La Saint-Valentin et les films vrais sur l’amour, le vrai

La Saint-Valentin est pour moi l’occasion parfaite de rappeler que célibataire ne veut pas dire dépourvue d’amour, ni solitude.

L’amour a plusieurs formes, rencontre plusieurs personnes, et ne se définit pas d’une manière.

Ainsi, non je ne vais pas m’empiffrer de glace devant Bridget Jones, ni bruler tous les souvenirs de mes ex et pleurer mes relations finies. Car j’ai un scoop, heureusement qu’elles se sont finies.

Je ne vais ni pleurer ce que je n’ai plus, ni m’attarder sur ce que je n’ai pas. Je ne vais pas penser que ça ne m’arrivera jamais. Je ne vais pas non plus m’inscrire sur Tinder dans un acte désespéré alimenté par des années d’images à la con me rappelant qu’être célibataire c’est le bas de l’échelle sociale.

Non, je vais penser que l’amour c’est beau, renversant, bouleversant.

Mais ce n’est pas une recette facile dont il suffit de suivre les instructions. L’amour ce n’est pas un conte de fée.

C’est mieux que ça. Ça se construit à deux, à trois ou entre personnes consentantes. Ça s’entretient. Ça dure une nuit, une vie, un certain temps.

Ça évolue, disparaît, réapparaît.

C’est se dire bonjour, trouver le langage qui rassemble, s’embrasser, se promener, se taire et ne pas ressentir le poids du silence, c’est parler et découvrir à chaque phrase l’autre. Ne pas se lasser, s’ennuyer un peu mais ne pas trouver ça grave car on est ensemble. C’est se disputer, se dire la vérité, se mentir un peu, parfois, quand ce n’est pas important. C’est savoir tout de l’autre et continuer de découvrir, ce sont les détails, les petites choses, comment la personne sourit quand elle est gênée, comment elle aime son café, quel est son livre préféré. C’est donner tout de soi à l’autre car on a rien d’autre à offrir. C’est anticiper mais se laisser surprendre.

L’amour c’est se séparer, se retrouver, jouer carte sur table ou dévoiler son jeu au fur et à mesure, c’est vivre nus. C’est se rencontrer à un endroit, à un moment.

C’est se dire au revoir sur le quai d’une gare, le frisson quand on se prend la main, c’est ne pas être d’accord tout le temps, c’est laisser l’autre personne être et ne pas se sentir réduit de moitié.

Ne jamais se réduire de moitié.

Voici une liste de films qui raconte l’amour et te donnent une leçon :

  • Before Sunrise de Richard Linklater avec Julie Delpy et Ethan Hawke, 1995
  • Before Sunset de Richard Linklater avec Julie Delpy et Ethan Hawke, 2004
  • Before Midnight de Richard Linklater avec Julie Delpy et Ethan Hawke, 2013
  • Marriage Story de Noah Baumbach avec Scarlett Johansson et Adam Driver, 2019
  • Call Me By Your Name de Luca Guadagnino (encore) avec Timothée Chalamet et Armie Hammer, 2017
  • Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry avec Kate Winslet et Jim Carrey, 2004
  • Breakfast at Tiffany’s de Blake Edwards avec Audrey Hepburn et George Peppard, 1961
  • Stuck in Love de Josh Boone avec Jennifer Connelly et Greg Kinnear, 2012
  • La La Land de Damien Chazelle avec Emma Stone et Ryan Gosling, 2016
  • One day de Lone Scherfig avec Anne Hathaway et Jim Sturgess, 2011
  • Amour de Michael Haneke avec Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, 2012
  • Silver Linings Playbook de David O. Russel avec Jennifer Lawrence et Bradley Cooper, 2012
  • Brokeback Mountain de Ang Lee avec Jake Gyllenhaal et Heath Ledger, 2005
  • Like Crazy de Drake Doremus avec Felicity Jones et Anton Yelchin, 2011
  • The Notebook de Nick Cassavetes avec Rachel McAdams et Ryan Gosling, 2004
  • (500) Days of Summer de Marc Webb avec Zooey Deschanel et Joseph Gordon-Levitt, 2009
  • Blue Jay d’Alex Lehmann avec Sarah Paulson et Mark Duplass, 2016
  • About Time de Richard Curtis avec Rachel McAdams et Domhnall Gleeson, 2013
  • Blue Valentine de Derek Cianfrance avec Michelle Williams et Ryan Gosling, 2010

Et quelques séries

  • Easy de Joe Swanberg, 2016
  • You Me Her de John Scott Shepherd, 2016
  • Modern Love de John Carney, 2019
  • Love de Judd Apatow, 2016-2018
  • Lovesick de Tom Edge, 2014
  • Girls de Lena Dunham, 2012-1017

Cette musique dans ma tête

De temps en temps, il m’arrive de regarder l’émission Quotidien de Yann Barthes. Il y a un moment que j’affectionne tout particulièrement c’est la « La Playlist des Invités » où les dits invités attribuent une chanson à une situation.

Comme j’aime bien la musique et que j’aime bien les situations ou, plutôt, être dans des situations, j’ai eu envie de me prêter au jeu. De moi aussi essayer d’attribuer une musique à un moment.

Cette playlist ça fait bien deux semaines minimum que je l’ai démarrée et je me suis rendue compte que parfois, c’est une musique qui s’attribue à une situation.

C’est drôle de se rendre compte qu’il arrive que les paroles ne correspondent pas forcément à ce que la mélodie nous avait inspirée. Mais c’est le jeu. Alors voici la musique dans ma tête lors de certaines situations.

Vous pouvez écouter cette playlist sur Youtube ou sur Spotify.

  • Pour commencer la soirée

Can’t Do Without You de Caribou

  • Pour être mélancolique

Experience de Ludovico Einaudi

  • Pour surmonter sa gueule de bois

(Sittin’ On) The Dock of the Bay d’Otis Redding

  • Pour une nuit d’amour

Amours d’Été de Branko (ft. Pierre Kwenders)

  • Pour regarder le paysage par la fenêtre du train, par exemple

Mystery of Love de Sufjan Stevens

  • Pour faire la fête, danser comme des fous

Only You de Steve Monite

  • Pour marcher avec attitude dans un aéroport

Prettiest Virgin d’Agar Agar

  • Pour emballer ton crush

Zina de Babylone

  • Pour chanter à tue-tête des paroles que tu connais par cœur mais sur un air différent

Torn de James TW

  • Pour rappeler aux gens que tu es une femme dans un monde d’hommes et que, putain, c’est pas toujours facile

SLT de Suzane

  • Pour te rappeler que parfois ils savent se remettre en question

#METOO de Vin’s

  • Pour faire une pause, se laisser envahir par la musique, sentir cette force dans nos veines, cette énergie nouvelle dans notre corps

Hey You de Pink Floyd

  • Pour quand on a un peu honte mais qu’on va s’enjailler quand même

Comportement d’Aya Nakamura

  • Pour te rappeler que tout le monde passe par là

La Résiliation de Ben Mazué

  • Pour un jour se remémorer lors de mes funérailles car, selon moi, c’est la plus belle chanson du monde

Kozmic Blues de Janis Joplin

  • Pour aimer le cinéma

Tajabone d’Ismaël Lô dans Todo Sobre Mi Madre d’Almodovar

  • Pour danser entre copines

Danza Kuduro de Don Omar

  • Pour te laisser envahir par cette petite déprime passagère du dimanche soir, pleurer un coup pour des raisons insoupçonnées et inconnues, pour sentir ce poids lourd dans ton cœur

Visions of Gideon de Sufjan Stevens (et oui encore un morceau de Call Me By Your Name de Luca Guadagnino mais en même temps ci vous avez lu cet article vous savez mon amour pour ce film)

  • Pour accepter d’être différent

Saint-Claude de Christine and the Queens

  • Pour danser comme si personne ne nous regarde ou pas d’ailleurs, car, en vrai, on s’en fout

Un autre que moi de Fishbach

  • Pour avoir chaud dans ton cœur un jour de pluie

River de Leon Bridges

  • Pour soigner ton arrivée en soirée

Uproar de Lil Wayne et Swizz Beatz

  • Pour écouter à fond la caisse lors de voyages en voiture quand on était petit

I am a Rock de Simon & Garfunkel

  • Pour philosopher sur le sens de la vie sachant la relativité du temps et qu’en fait tout est éphémère, qu’on va tous vieillir et puis mourir, inévitablement

Avec le Temps de Léo Ferré

  • Pour se donner du courage

Bloody Mother Fucking Asshole de Martha Wainwright

  • Pour revenir au calme après la tempête ou comment gérer sa propre frustration

Catharsis d’Ivan Paduart, Quentin Dujardin et Richard Bona

  • Pour se détendre dans un bain chaud après une journée compliquée ou parce qu’on a froid

Otherwise de Morcheeba

  • Pour pouvoir faire la vague avec la main à la fenêtre de la voiture

Rippin Kittin de Golden Boy with Miss Kittin

  • Pour faire genre t’es un vrai car tu connais un peu les paroles, enfin tu crois que tu connais les paroles, vas-y on coupe la musique pour voir

DKR de Booba

  • Pour pleurer un bon coup

To build a home de The Cinematic Orchestra

  • Pour avoir l’impression que tout le monde va se mettre à danser et chanter, comme dans une comédie musicale, sur le chemin pour aller au travail

Under Pressure de David Bowie et Queen

  • Pour avouer un peu une part de ma vérité

Desmurs d’Eddy de Pretto

  • Pour faire le point

Romeo and Juliet de Dire Straits

  • Pour se sentir à la maison, avec ses colocs d’amour

One Fudge d’El Fudge

  • Pour cuisiner et rissoler au rythme de la musique

I Heard it Through the Grapevine de Creedence Clearwater Revival

  • Pour quitter quelqu’un que tu as aimé

Babe I’m Gonna Leave You de Led Zeppelin

  • Pour annoncer calmement la fin de soirée

Une miss s’immisce d’Exotica

Et pour vous ?

Pouvoir observer le monde depuis son salon

Les jours raccourcissent et la météo se rafraîchit. C’est le temps idéal pour se blottir dans un plaid, une tasse de thé dans une main pour que de l’autre on puisse caresser son chat tout en regardant ce que le monde culturel a à nous offrir de mieux.

Voici une petite sélection qui rendra vos journées meilleures et vos soirées d’hiver moins longues. Vous aurez envie de militer, de crier, de pleurer, de rire, de voyager. Car l’art à cela de merveilleux qu’il ne requiert pas de grandes expéditions loin de son canapé pour ouvrir son esprit.

 

Les films

Chambre 212 de Christophe HONORÉ (encore au cinéma) avec Chiara MASTROIANNI, Vincent LACOSTE, Camille COTTIN et Benjamin BIOLAY. Après une dispute à la suite d’une révélation sur leur couple, Marie quitte le domicile et décide de passer la nuit à l’hôtel d’en face, dans la chambre 212. Le film parle d’amour, de ce dernier qui s’effrite, du couple, de sa construction et son évolution après des années de mariage. C’est drôle, poétique, musical, édifiant, souvent vrai, un peu loufoque et tiré par les cheveux par moment mais, c’est beau. Esthétiquement parlant, c’est très joliment réalisé et superbement interprété.

 

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Booksmart d’Olivia WILDE. Il y a un consensus général qui laisse penser que l’humour appartient aux hommes. Pourtant, avec son premier film, Wilde nous prouve le contraire car Booksmart est entièrement écrit, réalisé et produit par des femmes, ce qui est loin d’être un détail dans le monde actuel de la production artistique. Amy et Molly (Kaitlyn DEVER et Beanie FELDSTEIN), deux meilleures amies, finissent le lycée les mieux gradées de leur promotion. La veille de la remise des diplômes, elles réalisent qu’elles auraient pu moins travailler et participer davantage à la vie extra scolaire du lycée, cela n’aurait rien changé sur leur admission dans des universités de la Ivy League. Ainsi, elles décident de rattraper ces quatre années en une nuit de folies et de fêtes auxquelles elles ne sont jamais allées. En plus d’être drôle, frais et superbement écrit (Emily HALPERN, Sarah HASKINS, Suzanna FOGEL et Katie SILBERMAN), Booksmart parle de sororité, d’ambitions, d’amitiés, d’acceptation et de motivation.

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Deux moi de Cédric KLAPISCH. Jolie comédie dramatique racontant la vie de deux parisiens (Ana GIRARDOT et François CIVIL) perdus face à la solitude des grandes villes et leurs angoisses. Très belle musique, très belle interprétation et joliment réalisé par Klapisch.

 

 


Les séries télé

img_0138Unbelievable de Susannah GRANT, Ayelet WALDMAN et Michael CHABON est une mini-série réalisée pour Netflix. Pendant 8 épisodes on suit une enquête pour retrouver un violeur en série dans le Colorado. Parallèlement, nous suivons Marie Adler (Kaitlyn DEVER), une jeune étudiante qui est violée une nuit dans son appartement par un inconnu. Elle porte plainte avant de se rétracter sous la pression des policiers. Trois ans plus tard, les inspectrices Karen Duvall et Grace Rasmussen (Merritt WEVER et Toni COLLETTE) enquêtent sur une série de viols ayant eu lieu dans le Colorado et qui semblent avoir été commis par la même personne.

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Euphoria de Sam LEVINSON est une fresque qui dépeint les déboires de l’adolescence aux Etats-Unis. C’est violent et émouvant. Les acteurs sont incroyables, mention spéciale à Zendaya qui est bouleversante de vérité. Clairement, tu regardes la série avec Shazam dans une main tellement la musique est bien choisie.

 

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Dead to me de Liz FELDMAN est une série à l’humour noire qui parle du deuil et de résilience. Jen perd subitement son mari et s’inscrit à un groupe de parole pour tenter de surmonter cette épreuve. Elle y rencontre Judy et se lie d’amitié avec elle. Cela fait du bien de parler de deuil sur fond humoristique. Christina APPLEGATE et Linda CARDELLINI sont majestueuses.

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Love de Judd APATOW, Paul Rust et Lesley ARFIN est un bijou sur Netflix. Une jolie histoire de couple. La construction d’une relation n’est pas toujours aisée quand on doit se remettre de ses propres blessures. Il faut se faire confiance pour pouvoir faire confiance à l’autre. Je trouve cette série si vivifiante, si touchante, drôle et triste à la fois. C’est un petit morceau de vie.

 

img_0142Mindhunter de Joe PENHALL et produite par, entre autres, David FINCHER et Charlize THERON. Une série Netflix sur l’origine et la création du terme « Serial Killer ». Les agents Holden Ford et Bill Tench (Jonathan GROFF et Holt McCALLANY) du FBI accompagnés de Wendy Carr (Anna TORV), une psychologue interrogent plusieurs criminels dans le but de comprendre leur comportement afin de pouvoir établir des profils de criminels et ainsi, espérer pouvoir résoudre des affaires en cours.

