Pouvoir observer le monde depuis son salon

Les jours raccourcissent et la météo se rafraîchit. C’est le temps idéal pour se blottir dans un plaid, une tasse de thé dans une main pour que de l’autre on puisse caresser son chat tout en regardant ce que le monde culturel a à nous offrir de mieux.

Voici une petite sélection qui rendra vos journées meilleures et vos soirées d’hiver moins longues. Vous aurez envie de militer, de crier, de pleurer, de rire, de voyager. Car l’art à cela de merveilleux qu’il ne requiert pas de grandes expéditions loin de son canapé pour ouvrir son esprit.

 

Les films

Chambre 212 de Christophe HONORÉ (encore au cinéma) avec Chiara MASTROIANNI, Vincent LACOSTE, Camille COTTIN et Benjamin BIOLAY. Après une dispute à la suite d’une révélation sur leur couple, Marie quitte le domicile et décide de passer la nuit à l’hôtel d’en face, dans la chambre 212. Le film parle d’amour, de ce dernier qui s’effrite, du couple, de sa construction et son évolution après des années de mariage. C’est drôle, poétique, musical, édifiant, souvent vrai, un peu loufoque et tiré par les cheveux par moment mais, c’est beau. Esthétiquement parlant, c’est très joliment réalisé et superbement interprété.

 

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Booksmart d’Olivia WILDE. Il y a un consensus général qui laisse penser que l’humour appartient aux hommes. Pourtant, avec son premier film, Wilde nous prouve le contraire car Booksmart est entièrement écrit, réalisé et produit par des femmes, ce qui est loin d’être un détail dans le monde actuel de la production artistique. Amy et Molly (Kaitlyn DEVER et Beanie FELDSTEIN), deux meilleures amies, finissent le lycée les mieux gradées de leur promotion. La veille de la remise des diplômes, elles réalisent qu’elles auraient pu moins travailler et participer davantage à la vie extra scolaire du lycée, cela n’aurait rien changé sur leur admission dans des universités de la Ivy League. Ainsi, elles décident de rattraper ces quatre années en une nuit de folies et de fêtes auxquelles elles ne sont jamais allées. En plus d’être drôle, frais et superbement écrit (Emily HALPERN, Sarah HASKINS, Suzanna FOGEL et Katie SILBERMAN), Booksmart parle de sororité, d’ambitions, d’amitiés, d’acceptation et de motivation.

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Deux moi de Cédric KLAPISCH. Jolie comédie dramatique racontant la vie de deux parisiens (Ana GIRARDOT et François CIVIL) perdus face à la solitude des grandes villes et leurs angoisses. Très belle musique, très belle interprétation et joliment réalisé par Klapisch.

 

 


Les séries télé

img_0138Unbelievable de Susannah GRANT, Ayelet WALDMAN et Michael CHABON est une mini-série réalisée pour Netflix. Pendant 8 épisodes on suit une enquête pour retrouver un violeur en série dans le Colorado. Parallèlement, nous suivons Marie Adler (Kaitlyn DEVER), une jeune étudiante qui est violée une nuit dans son appartement par un inconnu. Elle porte plainte avant de se rétracter sous la pression des policiers. Trois ans plus tard, les inspectrices Karen Duvall et Grace Rasmussen (Merritt WEVER et Toni COLLETTE) enquêtent sur une série de viols ayant eu lieu dans le Colorado et qui semblent avoir été commis par la même personne.

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Euphoria de Sam LEVINSON est une fresque qui dépeint les déboires de l’adolescence aux Etats-Unis. C’est violent et émouvant. Les acteurs sont incroyables, mention spéciale à Zendaya qui est bouleversante de vérité. Clairement, tu regardes la série avec Shazam dans une main tellement la musique est bien choisie.

 

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Dead to me de Liz FELDMAN est une série à l’humour noire qui parle du deuil et de résilience. Jen perd subitement son mari et s’inscrit à un groupe de parole pour tenter de surmonter cette épreuve. Elle y rencontre Judy et se lie d’amitié avec elle. Cela fait du bien de parler de deuil sur fond humoristique. Christina APPLEGATE et Linda CARDELLINI sont majestueuses.

