Pour que nos hiers ne soient pas leurs demains

Je profite de cette déferlante sur les réseaux sociaux du hashtag Balance Ton Porc et Me Too pour dire que moi aussi.

À moi aussi cela m’est arrivé.

Je profite que ce hashtag soit encore un événement pour parler, écrire et extérioriser ces non-événements que j’ai vécu. Et oui. On le sait que trop bien, au plus l’histoire se répète, au plus elle devient un non-événement. Tout au plus une anecdote croustillante – autant que la baguette un peu trop cuite qui t’écorche le palais – qu’on raconte à ses amies autour de clopes et de verres de vin. Tout au moins, un passage presque banal (obligé) dans la vie d’une fille, dans sa construction d’elle-même.

Alors avant que ce mouvement de libération de la parole ne devienne un non-événement également, je profite que la lumière ne se soit pas encore assombrit pour partager mon événement. Ou plutôt, mes événements. Car, comme une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule, une histoire d’agression sexuelle ou de harcèlement est rarement un cas isolé.

Depuis quelques jours, je ne sais pas si ce qui me surprend le plus ce sont toutes les histoires que l’on peut lire en surfant sur les différents hashtags, ou le nombre d’histoires qu’il y a. Et ce silence qui les enrobait.

Parce que, malheureusement, des histoires d’agressions, de harcèlements, de malaises, de rapports de domination, on est trop nombreuses à en avoir vécu. Des histoires sexuellement inconfortables – au sens qu’il n’y a pas de consentement et que le cadre ne s’y prête pas puisqu’il ne s’agit pas de séduction –  où des hommes te font te sentir comme un simple et vulgaire être sexuellement sexué arrivent bien trop souvent. À bien trop de femmes.

Il ne faut pas être particulièrement jolie, ni correspondre aux critères de beauté prédéfinis par la société pour être victimes. Il ne faut pas être trop sexy, ni vulgaire, ni avoir un trop imposant décolleté ou de jolies fesses galbées.

Et pourtant, on croit toujours qu’on aurait pu l’éviter.

« Après tout, si j’avais mis un pantalon, ça ne serait probablement pas arrivé »

Faux.

J’avais un pantalon, un col roulé ou un sweat trop grand et peu flatteur.

Une autre fois je portais un bas de pyjama, mes cheveux gras de jour de blocus ramenés en un chignon déstructuré, des lunettes sur le nez retenues par une montée d’acné fruit d’une mauvaise hygiène alimentaire, elle-même le fruit d’une session d’examens.

Un jour il n’était même pas question de ce que je portais. J’avais à tout cassé 8 ans et je devais téléphoner à ma grand-mère pour son anniversaire. Sauf qu’en me dictant le numéro mon père s’est trompé d’un chiffre. Un chiffre. Il a suffi d’un chiffre pour que ma grand-mère devienne, à priori, le grand-père de quelqu’un d’autre. Je dis grand-père, encore aujourd’hui, afin de rendre attachant la conversation d’un vieil homme avec une petite fille de 8 ans, encore trop naïve pour se poser des questions. Cet homme, au lieu d’avoir la réaction normale d’une personne normale à qui on téléphone erronément, n’a pas raccroché. Il me demandait comment je m’appelais, quel âge j’avais, qu’est-ce que je faisais et à quelle école j’allais. Mon père, qui écoutait d’une oreille distraite, s’est rendue compte que je racontais des choses que ma grand-mère savait déjà. Il n’a pas fallu plus de temps que de déposer la pièce de puzzle qu’il tenait dans les mains pour prendre le téléphone, confirmé ses craintes en parlant au vieil homme et raccroché. Ensuite, il m’a engueulé.

À l’époque, j’ai trouvé ça violent. Je n’avais pas le recul d’aujourd’hui pour comprendre que mon papa avait eu peur.

J’ai cru que c’était de ma faute.

Un soir, j’avais 16 ans. J’allais en boîte de nuit. Cadre banal à une histoire toute fois tout aussi banale.

J’étais contente, insouciante, souriante, et plein d’autres adjectifs plutôt positifs. Je n’étais pas méfiante.

À la sortie, après une bonne soirée à danser, on s’est dit qu’on prendrait bien un taxi. Nos parents nous avaient donné l’argent pour. Ils savaient que nous sortions, nous ne cherchions pas à faire quelque chose d’illégal à paraître plus vieilles que notre âge. Et puis, même si c’était le cas, ça nous regarde non ?

Mais, voilà qu’un homme, âgé et dégueulasse. Plus de 10 ans après, c’est tout ce qui me vient en pensant à cet homme, dans sa voiture, faisant la sortie des boîtes de nuit. Donc, cet homme, âgé et dégueulasse nous propose de monter dans sa voiture avec lui. Pas de nous raccompagner, ni de nous déposer quelque part. Non, il nous propose de monter avec lui et d’aller chez lui.

Évidemment, on lui dit non, gentiment et poliment. Parce qu’en plus de nous apprendre à ne pas monter dans la voiture d’inconnus on nous apprend à refuser la proposition poliment. Les bonnes manières en toutes circonstances.

Sauf que, les bonnes manières, ça n’a servi à rien. Il nous a suivi. Malgré qu’on change de trottoir, qu’on décide de marcher afin de ne pas rester plantée comme trois idiotes à attendre notre taxi. Lui mentir sur notre âge n’arrange rien. Il aime les filles de 14 ans. Il nous aime. Et, il croit que ça nous fait plaisir. Apeurées, on continue. On n’a pas beaucoup d’expériences de la rue, la nuit et des sorties de boîtes de nuit. Et par pas beaucoup, je veux dire aucune. Sauf ce que nos sœurs nous ont racontées. Nous ont-elles vraiment tout raconté, d’ailleurs ? Y’a-t-il quelque chose à raconter ? Est-ce le rôle des filles de se transmettre, de génération en génération, les dangers de la nuit ? Est-ce notre responsabilité ?

Heureusement, l’histoire s’est terminée au moment où on est montée dans un taxi et que ce dernier ait accepté d’entamer une course poursuite dans les rues de Bruxelles afin que ce prédateur ne puisse pas savoir où on habite.