 

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After life de et par Ricky GERVAIS est une comédie sarcastique qui parle du deuil et de comment continuer après la mort d’un être proche. Tony a perdu sa femme d’un cancer du sein et après avoir envisager de se suicider il décide de continuer à vivre en faisant et disant exactement ce qu’il veut. C’est drôle, émouvant et rempli d’espoir. Le petit plus, en écrivant ces lignes, j’apprends que la saison 2 sera disponible début 2020.

 


Les livres

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Pastorale américaine de Philip ROTH est mon coup de coeur de cet été, je l’ai dévoré en quelques jours seulement. Après une rencontre lors d’une fête des anciens du lycée, Nathan Zuckerman s’intéresse à nouveau à Seymour Levov, Le Suédois, ancienne vedette de son lycée. A travers lui, il raconte l’Amérique d’après-guerre froide, les désillusions de la société, du rêve américain et son économie jadis florissante.

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King Kong théorie de Virginie DESPENTES est un livre obligatoire qui devrait être lu à l’école. Ce livre et le message qu’il contient est à transmettre, à partager, de main en main, de coeur en coeur et d’esprit en esprit.

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Dans Sa mère, Saphia AZZEDDINE est Marie-Adélaïde née sous X qui mène sa vie malgré les galères et ses complications. Elle recherche son destin avec les moyens dont elle dispose comme son culot, les mots qui frappe et l’humour qui tue. L’insoumission et le désir comme bagages, elle décide de retrouver sa mère.

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Tout ce que j’aimais est un petit bijou écrit par Siri HUSTVEDT. Il parle de rencontre entre Leo et Bill et de leur relation. Quand l’amitié a un air de famille, q’il faut se reconstruire en semble, se séparer pour mieux s’aimer, grandir. L’art est au coeur de tout et rend ce livre magnifique.

 


La musique

De mes oreilles aux vôtres, voici ma playlist du mois ici.

 


Le Podcast

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A bientôt de te revoir  est un podcast écrit par Sophie-Marie Larrouy et produit par Binge Audio. Comme dans une contre soirée dans la cuisine, la conversation entre SML et son invité.e nous entraine partout. Des souvenirs d’enfance, à l’anecdote oublié, de l’origine à l’instant présent, du personnel à l’universel.  SML, la reine de la digression et de la métaphore, te prend à témoin d’un joli moment, toi l’audio guide.

 

 

 

Call me Elio et Oliver

En 2018 j’ai rencontré Elio et Oliver, j’ai découvert Call me by your name de Luca Guadagnino, l’adaptation cinématographique du livre éponyme d’André Aciman.

Une des nombreuses affiches du film, trouvée sur Google Image

Ce film a eu sur moi un impact tel qu’il m’a fallu plus d’un an pour réussir à poser cela sur papier. C’est le genre d’histoire qui te prend aux tripes tant par la beauté pure de ce qu’elle raconte, l’amour, que par le message qu’elle véhicule, vivons et ressentons.

Le plus objectivement possible, le film est magnifique tant par la lumière et la musique que par le jeu des acteurs, Timothée Chalamet et Armie Hammer, pour ne citer que les principaux. L’adaptation de Guadagnino est fidèle au roman, on retrouve dans le scénario des passages presqu’identiques.

Elio est un jeune garçon d’environs 18 ans, polyglotte, très cultivé, issu d’un milieu aisé, il lit beaucoup, joue et écrit de la musique. Tous les étés, son père, un professeur d’université aux Etats-Unis, invite dans la maison familiale, dans le Nord de l’Italie, un de ses étudiants à venir terminer d’écrire sa thèse. Cet été, il s’agit d’Oliver, un jeune homme sûr de lui, qui a l’arrogance de l’expérience, également très cultivé et qui semble très américain en comparaison aux personnes qui l’entourent.

Il ne laisse pas Elio indifférent et le sentiment est mutuel.

À partir de ce moment, on se laisse transporter au bruit des cigales par le début d’une histoire d’amour, les tentatives de séduction et les gestes maladroits. On est plongé dans un été en Italie, dans un ruisseau glacé par l’eau de la montagne, on est transporté par une mélodie jouée au piano, on danse de manière effrénée sur un dance-floor, on pleure, on rit, on sourit, on mange de la glace en saignant du nez, on a envie de dire « Later » pour ne plus dire au-revoir ou à tantôt, on est en maillot de bain au bord d’une piscine, on parle italien, français et anglais, on invite des amis tous les jours et à chaque repas, on boit, parfois trop, on rigole, souvent, on débat, on vit nos premiers ébats, notre première histoire d’amour.

Sauf que ce n’est pas la nôtre, c’est celle d’Elio et Oliver. Celle de deux jeunes hommes, celle où avoir de l’expérience ne signifie pas d’avoir le courage de faire le premier pas. C’est si particulier que ça la rend si universelle.

Leur amour donne envie d’aimer, de prendre un vélo et de parcourir une quinzaine de kilomètres juste parce qu’on avait envie de voir l’être aimé.

On prend conscience que même si cela fait mal et ça fera mal de toute façon, au moins on aura ressenti, on se sera autorisé à ressentir quelque chose car c’est cela être vivant. C’est se laisser ressentir tout ce qu’on a à vivre, à expérimenter, à aimer, à pleurer, à souffrir pour ne pas regretter.

Aimer c’est oser, c’est marcher sur le trottoir en sachant qu’on risque de se prendre une dalle surprise ou de marcher dans une crotte de chien mais d’y aller quand même. Même si ça fait mal, surtout si ça fait mal. Parce que si on avait renoncer par peur de s’amocher, on serait passer à côté d’une jolie promenade, d’une jolie histoire.

Cette histoire émeut, elle rappelle que l’amour est beau, surprenant, étourdissant, renversant, qu’il peut rendre malade, triste et décevoir. Mais que n’importe quel sentiment vaut mieux que pas de sentiment du tout. Car « ne rien ressentir pour ne rien ressentir – quel gâchis ! ».

La promesse de l’aube

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours »

La promesse de l’aube est une adaptation de l’œuvre éponyme de Romain Gary portée à l’écran par Eric Barbier avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux.

Romain Kacew vit en Pologne avec sa mère, une ancienne actrice russe qui a dû fuir le pays à cause de ses convictions religieuses juives. Pendant un temps, ils vivent confortablement grâce à la maison de haute couture que tient la maman, Nina Kacew. C’est alors une période prospère pour Romain qui, selon les désirs de sa mère, se tente à plein d’activités artistiques telles que la musique et l’écriture.

Nina Kacew a de grandes ambitions pour son fils et elle raconte à qui veut l’entendre (ou pas, d’ailleurs) qu’il sera ambassadeur, un grand écrivain et un héro de la guerre.

Suite à la faillite de l’entreprise de couture, Nina et Romain quitte Wilno pour Nice. Bien qu’ils n’aient plus le sou en poche, Nina trouve vite du travail auprès d’un antiquaire ce qui l’amène à devenir gérante d’un petit hôtel.

Le changement de décor ne terni pas pour autant l’ambition de Nina pour Romain. Même quand ce dernier part étudier le droit à Paris, même quand il a sa première histoire publié dans un journal, même quand il rentre dans l’armée, Nina en veut toujours plus. Romain doit être le meilleur. Le plus grand. Que ce soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse, il doit faire souffrir les femmes, il faut qu’elles l’adulent.

Bien que cette relation soit toxique par moment, Eric Barbier arrive à nous montrer sa complexité. L’ambition de Nina est un moteur pour Romain. Peut-être aurait-il rêvé d’être un simple peintre et tant pis si ça lui coûtait de ne pas être connu de son vivant. La frontière est mince entre ce qu’il souhaite vraiment et ce qu’il a intégré. Entre son désir et celui de Nina.

Cette ambition le bouffe, l’anime, le ronge et le maintient en vie. Même lorsqu’il combat dans l’armée et qu’il croit ses jours comptés.

Dès le début, on est pris dans cette histoire, dans cette relation. Nina ne vit que pour Romain. Elle ne s’intéresse qu’à lui, au point d’en abîmer sa santé. Alors bien sûr, cela est étouffant, on a bien envie de lui crier « Mais fous lui la paix à la fin ! » mais, on ne le fait pas.

On observe, silencieux et sans défense ces liens quasi sacrés. Cet indéniable poids de l’ambition d’une mère qui rêve trop grand. Cette pression subie par un enfant qui n’en demandait pas tant.

Ce que Nina veut, Romain le réalise. Même si cela implique que tout deux seront d’éternels insatisfaits.

Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg sont magiques. Ils délivrent cette vérité, cette relation avec brio et émotion. Un jeu à fleur de peau qui te donnent des frissons. Mais, sans être lourd, ni plombant. Non, le scénario te permet de respirer avec de petites touches d’humour.

J’ai adoré ce film et mon âme de meuf émotive n’a pu retenir ses larmes. J’en garde encore l’émotion quelques jours après.

J’ai très envie de lire le livre maintenant.

L’hiver sera chaud

Les fêtes de fin d’années approchant plus vite que prévu, il est temps de te parler de mes derniers coups de cœur. D’ailleurs, j’aurais très bien pu appeler cet article « Coups de cœur Cul » car je vais te présenter mes amours culturels du moment.

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J’avais aimé faire cet article cet été. C’est une bonne manière de te présenter mes derniers favoris, ces petits trucs qui rendent mon quotidien moins froid et qui m’ont réchauffé le cœur. Oui, je te promets.

Je préfère t’avertir l’article sera long. Genre hyper long. Promis, je vais essayer d’être synthétique afin que je ne te perde pas en chemin. Mais, n’hésite pas à picorer les éléments qui t’intéresse plus ou à ne pas lire tout d’une traite. Maintenant, si tu le fais, tu as ma reconnaissance et je te dis déjà merci.

Et aux plus paresseux aussi, pas d’inquiétude.

Les spectacles :

  • Les Chatouilles

Ce spectacle (mis en scène par Eric Métayer), c’est simple, c’est mon coup de cœur de l’année et toutes années confondues. Ce n’est pas que moi qui le pense puisqu’il a remporté le Molière du seul.e en scène. Pourtant, ce n’était pas forcément évident. Oui, un seul en scène qui mêle danse et théâtre pour parler de pédophilie, on a connu meilleure tentation. Et bien, je suis si heureuse de m’être ruée sur les places lors des deux représentations qu’Andrea Bescond donnait au Bozar. J’ai ri, j’ai pleuré, j’ai eu envie de crier, de danser, j’ai été émue, attendrie, en colère, impuissante, apeurée, surprise, admirative et joyeuse. Je me suis prise une claque qui m’a laissée des traces indélébiles. Rien que d’y repenser, je suis encore émue et j’ai la chaire de poule. C’est simple, je n’ai jamais assité à un spectacle de cette importance. Je n’avais jamais vu toute la salle des Bozar debout pour une standing ovation qui dura (dans ma tête et à la vue de l’état de mes mains) 1h30. Andrea pleurait et nous aussi.

J’ai tellement envie que tu ailles le voir car ça fait un bien fou de voir un spectacle si poignant. C’est si beau les personnes qui sont capables de sortir quelque chose de si créatif et de si positif après un événement traumatisant.

La bonne nouvelle c’est qu’elle va rejouer son spectacle en 2018 pour quelques représentations en France. Sincèrement, si elle passe dans une ville près de laquelle tu te rends en vacances vas-y. Si tu as envies de prévoir un petit city trip tout près, fais le en fonction d’une de ces représentations. Si tu as envie de faire l’aller-retour dans la soirée, je pense qu’elle joue dans le Nord donc, vas-y.

Si jamais tu n’as pas l’occasion de la voir sur scène, pas de panique. Je viens de lire que le film « Les Chatouilles » sortira en salle en septembre 2018.

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Voici sa page facebook pour que tu puisses réserver tes places pour sa tournée 2018.

  • S’il se passe quelque chose…

Aaaaah Vincent Dedienne I love you. Je l’ai découvert en septembre 2016 lors de la rentrée de la nouvelle émission de Yann Barthès (ex-Petit Journal) et j’en suis tombée amoureuse. Il est drôle, intelligent, intéressant, émouvant, piquant, militant et tout un tas d’autres mots positifs en -ant. J’aime son écriture et sa diction. Il parle vite et ça me plait. Depuis quelques années maintenant, il présente son spectacle, son seul en scène pour lequel il a gagné le Molière de l’humour en 2017. Il raconte sa vie et la met en scène. Et bien que ça s’apparente à un One Man Show il rejette l’appellation. En effet, on associe souvent ce dernier à un spectacle à sketch où la blague vient à chaque fin de phrase. Or ici, tout n’est pas toujours drôle. C’est même parfois franchement émouvant.

Au mois d’octobre (ou début novembre) j’ai craqué mon slip quand j’ai vu que son spectacle sortait en DVD. C’était à peine deux semaines avant qu’il annonce reprendre la tournée de son spectacle en 2018 et qu’il passerait par Bruxelles ! Mince à moi mais, chance à vous. Courrez-y, c’est le 17 et 18 mai 2018 au Théâtre 140 à Schaerbeek.

Si jamais, vous craquez sur le DVD, regardez sa première partie de Juliette Chaigneau, Mélanie Lemoine et Anaïs Harté, ses copines et co-auteures.

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S’il se passe quelque chose, le DVD, 19,99€.

Les séries télé :

  • Liar

Cette série britannique de Harry et Jack Williams est un petit bijou de 6 épisodes.

Laura Nielson (Joanne Froggatt) et Andrew Earlham (Ioan Gruffudd) sont attirés l’un par l’autre. Elle est prof, il est chirurgien. Ils décident de se voir lors d’un rencard. Tout se passe bien, l’attirance est évidente, le jeu de séduction est au point. Elle l’invite chez lui car il n’arrive pas à avoir un taxi. Et elle se réveille le lendemain à moitié déshabillée dans son lit avec l’affreuse sensation d’avoir été violée. Je ne vais pas aller plus loin dans le pitch de la série car ça desservirait le propos. Je ne peux que te la recommander. Cette série parle de la complexité des histoires de viol, autant auprès de la justice, de la réputation, de la difficulté d’accuser quelqu’un quand on a très peu de souvenirs. Lors des premiers épisodes, elle aborde la notion de consentement. Où est la limite ? Laura avait l’air partante mais elle était saoule. Je trouve le récit d’une justesse incroyable, les rôles sont tous très bien écrit et complexes.

Clairement, j’ai regardé ces 6 épisodes quasi d’un coup. Même si j’avais voulu m’arrêter, j’en étais incapable. Maintenant, il ne me reste plus qu’à attendre la saison 2, et ça me met en joie.

Mention spéciale aux images prises en drône de Tolesburry, un village côtier de l’Essex en Angleterre.