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Love de Judd APATOW, Paul Rust et Lesley ARFIN est un bijou sur Netflix. Une jolie histoire de couple. La construction d’une relation n’est pas toujours aisée quand on doit se remettre de ses propres blessures. Il faut se faire confiance pour pouvoir faire confiance à l’autre. Je trouve cette série si vivifiante, si touchante, drôle et triste à la fois. C’est un petit morceau de vie.

 

img_0142Mindhunter de Joe PENHALL et produite par, entre autres, David FINCHER et Charlize THERON. Une série Netflix sur l’origine et la création du terme « Serial Killer ». Les agents Holden Ford et Bill Tench (Jonathan GROFF et Holt McCALLANY) du FBI accompagnés de Wendy Carr (Anna TORV), une psychologue interrogent plusieurs criminels dans le but de comprendre leur comportement afin de pouvoir établir des profils de criminels et ainsi, espérer pouvoir résoudre des affaires en cours.

 

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After life de et par Ricky GERVAIS est une comédie sarcastique qui parle du deuil et de comment continuer après la mort d’un être proche. Tony a perdu sa femme d’un cancer du sein et après avoir envisager de se suicider il décide de continuer à vivre en faisant et disant exactement ce qu’il veut. C’est drôle, émouvant et rempli d’espoir. Le petit plus, en écrivant ces lignes, j’apprends que la saison 2 sera disponible début 2020.

 


Les livres

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Pastorale américaine de Philip ROTH est mon coup de coeur de cet été, je l’ai dévoré en quelques jours seulement. Après une rencontre lors d’une fête des anciens du lycée, Nathan Zuckerman s’intéresse à nouveau à Seymour Levov, Le Suédois, ancienne vedette de son lycée. A travers lui, il raconte l’Amérique d’après-guerre froide, les désillusions de la société, du rêve américain et son économie jadis florissante.

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King Kong théorie de Virginie DESPENTES est un livre obligatoire qui devrait être lu à l’école. Ce livre et le message qu’il contient est à transmettre, à partager, de main en main, de coeur en coeur et d’esprit en esprit.

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Dans Sa mère, Saphia AZZEDDINE est Marie-Adélaïde née sous X qui mène sa vie malgré les galères et ses complications. Elle recherche son destin avec les moyens dont elle dispose comme son culot, les mots qui frappe et l’humour qui tue. L’insoumission et le désir comme bagages, elle décide de retrouver sa mère.

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Tout ce que j’aimais est un petit bijou écrit par Siri HUSTVEDT. Il parle de rencontre entre Leo et Bill et de leur relation. Quand l’amitié a un air de famille, q’il faut se reconstruire en semble, se séparer pour mieux s’aimer, grandir. L’art est au coeur de tout et rend ce livre magnifique.

 


La musique

De mes oreilles aux vôtres, voici ma playlist du mois ici.

 


Le Podcast

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A bientôt de te revoir  est un podcast écrit par Sophie-Marie Larrouy et produit par Binge Audio. Comme dans une contre soirée dans la cuisine, la conversation entre SML et son invité.e nous entraine partout. Des souvenirs d’enfance, à l’anecdote oublié, de l’origine à l’instant présent, du personnel à l’universel.  SML, la reine de la digression et de la métaphore, te prend à témoin d’un joli moment, toi l’audio guide.

 

 

 

La promesse de l’aube

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours »

La promesse de l’aube est une adaptation de l’œuvre éponyme de Romain Gary portée à l’écran par Eric Barbier avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux.

Romain Kacew vit en Pologne avec sa mère, une ancienne actrice russe qui a dû fuir le pays à cause de ses convictions religieuses juives. Pendant un temps, ils vivent confortablement grâce à la maison de haute couture que tient la maman, Nina Kacew. C’est alors une période prospère pour Romain qui, selon les désirs de sa mère, se tente à plein d’activités artistiques telles que la musique et l’écriture.

