Kendrick et Ron Linvingstone

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Kate et Luke travaillent dans une brasserie ensemble et semblent être parfaits l’un pour l’autre mais, ils sont tous les deux dans une relation. Leurs deux conjoints respectifs semblent, également, être idéal l’un pour l’autre.

Ce film parle de relations et de leurs complexités. Ce n’est pas parce que tout rassemble deux personnes qu’elles sont sensées être dans une relation. C’est une question d’équilibre.

  • Digging for fire avec Jake Johnson, Rosemarie DeWitt, Brie Larson, Sam Rockwell, Anna Kendrick, Orlando Bloom et Mike Birbiglia.

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C’est une histoire un peu absurde qui reprend le même ton humoristique que le film précédent. Tim trouve un os et un pistolet dans son jardin et se met alors dans la tête qu’il doit y avoir un corps enterré dans son jardin.

Jake Johnson a eu l’idée de cette histoire à la suite d’un événement similaire qui lui est arrivé. Ensemble, avec Joe Swanberg, ils ont écrit la trame de l’intrigue mais aucun scénario. Ils ont, ensuite, contacté leurs amis ou des personnes avec qui ils avaient déjà apprécié de travailler. Le film a été tourné en deux semaines.

Ça importe peu de connaître cette anecdote pour apprécier le film mais, moi, ça me fait aimer le travail de Johnson et Swanberg encore plus.

  • Win It Allavec Jake Johnson, Aislinn Derbez, Joe Lo Truglio et Keegan-Michael Key

img_5320Eddie Garrett est un joueur compulsif (gambling addict). Il n’a pas d’emploi, ni de vie sentimentale stable car son addiction ne lui permet pas de construire quelque chose. Mais, il est suivi par un parrain afin de se soigner. Un jour, un homme lui demande de garder un sac noir contenant des milliers de dollars et tout bascule. Eddie est à nouveau pris dans les travers de son addiction alors qu’il rencontre Eva.

Ce dernier film issu de la collaboration entre Jake Johnson et Joe Swanberg est, je pense, mon préféré. Il est toujours drôle, touchant, un peu rocambolesque et très bien filmé et joué.

Les livres :

  • Le secret du maride Lianne Moriarty

img_5321J’ai découvert l’auteure, Liane Moriarty, après avoir regardé Big Little Lies. En effet, c’est elle qui a écrit le livre, Petits secrets, grands mensonges, dont la série a été adaptée.

Dans Le secret du mari, on suit 3 femmes en parallèle dont les histoires semblent étrangement connectées par un événement survenu dans le passé. Tout commence lorsque Cecilia découvre, dans son grenier, une lettre écrite par son mari lui étant adressée à ne lire qu’après sa mort. Doit-elle la lire alors qu’il lui a fait promettre de ne pas l’ouvrir.

S’en suit une intrigue incroyable liant plusieurs personnages d’une ville d’Australie. Liane Moriarty à nouveau livre un tableau nuancé des liens amoureux et familiaux. Elle parle de ces rôles qu’on joue pour ne pas perdre la face et qui parfois nous bouffe de l’intérieur.

C’est un excellent roman, j’ai adoré. D’ailleurs, si tu as l’occasion je te conseille de lire également le roman Petits secrets, grands mensonges, il apporte, forcément, des nuances que ne dévoile pas la série.

Le secret du mari aux éditions Livre de Poche, 9€.

Petits secrets, grands mensonges aux éditions Livre de Poche, 9,35€

  • Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

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C’est la BD à offrir à ton oncle, ta cousine, ta pote ou ton papi. Fabcaro fait une critique absurde de la société actuelle. Tu ris à chaque page, à chaque planche à chaque case.

Zai Zai Zai Zai aux éditions Six Pieds Sous Terre, 13€.

Expo :

  • Christo & Jeanne-Claude. Urban Project. Exposition à l’ING Art Center, Mont des Arts

Le 5 décembre dernier, ma petite famille et moi-même sommes allés à l’exposition organisée par ING. Je ne connaissais absolument pas le travail de Christo et de Jeanne-Claude. Et bien, c’était une découverte incroyable. Son travail consiste, principalement, en l’emballement de bâtiment célèbre. L’exposition s’organise en deux parties. Dans la première, on peut voir les maquettes, les dessins, les plans et certaines reconstitutions de son travail. Je te conseille de prendre un guide si tu as l’occasion ou alors un audioguide afin de comprendre la complexité de son œuvre, les enjeux et le processus. Ensuite, la deuxième partie se constitue d’une projection de l’ensemble de son travail.