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  • Easy

J’ai eu l’idée géniale et assez folle de m’abonner à Netflix. Je ne sais pas si tu connais cette petite plateforme qui te permet pour genre 11€ par mois d’avoir accès à toute une sélection de films, de séries et de documentaires. Évidemment que tu connais (rires).

La série Easy est une création de Joe Swanberg pour Netflix. Elle se compose de deux saisons, pour le moment, chacune de 8 épisodes. La série se passe à Chicago et on suit différents personnages pour chaque épisode. Ce qui est très chouette, c’est qu’il y a des connexions entre les personnages puisque par exemple le mari du premier épisode de la saison 1 se retrouve dans un autre épisode puisqu’il est comédien et est cette fois-ci le « collègue » du protagoniste de l’épisode en question.
Mais en gros de quoi ça parle ?

Ben de tout. Chaque épisode aborde un sujet diffèrent comme le couple après plusieurs années de mariage, les liens familiaux, la sexualité et les rencontres, les déboires professionnels et amoureux.
En suivant, de nouveaux personnages et, du coup, une nouvelle intrigue et un nouveau thème à chaque épisode, on peut ainsi picorer et regarder un épisode par-ci et un autre par-là. C’est la série parfaite à regarder pendant le temps de ton repas ou pour prendre une pause pendant ton étude car chaque épisode et chaque histoire durent environs 25 minutes. C’est donc moins risquer de rester scotcher à ton écran toute l’après-midi.

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  • Atypical

Il s’agit d’une création originale de Netflix créée par Robia Rashid. La série est le récit initiatique de Sam Gardner (Keir Gilchrist), un adolescent atteint d’autisme.

Pour l’instant, il n’y a qu’une saison (mais, la deuxième est en cours de production) de 8 épisodes durant lesquels on suit Sam Gardner et sa famille. Ce dernier est en quête d’indépendance, il recherche une petite amie. Cela ne sera pas sans conséquences puisque ça va chambouler le fonctionnement de la famille. Finalement, cette recherche d’indépendance va se propager sur l’ensemble des personnages.

Je sais que cette série à rencontrer des avis mitigés. Certains trouvent qu’elle est touchante et réaliste alors que d’autres trouvent que la manière de représenter l’autisme et l’entourage d’une personne atteinte de cette maladie comme très réductrice et stéréotypée. Personnellement, je l’ai trouvée mignonne, touchante et intéressante. Maintenant, je ne connais pas l’autisme et je ne sais pas ce que c’est la vie de famille avec une personne atteinte de cela donc, je ne sais honnêtement pas jugée sur le fond.

Cela n’empêche que j’ai adoré le jeu d’acteur, le ton, et l’histoire de manière générale.

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Les films :

C’est marrant de se rendre compte qu’il y a des concordances dans ce qu’on aime alors qu’on en avait aucune idée. C’est ce qui arrive ici puisque je vais te présenter 3 films qui ont été réalisé par Joe Swanberg qui n’est autre que le réalisateur de la série Easy dont je te parlais plus haut. Ce qui est drôle c’est que jusqu’à l’écriture de cet article je n’avais aucune idée que ces films étaient liés à la série. Il y a plusieurs mois voire plusieurs années, j’ai découvert le film Drinking Buddies en parcourant la filmographie de Jake Johnson qui est un acteur que j’adore (tu as dû le voir dans la série New Girl). Comme j’ai adoré ce film, je me suis intéressée à celui qu’il avait co-écrit et produit : Digging for fire, que j’ai adoré aussi. Et puis, lorsque je me suis abonnée à Netflix, j’ai découvert Easy. Je n’avais pas fait attention au réalisateur de la série. Et comme Jake Johnson joue dedans je me suis à nouveau intéressé à sa filmographie et j’ai eu le plaisir de découvrir qu’il avait co-écrit et produit un nouveau film, Win It All, qui est, lui aussi, disponible sur Netflix. Comme quoi, tout à un sens.

  • Drinkingbuddies de Joe Swanberg avec Olivia Wilde, Jake Johnson, Anna Kendrick et Ron Linvingstone

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Kate et Luke travaillent dans une brasserie ensemble et semblent être parfaits l’un pour l’autre mais, ils sont tous les deux dans une relation. Leurs deux conjoints respectifs semblent, également, être idéal l’un pour l’autre.

Ce film parle de relations et de leurs complexités. Ce n’est pas parce que tout rassemble deux personnes qu’elles sont sensées être dans une relation. C’est une question d’équilibre.

  • Digging for fire avec Jake Johnson, Rosemarie DeWitt, Brie Larson, Sam Rockwell, Anna Kendrick, Orlando Bloom et Mike Birbiglia.

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C’est une histoire un peu absurde qui reprend le même ton humoristique que le film précédent. Tim trouve un os et un pistolet dans son jardin et se met alors dans la tête qu’il doit y avoir un corps enterré dans son jardin.

Jake Johnson a eu l’idée de cette histoire à la suite d’un événement similaire qui lui est arrivé. Ensemble, avec Joe Swanberg, ils ont écrit la trame de l’intrigue mais aucun scénario. Ils ont, ensuite, contacté leurs amis ou des personnes avec qui ils avaient déjà apprécié de travailler. Le film a été tourné en deux semaines.

Ça importe peu de connaître cette anecdote pour apprécier le film mais, moi, ça me fait aimer le travail de Johnson et Swanberg encore plus.

  • Win It Allavec Jake Johnson, Aislinn Derbez, Joe Lo Truglio et Keegan-Michael Key

img_5320Eddie Garrett est un joueur compulsif (gambling addict). Il n’a pas d’emploi, ni de vie sentimentale stable car son addiction ne lui permet pas de construire quelque chose. Mais, il est suivi par un parrain afin de se soigner. Un jour, un homme lui demande de garder un sac noir contenant des milliers de dollars et tout bascule. Eddie est à nouveau pris dans les travers de son addiction alors qu’il rencontre Eva.

Ce dernier film issu de la collaboration entre Jake Johnson et Joe Swanberg est, je pense, mon préféré. Il est toujours drôle, touchant, un peu rocambolesque et très bien filmé et joué.

Les livres :

  • Le secret du maride Lianne Moriarty

img_5321J’ai découvert l’auteure, Liane Moriarty, après avoir regardé Big Little Lies. En effet, c’est elle qui a écrit le livre, Petits secrets, grands mensonges, dont la série a été adaptée.

Dans Le secret du mari, on suit 3 femmes en parallèle dont les histoires semblent étrangement connectées par un événement survenu dans le passé. Tout commence lorsque Cecilia découvre, dans son grenier, une lettre écrite par son mari lui étant adressée à ne lire qu’après sa mort. Doit-elle la lire alors qu’il lui a fait promettre de ne pas l’ouvrir.

S’en suit une intrigue incroyable liant plusieurs personnages d’une ville d’Australie. Liane Moriarty à nouveau livre un tableau nuancé des liens amoureux et familiaux. Elle parle de ces rôles qu’on joue pour ne pas perdre la face et qui parfois nous bouffe de l’intérieur.

C’est un excellent roman, j’ai adoré. D’ailleurs, si tu as l’occasion je te conseille de lire également le roman Petits secrets, grands mensonges, il apporte, forcément, des nuances que ne dévoile pas la série.

Le secret du mari aux éditions Livre de Poche, 9€.

Petits secrets, grands mensonges aux éditions Livre de Poche, 9,35€

  • Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

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C’est la BD à offrir à ton oncle, ta cousine, ta pote ou ton papi. Fabcaro fait une critique absurde de la société actuelle. Tu ris à chaque page, à chaque planche à chaque case.

Zai Zai Zai Zai aux éditions Six Pieds Sous Terre, 13€.

Expo :

  • Christo & Jeanne-Claude. Urban Project. Exposition à l’ING Art Center, Mont des Arts

Le 5 décembre dernier, ma petite famille et moi-même sommes allés à l’exposition organisée par ING. Je ne connaissais absolument pas le travail de Christo et de Jeanne-Claude. Et bien, c’était une découverte incroyable. Son travail consiste, principalement, en l’emballement de bâtiment célèbre. L’exposition s’organise en deux parties. Dans la première, on peut voir les maquettes, les dessins, les plans et certaines reconstitutions de son travail. Je te conseille de prendre un guide si tu as l’occasion ou alors un audioguide afin de comprendre la complexité de son œuvre, les enjeux et le processus. Ensuite, la deuxième partie se constitue d’une projection de l’ensemble de son travail.

J’ai vraiment adoré, je te la recommande vraiment. C’est assez magique son travail car en recouvrant les monuments il les révèle. C’est beau !

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Photo Google

Christo & Jeanne-Claude. Urban Project. Exposition à l’ING Art Center, jusqu’au 25 février 2018.
Ouvert du mardi au dimanche inclus, y compris les jours fériés, ainsi que les lundis 30/10/2017, 25/12/2017, 01/01/2018 et 12/02/2018.

Horaires : De 10h à 18h.

Nocturnes tous les mercredis jusqu’à 21h.

Humoriste :

  • Tristan Lopin

J’ai découvert cet humoriste un peu par hasard sur Facebook à la suite d’une vidéo qu’il a tourné sur la journée internationale contre les violences faites aux femmes le 25 novembre dernier. Je l’ai trouvé juste et si drôle que j’ai regardé quasi d’un coup toutes ses vidéos.

Elles ont toutes un format d’environ 5 minutes et traitent, à chaque fois, d’un sujet différent qui peut aller de « les voyages en avion » à « l’homophobie ». Elles ont toutes le même format, Tristan Lopin simule une conversation téléphonique dans laquelle interviennent une multitude de personnages.

C’est drôle et intelligent. C’est militant et bienveillant. C’est distrayant et émouvant.

Voici sa chaîne YouTube, passe un bon moment.

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La musique :

J’ai eu la chance de voir ces deux artistes lors du concert à l’occasion des 7 ans de Bruxelles Ma Belle. Le concept de cet événement annuel est d’organiser un concert avec des artistes belges et internationaux dans le but de promouvoir un lieu de la Culture bruxelloise. Cette année, le concert avait lieu au musée de la Bande-Dessinée. En plus de Juicy, deux jeunes bruxelloises qui reprenne du RNB comme dans les années 90 et début 2000 et, Halehan, un jeune chanteur qui ne m’a pas marqué, j’ai eu le plaisir d’écouter Juliette Armanet et Angèle.

  • Juliette Armanet

img_5325On dit d’elle que c’est la nouvelle Véronique Sanson. Juliette c’est une voix, un piano, de beaux textes, de belles mélodies et une incroyable présence scénique. Elle est incroyablement divinement génialissime !

Je te laisse découvrir ma chanson préférée afin que tu puisses juger par toi-même : https://www.youtube.com/watch?v=v4wtUggSzzg&ab_channel=garigarikun2011.

  • Angèle

img_5326Étant la fille de Laurence Bibot et de Marka et, donc en toute logique, la sœur de Roméo Elvis, il n’est pas étonnant qu’Angèle soit bourrée de talent. Je l’ai découverte via Instagram où elle publiait des petits montages vidéos où elle reprenait des chansons connues ou improvisait une composition. Depuis, elle a fait du chemin en sortant son premier clip, La Loi de Murphy (qui est d’ailleurs réalisé par la très talentueuse Charlotte Abramow). J’aime beaucoup cette chanson mais, ce n’est rien à côté de ses autres compositions. Elle a plein d’humour et de second degré dans ses textes. Elle a une présence scénique incroyable et elle te transmet son énergie. J’ai hâte que son album sorte en 2018.

La Loi de Murphy : https://www.youtube.com/watch?v=zGyThu7EAHQ&ab_channel=Ang%C3%A8le

SKAM, jeg elsker deg !

J’étais parti pour t’écrire un article sur mes favoris de cet hiver mais voilà que mon premier truc préféré me fait déjà 3 pages (en format word). Du coup, pour ne pas te surcharger et te perdre en cours de lecture, je vais consacrer un article entier à ce favori. Et promis, la suite arrive, ainsi que d’autres articles qui ne demandent qu’à être écrit (oui oui oui).

Il y a quelques semaines maintenant, sur la page instagram de Madmoizelle (et ensuite sur le site), of course, j’entendais les rédactrices ne pas tarir d’éloges sur la série Skam. Curieuse que je suis, surtout en ce qui concerne les séries télé, j’ai regardé le premier épisode. Et là, coup de foudre !

Mince j’ai encore bingewatcher !

SKAM de Julie Andem est une série norvégienne sur l’adolescence. Mais, ici pas de cliché servit à la sauce américaine des séries qui sont sensé te faire croire que les personnages ont 16 ans alors qu’ils s’habillent et se maquillent comme même toi tu ne le fais pas quand tu sors le vendredi soir alors que t’as quasi 30 ans. Non, ici c’est crédible, c’est moderne et réaliste. Je lisais une interview de la créatrice, Julie Andem, qui expliquait qu’elle avait recherché des vêtements de sa garde-robe d’adolescente pour la première saison. Elle racontait qu’elle avait envie de montrer stylistiquement un vrai adolescent. Ce dernier fait très souvent des erreurs et va à l’école trop maquillé un jour et pas du tout le lendemain. Il n’y a pas toujours de constance et la plupart du temps, il se cherche. Je trouve qu’elle a très bien su rendre cette réalité, je me rappelle qu’il m’est arrivé d’aller à l’école avec du noir pailleté sur les yeux en grosse couche épaisse, simplement parce que c’était nouveau.

Sinon de quoi ça parle ? Parce que bon, l’adolescence c’est vaste.

Et bien justement, cette série aborde plusieurs thèmes qui ne sont pas réservé exclusivement à l’ado d’ailleurs. C’est pour ça que j’ai aimé, pour la diversité des sujets abordé : la sexualité, les relations amoureuses, l’amitié, la religion, le féminisme, le slutshaming, la différence/tolérance, le cyberharcèlement, etc.

Skam se divise en 4 saisons d’une dizaine d’épisodes chacun. Bien qu’on suive le même groupe d’ado fréquentant le même lycée, chaque saison se concentre sur un personnage différent. On découvre Eva, une jeune femme qui cherche à avoir confiance en elle et qui écoute peut-être trop l’opinion des autres ; Noora, une jeune féministe qui casse l’image cliché de l’ado décérébré qui n’est intéressé que par le sexe et l’alcool ; Isak, l’ado qui se cherche sexuellement (il en fallait un) ; et, Sana, de confession musulmane, elle cherche son équilibre entre ces deux cultures qui quelque fois s’opposent fortement.

L’amitié est un des sujets principaux de la série. Dès le premier épisode, on comprend qu’Eva n’a plus d’amie à cause d’une dispute, très certainement à cause d’un garçon. Et on sait toutes combien il est difficile, quelquefois, d’avoir des amitiés entre filles qui perdurent malgré les histoires qui impliquent un garçon. Mais, très vite, Eva va rencontrer par hasard d’autres filles et se lier d’amitiés. À travers les saisons, les épreuves, les divergences d’opinions, Eva, Sana, Noora, Chris et Vilde vont se souder et lier une très jolie amitié.