Un autre jour, j’avais 15, 20 ou 25 ans. J’étais tranquillement dans un transport en commun avec, probablement de la musique dans les oreilles. C’est mon habitude. Quand j’ai senti une présence insistante dans mon dos. Je m’éloigne autant que je le peux, que l’espace et le monde me le permet. Mais, rien y fait. Quelques secondes plus tard, cette présence. Encore. Et toujours là. Je n’ose pas me retourner pour lui faire face. Je tente de m’éloigner. J’arrive à court d’option, de place quand je sens à nouveau sa présence. Cette fois plus insistante au niveau de mes fesses. Je n’en peux plus, j’ai envie de pleurer. Peut-être que je pleure, au fond. Mais, les larmes ne couleront pas. Ou plus tard. J’ai envie de hurler aussi. Sauf que je me retiens. Je suis sortie du bus, du tram ou du métro. J’avais perdu.

Un jour. Un soir. Il y a plus de 15 ans. Ou hier. J’ai été en insécurité.

J’ai eu honte, j’ai questionné ma garde-robe, le maquillage que je portais, je me suis dit que j’avais dû faire quelque chose de mal, ou que ce genre de chose arrive. Parce que c’est comme ça. Je n’ai pas parlé, ou en grossissant le trait. J’ai tenté d’en rire. Je me suis dit que ça me ferait une histoire à raconter. Que moi aussi je voulais une histoire à raconter.

Sauf qu’un jour, j’ai réalisé que je n’y étais pour rien. Ce qu’il m’est arrivé est arrivé à d’autres. À trop d’autres personnes, de femmes pour que ce soit de ma faute. Rien ne justifie ces comportements. Les victimes ne font pas les prédateurs.

En tant que jeune femme, j’ai grandi en apprenant à être vigilante. Sans me méfier des hommes, on m’a appris à faire attention. À ne pas provoquer. C’est presque comme si on nous apprenait à s’effacer. À ne surtout pas réagir. Au risque que ça dégénère.

Sauf que, si toute femme en devenir est potentiellement une victime c’est parce que tout homme est potentiellement un bourreau qui s’ignore. Car c’est la société qui les crée. Comme elle fait de nous des victimes silencieuses de ce rapport de force qui s’opère.

Libérez la parole via les #BalanceTonPorc et les #MeToo c’est éveiller les consciences et ensemble s’éduquer. Pour que nos hiers ne soient pas leurs demains.

 

Re

Re pour revenir

Pour réécrire

Re pour recommencer
Bonjour,

Je vous ai quelque peu délaisser ces derniers temps et je vous demande de m’excuser.

Je pourrais vous justifier pourquoi par plein de raisons mais déjà ça ne vous intéresserait pas et puis, sincèrement, ce ne serait que des excuses.
Mais comme je ne voulais pas publier un article comme si de rien n’était je me suis dis qu’il fallait que je vous écrive quelque chose avant.
Alors voilà, je vous écris quelque chose. 
 Et, je vous dis à bientôt. À très vite même. L’activité va reprendre, je vais me concentrer et vous écrire ces articles qui dorment dans ma tête depuis des mois.

À cette semaine, promis !

Ces choses que l’on fait au lieu de travailler, alors qu’on pourrait les faire plus souvent mais, le reste de l’année c’est moins tentant et on a toujours une bonne excuse

Je sais bien que je n’ai pas inventé le concept de la vexation universelle, mais ma vie en est parfois un très bon exemple. C’est toujours quand je dois faire une chose en particulier, rédiger mon mémoire ou étudier, que j’ai le cœur à faire autre chose, n’importe quoi. Très souvent ce n’est rien d’exceptionnel, il m’arrive d’en faire certaines hors période de « blocus » mais pas avec cette intensité.

  • Trier sa garde-robe et ses produits de beauté

Je ne sais pas vous mais, moi je le fais, systématiquement quand j’ai une deadline à respecter. Je commence par vider ma garde-robe entièrement et je remets, les vêtements que je souhaite garder, petit à petit. Bizarrement, c’est quand on est stressé que tout paraît superflu.

Par contre, il faut se débarrasser des sacs le plus rapidement possible pour ne pas faire machine arrière, ou simplement, finir par les remettre dans son armoire car on en a marre que ça traîne.

Ce qui m’amène à mon deuxième point

  • Ranger/laver entièrement son appartement

Quand je suis condamnée (excusez mon champ lexical quelque peu dramatisant) à devoir rester chez moi pour une période déterminée dite d’étude d’examen ou de rédaction du mémoire de fin d’étude, je déteste que mon appartement soit en désordre.

Bon il faut tout de même que je sois honnête. Je ne suis pas ce qui s’appelle une personne bordélique. Mais, attention, je ne suis pas maniaque non plus. Disons, que ma manie du rangement est un électrocardiogramme, tout ce qu’il y a de plus normal. Ça se régule. C’est rangé et propre, mais ça se salit et se bordélise donc il faut à nouveau remettre de l’ordre, etc. par moment je laisse mon bordel s’entasser un peu plus longtemps, donc le nettoyage d’après est d’autant plus efficace. Mais, disons qu’en gros, je suis tout à fait normal.

Sauf en période d’examens… où mon électrocardiogramme laisse apparaître des extrasystoles. Autant dire que je fais une Monicaïte aigüe, pour ceux qui ont la référence. Mon appartement doit être nickel. Ma vaisselle est faite après chaque repas, mon lit est fait au carré chaque matin, aucun vêtement ne traîne et la poussière n’a le temps de s’installer nulle part.

  • Sortir faire du shopping car il est bon de continuer à faire de l’exercice

Je crois que ça c’est mon excuse LA plus bidon de tous les temps. Les autres jours de l’année, je me fiche du sport comme de la sexualité de mon voisin et tout à coup, ça me préoccupe.

Alors évidemment, comme tout à une logique, ceci n’échappe pas à la règle. En effet, j’en profite pour me déplacer à pied et d’un bon pas (comme dirait ma très chère maman, à qui il doit être apparu 10 cheveux blancs supplémentaires à la lecture de cet article). Je me rachète des vêtements pour lesquels j’ai fait de la place dans mes placards et qui finiront dans un sac, probablement à la prochaine session. En chemin, j’en profite pour mettre ma playlist du moment dans les oreilles et je me promets que cet écartade n’aura pas d’impact sur mon planning.