J’ai vraiment adoré, je te la recommande vraiment. C’est assez magique son travail car en recouvrant les monuments il les révèle. C’est beau !

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Photo Google

Christo & Jeanne-Claude. Urban Project. Exposition à l’ING Art Center, jusqu’au 25 février 2018.
Ouvert du mardi au dimanche inclus, y compris les jours fériés, ainsi que les lundis 30/10/2017, 25/12/2017, 01/01/2018 et 12/02/2018.

Horaires : De 10h à 18h.

Nocturnes tous les mercredis jusqu’à 21h.

Humoriste :

  • Tristan Lopin

J’ai découvert cet humoriste un peu par hasard sur Facebook à la suite d’une vidéo qu’il a tourné sur la journée internationale contre les violences faites aux femmes le 25 novembre dernier. Je l’ai trouvé juste et si drôle que j’ai regardé quasi d’un coup toutes ses vidéos.

Elles ont toutes un format d’environ 5 minutes et traitent, à chaque fois, d’un sujet différent qui peut aller de « les voyages en avion » à « l’homophobie ». Elles ont toutes le même format, Tristan Lopin simule une conversation téléphonique dans laquelle interviennent une multitude de personnages.

C’est drôle et intelligent. C’est militant et bienveillant. C’est distrayant et émouvant.

Voici sa chaîne YouTube, passe un bon moment.

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La musique :

J’ai eu la chance de voir ces deux artistes lors du concert à l’occasion des 7 ans de Bruxelles Ma Belle. Le concept de cet événement annuel est d’organiser un concert avec des artistes belges et internationaux dans le but de promouvoir un lieu de la Culture bruxelloise. Cette année, le concert avait lieu au musée de la Bande-Dessinée. En plus de Juicy, deux jeunes bruxelloises qui reprenne du RNB comme dans les années 90 et début 2000 et, Halehan, un jeune chanteur qui ne m’a pas marqué, j’ai eu le plaisir d’écouter Juliette Armanet et Angèle.

  • Juliette Armanet

img_5325On dit d’elle que c’est la nouvelle Véronique Sanson. Juliette c’est une voix, un piano, de beaux textes, de belles mélodies et une incroyable présence scénique. Elle est incroyablement divinement génialissime !

Je te laisse découvrir ma chanson préférée afin que tu puisses juger par toi-même : https://www.youtube.com/watch?v=v4wtUggSzzg&ab_channel=garigarikun2011.

  • Angèle

img_5326Étant la fille de Laurence Bibot et de Marka et, donc en toute logique, la sœur de Roméo Elvis, il n’est pas étonnant qu’Angèle soit bourrée de talent. Je l’ai découverte via Instagram où elle publiait des petits montages vidéos où elle reprenait des chansons connues ou improvisait une composition. Depuis, elle a fait du chemin en sortant son premier clip, La Loi de Murphy (qui est d’ailleurs réalisé par la très talentueuse Charlotte Abramow). J’aime beaucoup cette chanson mais, ce n’est rien à côté de ses autres compositions. Elle a plein d’humour et de second degré dans ses textes. Elle a une présence scénique incroyable et elle te transmet son énergie. J’ai hâte que son album sorte en 2018.

La Loi de Murphy : https://www.youtube.com/watch?v=zGyThu7EAHQ&ab_channel=Ang%C3%A8le

SKAM, jeg elsker deg !

J’étais parti pour t’écrire un article sur mes favoris de cet hiver mais voilà que mon premier truc préféré me fait déjà 3 pages (en format word). Du coup, pour ne pas te surcharger et te perdre en cours de lecture, je vais consacrer un article entier à ce favori. Et promis, la suite arrive, ainsi que d’autres articles qui ne demandent qu’à être écrit (oui oui oui).

Il y a quelques semaines maintenant, sur la page instagram de Madmoizelle (et ensuite sur le site), of course, j’entendais les rédactrices ne pas tarir d’éloges sur la série Skam. Curieuse que je suis, surtout en ce qui concerne les séries télé, j’ai regardé le premier épisode. Et là, coup de foudre !

Mince j’ai encore bingewatcher !