Chaque saison est différente puisque se concentre sur quelqu’un d’autre. Mais, le ton ne change pas. On continue de présenter ce que c’est d’être un ado aujourd’hui, quelles questions ça se posent, quels liens ça tissent, quels sujets le passionnent. Finalement, à 27 ans, je ne me sens pas si éloignée des protagonistes.

J’ai adoré cette série et particulièrement 4 scènes, chacune d’une saison différente. Donc, attention spoiler, mais, je vais te les présenter ici bas :

  • Saison 1 : la scène de rupture entre Eva et Jonas. Je l’adore. Déjà pour la manière dont elle est filmée avec des sauts dans le temps. Ensuite pour se qu’elle raconte. Après quelques épisodes douloureux entre eux, Eva décide de se choisir elle-même. Malgré l’amour qu’elle ressent. Elle admet que la culpabilité qu’elle a ressentie au début de leur relation l’a fait douter d’elle-même. Elle a été incapable de se faire confiance. Ainsi, l’opinion de Jonas valait plus que la sienne. C’est beau d’arriver à avoir ce recul et de pouvoir réaliser que malgré l’amour la relation ne marche pas.

  • Saison 2 : « tu es forte et indépendante quand tu es capable de changer tes opinions ». C’est une phrase que Sana prononce à l’égard de Noora. Pendant toute cette saison elle tombe amoureuse du coureur de jupon (quelle horrible expression) du lycée. Cela est, pour elle, incompatible avec son caractère indépendant et ses convictions féministe. Je trouve ça très intéressant de montrer que tomber amoureuse du cliché de l’adolescent trop sûr de lui pour bien se comporter avec les filles ne remet pas en question notre personnalité et notre manière de nous voir si on se fait confiance. La politique et l’amour se situe à deux endroits différents. Si la relation n’empêche pas que l’on reste soi-même, alors on peut tomber amoureux.se de n’importe qui.

Ce n’est ni la bonne conversation ni la bonne saison, je sais.

  • Saison 3 : Isak est l’adolescent qui se questionne sexuellement. Lors de cette saison il tombe amoureux d’Even, un jeune homme tourmenté et tourmentant. Ce qui est très intéressant dans cette saison, c’est le raisonnement et le chemin que parcourt Isak avant d’admettre son attirance et sa sexualité homosexuelle. Une des superbes scènes de cette saison est la discussion qu’il partage avec son colocataire, lui aussi homosexuel. Isak lui explique qu’il n’est pas vraiment gay. Du moins, pas comme lui. S’en suit un malaise car il tient un dicours à la limite de l’homophobie car on comprend qu’Isak fait référence au physique, au goût vestimentaire et au choix musicaux. La réponse d’Eskild (le coloc) est parfaite puisqu’il lui explique que des milliers de personnes avant lui se sont battus pour qu’il puisse plus facilement accepter d’être homosexuel. Cela ne s’est pas fait sans insultes, jugements et coups. Et que temps qu’il ne sera pas passé par là il ne pourra juger personne.

Je souhaiterais quand même faire une mention spéciale à la scène où Isak dit à son meilleur ami, Jonas, qu’il est amoureux d’un autre garçon et que cela ne provoque aucune réaction. C’est comme s’il venait de lui dire qu’en fait il préfère porter du rouge que du bleu. La sexualité de son meilleur ne l’intéresse pas, il veut en connaître davantage sur la personne dont ce dernier est amoureux. Je trouve ça tellement rafraichissant que dans une série télé (et dans la vie) le coming out de quelqu’un soit un non-événement au même titre que n’importe quelle relation hétérosexuelle.

  • Saison  4 : je pense qu’il s’agit de ma saison préférée de tout Skam car elle traite de beaucoup de sujets différents qui m’intéressent beaucoup comme, la religion, le mélange de culture, la tolérance, l’amitié entre filles, le cyberharcèlement, l’amour, etc. Sana cherche son équilibre entre la culture musulmane de sa famille et la société norvégienne. Un de mes scènes préférées (c’était particulièrement difficile d’en choisir une), c’est la discussion entre Sana et Isak après qu’elle ait volé des conversations privées qu’il avait eu avec une autre personne. C’est une belle leçon de tolérance. Sana lui explique que c’est difficile pour elle en ce moment, d’arriver à concilier sa religion avec la vie au lycée et ses amis. Elle lui raconte que ce n’est pas évident tous les jours de porter son voile. Entre les regards des uns, les opinions des autres et ceux qui sont persuadés qu’elle est une femme soumise et qu’ils peuvent la sauver, il est difficile de ne pas être en colère, tout le temps. Isak lui répond qu’il ne sait pas quoi lui dire. Sana lui répond qu’il est parfois mieux de se taire que de poser des questions débiles et racistes. Et bien, pour Isak, non. Justement. Selon lui, il est important de continuer de répondre aux questions, même si elles sont débiles et racistes. Surtout, si elles sont débiles et racistes. C’est en arrêtant d’y répondre que ça devient dangereux car les gens se construisent leurs propres réponses.

Ce qu’il est important d’avoir en tête, c’est que cette belle leçon nous est donnée par Isak qui est en relation avec un autre homme. Des questions débiles et homophobes ainsi que des regards et des jugements de la part des autres il en reçoit aussi.

Bref, j’ai adoré cette série. C’est un véritable plongeon dans l’adolescence en Norvège. Ce n’est pas très différents que chez nous. Cette période de la vie est universelle et les questions qu’on se pose aussi. De plus, ces questionnements, ces doutes et ces remises en question ne se limitent pas à l’adolescence.

Ok, ça a l’air pas mal mais, une série en norvégien, je ne suis pas certaine. C’est chelou la langue, non ?!

Et bien je trouve que ça apporte du charme. Très vite on s’habitue en plus. Et en plus, ça donne envie d’y aller, de découvrir mieux ces pays du Nord où je n’ai jamais été. Sauf Copenhague (je t’en parlais, ici).

En plus de parler de plusieurs sujets complètement différents, on apprend plein de choses. Notamment, sur la culture norvégienne et la tradition des Russ Bus, une fête estudiantine. En prime, tu feras des découvertes musicales intéressantes !

Alors, convaincu.e.s ?

Should I Laugh or Should I Laugh

C’est avec un article un peu particulier que je te retrouve aujourd’hui. Particulier dans sa construction car il aura deux parties.

L’année dernière, je suis allée voir une pièce de théâtre, Should I Stay or Should I Stay  de Simon Thomas avec Jules Churin, Héloïse Jadoul, Manon Joannotéguy et Lucas Meister au théâtre de La Balsamine. Le chic d’avoir une amie comédienne !

Comme la pièce se rejoue à partir du 16 novembre pour quelques représentations et que je retourne la voir, je me suis dit que j’allais te convaincre d’y aller aussi. C’est simple, j’avais a-do-ré.

Je me suis dit que ce serait une bonne façon de te présenter la pièce. T’en parler comme je m’en souviens, un an après et te confirmer ou t’infirmer mes propos une fois la pièce revue.

[7 nov 2017]

Mais, Should I Stay or Should I Stay ça parle de quoi ?

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Photo de la pièce prise sur le site du Théâtre de la Balsamine

La pièce met en scène quatre personnages habillés en super-héros. Ils semblent enfermés dans une pièce malgré que les portes soient ouvertes.

C’est difficile de t’en dire plus, je crois que si je t’en disais plus, je ne te dévoilerais que mon interprétation et je te gâcherais la pièce.

Ce que je peux te dire, c’est qu’on rigole. Et je ne sais pas toi mais, moi, perso, j’aime rire. Surtout quand c’est intelligent. Attention, je ne veux pas dire que ça enchaîne les blagues avec des références culturelles et intellectuelles. Non, c’est intelligent car le rire est bien construit, il ne s’effrite pas et n’est pas de mauvais goût.

On rigole du début à la fin !

C’est difficile de te dire de quoi parle la pièce car, c’est complètement absurde, barré, déjanté, frais, drôle. C’est du belge autant que la piste cyclable qui s’arrête alors que la route continue, que le nombre de travaux dans Bruxelles, que le fonctionnement de la Stib en général et que les horaires de train. C’est complètement barré et on adore détester ça, ça fait partie de notre unité. Sauf qu’ici, tu adoreras adorer ça.

Alors, oui, une des comédiennes c’est ma pote. Tu vas me reprocher ma subjectivité parce qu’évidemment par principe j’aime tout ce qu’elle fait tellement je la trouve talentueuse.  Mais, ce n’est pas un seule-en-scène, elle n’a pas écrit la pièce et elle n’est pas la seule comédienne. Donc, bon. Et puis, vas-y, tu verras par toi-même. Et si tu trouves que je manque d’objectivité, pas de soucis, on en discutera !

 

*

 

[21/11/2017]

Hier soir je suis allé au théâtre. J’aime aller au théâtre.

Toute la journée j’étais impatiente. Même si j’avais déjà vu la pièce. Surtout parce que j’avais déjà vu la pièce.

Pas une seconde je me suis dit que je risquais d’être déçue. Comme quand on regarde un film qui importait tellement dans notre enfance des années plus tard et qu’on ne parvient plus à expliquer pourquoi on l’aimait.

Et j’avais raison, je n’ai pas été déçue. J’ai tout autant adoré. Peut-être même plus. On n’est plus surpris par l’ensemble de la pièce donc on peut se concentrer sur d’autres choses.

Je me suis concentrée davantage sur le texte. Ainsi, je peux vous dire que « Should I Stay or Should I Stay » ça philosophie, ça parle de la mort, de la vie, de la survie, de la construction de montgolfières, de notions de temps, de sandwich américain banane,…

Entre autres choses.

C’est toujours aussi drôle, frais, barré et complètement absurde.

C’était comme de revoir un épisode de Friends que tu connais par cœur. Tu connais la chute donc tu ris par anticipation.

Ce qui est chouette avec une pièce de théâtre comique c’est le public. L’entendre rire, parfois en décaler, parfois bizarrement, ou subitement, ça apporte beaucoup. C’est une atmosphère, une énergie.

J’ai pu également me concentrer davantage sur le jeu d’acteur. Ils sont incroyables, ils se passent quelque chose entre eux sur scène. Comme un clic qui signifie que ça fonctionne. Ils sont drôles et justes. Et puis, leurs expressions sur leur visage et leur manière de se servir de leur corps, Oh my !

Je te conseille d’y aller. C’est 1h05 de rire, c’est bon pour les abdos.

*

Réserve vite ta place ici, ça part comme des petits pains (chauds et au chocolat) :  ici

Plus d’infos sur la pièce: ici

La Playlist de Ma Vie

Il y a des chansons qui ne nous quittent pas depuis qu’on est gamins et d’autres qu’on découvre plus tard et qui font écho à des étapes de notre vie.

Je ne vous ai pas encore beaucoup parlé de musique par ici, ci ce n’est de Janis Joplin et Patti Smith.

J’avais envie de rassembler les 30 chansons qui importent peut-être un peu plus que les autres. Si j’y passais des journées entières, cette playlist se compléterait sans cesse. Mais, voici un bon échantillon.

Je vous invite à écouter ces chansons sur la playlist que j’ai constitué pour l’occasion, c’est ici:

Pour danser :

Patrice – Music (c’est simple, il suffit des trois premières notes et je suis debout)

Christine and the Queens – Saint-Claude

La Femme – Où va le monde ?

Exotica – Une Miss s’immisce

Kenny Loggins – Footloose (quand ton lâché prise commence par tes pieds)

Pour soigner une rupture :

Ben Mazué – La résiliation (criant d’intelligence)

Brigitte – Palladium (j’attends, avec impatience, qu’une amie rompe afin de pouvoir partager cette chanson avec elle. Non, je ne suis pas cruelle)

Whitney Houston – It’s not right but it’s ok (bien évidemment si ton mec/ta meuf t’a trompé, menti et qu’il espère quand même que tu ne vas pas le jeter. C’est la chanson si tu as besoin de passer tes nerfs)

Pour dire je t’aime :

Otis Redding – Cigarettes and Coffee (la beauté, la simplicité, l’amour sans artifice)

Fauve – Kané (Aimer quelqu’un pour ses défauts)

Pour devenir parolière :

Etienne Daho – If (ou devenir poète)

Tim Dup – TER Centre

Pour quand on n’a pas trop le moral :

Etienne Daho – Le premier jour du reste de ta vie

Janis Joplin – Kozmic Blues (Janis, le remède ultime)

Her – Blossom Roses (nouvelle découverte qui ne quitte plus mes oreilles. Ce groupe, cette musique et je me laisse bercer)

Je ne fais aucun favoritisme pour Janis (quoi que) mais, c’est le seul disque que j’ai…

Pour quand tu aimerais que ta vie soit une série télé :

Woodkid – Run Boy Run (si tu es énervée et que comme dans une série tu aimerais l’être en courant à toute vitesse dans les rues d’une banlieue chic américaine. Mais au lieu de ça, tu fais le ménage. Mais, de manière très, très énergique)

Naughty Boy – Runnin’ (Loose It All) (c’est le moment crucial, tu es un tournant, entre flashback et moment crucial, celui déterminant qui va changer ta vie, tu l’as décidé rien ne sera plus comme avant)

Golden Boy & Miss Kittin – Rippin Kittin (J’aurais pu l’inscrire dans les musiques pour danser mais, j’imagine la scène de film, on entre dans la boîte de nuit, jeux de lumières, on focus sur une fille dans une robe un peu trop sexy qui chasse ses démons sur la piste de danse. Et puis, j’ai découvert cette chanson dans Big Little Lies, donc ça méritait sa place ici)

Pour les voyages en voiture :

Simon & Garfunkel – Cecilia

Brigitte Bardot – Moi je joue

Francis Cabrel – La Corrida

Georges Brassens – Brave Margot

Les titres cités sont un choix non-exhaustif parmi les artistes élus. En gros, l’intégralité de leur répertoire a accompagné nombres de voyages familiaux.

Pour faire l’amour :

Jane Birkin & Serge Gainsbourg – Je t’aime moi non plus

Marvin Gaye – Sexual Healing (so cliché)

Pour militer :

L’homme qui parle – La crise (les paroles se suffisent à elles-mêmes, non ?)

Bebe – Malo (bouleversante de vérité cette chanson qui dénonce les violences faites aux femmes. La voix de bebe et la musique te fera danser pour exprimer ta haine)

Michael Jackson – They Don’t Care About Us (la justesse)

Lesley Gore – You Don’t Own Me (la base. Des paroles si éloquentes)

Pour pleurer :

Léo Ferré – Avec le temps (à chaque fois, j’ai arrêté de lutter)

Jacques Brel – La Quête (depuis les funérailles de mon grand-père, le premier enterrement d’une personne proche de moi, je n’arrive plus à l’écouter sans pleurer. Mon grand-père, mon étoile)

120 mots pour 120 battements par minute

Important. Bouleversant. Giffle. Coup de poing. Coup de sang. Éducatif. Romantique. Militant. Amour. Sida. Maladie. Lutte. Triste. Émouvant. Essentiel. Existentiel. Ouverture. Liberté. Magistral. Jeux d’acteurs. Réalisation. Son. Grand prix du jury à Cannes. Leçon. Humilité. Grandiose. Émotion.