  • Faire des plannings et des to-do list à ne plus savoir que faire

Et oui, je suis une fille ambitieuse mais qui ne travaille pas à la hauteur de son ambition. Tous les jours, il faut remettre l’agenda à jour, s’adapter et essayer de ne pas trop culpabiliser.

  • Commencer une série télé

Évidemment une série-télé qui a déjà 5 saisons minimums de disponibles, sinon ce n’est pas du jeu.

  • Prévoir des carottes pour bien travailler la journée

En période d’examen/rédaction TFE, j’aime bien prévoir des activités pour certains soirs de ma semaine afin de me donner du courage. Je suis du matin et je m’arrête en général de travailler en même temps que le souper, sauf en période de grand stress ou à l’approche de la remise du travail.

De ce fait, je peux passer beaucoup de temps à prévoir ces carottes pour me motiver. J’en oublie un peu de travailler assez que pour les mériter. Oups…

  • Développer sa créativité

Qu’est-ce que je peux écrire… essentiellement des conneries dont j’aurai un peu honte quand je les relirai mais, je déborde d’imagination.

  • Ma dernière connerie, adopter un chat

Et oui, pour fêter mon dernier blocus, j’avais, sans doute, envie de faire quelque chose de particulier et de me créer encore plus de stress impossible à gérer : j’ai adopté un chat.

Il est mignon à croquer, si petit, si câlin, si joueur, si, si… tiens, ça fait 1h30 que je suis réveillée et je n’ai toujours pas commencé à travailler !

Ziggy Stardust !

Et vous, que faites-vous pour ne pas travailler ?

Quand les séries ont du pouvoir

Aujourd’hui, je vous retrouve pour parler de deux séries qui sont en train de bousculer mon existence.

Je pense vous l’avoir déjà dit, je consomme les séries télévisées américaines comme un politicien consomme le mensonge. La difficulté, d’ailleurs, c’est que j’aime tous les styles, même si celles qui me parlent le plus sont les dramatiques. Et ces deux-ci ne font pas exception :

La première est Big Little Lies de David E. Kelley (Ally McBeal) avec Reese Witherspoon (Walk The Line, Wild), Nicole Kidman (Eyes Wide Shut, The Hours) et Shailene Woodley (The Descendants, The Fault In Our Stars).

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Un drame survient dans la petite ville de Monterey, en Californie. Un accident? Un meurtre ? On ne sait pas bien. Grâce au principe du flashback, on va revenir sur les semaines précédant l’événement afin de comprendre ce qu’il s’est passé. On se concentre sur Jane, Madeline et Céleste. Toutes les trois sont mères de famille et se sont liées d’amitié car leurs enfants sont dans la même classe. Sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé (et on ne l’apprend qu’au dernier épisode, le 7ème), on comprend que la violence a une place particulière. Le harcèlement à l’école, la violence conjugale, les mensonges et les secrets, ou encore la transmission génétique de comportements violents sont autant de thèmes abordés. La sincérité de la réalisation et du jeu d’acteur fait froid dans le dos tant la vérité nous touche. C’est bouleversant tellement le ton est juste et les sujets d’actualité. On se questionne sur le rôle de la femme et la place qui lui reste quand elle devient mère. Au fil des épisode, on s’interroge sur les rôles sociaux de sexe, la violence envers les femmes, la culture du viol et la banalisation de la violence.

Bref, j’ai adoré cette série. Elle ne comprend que 7 épisodes et on ne peut qu’avoir un goût de trop peu. Je les regardais tous les lundis, après leur sortie et j’ai très envie, dès que j’aurai le temps, de me les enchaîner les uns à la suite des autres.

La deuxième série dont j’ai envie de vous parler est 13 Reasons Why de Brian Yorkey avec Dylan Minnette et Katherine Langford, deux jeunes acteurs que je ne connaissais pas.

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Hannah Baker s’est suicidée. Elle laisse derrière elle, 13 enregistrements qui sont d’autant de raisons de justifier son geste. Clay Jensen est la 11ème personne à recevoir les cassettes audio car Hannah a donné les règles du jeu. Il faut écouter les enregistrements dans l’ordre chronologique et ensuite, donner la boîte à la personne suivante. Sinon, une personne de confiance a un double de chaque et les transmettra à qui de droit.

Au fil des 13 épisodes, on se plonge dans le quotidien d’Hannah. A mesure que Clay comprend l’enchaînement des événements qui a poussé Hannah a aller si loin, on se rend compte les dégâts que cause le harcèlement. Depuis un an, elle était considérée comme la pute du lycée, le faire-valoir des autres élèves et concentration de violences quotidiennes. Clay écoute les enregistrements impuissant et révolté. Il n’a rien fait, personne n’a rien fait.

J’ai aimé cette série que j’ai, d’ailleurs, binge-watché. Elle met en scène les méandres du harcèlement et ses conséquences. La violence quotidienne que ça représente pour la victime et comme il est difficile de demander de l’aide, ou qu’il est souvent trop tard. Le fait que ça se passe dans un lycée n’est pas anodin et rend le sujet encore plus actuel et puissant. L’école et les adultes ne sont pas à l’écoute et, parfois, sans s’en rendre compte, participent à cette violence ou font l’autruche et n’y mettent pas fin.

L’école permet de montrer à quel point un lieu peut renfermer les personnes dans leur solitude et renforcer l’isolement. Si les adultes et l’institution ne créent pas un environnement sain et n’interdisent pas un comportement malsain, celui-ci n’a plus de limites. D’ailleurs, celui sera renforcé et participera à une culture de la violence et du viol.

Alors je sais, vous allez me dire que ces deux séries n’abordent pas des sujets rigolos. Et vous n’avez pas tort. Mais, elles sont tellement bien réalisées, filmées, jouées et montées qu’il est difficile de ne pas devenir accros. Les sujets, c’est vrai, ne sont pas drôles ni enjoués. Non, ils sont utiles. Ils font du bien car ils sont abordés avec intelligence. On est émus, bouleversés, on a envie de se remettre en question et d’analyser nos propres comportements.

Car, sans réellement avoir un comportement violent, je pense qu’on participe tous à une forme de violence ordinaire et majoritairement à l’encontre des femmes. Il est tellement banal de juger une personne sur sa manière de s’habiller, de parler, de manger, de vivre, de faire l’amour et d’être dans ses relations. Au nom d’une morale perfide, on se permet d’objectifier autrui. Alors je dis stop.

