L’entretien d’embauche

Pour ceux d’entre-vous qui êtes passés par là, vous le savez ce n’est pas chose aisée de passer un entretien d’embauche.

Déjà parce que se vendre c’est chaud, ensuite parce que se vendre devant 2 ou 3 personnes (le minimum) c’est hyper compliqué. Et intimidant.

En ce moment, c’est ma routine de me preparer et d’aller à des entretiens d’embauche. J’ai toujours envie d’être ultra bien sapée et bien aprêtée. S’ils m’engagent, ils risquent d’être ultra déçus car ma base vestimentaire se compose d’un jean, tee-shirt basique et d’un pull coloré. Au pied, j’ai souvent une paire de basket ou des Doc quand j’ai envie. Mon maquillage ? Les sourcils frère, et souvent c’est tout.

Mais pour un entretien d’embauche, je fais un effort. Car comme toute femme qui se respecte (et qui vit dans une société dominée par l’image) j’ai le plus confiance en moi quand je fais un effort vestimentaire, que je suis maquillée mais comme si c’était naturel et que je porte une culotte et un soutien assorti.

Je me dis que si les (futurs) employeurs savaient le mal qu’on se donne, peut-être qu’ils feraient eux aussi un effort léger de sourire de temps en temps, de te mettre à l’aise et en confiance. Ou alors, juste de ne pas te donner l’air de retenir un pet durant toute l’interview tellement tu es gênée.

Car on a beau avoir mis toutes les chances de son côté, porté un ensemble de sous-vêtements assortis (évidemment ils ne le savent pas et ne leur dites pas, c’est mieux) et préparer nos éventuelles réponses devant le miroir plusieurs fois le matin même, on ne maitrise pas entièrement le déroulement d’un entretien. On ne maitrise pas forcément toutes les questions qu’ils vont poser. Même après plusieurs entretiens dans des domaines et organisations différents, ils arrivent toujours à te poser LA question. Celle que tu n’avais pas vue venir, même pas envisagée. Et je ne parle pas d’éventuelles questions mysogynes, car étant une femme, à ça je suis préparée. Non, je parle de LA question qui vient après une série qui n’avait que pour unique vocation : te déstabiliser. Cette question souvent elle implique que tu aies déjà travaillé pour eux et que tu aies un recul sur la fonction au point de pouvoir en faire une analyse la plus objective possible. En gros, à cette question il n’y a pas de bonne réponse. Du moins, tu ne peux pas la connaître. Du coup, t’y vas au culot, tu tentes un truc, tu imagines. C’est risqué, tu pries l’univers que ton déo bio tienne le coup car tu n’as pas le choix, tu dois répondre à la question. Si tu es devant des gens bienveillants (ce qui est rare s’ils t’ont posés cette question mais souvent, dans le groupe à qui tu t’adresses, c’est à ce moment que l’un d’entre eux a un peu pitié pour toi) une discussion va naître car ils ne te laisseront pas seule dans ta réponse. Par contre, si tu es devant des gens qui ont très peu de considération pour l’humain, même s’ils travaillent dans le social (surtout s’ils travaillent dans le social), ils vont te laisser seule, te regarder intensément en te disant que tu as le temps de réfléchir, tu peux même écrire si ça t’aide à formuler ta réponse. Tout en commençant un air nerveux avec le bouton pour ouvrir et fermer leur bic. Tu as le temps, bien sûr.

C’est à ce moment que tu comprends que certains voient en l’entretien d’embauche l’occasion de flatter leur égo. Pourquoi veux-tu travailler pour nous ? Qu’est-ce qui fait que notre organisation te plaît plus qu’une autre ? Que penses-tu de notre travail ? De notre manière de le faire ? Que penses-tu de nous ? De moi ? Est-ce que tu m’aimes ?

Biensur qu’une série des questions évoquées plus haut sont logiques mais, c’est l’attente de la réponse qui ne l’est pas. Il y a une réponse idéale qu’on ne sait pas et qui ne peut pas être sue à moins d’avoir travailler pour eux ou alors d’être ultra faux-cul. Car ce qu’ils oublient souvent, c’est que quant on est en recherche d’emploi, on postule à plusieurs choses, que ça arrive que notre seule motivation soit de trouver une activité. Mais on ne peut pas leur dire que leur offre d’emploi représente l’opportunité de troquer son pyjama pour son jean qui nous manque et de sortir de chez soi quelques heures par jour afin de ne pas complêtement basculer dans une relation dépendante affective avec son chat.

Non, ils ne savent pas non plus (ne veulent pas savoir) qu’on a plusieurs entretiens sur le feu, qu’on est en attente de réponses de la part de différentes organisations. Que ce qui nous ferait choisir l’une ou l’autre c’est probablement le salaire et le fait qu’ils veulent de nous. Non, ça ils ne veulent pas le savoir. Alors on danse ensemble ce rock infernal dont personne ne connaît les pas mais tout le monde fait semblant. Il faut donner l’impression de maîtriser. Même si tu doutes. Même si ça commence à faire mal cet enchaînement d’entretiens qui ne mènent nulle part. Même si tu t’interroges, du coup, sur ce que tu vaux, ce que tu as offrir, si tu as choisi le bon métier, s’il y a quelque chose que tu fais mal. Même si toute cette danse infernale ne te donne que courbatures a force de ne pas savoir, d’avoir le sentiment de faire genre tout le temps.

Le plus dure c’est que tu ne sais pas quand ça va s’arrêter. Alors tu continues, en donnant davantage le sentiment d’y croire alors que le cœur n’y est plus.

Livreur Deliveroo c’est une bonne situation ?

Merde… j’aime pas le vélo

Un commentaire sur « L’entretien d’embauche »

  1. Super bien écrit, l’entame promet des révélations, et elles sont là, sauf la chute. Le billet se termine pas tant sur le doute, mais surement sur un découragement.
    Les candidats qui jouent trop le relationnel perdent des points, ça se passe d’abord sur les compétences.
    Garder le cap !

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