On retient son souffle, sa respiration. Assis dans son fauteuil, dans le silence de cette salle qui 5 minutes avant était remplie de bruit.

Pris par l’émotion, le générique de fin défile dans un silence presque religieux. Il faut intégrer ce qu’on vient de voir sur cet écran. Personne n’arrive à se lever. Quand une femme derrière moi me donne un coup de manteau en essayant de le mettre. Un fou rire éclate. Entre rire et larme, on se dit : « c’est l’émotion ».

Processed With Darkroom

Quand les séries ont du pouvoir

Aujourd’hui, je vous retrouve pour parler de deux séries qui sont en train de bousculer mon existence.

Je pense vous l’avoir déjà dit, je consomme les séries télévisées américaines comme un politicien consomme le mensonge. La difficulté, d’ailleurs, c’est que j’aime tous les styles, même si celles qui me parlent le plus sont les dramatiques. Et ces deux-ci ne font pas exception :

La première est Big Little Lies de David E. Kelley (Ally McBeal) avec Reese Witherspoon (Walk The Line, Wild), Nicole Kidman (Eyes Wide Shut, The Hours) et Shailene Woodley (The Descendants, The Fault In Our Stars).

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Un drame survient dans la petite ville de Monterey, en Californie. Un accident? Un meurtre ? On ne sait pas bien. Grâce au principe du flashback, on va revenir sur les semaines précédant l’événement afin de comprendre ce qu’il s’est passé. On se concentre sur Jane, Madeline et Céleste. Toutes les trois sont mères de famille et se sont liées d’amitié car leurs enfants sont dans la même classe. Sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé (et on ne l’apprend qu’au dernier épisode, le 7ème), on comprend que la violence a une place particulière. Le harcèlement à l’école, la violence conjugale, les mensonges et les secrets, ou encore la transmission génétique de comportements violents sont autant de thèmes abordés. La sincérité de la réalisation et du jeu d’acteur fait froid dans le dos tant la vérité nous touche. C’est bouleversant tellement le ton est juste et les sujets d’actualité. On se questionne sur le rôle de la femme et la place qui lui reste quand elle devient mère. Au fil des épisode, on s’interroge sur les rôles sociaux de sexe, la violence envers les femmes, la culture du viol et la banalisation de la violence.

Bref, j’ai adoré cette série. Elle ne comprend que 7 épisodes et on ne peut qu’avoir un goût de trop peu. Je les regardais tous les lundis, après leur sortie et j’ai très envie, dès que j’aurai le temps, de me les enchaîner les uns à la suite des autres.

La deuxième série dont j’ai envie de vous parler est 13 Reasons Why de Brian Yorkey avec Dylan Minnette et Katherine Langford, deux jeunes acteurs que je ne connaissais pas.

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Hannah Baker s’est suicidée. Elle laisse derrière elle, 13 enregistrements qui sont d’autant de raisons de justifier son geste. Clay Jensen est la 11ème personne à recevoir les cassettes audio car Hannah a donné les règles du jeu. Il faut écouter les enregistrements dans l’ordre chronologique et ensuite, donner la boîte à la personne suivante. Sinon, une personne de confiance a un double de chaque et les transmettra à qui de droit.

Au fil des 13 épisodes, on se plonge dans le quotidien d’Hannah. A mesure que Clay comprend l’enchaînement des événements qui a poussé Hannah a aller si loin, on se rend compte les dégâts que cause le harcèlement. Depuis un an, elle était considérée comme la pute du lycée, le faire-valoir des autres élèves et concentration de violences quotidiennes. Clay écoute les enregistrements impuissant et révolté. Il n’a rien fait, personne n’a rien fait.

J’ai aimé cette série que j’ai, d’ailleurs, binge-watché. Elle met en scène les méandres du harcèlement et ses conséquences. La violence quotidienne que ça représente pour la victime et comme il est difficile de demander de l’aide, ou qu’il est souvent trop tard. Le fait que ça se passe dans un lycée n’est pas anodin et rend le sujet encore plus actuel et puissant. L’école et les adultes ne sont pas à l’écoute et, parfois, sans s’en rendre compte, participent à cette violence ou font l’autruche et n’y mettent pas fin.

L’école permet de montrer à quel point un lieu peut renfermer les personnes dans leur solitude et renforcer l’isolement. Si les adultes et l’institution ne créent pas un environnement sain et n’interdisent pas un comportement malsain, celui-ci n’a plus de limites. D’ailleurs, celui sera renforcé et participera à une culture de la violence et du viol.

Alors je sais, vous allez me dire que ces deux séries n’abordent pas des sujets rigolos. Et vous n’avez pas tort. Mais, elles sont tellement bien réalisées, filmées, jouées et montées qu’il est difficile de ne pas devenir accros. Les sujets, c’est vrai, ne sont pas drôles ni enjoués. Non, ils sont utiles. Ils font du bien car ils sont abordés avec intelligence. On est émus, bouleversés, on a envie de se remettre en question et d’analyser nos propres comportements.

Car, sans réellement avoir un comportement violent, je pense qu’on participe tous à une forme de violence ordinaire et majoritairement à l’encontre des femmes. Il est tellement banal de juger une personne sur sa manière de s’habiller, de parler, de manger, de vivre, de faire l’amour et d’être dans ses relations. Au nom d’une morale perfide, on se permet d’objectifier autrui. Alors je dis stop.

Depuis quelque temps, j’ai entreprit de me remettre en question et d’analyser mon propre comportement à cet égard-là. J’essaye vraiment d’arrêter le jugement facile et les réflexions du style « T’as vu comment elle est habillée », « Elle a les yeux qui crient braguette », « Elle est frustrée et mal-baisée », et j’en passe. Je me rends compte, alors que j’ai horreur de ça et que ça me dégoûte, je le fais.

L’évolution de la société passe par la remise en question de nos comportements. Il est primordial de s’auto-analyser afin de ne plus reproduire le schéma et les carcans dans lesquels on est bien trop souvent enfermés. Il faut dire non au sexisme ordinaire et au slutshaming qui pérennisent une culture du viol. Comme l’a dit Navie dans la dernière Emifion, podcast qui déconstruit le sexe sur le site MadmoiZelle, « L’habit ne fait pas le moine de la même manière que la jupe ne fait pas la salope ! ».

En tout cas moi, j’ai décidé de changer. Et vous ?

Pour mieux comprendre le slutshaming:

DirtyTalk ?

J’avais très envie de vous retrouver pour vous parler de deux découvertes internet qui égayent mes journées.

La première est une websérie qui est sur YouTube, il s’agit de Parlons peu, parlons cul. Juliette Tresanini et Maud Bettina-Marie nous parlent de sexe sans complexes, sans tabous et avec de l’humour. Le maître mot est de dédramatiser, ce qui arrive à l’une ou à l’un arrive souvent à tout le monde.
Loin de seulement nous faire rire, cette websérie nous apprend, informe et aborde toutes sortes de sujets avec simplicité. Elle déconstruit les clichés et les idées reçues afin de dédramatiser.

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Je recommande à tous cette websérie. Elle s’adresse à tout le monde qui se pose des questions et est sexuellement actif sans faire de distinction de sexe.
Je conseille à toutes les femmes de regarder cette chaîne YouTube afin de se libérer des contraintes quant à son comportement et ses envies sexuelles. Ce qui se produit dans le corps est complètement naturel et il est temps de lever les tabous.
Je pense aussi que les hommes peuvent trouver leur compte car certains sujets épisodes les concernent directement, comme la masturbation masculine. Mais, surtout car l’éducation sexuelle n’est vraiment pas concluante actuellement.
Afin de se considérer tous d’égal à égal, il faut comprendre l’autre dans on intégralité et se culpabiliser.

La deuxième découverte est plus ancienne mais j’y suis beaucoup plus attentive dernièrement. Il s’agit du webmagazine féminin MadmoiZelle. Je l’ai découvert grâce à sa chaîne YouTube, il y a de ça quelques années, j’aimais beaucoup leur rubrique culture et beauté.
Depuis quelques semaines, j’écoute énormément leurs podcast. En ce moment, je lis moins et j’en ai un peu d’écouter tout le temps la même musique. Du coup, les podcasts sont la parfaite alternative. Je peux écouter des émissions diverses, il suffit de les télécharger au préalable.

Pour le moment, j’écoute l’Emifion. Elle s’inscrit dans la même vague que Parlons peu, parlons cul, Navie et Sophie-Marie Larrouy nous parle de sexe sous toutes ses formes. Elles s’entourent d’invités et, ensemble, ils décortiquent un sujet. Des loses sexuelles en passant par la drague, les préliminaires ou même la sodomie, il n’y a pas de tabous.

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Je voulais absolument vous présenter ces deux « émissions » car ça fait du bien de parler de sexe sans tabous et sans jugements. Peu importe, homme ou femme, il faut pouvoir parler de tout. Dans l’éducation de chacun en tant que sujet sexuel, il est bien d’être informé et de ne pas se sentir seul dans ses expériences et avec ses propres questions.

[MISE À JOUR]

J’avais oublié de mentionner la sublime chaîne Youtube d’Aude Gogny-Goubert, Virago. Le principe ? Elle nous présente des femmes importantes oubliées de l’Histoire. En un peu plus de deux minutes, elle nous tire le portrait d’une femme qui a marqué l’histoire et dont on n’a pas forcément idée. Aujourd’hui, on peut déjà découvrir, entre autre, Olympe de Gouges, Helen Keller et Vigdis Finnbogadottir. Le concept est très bien réussi et donne envie de se pencher un peu plus sur tous ses portraits.

City of Stars

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Oui, je sais. Déjà lundi je vous postais un article culturel mais, je ne tenais plus. Je suis excitée de vous parler de La La Land de Damien Chazelle, cette pépite. Un peu comme si mon anniversaire, Noël et l’invention du chocolat tombaient le même jour dans le calendrier.

Pour vous ambiancer, cliquez ici et laissez vous porter par la musique

Ce film est un bijou. Les couleurs, le jeu d’acteur, le montage, les plans, la musique, les sons, l’histoire et tout le reste est pure magie.
Dès la première scène, on rentre dans l’histoire. Et on comprend le ton. On va assister à quelque chose d’unique. Nostalgie, danse et humour se mêlent pour nous raconter une histoire d’amour intemporelle. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a sans cesse cette impression de regarder un film tourné le siècle passé, que ce soit à travers le ton, les costumes ou la musique. Et puis, une sonnerie de portable nous ramène brusquement à notre époque et dans sa modernité. Et c’est en jouant avec la temporalité que cette histoire gagne en universalité.

C’est le troisième film qu’Emma Stone et Ryan Gosling tournent ensemble et le duo fonctionne toujours aussi bien.

Pour les sceptiques du concept de la comédie musicale, je vous le dis, vous pouvez y aller sans craintes. Toutes les scènes ne sont pas une immense chorégraphie. Les parties musicales se mêlent et se fondent parfaitement dans le film. Elles viennent apporter un peu de romantisme, d’humour et de légereté. D’ailleurs, la musique est une grande part de la réussite de ce film. Tout son est musique, que ce soit le bruit du vynil qui tourne, le café qui coule, le bruit des talons sur le sol, le « bip bip » des clés d’une voiture, tous les sons servent à la bande sonore. Et ce n’est pas étonnant quand on sait que plusieurs des films de Damien Chazelle parlaient aussi de la musique en général et du jazz en particulier. J’en profite pour vous conseiller de voir Whiplash, avec Miles Teller et J.K Simmons, qui est plus sombre mais tout aussi incroyable.

Damien Chazelle a réussi le pari fou de nous faire revivre une comédie musicale. Mais le film n’a pas d’âge, il n’a pas d’époque.
Les plans sont magnifiques. J’aime la manière dont le film est tourné. Les couleurs sont superbes et les effets de caméra apportent beaucoup à la mise en scène.

Pour les nostalgiques des grandes comédies musicales, vous serez servi. La musique transporte et les mélodies restent en tête. Les deux personnages principaux incarnent cette classe et cette grâce qu’avaient les acteurs des films de cette époque.
Et pour ceux qui tiennent plutôt ce genre de film en aversion, laissez vous surprendre. La musique est parfois kitsch mais jamais ringarde. Le jazz a ce coup de génie de savoir être intemporel car pouvant s’adapter à plusieurs autres influences musicales. Et puis le dialogue et le rapport homme-femme sont actuels.

Pour ceux qui sortiraient l’argument qu’on utilise en dernier recours quand on n’a pas d’argument. Vous voyez ? Mais si, la phrase qui vous fait l’effet d’un coup de massue, à chaque fois, le « mais c’est un film de filles ». Parce qu’il est bien connu que l’amour, la musique et la force de rêver, envers et contre tout, ne regarde que les filles. Et bien sachez, chers lecteurs masculins, que j’ai été voir le film avec mon frère et mon cousin, tout ce qu’il y a de plus virils, et qu’ils ont adoré. Sur le chemin du retour, on sifflotait tous les trois comme de parfaits imbéciles heureux. En se disant, qu’on retournerait bien le voir, encore une fois.

Antigone

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Jeudi soir, je suis allée voir Antigone de Sophocle au théâtre du Parc. La pièce est chorégraphiée et mise en scène par José Besprosvany. Oui, car dans un élan de modernité, danse et jeu se mêle afin de servir le texte et de bouleverser le spectateur.

Et je peux vous dire que j’ai été bouleversée.

Dans un premier temps, par l’actualité du texte.

Antigone se rebelle contre l’édit d’un monarque absolu, Créon, qui l’empêche d’offrir à son frère une sépulture dans la pure tradition des dieux. Créon la condamne à la mort. Le peuple se soulève. Antigone meurt. Le roi s’entête dans sa décision étant persuadé d’être juste. À n’avoir voulu écouter personne, il perd son fils et sa femme.

L’histoire on la connait tous. Pour la plupart, on l’a étudié en français à l’école. À l’époque, c’était un vieux texte, poussiéreux, que nous n’aimions pas avant de l’avoir lu. Probablement, à cause de son caractère obligatoire qui ne nous permettait pas d’apprécier son message. Sales morveux.

Bien-sûr, ici le texte est magnifiquement adapté et permet de créer le débat. Et il est important d’échanger après une pièce comme celle-là.

Antigone et Créon sont radicaux, intransigeants mais ne défendent pas les mêmes valeurs. Antigone incarne la Foi et le fanatisme religieux, alors que Créon, totalitaire, agit comme un tyran.