Depuis quelque temps, j’ai entreprit de me remettre en question et d’analyser mon propre comportement à cet égard-là. J’essaye vraiment d’arrêter le jugement facile et les réflexions du style « T’as vu comment elle est habillée », « Elle a les yeux qui crient braguette », « Elle est frustrée et mal-baisée », et j’en passe. Je me rends compte, alors que j’ai horreur de ça et que ça me dégoûte, je le fais.

L’évolution de la société passe par la remise en question de nos comportements. Il est primordial de s’auto-analyser afin de ne plus reproduire le schéma et les carcans dans lesquels on est bien trop souvent enfermés. Il faut dire non au sexisme ordinaire et au slutshaming qui pérennisent une culture du viol. Comme l’a dit Navie dans la dernière Emifion, podcast qui déconstruit le sexe sur le site MadmoiZelle, « L’habit ne fait pas le moine de la même manière que la jupe ne fait pas la salope ! ».

En tout cas moi, j’ai décidé de changer. Et vous ?

Pour mieux comprendre le slutshaming:

À sept années près*

Salut Tita,

Excuse-moi cette familiarité mais, on se connaît bien. Mieux que ce que tu crois. Pour la faire courte, disons que je suis toi à 7 années près.

Ces derniers temps, mes vieux démons de fainéantise refont surface et ça m’énerve, comme tu le sais.

Alors bien sûr, tu vas penser que je frime car, évidement, la situation n’est pas aussi dramatique que celle dans laquelle tu es. Mais, tu as quand même bien foutu la merde.
J’aimerais te demander d’être plus courageuse. N’arrête pas de combattre cette fâcheuse tendance à abandonner avant de commencer. C’est en te défiant toi-même que tu accompliras ce dont tu es le plus fière.
Le pire, c’est que tu es têtue. Donc, au lieu d’utiliser ce qui te reste de sens pour te détourner complètement de ton échec, tu continues ta route et tu ne demandes jamais de l’aide. Pire encore, tu mens à tes proches (à comprendre ta maman) en leur disant que tout va bien.
Autant te prévenir, des premières années à l’université, tu en feras 3. Et tu ne choisiras pas toi-même d’arrêter, non, ça serait trop facile. L’université t’enverra un courrier te demandant subtilement de laisser tomber en t’empêchant de te réinscrire.
Et parlons franchement, tu seras au fond du trou.

Comme si j’avais eu besoin de toucher le fond pour mieux rebondir. Pour enfin me poser les bonnes questions.

J’aimerais te dire de te bouger les fesses, de te poser ces fichues questions et de quitter l’ULB mais, je ne serais pas où j’en suis. Oui, tu connais la règle du flashforward. Pour être celle que je suis aujourd’hui, tu ne dois rien toucher au passé. Du coup, je te préviens seulement que ça va être difficile, c’est tout. Tu peux me dire merci, c’est gentil.
Je sais que c’est lâche de te demander d’échouer encore pour me permettre de réussir. Mais détenant la vérité sur ton futur, crois-moi ça vaut le coup.

Je pense que même si, à l’heure d’aujourdhui, je me déteste toujours autant de ne pas savoir me mettre au boulot, ça pourrait être tellement pire. Je pourrais ne m’être jamais remise en question.

Et sans cette dernière, je ne pense pas que j’aurais pensé au métier que je fais aujourd’hui. Tu as cru que je te dirai de quoi il s’agit. C’est mal nous connaître, je sais que tu prendrais la solution de facilité. Et j’ai besoin que tu galères encore un peu. J’ai besoin que tu touches le fond pour travailler sur ta confiance en nous pour ne plus être cette petite fille qui doute et complexe. Pour ne plus être celle que tu es, à 7 années près.

Merci de t’accrocher pour moi, pour nous. Grâce à tes échecs, tu vas apprendre à te connaître. Tu trouveras enfin ta voix dans laquelle tu cartonneras. Et tu pourras prendre ta revanche sur l’ULB…

Hum hum. Je me dois d’être honnête avec toi sur ça aussi. Cette revanche s’avèrera être plus difficile à prendre que prévu. Tu rencontreras encore un petit lot d’emmerdes qui te compliquera la vie. Comment les éviter ? Ravie que tu te le demandes.
Arrête de les mettre sur ta route !

Aussi simple que ça, ou toujours, aussi compliqué.

Je t’embrasse quand même, emmerdeuse.

 

*Exercice réalisé dans le cadre d’un atelier d’écriture du Coin Bleu. Le principe était d’écrire une lettre à nous-mêmes, quelques années plus tôt.

DirtyTalk ?

J’avais très envie de vous retrouver pour vous parler de deux découvertes internet qui égayent mes journées.

La première est une websérie qui est sur YouTube, il s’agit de Parlons peu, parlons cul. Juliette Tresanini et Maud Bettina-Marie nous parlent de sexe sans complexes, sans tabous et avec de l’humour. Le maître mot est de dédramatiser, ce qui arrive à l’une ou à l’un arrive souvent à tout le monde.
Loin de seulement nous faire rire, cette websérie nous apprend, informe et aborde toutes sortes de sujets avec simplicité. Elle déconstruit les clichés et les idées reçues afin de dédramatiser.

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Je recommande à tous cette websérie. Elle s’adresse à tout le monde qui se pose des questions et est sexuellement actif sans faire de distinction de sexe.
Je conseille à toutes les femmes de regarder cette chaîne YouTube afin de se libérer des contraintes quant à son comportement et ses envies sexuelles. Ce qui se produit dans le corps est complètement naturel et il est temps de lever les tabous.
Je pense aussi que les hommes peuvent trouver leur compte car certains sujets épisodes les concernent directement, comme la masturbation masculine. Mais, surtout car l’éducation sexuelle n’est vraiment pas concluante actuellement.
Afin de se considérer tous d’égal à égal, il faut comprendre l’autre dans on intégralité et se culpabiliser.