SKAM de Julie Andem est une série norvégienne sur l’adolescence. Mais, ici pas de cliché servit à la sauce américaine des séries qui sont sensé te faire croire que les personnages ont 16 ans alors qu’ils s’habillent et se maquillent comme même toi tu ne le fais pas quand tu sors le vendredi soir alors que t’as quasi 30 ans. Non, ici c’est crédible, c’est moderne et réaliste. Je lisais une interview de la créatrice, Julie Andem, qui expliquait qu’elle avait recherché des vêtements de sa garde-robe d’adolescente pour la première saison. Elle racontait qu’elle avait envie de montrer stylistiquement un vrai adolescent. Ce dernier fait très souvent des erreurs et va à l’école trop maquillé un jour et pas du tout le lendemain. Il n’y a pas toujours de constance et la plupart du temps, il se cherche. Je trouve qu’elle a très bien su rendre cette réalité, je me rappelle qu’il m’est arrivé d’aller à l’école avec du noir pailleté sur les yeux en grosse couche épaisse, simplement parce que c’était nouveau.

Sinon de quoi ça parle ? Parce que bon, l’adolescence c’est vaste.

Et bien justement, cette série aborde plusieurs thèmes qui ne sont pas réservé exclusivement à l’ado d’ailleurs. C’est pour ça que j’ai aimé, pour la diversité des sujets abordé : la sexualité, les relations amoureuses, l’amitié, la religion, le féminisme, le slutshaming, la différence/tolérance, le cyberharcèlement, etc.

Skam se divise en 4 saisons d’une dizaine d’épisodes chacun. Bien qu’on suive le même groupe d’ado fréquentant le même lycée, chaque saison se concentre sur un personnage différent. On découvre Eva, une jeune femme qui cherche à avoir confiance en elle et qui écoute peut-être trop l’opinion des autres ; Noora, une jeune féministe qui casse l’image cliché de l’ado décérébré qui n’est intéressé que par le sexe et l’alcool ; Isak, l’ado qui se cherche sexuellement (il en fallait un) ; et, Sana, de confession musulmane, elle cherche son équilibre entre ces deux cultures qui quelque fois s’opposent fortement.

L’amitié est un des sujets principaux de la série. Dès le premier épisode, on comprend qu’Eva n’a plus d’amie à cause d’une dispute, très certainement à cause d’un garçon. Et on sait toutes combien il est difficile, quelquefois, d’avoir des amitiés entre filles qui perdurent malgré les histoires qui impliquent un garçon. Mais, très vite, Eva va rencontrer par hasard d’autres filles et se lier d’amitiés. À travers les saisons, les épreuves, les divergences d’opinions, Eva, Sana, Noora, Chris et Vilde vont se souder et lier une très jolie amitié.

Chaque saison est différente puisque se concentre sur quelqu’un d’autre. Mais, le ton ne change pas. On continue de présenter ce que c’est d’être un ado aujourd’hui, quelles questions ça se posent, quels liens ça tissent, quels sujets le passionnent. Finalement, à 27 ans, je ne me sens pas si éloignée des protagonistes.

J’ai adoré cette série et particulièrement 4 scènes, chacune d’une saison différente. Donc, attention spoiler, mais, je vais te les présenter ici bas :

  • Saison 1 : la scène de rupture entre Eva et Jonas. Je l’adore. Déjà pour la manière dont elle est filmée avec des sauts dans le temps. Ensuite pour se qu’elle raconte. Après quelques épisodes douloureux entre eux, Eva décide de se choisir elle-même. Malgré l’amour qu’elle ressent. Elle admet que la culpabilité qu’elle a ressentie au début de leur relation l’a fait douter d’elle-même. Elle a été incapable de se faire confiance. Ainsi, l’opinion de Jonas valait plus que la sienne. C’est beau d’arriver à avoir ce recul et de pouvoir réaliser que malgré l’amour la relation ne marche pas.

  • Saison 2 : « tu es forte et indépendante quand tu es capable de changer tes opinions ». C’est une phrase que Sana prononce à l’égard de Noora. Pendant toute cette saison elle tombe amoureuse du coureur de jupon (quelle horrible expression) du lycée. Cela est, pour elle, incompatible avec son caractère indépendant et ses convictions féministe. Je trouve ça très intéressant de montrer que tomber amoureuse du cliché de l’adolescent trop sûr de lui pour bien se comporter avec les filles ne remet pas en question notre personnalité et notre manière de nous voir si on se fait confiance. La politique et l’amour se situe à deux endroits différents. Si la relation n’empêche pas que l’on reste soi-même, alors on peut tomber amoureux.se de n’importe qui.

Ce n’est ni la bonne conversation ni la bonne saison, je sais.

