Cette musique dans ma tête

De temps en temps, il m’arrive de regarder l’émission Quotidien de Yann Barthes. Il y a un moment que j’affectionne tout particulièrement c’est la « La Playlist des Invités » où les dits invités attribuent une chanson à une situation.

Comme j’aime bien la musique et que j’aime bien les situations ou, plutôt, être dans des situations, j’ai eu envie de me prêter au jeu. De moi aussi essayer d’attribuer une musique à un moment.

Cette playlist ça fait bien deux semaines minimum que je l’ai démarrée et je me suis rendue compte que parfois, c’est une musique qui s’attribue à une situation.

C’est drôle de se rendre compte qu’il arrive que les paroles ne correspondent pas forcément à ce que la mélodie nous avait inspirée. Mais c’est le jeu. Alors voici la musique dans ma tête lors de certaines situations.

Vous pouvez écouter cette playlist sur Youtube ou sur Spotify.

  • Pour commencer la soirée

Can’t Do Without You de Caribou

  • Pour être mélancolique

Experience de Ludovico Einaudi

  • Pour surmonter sa gueule de bois

(Sittin’ On) The Dock of the Bay d’Otis Redding

  • Pour une nuit d’amour

Amours d’Été de Branko (ft. Pierre Kwenders)

  • Pour regarder le paysage par la fenêtre du train, par exemple

Mystery of Love de Sufjan Stevens

  • Pour faire la fête, danser comme des fous

Only You de Steve Monite

  • Pour marcher avec attitude dans un aéroport

Prettiest Virgin d’Agar Agar

  • Pour emballer ton crush

Zina de Babylone

  • Pour chanter à tue-tête des paroles que tu connais par cœur mais sur un air différent

Torn de James TW

  • Pour rappeler aux gens que tu es une femme dans un monde d’hommes et que, putain, c’est pas toujours facile

SLT de Suzane

  • Pour te rappeler que parfois ils savent se remettre en question

#METOO de Vin’s

  • Pour faire une pause, se laisser envahir par la musique, sentir cette force dans nos veines, cette énergie nouvelle dans notre corps

Hey You de Pink Floyd

  • Pour quand on a un peu honte mais qu’on va s’enjailler quand même

Comportement d’Aya Nakamura

  • Pour te rappeler que tout le monde passe par là

La Résiliation de Ben Mazué

  • Pour un jour se remémorer lors de mes funérailles car, selon moi, c’est la plus belle chanson du monde

Kozmic Blues de Janis Joplin

  • Pour aimer le cinéma

Tajabone d’Ismaël Lô dans Todo Sobre Mi Madre d’Almodovar

  • Pour danser entre copines

Danza Kuduro de Don Omar

  • Pour te laisser envahir par cette petite déprime passagère du dimanche soir, pleurer un coup pour des raisons insoupçonnées et inconnues, pour sentir ce poids lourd dans ton cœur

Visions of Gideon de Sufjan Stevens (et oui encore un morceau de Call Me By Your Name de Luca Guadagnino mais en même temps ci vous avez lu cet article vous savez mon amour pour ce film)

  • Pour accepter d’être différent

Saint-Claude de Christine and the Queens

  • Pour danser comme si personne ne nous regarde ou pas d’ailleurs, car, en vrai, on s’en fout

Un autre que moi de Fishbach

  • Pour avoir chaud dans ton cœur un jour de pluie

River de Leon Bridges

  • Pour soigner ton arrivée en soirée

Uproar de Lil Wayne et Swizz Beatz

  • Pour écouter à fond la caisse lors de voyages en voiture quand on était petit

I am a Rock de Simon & Garfunkel

  • Pour philosopher sur le sens de la vie sachant la relativité du temps et qu’en fait tout est éphémère, qu’on va tous vieillir et puis mourir, inévitablement

Avec le Temps de Léo Ferré

  • Pour se donner du courage

Bloody Mother Fucking Asshole de Martha Wainwright

  • Pour revenir au calme après la tempête ou comment gérer sa propre frustration

Catharsis d’Ivan Paduart, Quentin Dujardin et Richard Bona

  • Pour se détendre dans un bain chaud après une journée compliquée ou parce qu’on a froid

Otherwise de Morcheeba

  • Pour pouvoir faire la vague avec la main à la fenêtre de la voiture

Rippin Kittin de Golden Boy with Miss Kittin

  • Pour faire genre t’es un vrai car tu connais un peu les paroles, enfin tu crois que tu connais les paroles, vas-y on coupe la musique pour voir

DKR de Booba

  • Pour pleurer un bon coup

To build a home de The Cinematic Orchestra

  • Pour avoir l’impression que tout le monde va se mettre à danser et chanter, comme dans une comédie musicale, sur le chemin pour aller au travail

Under Pressure de David Bowie et Queen

  • Pour avouer un peu une part de ma vérité

Desmurs d’Eddy de Pretto

  • Pour faire le point

Romeo and Juliet de Dire Straits

  • Pour se sentir à la maison, avec ses colocs d’amour

One Fudge d’El Fudge

  • Pour cuisiner et rissoler au rythme de la musique

I Heard it Through the Grapevine de Creedence Clearwater Revival

  • Pour quitter quelqu’un que tu as aimé

Babe I’m Gonna Leave You de Led Zeppelin

  • Pour annoncer calmement la fin de soirée

Une miss s’immisce d’Exotica

Et pour vous ?

L’entretien d’embauche

Pour ceux d’entre-vous qui êtes passés par là, vous le savez ce n’est pas chose aisée de passer un entretien d’embauche.