La deuxième découverte est plus ancienne mais j’y suis beaucoup plus attentive dernièrement. Il s’agit du webmagazine féminin MadmoiZelle. Je l’ai découvert grâce à sa chaîne YouTube, il y a de ça quelques années, j’aimais beaucoup leur rubrique culture et beauté.
Depuis quelques semaines, j’écoute énormément leurs podcast. En ce moment, je lis moins et j’en ai un peu d’écouter tout le temps la même musique. Du coup, les podcasts sont la parfaite alternative. Je peux écouter des émissions diverses, il suffit de les télécharger au préalable.

Pour le moment, j’écoute l’Emifion. Elle s’inscrit dans la même vague que Parlons peu, parlons cul, Navie et Sophie-Marie Larrouy nous parle de sexe sous toutes ses formes. Elles s’entourent d’invités et, ensemble, ils décortiquent un sujet. Des loses sexuelles en passant par la drague, les préliminaires ou même la sodomie, il n’y a pas de tabous.

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Je voulais absolument vous présenter ces deux « émissions » car ça fait du bien de parler de sexe sans tabous et sans jugements. Peu importe, homme ou femme, il faut pouvoir parler de tout. Dans l’éducation de chacun en tant que sujet sexuel, il est bien d’être informé et de ne pas se sentir seul dans ses expériences et avec ses propres questions.

[MISE À JOUR]

J’avais oublié de mentionner la sublime chaîne Youtube d’Aude Gogny-Goubert, Virago. Le principe ? Elle nous présente des femmes importantes oubliées de l’Histoire. En un peu plus de deux minutes, elle nous tire le portrait d’une femme qui a marqué l’histoire et dont on n’a pas forcément idée. Aujourd’hui, on peut déjà découvrir, entre autre, Olympe de Gouges, Helen Keller et Vigdis Finnbogadottir. Le concept est très bien réussi et donne envie de se pencher un peu plus sur tous ses portraits.

Un an

Julia,
Petite merveille, mini cocotte
Un an que tu es arrivée
Nous démontrant que le coeur est élastique

C’est magique,
Sans prendre la place de quiconque et
Sans aimer moins quelqu’un
Simplement l’agrandir un peu
Beaucoup même

Il y a plus d’un an,
J’honorais ma mère et ma sœur avec une orchidée
À jamais gravée dans ma peau
Il y a plus d’un an,
À travers elles, je rendais hommage à toutes ses femmes
Connues ou non
Que j’admire pour leur combat
Tu n’étais alors qu’un bourgeon
Annonçant la nouvelle génération

Voilà un an maintenant
Que tu mènes ton petit chemin
Ta propre vie
Tu grandis, déjà trop vite

Voilà un an maintenant
Que ma sœur est devenue maman
Et c’est émerveillée que je la vois épanouie
Comme une évidence,
Maman, elle l’était depuis toujours

Une maman endormie
Qui n’attendait que toi
Une maman en puissance
Qui se réalise avec toi

Avec tes parents comme alliés
Tu te hisses sur tes petits pieds encore boudinés
Des chutes il y en aura
Mais des dizaines de paires de bras avec toi
Tu ne tomberas jamais bien bas

Je te souhaite des rêves plein la tête
Des rires, des expériences et des bêtises
Je te souhaite de te tromper pour mieux apprendre
Sois curieuse
Je te souhaite ce que tu veux
Et de l’obtenir

Joyeux anniversaire ma Ju 💛

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Last Christmas*

Il existe deux catégories de personnes, ceux qui aiment Noël et ceux qui n’aiment pas Noël, voire le détestent.

Moi, je fais partie de la première catégorie. Les fêtes, la famille, la joie d’offrir et de recevoir des cadeaux, l’opulence de cadeaux, le festin, trop manger et trop boire aussi, les rires, les conversations du passé, rattraper le coup sur la vie de chacun, le foie gras, le champagne, les anecdotes embarrassantes, le repas qui dure et qui ne finit pas, les cadeaux attendus et ceux qui nous surprennent, espérer ne pas devoir se lever le lendemain, et encore moins étudier, parler fort, et rire plus fort encore, la montagne d’emballage cadeaux, tout le monde sur son trente-et-un, principalement en noir, couleur chic faut croire, manger, un peu et encore, manger beaucoup et boire un peu trop, qui prend le volant ? Les conversations sur tout et n’importe quoi, mais on ne parle pas de politique, ou juste un peu, simplement pour dire que le monde a changé, que c’était mieux avant, quand le grand-père de la grand-mère étudiait le droit avant 1900 et faisait la fête comme nous et qu’il avait beaucoup d’humour, autant d’humour que d’inviter ses petits enfants chaque 1er janvier à midi, alors qu’ils étaient sortis jusque 6h du matin. Bizarre, mais même à Noël imaginer ma mamie défoncée en lendemain de veille c’est difficile. Comme de se demander si c’est mieux de commencer par le foie gras ou le saumon mariné. Le foie gras, c’est mieux, le saumon a un goût plus fort. Mais ce n’est pas difficile, c’est présomptueux. Parce que Noël, c’est ça aussi. Chez moi du moins. C’est chic, bobo et un peu décadent. C’est proportionnel à la pile de cadeaux que chaque année on se promet plus petite pour l’année suivante. C’est plein de bons sentiments qui le temps d’une soirée s’envolent un peu. On n’a pas fait attention de recycler les emballages cadeaux, de manger bio, de ne plus acheter de foie gras et on allume les lumières du sapin toute la journée, parce que c’est l’ambiance de Noël, tu comprends ?

C’est le seul moment de l’année, où on ratatine ses petits principes, qu’on les met en boule, qu’on les cache dans notre tiroir à culottes pour ne les ressortir que le 26 décembre qu’en tout ça est terminé. C’est le seul moment de l’année ou on le fait sans culpabilité. C’est l’esprit de Noël, tu comprends ?

Mais Noël c’est surtout la famille. Celle que j’ai de la chance d’avoir et que je ne remercie pas assez. Pour moi l’esprit de Noël c’est eux. Ces personnes qui m’ont élevée et qui m’ont dotée de cette jolie contradiction. Celle de détester aimer Noël mais d’adorer ça. Ou plutôt d’avoir un peu honte d’aimer tant cette fête et de ne pas avoir d’horribles repas avec une famille qui ne se parle qu’une fois par an.