  • Saison 3 : Isak est l’adolescent qui se questionne sexuellement. Lors de cette saison il tombe amoureux d’Even, un jeune homme tourmenté et tourmentant. Ce qui est très intéressant dans cette saison, c’est le raisonnement et le chemin que parcourt Isak avant d’admettre son attirance et sa sexualité homosexuelle. Une des superbes scènes de cette saison est la discussion qu’il partage avec son colocataire, lui aussi homosexuel. Isak lui explique qu’il n’est pas vraiment gay. Du moins, pas comme lui. S’en suit un malaise car il tient un dicours à la limite de l’homophobie car on comprend qu’Isak fait référence au physique, au goût vestimentaire et au choix musicaux. La réponse d’Eskild (le coloc) est parfaite puisqu’il lui explique que des milliers de personnes avant lui se sont battus pour qu’il puisse plus facilement accepter d’être homosexuel. Cela ne s’est pas fait sans insultes, jugements et coups. Et que temps qu’il ne sera pas passé par là il ne pourra juger personne.

Je souhaiterais quand même faire une mention spéciale à la scène où Isak dit à son meilleur ami, Jonas, qu’il est amoureux d’un autre garçon et que cela ne provoque aucune réaction. C’est comme s’il venait de lui dire qu’en fait il préfère porter du rouge que du bleu. La sexualité de son meilleur ne l’intéresse pas, il veut en connaître davantage sur la personne dont ce dernier est amoureux. Je trouve ça tellement rafraichissant que dans une série télé (et dans la vie) le coming out de quelqu’un soit un non-événement au même titre que n’importe quelle relation hétérosexuelle.

  • Saison  4 : je pense qu’il s’agit de ma saison préférée de tout Skam car elle traite de beaucoup de sujets différents qui m’intéressent beaucoup comme, la religion, le mélange de culture, la tolérance, l’amitié entre filles, le cyberharcèlement, l’amour, etc. Sana cherche son équilibre entre la culture musulmane de sa famille et la société norvégienne. Un de mes scènes préférées (c’était particulièrement difficile d’en choisir une), c’est la discussion entre Sana et Isak après qu’elle ait volé des conversations privées qu’il avait eu avec une autre personne. C’est une belle leçon de tolérance. Sana lui explique que c’est difficile pour elle en ce moment, d’arriver à concilier sa religion avec la vie au lycée et ses amis. Elle lui raconte que ce n’est pas évident tous les jours de porter son voile. Entre les regards des uns, les opinions des autres et ceux qui sont persuadés qu’elle est une femme soumise et qu’ils peuvent la sauver, il est difficile de ne pas être en colère, tout le temps. Isak lui répond qu’il ne sait pas quoi lui dire. Sana lui répond qu’il est parfois mieux de se taire que de poser des questions débiles et racistes. Et bien, pour Isak, non. Justement. Selon lui, il est important de continuer de répondre aux questions, même si elles sont débiles et racistes. Surtout, si elles sont débiles et racistes. C’est en arrêtant d’y répondre que ça devient dangereux car les gens se construisent leurs propres réponses.

Ce qu’il est important d’avoir en tête, c’est que cette belle leçon nous est donnée par Isak qui est en relation avec un autre homme. Des questions débiles et homophobes ainsi que des regards et des jugements de la part des autres il en reçoit aussi.

Bref, j’ai adoré cette série. C’est un véritable plongeon dans l’adolescence en Norvège. Ce n’est pas très différents que chez nous. Cette période de la vie est universelle et les questions qu’on se pose aussi. De plus, ces questionnements, ces doutes et ces remises en question ne se limitent pas à l’adolescence.

Ok, ça a l’air pas mal mais, une série en norvégien, je ne suis pas certaine. C’est chelou la langue, non ?!

Et bien je trouve que ça apporte du charme. Très vite on s’habitue en plus. Et en plus, ça donne envie d’y aller, de découvrir mieux ces pays du Nord où je n’ai jamais été. Sauf Copenhague (je t’en parlais, ici).

En plus de parler de plusieurs sujets complètement différents, on apprend plein de choses. Notamment, sur la culture norvégienne et la tradition des Russ Bus, une fête estudiantine. En prime, tu feras des découvertes musicales intéressantes !

Alors, convaincu.e.s ?

Parce que nos guerres ont changé

Mince, je suis en retard. Je m’étais pourtant promis de te parler d’un livre tous les mois quoi qu’il arrive. Coûte que coûte !