Nina Kacew a de grandes ambitions pour son fils et elle raconte à qui veut l’entendre (ou pas, d’ailleurs) qu’il sera ambassadeur, un grand écrivain et un héro de la guerre.

Suite à la faillite de l’entreprise de couture, Nina et Romain quitte Wilno pour Nice. Bien qu’ils n’aient plus le sou en poche, Nina trouve vite du travail auprès d’un antiquaire ce qui l’amène à devenir gérante d’un petit hôtel.

Le changement de décor ne terni pas pour autant l’ambition de Nina pour Romain. Même quand ce dernier part étudier le droit à Paris, même quand il a sa première histoire publié dans un journal, même quand il rentre dans l’armée, Nina en veut toujours plus. Romain doit être le meilleur. Le plus grand. Que ce soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse, il doit faire souffrir les femmes, il faut qu’elles l’adulent.

Bien que cette relation soit toxique par moment, Eric Barbier arrive à nous montrer sa complexité. L’ambition de Nina est un moteur pour Romain. Peut-être aurait-il rêvé d’être un simple peintre et tant pis si ça lui coûtait de ne pas être connu de son vivant. La frontière est mince entre ce qu’il souhaite vraiment et ce qu’il a intégré. Entre son désir et celui de Nina.

Cette ambition le bouffe, l’anime, le ronge et le maintient en vie. Même lorsqu’il combat dans l’armée et qu’il croit ses jours comptés.

Dès le début, on est pris dans cette histoire, dans cette relation. Nina ne vit que pour Romain. Elle ne s’intéresse qu’à lui, au point d’en abîmer sa santé. Alors bien sûr, cela est étouffant, on a bien envie de lui crier « Mais fous lui la paix à la fin ! » mais, on ne le fait pas.

On observe, silencieux et sans défense ces liens quasi sacrés. Cet indéniable poids de l’ambition d’une mère qui rêve trop grand. Cette pression subie par un enfant qui n’en demandait pas tant.

Ce que Nina veut, Romain le réalise. Même si cela implique que tout deux seront d’éternels insatisfaits.

Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg sont magiques. Ils délivrent cette vérité, cette relation avec brio et émotion. Un jeu à fleur de peau qui te donnent des frissons. Mais, sans être lourd, ni plombant. Non, le scénario te permet de respirer avec de petites touches d’humour.

J’ai adoré ce film et mon âme de meuf émotive n’a pu retenir ses larmes. J’en garde encore l’émotion quelques jours après.

J’ai très envie de lire le livre maintenant.

120 mots pour 120 battements par minute

Important. Bouleversant. Giffle. Coup de poing. Coup de sang. Éducatif. Romantique. Militant. Amour. Sida. Maladie. Lutte. Triste. Émouvant. Essentiel. Existentiel. Ouverture. Liberté. Magistral. Jeux d’acteurs. Réalisation. Son. Grand prix du jury à Cannes. Leçon. Humilité. Grandiose. Émotion.

On retient son souffle, sa respiration. Assis dans son fauteuil, dans le silence de cette salle qui 5 minutes avant était remplie de bruit.

Pris par l’émotion, le générique de fin défile dans un silence presque religieux. Il faut intégrer ce qu’on vient de voir sur cet écran. Personne n’arrive à se lever. Quand une femme derrière moi me donne un coup de manteau en essayant de le mettre. Un fou rire éclate. Entre rire et larme, on se dit : « c’est l’émotion ».

Processed With Darkroom

City of Stars

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Oui, je sais. Déjà lundi je vous postais un article culturel mais, je ne tenais plus. Je suis excitée de vous parler de La La Land de Damien Chazelle, cette pépite. Un peu comme si mon anniversaire, Noël et l’invention du chocolat tombaient le même jour dans le calendrier.

Pour vous ambiancer, cliquez ici et laissez vous porter par la musique

Ce film est un bijou. Les couleurs, le jeu d’acteur, le montage, les plans, la musique, les sons, l’histoire et tout le reste est pure magie.
Dès la première scène, on rentre dans l’histoire. Et on comprend le ton. On va assister à quelque chose d’unique. Nostalgie, danse et humour se mêlent pour nous raconter une histoire d’amour intemporelle. C’est d’ailleurs pour ça qu’on a sans cesse cette impression de regarder un film tourné le siècle passé, que ce soit à travers le ton, les costumes ou la musique. Et puis, une sonnerie de portable nous ramène brusquement à notre époque et dans sa modernité. Et c’est en jouant avec la temporalité que cette histoire gagne en universalité.