Noël, c’est le moment de l’année où je retourne chez ma maman, qu’en plein milieu de la journée je me glisse dans son lit pour qu’elle passe sa main dans mes cheveux et m’appelle ma crotte jaune car je porte un gros pull jaune, ma maman a le sens de la répartie, et qu’elle me demande comment va sa fesse ? Je ne vous divulguerai pas l’anecdote derrière cette phrase car de un, je devrai vous tuer ensuite, et de deux c’est bien trop personnel, ou embarrassant, ou les deux. Noël c’est cette période où on est encore des enfants, les enfants de nos parents, les petits. On a le droit d’avoir 3 ans et d’être impatients. Même si, il n’est désormais plus acceptable de déchirer nos paquets. Maintenant, on détache le papier collant délicatement. Et même si c’est pour que l’emballage finisse en boule dans un sac poubelle. On a grandi, certes, on doit nous aussi offrir des cadeaux. Mais, c’est bien. Offrir c’est bien aussi. Ça coûte plus mais ça rapporte plus. Quand on a fait plaisir à quelqu’un on se sent bien, comble de l’égocentrisme.

Je viens d’une famille où on aime se faire des cadeaux. On aime se faire plaisir et chaque année un peu plus. Le château Playmobil a laissé sa place aux essuies de bain et au plat à gratin mais la magie n’est pas partie. On remercie toujours le Père Noël.

On ne parle peut-être pas de politique pendant ce repas-là car au-delà d’être inutile à moins qu’on ait envie de débattre pendant 100 000 ans dans le but de tomber d’accord alors qu’on est têtus et qu’on ne changera pas d’avis, ce n’est pas le propos. Noël, on se concentre sur nous. Sur chacun d’entre-nous. Maxime, comment ça se passe ton nouveau boulot ? Lydwine, ce premier blocus ? Les travaux sont terminés ? Qui est en congé ? Et ce week-end à Madrid ? Tu nous dis si on peut faire quelque chose pour l’anniversaire de Julia ? D’ailleurs, à quelle heure nous attends-tu ?

À Noël, on arrête le temps. Il n’y a pas la guerre en Syrie, la France a rattrapé son retard en matière de progrès social, Vladimir Poutine est un humoriste et Bart de Wever un personnage de BD, Théo Francken fait la une pour son divorce d’avec Maggie de Block, célèbre depuis Belle toute nue, Charles Michel est le personnage fard du MuppetShow, Donald Trump est une blague et Marine Le Pen un dégradé de bleu. Et c’est tout.

J’aime Noël et j’en suis désolée. J’ai l’impression que c’est malpoli ou grossier. On ne peut pas s’indigner contre un tas d’injustices et aimer cette fête qui est son paroxysme. Et pourtant, oui. Et j’en suis désolée. J’aimerais la détester. Avoir des repas de famille qui finissent en réglement de compte et débats politiques houilleux. J’ai l’impression que mon discours serait plus crédible.

Mais non, j’aime Noël et ma famille. Surtout eux. Même si on n’est pas toujours d’accord. Surtout parce qu’on n’est pas toujours d’accord. Et c’est pas grave, on est d’accord là-dessus. Et sur la bûche au chocolat ou aux fruits rouges, on n’est pas en désaccord sur le champagne ni sur le foie gras. On arrive a s’accorder sur le fromage et le vin. Et sur tout un tas de sujets qui font parfois débat mais jamais dispute. L’avis de chacun compte et puis, il y a toujours une anecdote qui nous ralliera et nous fera rire de la même manière. Et, par-dessus tout, on s’aime. C’est bête, mais ça suffit. Même si nous ne sommes pas une famille qui se le dit, on se le montre. Comment ? En étant d’accord de ne pas être d’accord. Et en s’écoutant, même quand on parle tous en même temps.

*titre en hommage à George Michael, décédé le 25 décembre 2016.

#StandWithAleppo

« C’était sa liberté. Intouchable.

Du coup, elle me renvoyait à la mienne. »

– Jeanne Benameur, Les insurrections singulières.

Le pouvoir des mots.

Jeanne Benameur parle d’un homme en quête de réponse. Un homme qui s’interroge sur le sens de sa vie, de la vie. Il remet tout en question suite à la perte de son emploi car son usine est délocalisée.

En clair, rien à voir avec la Syrie, Alep et la guerre. Et pourtant, les mots d’une autre trouvent résonance. Une phrase sortie de son contexte, sans doute, évoque une autre réalité. Elle perd de son optimisme. Elle interroge sur la place des hommes dans le monde, la place que l’on veut prendre. Et nous ?

Depuis plusieurs semaines, on assiste à un massacre quasi en direct. Et on ne fait rien. Les armées de Vladimir Poutine (je rappelle qu’il a été proposé pour un Prix Nobel de la Paix?) et de Bashar el-Assad sont en train de détruire une ville entière. Et ses habitants.

Ils ne sont pas loin, quelques heures de vol à peine. Et on ne fait rien. Ils sont comme nous, ou presque. Eux, ils vivent la guerre, nous, on la contemple. On reste coi face à ces atrocités et l’absurdité des raisons diplomatiques. Pire. Certains défendent ces actes car, après tout, ils combattent le terrorisme. Et à la guère, tous les coups sont permis.

Cette phrase de Jeanne Benameur, aujourd’hui, me fait mal. Elle me donne envie de pleurer. Des larmes remplies de colère et d’incompréhension. Des larmes qui aimeraient qu’on ne soit plus aussi con. Des larmes qui aimeraient que cela s’arrête. Et qui aimeraient continuer d’espérer. Mais, qui n’y croient plus beaucoup.

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Fragments de souvenirs

Ce week-end, j’ai participé à un atelier d’écriture organisé par Le Coin Bleu et animé par Mouna Imad-Eddine. Fragments de souvenirs – déployer l’instant.

L’occasion d’arrêter le temps, de s’arrêter sur l’image, de laisser le souvenir s’emparer de nous.
Instant volé, instant créé. Laissons l’émotion revenir, fermons les yeux. On se rappelle son corps, ses mouvements, ses gestes et ses sensations. Sinon, on les invente.
Une consigne et du papier. Des mots sur les maux du moments. Banalité du quotidien qui devient universel. Petit bout d’histoire, émotion déployée. Ouvrrir son esprit et laisser les mots venir. Pas d’erreurs, l’écriture est un chemin.