On aura qu’à dire que celui dont je vais te parler aujourd’hui vaut pour le mois de novembre. Je tâcherai de t’en présenter un autre d’ici la fin du mois. Croix de bois, croix de fer, si je mens je vais…

Alors, qu’ai-je lu ?

Si je te dis Sophie-Marie Larrouy ?

Si je te dis L’art de la guerre ?

Si je te dis girouette ? Non pardon ça c’est autre chose.

Tu me demanderas qu’est-ce qui peut bien réunir cette auteure et ce livre ?

Eh bien, un autre livre justement, j’ai nommé « L’art de la guerre 2 ».

« 2500 ans après Sun Tzu, Sophie-Marie Larrouy écrit la suite du premier best-seller de l’histoire.

Parce que nos guerres ont changé.

Parce qu’on a plutôt en mémoire des galères de couples que des souvenirs de batailles en rase campagne.

Parce que l’odeur des sapinettes accrochées au rétro nous est plus familières que celle des bivouacs militaires.

Parce qu’il est beaucoup plus dur d’aimer les gens que d’être fâché tout le temps. »

Sophie-Marie Larrouy, SML pour les connaisseurs, se raconte. Elle parle de sa quête d’elle-même.

Elle vient du monde des sensibles. De cette sensibilité qui dégouline des mains, qui déborde et dont on ne sait que faire. Dans la moindre des décisions à prendre, on est happé. La sensibilité comme frein pour appartenir à l’autre monde, celui de l’autre côté de la tranchée. Celui des maisons de famille à l’île d’Yeu, des mains de pianiste et des cheveux propres.

Sophie-Marie Larrouy se raconte, depuis son enfance dans les Vosges à sa vie d’adulte à Paris. Sur le chemin, elle en a connu des déboires. Des histoires de cœur, d’amour-propre, de liens familiaux, de recherche de soi-même.

En se racontant, elle raconte l’histoire la plus universelle qui soit. Celle qui nous arrive à nous tous. À chaque chapitre, on retrouve un peu de soi-même. Entre les premiers jobs foireux, les plans cul, le spleen de l’adolescence qui déborde jusqu’à l’âge adulte car on a du mal à trouver sa voix. On ne nous apprend pas à s’écouter et à se faire confiance.

L’art de la guerre 2, c’est notre guerre à tous contre nous-même afin de nous aimer nous-même. C’est nous apprendre construire sa maison, pour reprendre une de ses expressions. Tu sais, cet endroit où tu es chez toi autant en dehors qu’en-dedans. Tu t’es fait des relations essentielles et tu as pardonner à tes parents et à toi-même. Tu embrasses ce spleen qui t’habite afin de t’accomplir.

Le petit bonus de ce livre, c’est Johnny. Concours de circonstance que l’actualité résonne si bien avec ce roman. En effet, on se rend compte de l’importance qu’a eu Johnny. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, on connait tous – on aime tous – au moins l’une de ses chansons. Il faisait partie du décor sonore.

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J’ai découvert Sophie-Marie Larrouy il y a de ça un peu près un an. Je t’en avais d’ailleurs parlé dans cet article puisque c’est elle qui coanime l’emifion (le podcast qui parle de sexe, de relations, et de sexe). En m’intéressant à elle, je me suis rendu compte que je la connaissais à travers Vaness’ La Bomba (vas-y clique, c’est tellement marrant).

Grâce au compte Instagram lartdelaguerre2, SML t’offre la possibilité de gagner un peu près l’équivalent de ton poids en livres. Et, très fréquemment, elle offre la version audio de son roman.

J’ai eu le plaisir d’en gagner un exemplaire et c’est génial. Il faut savoir que Sophie-Marie Larrouy est comédienne en plus d’être auteure et podcasteuse (ça se dit ?).

Je n’avais jamais écouté un livre. À part quand j’étais petite sur la route des vacances, je me rappelle être coincé à l’arrière de la Passat entre mon frère et ma sœur à écouter Vendredi ou la vie sauvage. C’est réellement une autre façon de découvrir le roman, par la voix de l’auteure, avec ses intonations et son émotion. C’est une très chouette expérience à faire quand tu es trop fatiguée pour lire ou que tu es debout dans le tram et que tu ne peux pas te tenir et lire en même temps.

Je te recommande très certainement la lecture ou l’écoute de ce livre !

L’audiolivre est disponible ici.

 

Lettre à un mal-aimé pour mieux aimer

Salut toi, mon compagnon de route, mon pote de régiment.