Déjà parce que se vendre c’est chaud, ensuite parce que se vendre devant 2 ou 3 personnes (le minimum) c’est hyper compliqué. Et intimidant.

En ce moment, c’est ma routine de me preparer et d’aller à des entretiens d’embauche. J’ai toujours envie d’être ultra bien sapée et bien aprêtée. S’ils m’engagent, ils risquent d’être ultra déçus car ma base vestimentaire se compose d’un jean, tee-shirt basique et d’un pull coloré. Au pied, j’ai souvent une paire de basket ou des Doc quand j’ai envie. Mon maquillage ? Les sourcils frère, et souvent c’est tout.

Mais pour un entretien d’embauche, je fais un effort. Car comme toute femme qui se respecte (et qui vit dans une société dominée par l’image) j’ai le plus confiance en moi quand je fais un effort vestimentaire, que je suis maquillée mais comme si c’était naturel et que je porte une culotte et un soutien assorti.

Je me dis que si les (futurs) employeurs savaient le mal qu’on se donne, peut-être qu’ils feraient eux aussi un effort léger de sourire de temps en temps, de te mettre à l’aise et en confiance. Ou alors, juste de ne pas te donner l’air de retenir un pet durant toute l’interview tellement tu es gênée.

Car on a beau avoir mis toutes les chances de son côté, porté un ensemble de sous-vêtements assortis (évidemment ils ne le savent pas et ne leur dites pas, c’est mieux) et préparer nos éventuelles réponses devant le miroir plusieurs fois le matin même, on ne maitrise pas entièrement le déroulement d’un entretien. On ne maitrise pas forcément toutes les questions qu’ils vont poser. Même après plusieurs entretiens dans des domaines et organisations différents, ils arrivent toujours à te poser LA question. Celle que tu n’avais pas vue venir, même pas envisagée. Et je ne parle pas d’éventuelles questions mysogynes, car étant une femme, à ça je suis préparée. Non, je parle de LA question qui vient après une série qui n’avait que pour unique vocation : te déstabiliser. Cette question souvent elle implique que tu aies déjà travaillé pour eux et que tu aies un recul sur la fonction au point de pouvoir en faire une analyse la plus objective possible. En gros, à cette question il n’y a pas de bonne réponse. Du moins, tu ne peux pas la connaître. Du coup, t’y vas au culot, tu tentes un truc, tu imagines. C’est risqué, tu pries l’univers que ton déo bio tienne le coup car tu n’as pas le choix, tu dois répondre à la question. Si tu es devant des gens bienveillants (ce qui est rare s’ils t’ont posés cette question mais souvent, dans le groupe à qui tu t’adresses, c’est à ce moment que l’un d’entre eux a un peu pitié pour toi) une discussion va naître car ils ne te laisseront pas seule dans ta réponse. Par contre, si tu es devant des gens qui ont très peu de considération pour l’humain, même s’ils travaillent dans le social (surtout s’ils travaillent dans le social), ils vont te laisser seule, te regarder intensément en te disant que tu as le temps de réfléchir, tu peux même écrire si ça t’aide à formuler ta réponse. Tout en commençant un air nerveux avec le bouton pour ouvrir et fermer leur bic. Tu as le temps, bien sûr.

C’est à ce moment que tu comprends que certains voient en l’entretien d’embauche l’occasion de flatter leur égo. Pourquoi veux-tu travailler pour nous ? Qu’est-ce qui fait que notre organisation te plaît plus qu’une autre ? Que penses-tu de notre travail ? De notre manière de le faire ? Que penses-tu de nous ? De moi ? Est-ce que tu m’aimes ?

Biensur qu’une série des questions évoquées plus haut sont logiques mais, c’est l’attente de la réponse qui ne l’est pas. Il y a une réponse idéale qu’on ne sait pas et qui ne peut pas être sue à moins d’avoir travailler pour eux ou alors d’être ultra faux-cul. Car ce qu’ils oublient souvent, c’est que quant on est en recherche d’emploi, on postule à plusieurs choses, que ça arrive que notre seule motivation soit de trouver une activité. Mais on ne peut pas leur dire que leur offre d’emploi représente l’opportunité de troquer son pyjama pour son jean qui nous manque et de sortir de chez soi quelques heures par jour afin de ne pas complêtement basculer dans une relation dépendante affective avec son chat.

Non, ils ne savent pas non plus (ne veulent pas savoir) qu’on a plusieurs entretiens sur le feu, qu’on est en attente de réponses de la part de différentes organisations. Que ce qui nous ferait choisir l’une ou l’autre c’est probablement le salaire et le fait qu’ils veulent de nous. Non, ça ils ne veulent pas le savoir. Alors on danse ensemble ce rock infernal dont personne ne connaît les pas mais tout le monde fait semblant. Il faut donner l’impression de maîtriser. Même si tu doutes. Même si ça commence à faire mal cet enchaînement d’entretiens qui ne mènent nulle part. Même si tu t’interroges, du coup, sur ce que tu vaux, ce que tu as offrir, si tu as choisi le bon métier, s’il y a quelque chose que tu fais mal. Même si toute cette danse infernale ne te donne que courbatures a force de ne pas savoir, d’avoir le sentiment de faire genre tout le temps.

Le plus dure c’est que tu ne sais pas quand ça va s’arrêter. Alors tu continues, en donnant davantage le sentiment d’y croire alors que le cœur n’y est plus.

Livreur Deliveroo c’est une bonne situation ?

Merde… j’aime pas le vélo