Le débat n’est pas de savoir qui a raison, ils ont probablement tous les deux torts d’ailleurs. L’important est de comprendre leur radicalité et de la remettre en question, quelle que soit la force derrière le combat.

Au niveau de la mise en scène, la danse apporte une émotion particulière et porte le message de la pièce. José Besprosvany est, d’ailleurs, avant tout un chorégraphe.

Malheureusement, je trouve que le jeu et la danse ne se rejoignent pas assez. Créon et Antigone paraissent isolés du reste de la troupe. Bien que cela permette de symboliser leur opposition face aux autres personnages, cela oppose un peu les deux disciplines. Le sort réservé à Antigone engendre le soulèvement du peuple, mais elle n’interagit pas eux, ou trop peu. D’ailleurs, elle n’est pas assez présente. Toutes ses interventions sont justes et bouleversent. Mais, on reste sur notre faim, on en veut plus.

Le personnage du messager est une vraie bouffée d’air frais. Il permet de prendre de la distance, et donc du recul, face au drame de la pièce car il apporte une touche de comédie. Il fait rire. Et c’est bon quand le sujet est intelligent.

J’ai vraiment passé un bon moment dans un théâtre splendide (je voulais le mentionner). J’ai aimé Antigone, les comédiens et les danseurs. J’ai adoré que jeu et danse se mêlent. J’ai adoré que le texte soit mis en musique tel un slam. Je regrette seulement qu’Antigone et Créon n’y prennent pas part.

L’avant dernière scène, nous laisse dans une émotion brute. Les danseurs rassemblent leurs dernières énergies afin de nous livrer un message magnifique. Et je crois que j’aurais aimé que la pièce se finisse là. Je ne suis pas rentrée dans le personnage de Créon. J’aimais qu’il ait un air de ministre, ça apporte encore plus d’actualité à la pièce. Mais, je n’y ai pas toujours cru.

J’ai envie de vous dire d’aller voir cette pièce. Entre amis ou en famille. Emmenez vos jeunes frères et sœurs ou cousins. Ou vos grands-parents. Allez-y avec des personnes avec qui vous aimez discuter, échanger, vous disputer et vous réconcilier.

C’est pour cela qu’il est important d’aller au théâtre, d’ailleurs. Pour se rappeler de s’aimer et de se tolérer davantage.

Pour toutes les informations de réservations, cliquez ici

Une lanterne dans la nuit

Je sais, je vous dois des excuses. En ouvrant cette rubrique, je vous avais promis une critique littéraire par mois et j’ai un paquet de mois de retard. Mais, on ne va pas compter…

Du coup, ce mois-ci je vous retrouve avec, non pas un mais, deux coups de cœur. Ces deux livres écrits par Saphia Azzeddine m’ont bouleversé. Le premier, Bilqiss, je l’avais dans ma bibliothèque depuis moins d’un an et il m’attendait avec son post-it à lire. Le second, Confidences à Allah, je l’ai acheté en réaction à mon amour pour le premier.

Je vais commencer par vous pitcher le premier. Bilqiss raconte l’histoire d’une femme musulmane indocile, Bilqiss, condamnée à la lapidation dans un pays où la charia est appliquée. Son crime : avoir fait l’appel à la prière. Le juge, en charge du procès, tombe amoureux et une journaliste américaine, Leandra, fait le déplacement pour assister au procès et rencontrer son idole « à la beauté tragique et au regard puissant ». Les trois personnages ne parlent pas le même langage. Et chacun se renforce dans son discours.

Et c’est grâce à ce trialogue que nous nous posons des questions et nous interrogeons sur nos propres choix. Saphia Azzeddine réussit, à travers le prisme de la femme musulmane opprimée, à nous renvoyer à nos propres conflits intérieurs.

« Ah, vous les aimez, les femmes musulmanes opprimées, hein, vous raffolez de cette espèce. Et plus, la persécution est barbare, plus grande est l’affection. Vous bondissez pour nous défendre, élevez la voix pour nous soutenir, tout cela sobrement, avec des mines appropriées, pas trop maquillées, à peine coiffées, comme sur la photo que vous étiez si fière de me montrer la dernière fois, entourée de vos copines très concernées le temps d’un cliché, muettes parce qu’il n’y a tellement rien à dire face à l’horreur, à l’injustice et à la barbarie. »

À chacun de se positionner et de se demander à qui il ressemble le plus.

Sommes-nous le juge ? Cet homme de conviction que rien ne bouleverse et que tout renforce. Sauf l’amour, peut-être… Sommes-nous Leandra ? Une JAP (Jewish American Princess) qui s’indigne face à l’injustice. Mais son combat a autant de force que de condescendance et ne dure, souvent, pas plus longtemps que l’émotion. Ou, sommes-nous Bilqiss ? Une femme. Musulmane et opprimée. Dans un pays où nous n’avons pas le droit croire comme on veut et faisons de notre conviction notre combat. Elle cherche à se réapproprier Allah, son Allah.

Je ne m’étendrai pas longtemps sur à qui je ressemble et pourquoi. Je pense que cela est évident. Et ce n’est pas l’important. Non. Saphia nous invite à se poser les bonnes questions et à dépasser cette position un peu stéréotypée. Elle a choisi d’écrire son livre comme un conte. Elle se permet, ainsi, de grossir les traits sans pour autant tomber dans la caricature. Son histoire est crédible tout en ne l’étant pas. Ainsi, libre à chacun de tirer la sonnette d’alarme ou non. Libre à chacun de se poser des questions ou non, et de se laisser porter par son écriture et l’histoire romanesque. La nuance, c’est le lecteur qui l’apporte car, à notre niveau, on est tous un peu le juge, Leandra et Bilqiss à la fois…

« Vouloir m’aider était une noble pensée, Leandra. Pourtant ici les nobles pensées sont de belles salopes qui allument mais n’embrassent pas. »

Mon deuxième coup de cœur est en réaction au premier. J’ai tellement adoré la plume de Saphia Azzeddine que j’ai eu envie de lire l’entièreté de sa bibliographie. Je me suis retenue car je suis en blocus (donc, ne t’inquiète pas maman) mais j’ai tout de même jeté mon dévolu sur Confidences à Allah, le premier roman de Saphia Azzeddine. Et que vous dire ?

Déjà, je l’ai dévoré en une soirée. Signe de qualité d’écriture. Et aussi parce qu’il est petit, 126 pages.

Ce roman raconte le monologue de Jbara à Allah. Jbara est une petite bergère qui vit dans la pauvreté dans les montagnes marocaines et qui se prostitue pour des yaourts. Mais pas n’importe lesquels. Non, les « Raïbi Jamila, un délicieux yaourt à la grenadine qu’on boit par en dessous en faisant un petit trou. » A son Dieu, elle a décidé de s’y adresser crûment, sans langue de bois. Elle a surtout choisi de l’aimer sans le glorifier. L’honorer en recherchant à sortir de sa situation car, « une quête de savoir vaut une vie entière de prières ». Et ça, Jbara en a fait son combat.

« Allah, je refuse que Tu sois un Dieu bouche-trou, que Tu sois la réponse à toutes mes questions et spécialement la réponse à mes ignorances. Sinon, ça fait de moi une conne. Et je ne suis pas conne. Sauf des fois, c’est vrai… »

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J’ai, évidemment, conscience que si j’ai aimé particulièrement ces deux livres c’est qu’ils font tristement écho à l’actualité et à la médiocrité de 2016.

Mais je me dis, pourquoi ne pas accueillir 2017 en allumant nos lanternes pour nous éclairer un peu ? Pourquoi ne pas entreprendre le chemin et essayer d’être moins cons et moins donneurs de leçons ?

La tolérance, la vraie, c’est accepter. Accepter l’autre dans sa totalité et sa complexité. Accepter, alors, de ne pas pouvoir tout comprendre.

Pour 2017, lisons plus de livres dans ce genre-là. Permettons-nous de croire encore que le monde est beau et que les humains qui l’habitent aussi. Pour cela, ouvrons nos yeux et nos cerveaux. Ou plutôt, utilisons-les.

Fragments de souvenirs

Ce week-end, j’ai participé à un atelier d’écriture organisé par Le Coin Bleu et animé par Mouna Imad-Eddine. Fragments de souvenirs – déployer l’instant.

L’occasion d’arrêter le temps, de s’arrêter sur l’image, de laisser le souvenir s’emparer de nous.
Instant volé, instant créé. Laissons l’émotion revenir, fermons les yeux. On se rappelle son corps, ses mouvements, ses gestes et ses sensations. Sinon, on les invente.
Une consigne et du papier. Des mots sur les maux du moments. Banalité du quotidien qui devient universel. Petit bout d’histoire, émotion déployée. Ouvrrir son esprit et laisser les mots venir. Pas d’erreurs, l’écriture est un chemin.

Pendant un week-end, nous nous sommes réunis à l’Harmonium, un comptoir culturel situé rue Vanderkindere à Uccle.

C’était un week-end précieux, nous avons été chanceuses. Deux jours consacrés à l’écriture. A la sienne et celle des autres.

Exercice de la seconde élastique:

Elle me posa la question. Comme ça, au milieu du repas. Entre le pain de viande et une patate. Comme ça. Naturellement. Simplement. Et voilà que tout le monde me regarde. En même temps, c’est venu gros comme une maison. Mais moi, je ne m’y attendais pas. Des années de disputes, d’incompréhension et de jalousie refoulée envolées en une question. En un mot en faite. Un mot qui fait confiance. Un mot qui montre le respect et tout le bien qu’elle pense de moi. Moi, la fille sensible et susceptible. Encore une fois, mes émotions ont raison de moi.
Avant la parole vient la surprise, le sourire et les larmes. Celles qui font du bien. Les larmes qui coulent doucement. Pas les gros sanglots. Celles de joie, de circonstance. Maladroite, je tremble et je renverse mon verre. Ma tête sur l’épaule de Roberto pour sentir un contact. Se dire que c’est réel. Réaliser que je le voulais, je l’espérais sans oser. À demi-mot. En secret.
Les larmes tombent.
Je rigole aussi.
Tout le monde sourit. Sauf maman qui pleure. Mais, elle sourit aussi.
Il a suffit d’un mot, d’une question. On tire un trait sur le passé. Toutes les rancœurs envolées.
Un mot, une question.
Et une réponse qui soude le tout. Une réponse qui crée un lien. Même si elle n’existe pas encore. Une réponse comme une promesse. Celles d’être là pour elles.
Le cœur peut rebattre normalement.

Dancing in Esperanzah

Il y a des moments dans la vie où on est conscient de vivre quelque chose d’important. On ne sait pas encore quel impact cela aura mais, on sait déjà qu’on ne l’oubliera jamais.

Pour moi, un de ces instants s’est produit la semaine  passée, à Esperanzah.

C’était la deuxième fois que je me rendais à ce Festival de musique à la Citadelle de Floreffe, en Wallonie. J’aime beaucoup aller en festival même si je ne le fais pas souvent. J’aime cette ambiance, la musique en fond continu, la joie de vivre sur le visage des gens, cette impression que les artistes sont proches de nous, les efforts de décoration, les petites boutiques d’artisans, les différents styles vestimentaires…

Nous arrivons à la Citadelle vers 14h30-15h. La chance du débutant ou du cocu (vous choisissez) nous sourit, nous trouvons une place de parking très rapidement. Après, c’est simple, il suffit de suivre le flux de monde ou les flèches qui indiquent le chemin vers le festival.

Une fois le portique passé et le bracelet accroché au poignet, nous pénétrons dans l’enceinte. Nous sommes dimanche, le troisième et dernier jour et très vite on a l’impression d’être les plus frais, ou les plus propre. Mais, tout le monde semble heureux. L’alcool et la drogue aidant, sûrement.

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On fait un premier tour pour prendre nos marques, acheter des tickets boissons, se rendre compte du coût et criser un peu. On se repère à l’aide du plan, comme de vrais débutants. Une bière pour se fondre dans l’ambiance, une deuxième, une tresse de « hippie » dans les cheveux pour vivre le festival à fond et se rendre compte de ces choses que l’on fait pour se sentir légitimes. On se laisse transporter à cette joie, nous aussi on est heureux.

On rejoint des amis, avant le concert, au jardin suspendu, qui n’est qu’une pelouse-surélevée-à-côté-de-la-scène-principale-où-tu-peux-boire-une-bière-et-fumer-un-joint-tranquille mais, le terme était moins joli.

Il est 18h30 et le concert de Patti Smith ne va plus tarder. On prend place, l’excitation augmente. On énumère les chansons qu’on aimerait qu’elle interprète, et s’échange des anecdotes sur sa vie, à qui la connait le mieux ?

19h00, Patti Smith entre en scène. Elle est belle, classe, sobre, élégante et tellement rock. Androgyne, elle porte un ensemble pantalon-veste noir et une simple chemise blanche. Ses longs cheveux gris argent tombent de chaque côté de son visage.

Une envie de se taire et de l’écouter. Elle commence par réciter un poème d’Allen GINSBERG. Déjà que tout le  public ne situait pas Patti Smith, la voilà qui lit un texte d’un homme de la Beat Generation et tout le monde l’écoute.

Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy!
The world is holy! The soul is holy! The skin is holy! The nose is holy! The tongue and cock and hand and asshole holy!
Everything is holy! Everybody’s holy! Everywhere is holy! Everyday is in eternity! Everyman’s an angel!
The bum’s as holy as the seraphim! The madman is holy as you my soul are holy!
The typewriter is holy the poem is holy the voice is holy the hearers are holy the ecstasy is holy!
Holy Peter holy Allen holy Solomon holy Lucien holy Kerouac holy Huncke holy Burroughs holy Cassady holy the unknown buggered and suffering beggars holy the hideous human angels!
Holy my mother in the insane asylum! Holy the cocks of the grandfathers of Kansas!
Holy the groaning saxophone! Holy the bop apocalypse! Holy the jazzbands marijuana hipsters peace peyote pipes & drums!
Holy the solitudes of skyscrapers and pavements! Holy the cafeterias filled with the millions! Holy the mysterious rivers of tears under the streets! 
Holy the lone juggernaut! Holy the vast lamb of the middleclass! Holy the crazy shepherds of rebellion! Who digs Los Angeles IS Los Angeles!
Holy New York Holy San Francisco Holy Peoria & Seattle Holy Paris Holy Tangiers Holy Moscow Holy Istanbul!
Holy time in eternity holy eternity in time holy the clocks in space holy the fourth dimension holy the fifth International holy the Angel in Moloch! 
Holy the sea holy the desert holy the railroad holy the locomotive holy the visions holy the hallucinations holy the miracles holy the eyeball holy the abyss! 
Holy forgiveness! Mercy! Charity! Faith! Holy! Ours! Bodies! Suffering! Magnanimity!
Holy the supernatural extra brilliant intelligent kindness of the soul! 