Pendant un week-end, nous nous sommes réunis à l’Harmonium, un comptoir culturel situé rue Vanderkindere à Uccle.

C’était un week-end précieux, nous avons été chanceuses. Deux jours consacrés à l’écriture. A la sienne et celle des autres.

Exercice de la seconde élastique:

Elle me posa la question. Comme ça, au milieu du repas. Entre le pain de viande et une patate. Comme ça. Naturellement. Simplement. Et voilà que tout le monde me regarde. En même temps, c’est venu gros comme une maison. Mais moi, je ne m’y attendais pas. Des années de disputes, d’incompréhension et de jalousie refoulée envolées en une question. En un mot en faite. Un mot qui fait confiance. Un mot qui montre le respect et tout le bien qu’elle pense de moi. Moi, la fille sensible et susceptible. Encore une fois, mes émotions ont raison de moi.
Avant la parole vient la surprise, le sourire et les larmes. Celles qui font du bien. Les larmes qui coulent doucement. Pas les gros sanglots. Celles de joie, de circonstance. Maladroite, je tremble et je renverse mon verre. Ma tête sur l’épaule de Roberto pour sentir un contact. Se dire que c’est réel. Réaliser que je le voulais, je l’espérais sans oser. À demi-mot. En secret.
Les larmes tombent.
Je rigole aussi.
Tout le monde sourit. Sauf maman qui pleure. Mais, elle sourit aussi.
Il a suffit d’un mot, d’une question. On tire un trait sur le passé. Toutes les rancœurs envolées.
Un mot, une question.
Et une réponse qui soude le tout. Une réponse qui crée un lien. Même si elle n’existe pas encore. Une réponse comme une promesse. Celles d’être là pour elles.
Le cœur peut rebattre normalement.

Trois petites minutes pour bien démarrer la journée

Aujourd’hui, j’avais envie de vous retrouver pour un article blabla.

Depuis quelque temps, je me rends compte que j’ai une petite habitude le matin qui me rend de bonne humeur et me donne de l’énergie pour le reste de la journée.

Vous savez, on a tous ces petites choses du quotidien qui, même si elles sont très routinières, elles permettent de garder un équilibre. Sans elles, tout s’effondre.

Non, je ne suis pas du tout en mode drama queen ! Prenons ce matin, par exemple :

Je peux arriver au travail entre 7h30 et 8h30 mais, aujourd’hui, je me suis réveillée à 6h30 (sans raisons apparentes). À 6h55, après avoir essayé de retrouver le sommeil et d’avoir flâné sur les réseaux sociaux (dès le réveil, c’est mal), j’ai capitulé. Je me suis levée et j’ai commencé ma journée (« profites-en pour arriver tôt au bulot, ça changera »).

Après avoir bu un grand verre d’eau, j’ai préparé mon café. Habituellement, j’attends qu’il coule et j’en profite pour m’étirer, réfléchir, me réveiller en douceur et envisager le déroulement de ma journée. Sauf que, ce matin, je ne sais pas pourquoi, en un coup je me suis dépêchée.

Je suis connue pour être extrêmement lente. Régulièrement, je démarre ma journée à 7h00 – 7h15 du matin, par le même rituel. Mais après, d’un coup, il est 30 minutes plus tard et j’ai seulement bu mon café. Même si je m’énerve à être comme ça, je me suis habituée et j’en ai fait un besoin. Je sais être efficace quand il le faut. Cependant, j’ai besoin d’avoir le temps.

Et ce matin, spécifiquement, j’avais le temps. Et je voulais arriver tôt au boulot.

Sauf que mon copain avait son propre emploi du temps, dont j’étais au courant, et je me suis énervée. Je l’ai pressée, je me suis dépêchée, je l’ai quitté fâchée et j’ai renversé mon café.

Je sais que tout ça est sans importance pour vous, et vous avez raison. Ou alors, pouvez-vous, peut-être aussi, en tirer une leçon ? La journée, elle commence dès le réveil. Et si, comme pour moi, celui-ci est déterminant pour vous, prenez le temps.

La vie défile et on ne profite pas assez. Demain, on aura 50 ans et ces années auront filées sans qu’on ne les ai vu passées. Prenons le temps quand on peut, quand on en a besoin. Une minute c’est long quand on y réfléchit. Alors imaginer, chaque matin prendre deux à trois minutes pour vous, rien que pour vous. Pour apprécier la journée qui s’annonce, la programmer, pour rire d’une blague de la veille, pour apprécier l’odeur du café, ou du pain grillé, pour regarder dehors, voir le temps qu’il fait et se dire qu’il pleut, encore. Trois minutes le matin pour s’étirer, méditer et laisser les bonnes énergies vous envahir. Trois petites minutes pour bien démarrer la journée.

The Time Traveler by Xetobyte

 

Accro aux séries-télé, moi ?

Il est vrai, je suis plutôt séries-télé que films. Attention, j’aime le cinéma mais, le soir dans mon lit, je préfère regarder un épisode de série qu’un film.

Suite à une vidéo qu’une amie m’a envoyé (http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/28022), j’ai commencé à m’interroger sur la question du principe de la Schtroumpfette dans les séries-télé que je regarde. Malheureusement, beaucoup n’y échappe pas. Heureusement, quelques une oui.

Et c’est de celles-ci dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Et aussi, un peu, parce qu’il est vrai qu’en période d’examens, j’en regarde beaucoup. (Ne le dites pas à ma maman).

La première série dont j’ai envie de vous parler est un petit bijou. Woman with Gloria Steinem est une série documentaire qui met en avant le quotidien de femmes face à l’oppression du patriarcat, dans le monde entier. Le pitch : « at the intersection of violence and stability, of oppression and progress, are women ». Pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu, Gloria Steinem est une journaliste, féministe et activiste américaine. Elle s’est énormément battue, et continue de le faire, pour le droit des femmes et l’égalité des genres et des sexes. C’est une femme incroyable et tellement inspirante. Avec cette série-documentaire, elle va à la rencontre de différentes populations, cultures et femmes. Mais, à chaque fois, on retrouve la même oppression et la même ignorance du gouvernement et des politiques locales.