Il est 22 heures passées, un vendredi de non sortie et de maladie. Une bonne heure pour t’écrire, en somme.

Pour enfin en finir avec l’addition. Régler mes comptes.

Je ne t’ai pas choisi, on ne m’a pas demandé mon avis. En clair, j’ai fait avec, sans grand enthousiasme non plus.

Pendant longtemps.

Tu étais maladroit, tu as grandi trop vite. Tu étais comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Tiens, c’est marrant cette comparaison.

Mon prénom signifie la grâce, en insistant sur le a et avec c. Sinon, c’est un tout autre spectacle. Disons qu’on se rapproche plus de Fantasia que du Lac des Cygnes. À moins d’y être Le vilain petit canard.

Ne le prend pas comme une insulte, je te le dis sans amertume.

Je te le dis juste comme ça, pour regarder les choses en face et pouvoir avancer. Les complexes ce ne sont que des bou(rre)lets aux pieds et un poids sur les épaules.

Les tiennes sont fortes, on peut encaisser. Tenir le coup, tenir le choc.

Ça me fait drôle de t’écrire. C’est comme si je renouais avec toi alors que je te vois tous les jours.

Mais, je ne te regardais plus.

Pas par dégoût. Ou pas le mien.

J’ai longtemps cru que je t’aimerais davantage si. Avec des un peu plus ou des un peu moins. Que je ne pouvais pas t’aimer comme ça.

Pourtant, force est de constater que tu m’as toujours rendu service.

Tu t’essouffles pour me dire de me bouger, tu as des crampes quand je manque de magnésium, tu te contractes une fois par mois pour te soigner comme au temps où on pratiquait des saignées, tu manges de tout, avec un plaisir mitigé, certes. Mais, tu me permets de tenir debout, devant mon miroir et de me rappeler que malgré les bas, tu as toujours été là. Fidèle.

Réagissant à la moindre de mes émotions, disparaissant à certains moments pour laisser ce trop plein de sentiments faire leur bonhomme de chemin et emporter avec eux un peu de mon amour propre.

Et puis tu revenais, comme un matin d’hiver où le soleil se fraye un chemin entre les rideaux et te laisses deviner la lumière éclatante d’un jour de neige. Tu réapparaissais sûr de toi, de moi pour que ce matin ne soit pas le même qu’hier. Qu’il soit meilleur.

Tu me renvoyais un reflet qui me criait de m’apprendre à t’aimer. Surtout, parce qu’en vrai je m’aime déjà. Et qu’il n’y a rien de mal à ça. Qu’en fait, c’est tout ce qui importe, s’aimer soi, t’aimer toi, m’aimer moi. Si au passage d’autres m’aiment aussi, c’est bien. Ce n’est pas le but. Je veux qu’ils m’aiment parce que je t’aime comme tu es. Je ne veux pas d’amour avec des si, des reproches et de la non-estime de soi. De toi.

Alors oui, tu pourrais être un peu plus ou, un peu moins. Mais, je le pourrais aussi.

Te demander de changer pour que je m’aime mieux, ça ne marche pas. Ça ne marche jamais.

Surtout, que si je me pose 5 minutes – non ok, une bonne demi-heure – devant le miroir, je réalise que ne déteste pas ce que je vois. Au contraire.

Tu transportes avec toi mon fardeau. Comme des stigmates de la vie, de ma vie. Tu es rempli de mes blessures, de mes doutes et de mes forces. Il n’y a rien à ne pas aimer chez toi. Sans doute, y-a-t-il trop à aimer ? Et comme on dit chez moi, mieux vaut trop que pas assez.

C’est dans ton bas ventre que se situe ma confiance en moi, mon centre de gravité. Tu sers tes abdos, non pas pour rentrer ton ventre mais, pour te stabiliser. Pour avoir de la posture de la présence. Et le reste suit. Tes épaules se redressent, ton menton se lève effaçant se trop plein de peau. Tu souris.

Te voir comme ça, à demi nue, émue et pourtant pas vulnérable. Je te crie que je t’aime et te demande pardon.

Je t’ai maltraité, mal aimé.

Mais, cher corps, c’est fini.

Je te rhabille de mon jean noir moulant délaissé depuis trop de temps au profit d’un jean baggy. Je t’enfile un haut semi transparent qui laisse deviner une lingerie en dentelle. Et je te mets du rouge aux lèvres, pas pour me sentir belle mais, pour continuer. Pour ne plus te cacher.

Cher corps, je t’aime.