GINSBERG, Allen. Berkeley, 1955.

Pendant une heure et quart, elle donnera le meilleure d’elle, au-delà de ce que nous espérions. Sa voix et son énergie nous transporte. Elle transmet un message humanitaire aux jeunes générations. L’art étant une arme face à ce monde à la dérive. C’est ensemble qu’il faut agir et se libérer.

Il y aura un avant et après ce concert. Je ne sais pas comment l’expliquer mais, elle m’a inspirée. Elle m’a transmise sa sérénité. Bouleversée, elle a laissé une trace, sa trace. Un peu de grâce, j’espère, et une envie folle de me bouger le cul.

Nous sortons de l’émotion appelés par nos estomacs, beaucoup moins enclins à se laisser envahir par cette effervescence artistique, et nous nous dirigeons vers les stands de nourriture. On choisit des hamburgers revisités. Pas déçus, ils étaient bons, vraiment délicieux en fait.

On se remet de l’après-Patti-Smith, on reprend des tickets boissons et on se dirige, à nouveau, vers la scène pour écouter Saint-Germain, un artiste électro. Nous ne le connaissions pas, ou juste de nom. L’idée de l’album est bonne, il a fait appel à des musiciens africains. Ce qui donne un mélange intéressant et entraînant. Malheureusement, le live n’apporte pas une dimension supplémentaire et on repart assez vite.

Nous nous dirigeons vers le cœur de la fête, le milieu de la danse. En plein cœur du quartier Baz-Art, radio-bistrot fait danser l’assemblée sur des sons d’autrefois. Du rockabilly aux classiques des années 90, il y a de tout. Nous sommes plongés dans la nostalgie des sons du passé. Juste ce qu’il fallait avant d’assister au concert de Dub Inc, un groupe de reggae. On se revoit à 16 ans, plus ou moins, fumant nos premiers joints, plus ou moins. Ils ont fait du chemin depuis le temps, on ne connaît plus les chansons. Mais, ils font le show, et on joue le jeu. Tout le monde danse et chante. Rudeboy dans les oreilles et on oublie l’heure qu’il est. On ne doit pas rentrer, ni travailler le lendemain. On a de nouveau 16 ans et tout est possible, au moins le temps d’une chanson.

 

Americanah

En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé.


Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, sans aucun doute je vous dirais de lire Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. Il fait un peu moins de 700 pages, donc il vous prendra du temps.

Pour ma part, je l’ai dévoré en une semaine de vacances.

On suit la vie d’Ifemelu et d’Obinze, leurs histoires personnelles respectives et leur histoire d’amour qui traverse trois continents. Ils ont grandi au Nigeria entre la classe moyenne et les privilégiés. Suite à des grèves à répétitions qui touchent les universités, Ifemelu obtient son visa pour les États-Unis d’Amérique. Elle est acceptée à l’université de Philadelphie. Entre choc culturel et adaptation, elle découvre l’existence de sa couleur. Sa différence et l’enjeu qu’elle représente. Les difficultés qu’elle apporte et sa position sociale.

Ce livre permet de se rendre compte de l’enjeu que représente la race, de sa position de blanc dans un pays occidental et de vouloir la remettre en perspective.

Le racisme ordinaire existe et est-ce que j’y participe ? De manière inconsciente et presque innocente, sans faire de vague. Non, je ne suis pas raciste. Mais je vis dans un monde qui l’est. Sans en donner l’intention. Sans se faire remarquer. À peine perceptible, la différence de race existe toujours et fait intrinsèquement partie de la norme. Et c’est là que c’est dangereux car fourbe.

Aux Etats-Unis, on apprend que peu importe son importance ethnique, si on n’est pas blanc, rien n’est « pire » que d’être noir. Et là encore, on distingue noir afro-américain et non-américain. Dans une université, les professeurs demandent de ne pas utiliser le terme « nègre » dans les commentaires à propos d’un film qui traite de l’esclavage. Comme si, ne pas dire le mot enlevait toute la signification. Tout est une question de contexte et non de syntaxe.

Ce livre permet de conscientiser cela, de se poser les bonnes questions et d’avoir envie d’y être attentif pour ne pas participer à ce jeu « inoffensif ». Pour qui ? Pour moi, pas pour l’autre, encore et toujours victime de cette différence. Moi, quoiqu’il arrive j’aurai toujours les bonnes cartes pour tirer mon épingle du jeu et justifier que je ne suis absolument pas raciste, sans avoir besoin à utiliser l’argument « ma colocataire est noire, je ne peux pas être raciste ».

Alors je dis stop. Je ne sais pas si je fais partie de ces gens qui sans en avoir l’air participe à perpétuer ce racisme perfide. Mais je décide que je ne veux pas. Et, je compte bien y faire attention.

C’est à ça qu’on reconnaît les grands livres. Tout en lisant un roman au bord d’une piscine, l’air de rien, j’ai appris une des plus belles leçons de vie: la tolérance. La vraie, celle inébranlable. Celle que rien ne vient perturber. Celle qui ne voit que l’être humain.

Janis, cette féministe

Hier soir, j’ai rencontré Janis. Vous la connaissez peut-être aussi, d’ailleurs ?

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C’était une femme libre, follement libre. Sans port d’attache, toujours sur la route, en quête d’amour, d’elle et des autres. Elle a quitté son Texas trop stricte afin de s’émanciper des codes et suivre son amour pour la musique. Elle voulait devenir elle-même et être enfin aimée pour ça. C’était une femme qui croquait la vie et tant pis si elle se brûlait les ailes. Elle préférait vivre intensément une courte vie que de vivre à moitié une vie entière. C’était une femme avec un talent fou, une voix qui vous transperce les tripes.

Le documentaire Janis réalisé par Amy J. Berg raconte la success-story de la chanteuse de Rock N’ Blues. Janis Joplin était une artiste et une femme incroyable. Ses anciens compagnons de route le racontent, non sans émotions. Elle a laissé une marque indélébile car elle était pionnière. Même vulnérable, sa force de caractère transparaît.

Vous verrez des images incroyables de Janis et vous la verrez comme vous ne l’aviez jamais vue. Janis n’était pas jolie mais, ses amis témoignent d’une femme sexy. Sa liberté était son atout beauté. Elle avait l’air d’être de ce genre de personne qui rend tout plus lumineux autour d’elle et ce malgré sa propre noirceur. La drogue, l’alcool, l’amour, le besoin d’être connue et reconnue.

Si vous avez envie de rencontrer une femme qui vivait contre son temps, moderne, sensible et forte. Si vous avez envie de vous replonger dans une époque d’effervescence culturelle où, dans un monde artistique, l’inégalité des classes, des sexes et des « races » n’existaient pas, foncez voir Janis au cinéma Aventure. Le cadre se prête parfaitement à un film comme ça. Je vous recommande d’accompagné votre séance d’une petite bière achetée au bar, ça vous mettra dans l’ambiance des années 60 – 70.

Grâce à Arsene 50, les places sont à 5,50€ ! D’ailleurs, si vous avez envie de profiter de réductions pour faire une activité culturelle  allez visiter leur site internet. Les ventes sont ouvertes à partir de 14h00 pour un spectacle ayant lieu le soir-même, en fonctions des places disponibles. Ils privilégient les personnes qui se rendent sur place, Rue Royale 2-4 à 1000 Bruxelles (au comptoir BIP du mardi au samedi), dès 12h30 jusque 17h00.

 

Accro aux séries-télé, moi ?

Il est vrai, je suis plutôt séries-télé que films. Attention, j’aime le cinéma mais, le soir dans mon lit, je préfère regarder un épisode de série qu’un film.

Suite à une vidéo qu’une amie m’a envoyé (http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/28022), j’ai commencé à m’interroger sur la question du principe de la Schtroumpfette dans les séries-télé que je regarde. Malheureusement, beaucoup n’y échappe pas. Heureusement, quelques une oui.

Et c’est de celles-ci dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Et aussi, un peu, parce qu’il est vrai qu’en période d’examens, j’en regarde beaucoup. (Ne le dites pas à ma maman).

La première série dont j’ai envie de vous parler est un petit bijou. Woman with Gloria Steinem est une série documentaire qui met en avant le quotidien de femmes face à l’oppression du patriarcat, dans le monde entier. Le pitch : « at the intersection of violence and stability, of oppression and progress, are women ». Pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu, Gloria Steinem est une journaliste, féministe et activiste américaine. Elle s’est énormément battue, et continue de le faire, pour le droit des femmes et l’égalité des genres et des sexes. C’est une femme incroyable et tellement inspirante. Avec cette série-documentaire, elle va à la rencontre de différentes populations, cultures et femmes. Mais, à chaque fois, on retrouve la même oppression et la même ignorance du gouvernement et des politiques locales.

Pour le moment, il n’y a que trois épisodes qui sont sortis. Le premier épisode nous emmène en République Démocratique du Congo où le viol et les violences sur les femmes est une normalité et est devenu le quotidien de beaucoup d’entre-elles, peu importe leur âge. La journaliste sur place va, évidemment, à la rencontre de Denis Mukwege. On peut se rendre compte de l’importance de son travail.

Le deuxième épisode nous éclaire sur la situation des femmes membres des FARC en Colombie à l’approche de la fin de la guerre civile. Comment ces femmes sont-elles réintégrées au sein de la société civile colombienne ?

Le dernier épisode en ligne, nous en apprend sur les disparitions et les meurtres que subissent les « First Nations », les indigènes canadiennes. Nombres d’entre-elles subissent l’oppression raciste de la part des canadiens caucasiens. Lorsqu’elles quittent leur ville natale pour Vancouver afin d’avoir un meilleur avenir, elles désenchantent très vite. La prostitution, la drogue et la violence est leurs quotidiens.

3 épisode, 3 pays, 3 situations où les femmes sont victimes de l’oppression et de la violence masculine. 3 fois elles n’ont aucun soutien du gouvernement ou des politiques locales.

Une autre récente découverte et véritable coup de cœur est la série-télé You me her. Elle met en scène un couple marié qui n’arrive pas à concevoir un enfant et qui rentre dans une relation polyamour avec une tierce personne. L’histoire est bien ficelée et intelligemment construite. Elle met en avant la complexité des relations amoureuses et l’importance qu’on accorde aux regards des gens, à la société. Aimer, les frissons que ce sentiment provoque et les barrières qu’il demande de surmonter, fait peur. Tout fait peur quand on aime quelqu’un mais, « don’t do anything because you’re afraid to do something else ».

Ma dernière série fétiche n’a plus besoin d’être présentée puisque cela fait 12 saisons que je suis addict. Oui, vous l’avez deviné, il s’agit de Grey’s anatomy. J’avais envie de vous en parler car, à nouveau, je suis en admiration devant Shonda Rhimes, la créatrice. Cette femme est une badass de féministe et je pèse mes mots. Cela faisait 11 saisons que l’on suivait l’histoire d’amour entre Derek et Meredith et, comme beaucoup, j’avais très peur que la série ne survive pas à la mort de McDreamy.

Même si la dynamique est différente et demande un temps d’adaptation, je me suis réellement rendue compte, pendant cette saison, que la série était féministe. Et c’est ce que j’aime avec Grey’s anatomy. Lors de cette douzième saison, une femme devient chef de chirurgie, une autre lutte pour que son salaire soit équivalent à celui de ses pairs, une maman médecin lutte pour la garde de son enfant et se bat contre les préjugés de l’avocate, une maman dit à sa fille « don’t ever date a man who can’t handle your power », … Alors, bien sûr, Grey’s anatomy reste Grey’s anatomy. Il y a des drames, des histoires d’amour, du sexe et un peu de médecine.

Et vous quelles sont vos séries favorites ?

Denis Meyers – Remember, Souvenir

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va »

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Denis Meyers s’est battu pendant plus de trois ans pour pouvoir occuper l’ancien bâtiment Solvay voué à la destruction, Rue du Prince Albert 44 à 1050 Ixelles. L’artiste – graffeur est attaché au quartier Saint-Boniface, c’est pourquoi il tenait à réaliser cette œuvre gigantesque dans les anciens bureaux de Solvay. Il ne pensait pas que ça prendrait autant de temps, évidemment.

J’ai eu énormément de chance d’avoir obtenu des places, vu la vitesse à laquelle elles sont achetées. Et je crois que, je me considère encore plus chanceuse d’avoir eu l’opportunité d’assister à une telle exposition. À l’heure où vous lisez cet article, ARKADIA n’organise plus de visites. Mais, restez connectés sur le site, j’ai bon espoir qu’ils en organisent de nouvelles car il n’y a toujours pas de date officielle pour le début de la destruction.

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Cette exposition met en avant les talents de typographe, de graff et de scénographe de Denis Meyers. Il a pris possession du lieu. Au fil de la visite, qui respecte le sens de construction de l’artiste, on évolue en plein dans l’émotion de Denis. Le terme utilisé par le guide pour nous parler de la démarche était « Renaissance ». Renaître après le chaos. Renaître après un moment difficile et dans un lieu voué à la destruction. Denis Meyers traversait une étape douloureuse dans sa vie personnelle, les murs en témoignent. Au début de la visite, on sent que les mots sont libérateurs, qu’ils permettent de se défouler, tant pis s’ils sont sombres, et même, tant mieux. « Ne te courbe que pour aimer ».  Crever, aimer, mordre, haïr, accepter, démolir,…

Au fil du parcours, la lumière apparait, petit à petit. Certains murs sont laissés vides, permettant à chacun de reprendre son souffle. On n’est, bien sûr, pas à l’abri d’une ou deux rechutes mais, l’artiste s’ouvre, dessine et partage son expérience avec d’autres artistes. Entre autre, deux graffeurs, Arnaud Kool et Steve Locatelli, et deux photographes, Sébastien Alouf et Gilles Parmentier. Ce dernier est venu faire un travail de documentation pour permettre une postérité à cette exposition. Parce que « Remember, Souvenir » c’est ça aussi. Dès le début on n’est invité à prendre des photos et à les poster sur les réseaux sociaux en respectant les hashtag créés pour l’occasion.

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Plus Denis Meyers se libère d’un poids, plus la technique de typographie évolue, il se permet autre chose. Les lettres sont moins grosses, moins noires. Pour varier son style, il utilise différents embouts à attacher à la bombe. Ou alors, il se sert de ce que le bâtiment met à sa disposition comme des extincteurs ou une lance à incendie.

Au-delà du voyage émotionnel qu’a traversé Denis Meyers et dans lequel il nous embarque, il y a tout le poids des conditions psychologiques et météorologiques de la conception qui se ressent. Ce n’est pas anodin de n’autoriser que le noir comme couleur d’expression puisque la couleur vient, autrement, de lui, de l’innocence.

Cette exposition m’a chamboulée, émue, par moment dérangée car on entre dans son intimité. Mais l’art c’est ça. C’est bousculer, renverser, aimer, détester, choquer, émouvoir. L’art c’est un lieu, un moment. C’est Remember, Souvenir.