Pour le moment, il n’y a que trois épisodes qui sont sortis. Le premier épisode nous emmène en République Démocratique du Congo où le viol et les violences sur les femmes est une normalité et est devenu le quotidien de beaucoup d’entre-elles, peu importe leur âge. La journaliste sur place va, évidemment, à la rencontre de Denis Mukwege. On peut se rendre compte de l’importance de son travail.

Le deuxième épisode nous éclaire sur la situation des femmes membres des FARC en Colombie à l’approche de la fin de la guerre civile. Comment ces femmes sont-elles réintégrées au sein de la société civile colombienne ?

Le dernier épisode en ligne, nous en apprend sur les disparitions et les meurtres que subissent les « First Nations », les indigènes canadiennes. Nombres d’entre-elles subissent l’oppression raciste de la part des canadiens caucasiens. Lorsqu’elles quittent leur ville natale pour Vancouver afin d’avoir un meilleur avenir, elles désenchantent très vite. La prostitution, la drogue et la violence est leurs quotidiens.

3 épisode, 3 pays, 3 situations où les femmes sont victimes de l’oppression et de la violence masculine. 3 fois elles n’ont aucun soutien du gouvernement ou des politiques locales.

Une autre récente découverte et véritable coup de cœur est la série-télé You me her. Elle met en scène un couple marié qui n’arrive pas à concevoir un enfant et qui rentre dans une relation polyamour avec une tierce personne. L’histoire est bien ficelée et intelligemment construite. Elle met en avant la complexité des relations amoureuses et l’importance qu’on accorde aux regards des gens, à la société. Aimer, les frissons que ce sentiment provoque et les barrières qu’il demande de surmonter, fait peur. Tout fait peur quand on aime quelqu’un mais, « don’t do anything because you’re afraid to do something else ».

Ma dernière série fétiche n’a plus besoin d’être présentée puisque cela fait 12 saisons que je suis addict. Oui, vous l’avez deviné, il s’agit de Grey’s anatomy. J’avais envie de vous en parler car, à nouveau, je suis en admiration devant Shonda Rhimes, la créatrice. Cette femme est une badass de féministe et je pèse mes mots. Cela faisait 11 saisons que l’on suivait l’histoire d’amour entre Derek et Meredith et, comme beaucoup, j’avais très peur que la série ne survive pas à la mort de McDreamy.

Même si la dynamique est différente et demande un temps d’adaptation, je me suis réellement rendue compte, pendant cette saison, que la série était féministe. Et c’est ce que j’aime avec Grey’s anatomy. Lors de cette douzième saison, une femme devient chef de chirurgie, une autre lutte pour que son salaire soit équivalent à celui de ses pairs, une maman médecin lutte pour la garde de son enfant et se bat contre les préjugés de l’avocate, une maman dit à sa fille « don’t ever date a man who can’t handle your power », … Alors, bien sûr, Grey’s anatomy reste Grey’s anatomy. Il y a des drames, des histoires d’amour, du sexe et un peu de médecine.

Et vous quelles sont vos séries favorites ?

Célébrons les (droits des) femmes !

Aujourd’hui, le 8 mars, marque l’annuelle journée internationale des droits de la femme. Une journée pour se rappeler qu’il existe encore trop d’inégalités et que la femme est encore bien trop opprimée dans le monde entier. Et oui, ne baisser pas les yeux, chez nous aussi. 

D’ailleurs Le Soir d’aujourd’hui, sans bien se fouler pour nous sortir un vrai dossier sur un bilan de la condition de la femme dans le monde, nous rappelle que l’écart se creuse et se maintient entre les sexes. Ça me désole car chaque année on nous sort les mêmes chiffres sans développer aucune solution. C’est presque comme si chaque année on reculait. A force de répéter les inégalités on s’en contentera non? Du moins, on sera habitué et on se dira qu’on pourrait être une femme en Arabie Saoudite, donc réalisons notre chance.

Et bien, je dis stop. Stop à cette hypocrisie. L’égalité est possible, organisons-là. Ça commence à l’école, l’éducation a besoin d’être repensée. Et puis, il faut que la politique prenne le relais afin que les rôles sociaux de genre puissent être réarticulés. Il est primordial que les rôles sociaux soient redéfinis sans tenir compte du sexe et sans les hiérarchiser. 

Il n’est pas possible qu’en 2016 une femme se voit encore reproché le viol qu’elle a subi, aussi courte était sa jupe. Il n’est pas possible qu’en 2016, il y ait toujours une différence de salaire entre un homme et une femme. Et il n’est certainement pas possible qu’en 2016 la Légion d’honneur soit remise au prince héritier de l’Arabie Saoudite. À quand un peu de justice ?

J’aimerais rappeler le mot droit présent dans le titre de cette journée qui est bien trop souvent oublié. Aujourd’hui, ce n’est pas la journée de la femme mais de ses droits. Cette journée doit permettre de se rappeler des droits que nous avons acquis et de les utiliser pour tenter, un jour de plus, d’atteindre cette égalité. Je refuse de croire qu’elle est utopique.

Alors pour tout cela, je vous remercierais de ne pas m’offrir de fleurs, de ne pas m’accorder des ristournes dans les magasins sous prétexte que je suis une femme, de ne pas redoubler d’attention à mon égard car il s’agit bien de ma journée. Je n’ai pas choisi d’être femme. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis très heureuse de l’être. Mais, je n’ai pas besoin que vous me le rappeliez car il m’est impossible de l’oublier.

Offrez-nous le respect d’être considérées comme votre égal. Ne perdurez pas ses inégalités en m’accordant des promotions au rayon hygiène et parfumerie des grandes surfaces ou à l’achat d’un aspirateur.

Utilisez cette journée pour vous souvenir de toutes les remarques que vous avez un jour dites à une femme simplement parce qu’il était facile de lui faire une remarque. Souvenez de toutes les horreurs dont vous avez étés témoin en tant que femme et dont vous avez appris à vous y accommodez. Vous ressentez ? Le dégoût et la colère ?

Utilisez-là pour qu’il n’y ai plus jamais de journée de la femme ou même de ses droits. Soyons fières d’être femme car nous avons démontrer que nous pouvons nous battre sans faire de guerre. Rappelons aux petites filles de ne pas avoir honte, de s’exprimer, d’oser et de ne pas arrêter de rêver sous prétexte qu’on leur dit, un jour, que cela était réservé aux garçons. 

Merci à Klaire fait Grr pour son poème.