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(prix : 9€ par personne sur le site arkadia.be)

D’hier et d’ADAM

Vendredi, ma sœur et moi sommes allées au nouveau musée d’art et de design à l’Atomium, le ADAM, Art and Design Atomium Museum. Nous avions envie d’aller visiter l’exposition sur Eames et Hollywood (du 10 mars au 04 septembre 2016).

Le ADAM est dédié à l’art et au design du vingtième siècle. Une des raisons à l’initiative de ce projet était de mettre sur pied une exposition cohérente reprenant l’énorme collection d’objets usuels et d’art faite en plastique (le Plasticarium) dont l’Atomium ASBL avait, récemment, acquise la propriété.

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Le musée se situe près de l’Atomium, Place de Belgique 1 à 1020 Bruxelles, dans une partie du Trade Mart. Les trois escaliers en métal et aux couleurs patriotiques (not very disabled person friendly) permettent de reconnaître très facilement l’entrée. Et pour ceux qui ne verraient pas l’entrée, vous pouvez vous fier aux grandes lettres indiquant ADAM qui marquent le début du chemin vers le musée.

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Avant de poursuivre, j’aimerais vous informer que mon avis sur l’expo est complètement subjectif. Je ne suis pas historienne en art et je n’ai pas étudié le design. Je vous donnerai mon avis de manière brute, telle que j’ai vécu la visite. Mes parents et l’école où j’ai passé ma scolarité m’ont ouvert au monde artistique. Je ne suis pas une experte. Non, je suis simplement une amatrice d’art comme esthétisme ou comme moyen d’expression.

À l’image du nouveau musée, le personnel est jeune. Ils nous ont expliqué le sens de la visite et nous ont permis de circuler avec une poussette pour bébé. Apparemment, il y a une application à télécharger mais, malgré qu’ils nous aient donné le code WIFI nous n’avons pas réussi à nous connecter à internet. Nous avons commencé par l’exposition temporaire sur Eames et Hollywood. Pour ceux qui ne connaissent pas le célèbre couple de designers, Charles et Ray Eames sont principalement connus pour leurs chaises. Vous les avez sûrement déjà vues sans savoir par qui elles avaient été dessinées car les modèles sont repris par beaucoup de marques de grande production comme Ikea.

Pour revenir à l’exposition, ici, vous ne verrez aucun fauteuil mais des photographies, autre passion de Charles Eames. Il a accompagné son ami réalisateur, Billy Wilder (Certains l’aiment chaud, Irma la douce), sur plusieurs de ses tournages. Sans enlever aucune magie au cinéma des années 50, les photos dévoilent l’envers du décor, les trucs et astuces utilisés à une époque où le numérique n’existait pas encore. On a l’impression de découvrir un secret. Malheureusement, je pense que ça aurait été plus intéressant si j’avais vu les films en question.

Je trouve cela dommage qu’une exposition comme celle-là soit organisée au musée d’art et de design sans faire un lien avec l’art et le design justement. Charles Eames était un grand designer, pourtant, aucune correspondance n’est faite entre son métier et sa passion. Les photos sont, évidemment, intéressantes et biens prises mais, la scénographie de l’exposition manque de luminosité pour les mettre en valeur.

Ensuite, nous avons continué avec la collection permanente, le Plasticarium. « Unique au monde, cette extraordinaire collection privée remonte aux années 1980 et compte 2000 pièces allant du plus usuel à l’œuvre d’art, en passant par l’objet design datant du post-modernisme, du pop art, de l’utopie du Tout-Plastique des designers et artistes de renommée internationale tels César, Arman, Joe Colombo, Verner Panton ou Evelyn Axel »[1]. Une nouvelle fois, le sens de la visite n’est pas évident car, au lieu de faire une boucle, une fois arrivées à la fin nous avons dû rebrousser chemin dans le sens inverse. La collection est vraiment grande et diverse, nous pouvons voir l’évolution de l’utilisation du plastique dans le design. J’ai toujours trouvé le design ludique, on dirait être dans le décor d’un film de science-fiction qui se passe dans une navette spatiale. La scénographie est bien construite car on peut voir les objets et les meubles sous plusieurs angles, on peut presque tourner autour. Il y a des explications affichées partout et, à l’accueil, nous avons reçu un petit prospectus sur la visite en anglais, je ne sais pas s’ils n’en avaient plus ou s’il n’y en a pas en français.

En conclusion, j’ai aimé cette visite, même s’ils doivent peut-être encore ajuster certains détails car c’est un nouveau musée, il a ouvert en décembre 2015. Ça nous a pris un peu plus d’une heure de faire le tour des deux expositions, ce n’est pas trop long et, de cette manière, notre intérêt n’est pas éparpillé.

Mon bémol est sur le nom du musée que je trouve trop ambitieux pour n’abriter qu’une collection permanente liée au design en plastique. Mais, encore une fois, c’est un nouveau musée qui doit encore s’installer. Je suis impatiente de voir quelles expositions ils vont mettre sur pied.

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[1] Aliénor Debrocq (2015). Voici ADAM, le musée du design à Bruxelles. Le Soir. En ligne http://www.lesoir.be/1028338/article/victoire/design/2015-10-28/voici-adam-musee-du-design-bruxelles

 

Lille ou l’échappée culturelle

Hier, un peu sur un coup de tête, j’ai eu envie de squatter le week-end en amoureux d’un couple d’amis. Promis, je ne suis pas du genre à m’incruster mais cette semaine j’avais envie de rester occupée. Et quand ils m’ont dit qu’ils allaient voir l’exposition sur Modigliani au LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut) j’ai un peu sauté sur l’occasion.

Je suis partie de Bruxelles-midi à 9h17 et arrivée à Lille-Europe 35 minutes plus tard. Comme je n’avais rendez-vous avec mes amis qu’à midi devant la gare de Lille-Flandres, j’en ai profité pour me promener. Le soleil était au rendez-vous et il n’y avait personne dans les rues. J’étais d’ailleurs très étonnée car je pensais qu’en France les magasins étaient ouverts le dimanche. Mais, je ne plains pas, c’est plus agréable de se promener comme ça.

Lille est une ville agréable, on sent l’influence flamande. Les maisons sont petites et trop mignonnes. Et c’est tellement chouette une ville propre où les gens sont si gentils.

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L’opéra
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Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille
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Square Dutilleul

Vers midi, nous sommes partis vers Villeneuve-d’Ascq afin de nous rendre à l’exposition Modigliani. Coup de chance, nous n’avons pas dû faire la file très longtemps. Grâce à la carte étudiant, l’entrée est à 7€.

Pour être honnête, je ne connaissais pas bien Modigliani avant cette exposition. Mais en bonne fille de ma génération, un petit tour sur Wikipedia m’a permis de comprendre mieux quel genre d’artiste était Amedeo Modigliani. Son destin difficile, ses maladies à répétition et sa mort à 36 ans m’ont bouleversée et intriguée. Google image m’a permis de me rendre compte que cet artiste a la gueule d’ange avait un talent intéressant et un style différent de ce que j’ai déjà eu l’occasion de voir.

L’exposition est très bien faite, elle n’est pas trop longue et même s’il y a beaucoup de monde, la disposition des œuvres est telle que l’on n’est pas dérangé. Les tableaux sont classés par période et certaines œuvres ne sont pas de lui mais des artistes qui l’ont influencé ou qui maintiennent sa prospérité.

J’aime beaucoup ses portraits que je trouve très authentiques. Ces femmes nues ont l’air d’être capturées sur le moment, sans artifices. La luminosité et la carnation de leur corps est superbe. Pour Modigliani, le portrait était un hommage, une mise en valeur. La question qui l’animait était « comment rendre justice à la réalité du modèle, sans renoncer à l’ambition du style ? ». Je trouve justement que c’est son style, son trait qui rend le portrait juste, vivant.

 

Après la visite, nous nous sommes promenés dans le parc du musée. Je ne trouve pas que le bâtiment soit joli. On a l’impression d’aller voir un vieux bunker réaménagé. D’ailleurs, le parc est cerné de grillages, ce qui accentue l’idée « camp de concentration ». Même les jolies sculptures ne permettent pas d’enjoliver l’endroit. Dommage, seul bémol.

Nous avons continué notre « après-midi culturelle » en nous rendant à la Villa Cavrois, demeure familiale réalisée entre 1929 et 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens. Cette maison est une prouesse architecturale incroyable et une œuvre d’art totale puisque l’architecture, le décor et le mobilier représentent une construction homogène. Chaque pièce permet de se rendre compte de la technique et de la recherche d’esthétisme. Les matériaux utilisés sont nobles, majestueux et malgré cela, la demeure conserve un style épuré.

Véritable coup de cœur pour la salle de bain dans l’aile des parents et le roof top.

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Bon à savoir : l’entrée est gratuite jusqu’à 25 ans.

À la sortie de la visite, nous nous sommes laissé guider par nos estomacs jusque Roubaix. C’était une véritable surprise. La ville était déserte pour cause de Paris-Roubaix. L’Hôtel de ville est impressionnant, les rues sont propres. L’américain-frites et le vin en terrasse, en plein soleil a permis de finir cette journée en beauté !

Par contre désolée, je n’ai pas encore le « réflexes » de tout prendre en photo…

Si vous avez l’occasion et l’envie de vous octroyer une journée culturelle, je vous recommande ces deux visites. La première, pour moi, a permis d’ouvrir l’œil sur un artiste-peintre trop méconnu. Et la deuxième m’a fait rêver.

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Deux jours à Amsterdam !

La semaine dernière, avec mon amoureux, nous avons passé 48h à Amsterdam, au Pays-Bas.

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Le Rijksmuseum et le célèbre I amsterdam

J’avais très envie de vous faire un article car cette ville m’a séduite. J’y étais déjà aller il y a quelques années mais je ne gardais pas beaucoup de souvenirs de ce séjour. J’étais donc ravie d’y retourner.

Nous sommes partis le jeudi matin très tôt, le train au départ de Bruxelles démarrait à 6h52. Nous avons pris ce train pour raison financière, le train suivant était vraiment plus cher. Pour vous donner une idée, un aller-retour nous a coûté 58€ par personnes.

Nous sommes arrivés à Amsterdam avant le coup de 9h. Nous nous sommes directement dirigés vers l’hôtel Frisco Inn,  Beursstraat 5, 1012 JT Amsterdam, il est situé non loin de la gare et du centre. L’hôtel était parfait pour cette petite nuit. Malheureusement, j’ai oublié de prendre la chambre en photo, vous devrez me croire sur parole ou aller visiter leur site internet.

Pour la suite, je vais vous expliquer notre programme sur deux journées. Vous indiquez toutes les bonnes adresses où nous avons étées car elles valent le détour.

Jeudi 31 mars 2016 :

Nous nous sommes baladés dans le quartier Jordaan aux alentours du Bloemenmarkt, célèbre marché aux fleurs et attrape à touristes. Nous avons mangé notre midi chez Buffet Van Odette, Prinsengracht 598, 1017 KS Amsterdam. Je vous recommande cet endroit car nous avons très bien mangé et le cadre est magnifique, très épuré.

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Dans l’après-midi, la file immense aux abords du musée Van Gogh a eu raison de nous, du coup, nous nous sommes rabattus sur le Rijksmuseum, l’équivalent du musée des Beaux-Arts. Le bâtiment a été rénové récemment. Il est lumineux et réellement très joli. Les collections présentes sont aussi grandioses. Pour en nommer quelques-uns, vous pourrez admirer Van Gogh, Vermeer, Rembrandt, … et j’en passe.

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Après une brève pause à l’hôtel pour que nos petons se remettent, nous avons été souper au restaurant Kapitein Zeppos, 5 gebed zonder end 1012 hs Amsterdam. Il se situe dans une jolie petite ruelle que tu ne peux trouver que si tu sais que le restaurant s’y trouve. Alors là, c’est LE vrai coup de cœur de ce séjour. La nourriture est délicieuse, le cadre est surprenant, splendide et chaleureux, et l’accueil est génial. Le serveur qui s’occupait de nous parlait français et était vraiment très sympa, un brin blagueur.  La carte est variée, il y en a pour tous les goûts. Il y a même une sélection de plats végétariens. Personnellement, j’ai pris la lasagne végé et je me suis régalée.

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Vendredi 1er avril 2016 :

Nous avons démarré notre journée vers 10h du matin, juste après avoir rendu les clés de la chambre.

Pour le petit déjeuner, nous avons été prendre le petit-déjeuner dans un spot repéré la veille car il se trouve dans la rue dont démarre la ruelle du restaurant de la veille. Cet endroit s’appelle De Laatste Kruimel, Langebrugsteeg 4, 1012 GB Amsterdam. Nous avons pris un cheesecake et un scone ainsi que deux cafés. C’était à nouveau très bon et l’endroit était magnifique. Décidément, nous avons eu beaucoup de chance.

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Le comptoir en palettes !!

Après ce petit-déjeuner délicieux, nous avons marché tout droit vers le Saphartipark. Ce parc est situé dans le quartier du Pijp, au cœur d’Amsterdam-Zuid. Nous avons profité du soleil, bercés par les cris des enfants qui jouent et des adultes qui suivent un cours de fitness. L’ambiance était très agréable, respectant le cadre du Pijp qui est un quartier très agréable, un brin bobo mais, on ne se refait pas.

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La faim se manifestant peu à peu, nous avons marché vers le nord pour aller manger chez SLA, Westerstraat 34, 1015 MK Amsterdam, mais il y en a plusieurs dans Amsterdam.  Incroyable bar à salades. Le choix est incroyable et les bols à emporter sont vraiment copieux.

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L’après-midi, nous avons eu envie de profiter des premiers beaux jours de l’année. Nous nous sommes promenés dans Westerpark et dans les rues magnifiques d’Amsterdam. Nous sommes posés pour boire une bière et mettre nos visages blancs au soleil à la terrasse du café Winkel, Noordermarkt 43, 1015 NA Amsterdam. Malgré la panne d’électricité, nous avons pu gouter la célèbre et délicieuse tarte aux pommes.

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En fin de journée, nous sommes allés rechercher nos valises à l’hôtel et nous nous sommes dirigés vers la gare afin de prendre le train de retour à 20h17. Par souci d’honnêteté, même si c’est dommage de finir le séjour là-dessus, surtout après que gustativement parlant il fut si bon, nous avons mangé un Burger King avant de prendre le chemin du retour.

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En conclusion, j’ai a-d-o-r-é Amsterdam. Cette ville respire la fraîcheur, la simplicité et la chaleur. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi séduite par un citytrip. Et, il n’y a rien à faire mais, une ville où il y a de l’eau ça me calme et me détend. Je suis tout de suite sous le charme.

Si vous recherchez un endroit où emmener votre amoureux, où partir tous les deux, je vous recommande cette ville plus que vivement.