C’est le troisième film qu’Emma Stone et Ryan Gosling tournent ensemble et le duo fonctionne toujours aussi bien.

Pour les sceptiques du concept de la comédie musicale, je vous le dis, vous pouvez y aller sans craintes. Toutes les scènes ne sont pas une immense chorégraphie. Les parties musicales se mêlent et se fondent parfaitement dans le film. Elles viennent apporter un peu de romantisme, d’humour et de légereté. D’ailleurs, la musique est une grande part de la réussite de ce film. Tout son est musique, que ce soit le bruit du vynil qui tourne, le café qui coule, le bruit des talons sur le sol, le « bip bip » des clés d’une voiture, tous les sons servent à la bande sonore. Et ce n’est pas étonnant quand on sait que plusieurs des films de Damien Chazelle parlaient aussi de la musique en général et du jazz en particulier. J’en profite pour vous conseiller de voir Whiplash, avec Miles Teller et J.K Simmons, qui est plus sombre mais tout aussi incroyable.

Damien Chazelle a réussi le pari fou de nous faire revivre une comédie musicale. Mais le film n’a pas d’âge, il n’a pas d’époque.
Les plans sont magnifiques. J’aime la manière dont le film est tourné. Les couleurs sont superbes et les effets de caméra apportent beaucoup à la mise en scène.

Pour les nostalgiques des grandes comédies musicales, vous serez servi. La musique transporte et les mélodies restent en tête. Les deux personnages principaux incarnent cette classe et cette grâce qu’avaient les acteurs des films de cette époque.
Et pour ceux qui tiennent plutôt ce genre de film en aversion, laissez vous surprendre. La musique est parfois kitsch mais jamais ringarde. Le jazz a ce coup de génie de savoir être intemporel car pouvant s’adapter à plusieurs autres influences musicales. Et puis le dialogue et le rapport homme-femme sont actuels.

Pour ceux qui sortiraient l’argument qu’on utilise en dernier recours quand on n’a pas d’argument. Vous voyez ? Mais si, la phrase qui vous fait l’effet d’un coup de massue, à chaque fois, le « mais c’est un film de filles ». Parce qu’il est bien connu que l’amour, la musique et la force de rêver, envers et contre tout, ne regarde que les filles. Et bien sachez, chers lecteurs masculins, que j’ai été voir le film avec mon frère et mon cousin, tout ce qu’il y a de plus virils, et qu’ils ont adoré. Sur le chemin du retour, on sifflotait tous les trois comme de parfaits imbéciles heureux. En se disant, qu’on retournerait bien le voir, encore une fois.

Dancing in Esperanzah

Il y a des moments dans la vie où on est conscient de vivre quelque chose d’important. On ne sait pas encore quel impact cela aura mais, on sait déjà qu’on ne l’oubliera jamais.

Pour moi, un de ces instants s’est produit la semaine  passée, à Esperanzah.

C’était la deuxième fois que je me rendais à ce Festival de musique à la Citadelle de Floreffe, en Wallonie. J’aime beaucoup aller en festival même si je ne le fais pas souvent. J’aime cette ambiance, la musique en fond continu, la joie de vivre sur le visage des gens, cette impression que les artistes sont proches de nous, les efforts de décoration, les petites boutiques d’artisans, les différents styles vestimentaires…

Nous arrivons à la Citadelle vers 14h30-15h. La chance du débutant ou du cocu (vous choisissez) nous sourit, nous trouvons une place de parking très rapidement. Après, c’est simple, il suffit de suivre le flux de monde ou les flèches qui indiquent le chemin vers le festival.

Une fois le portique passé et le bracelet accroché au poignet, nous pénétrons dans l’enceinte. Nous sommes dimanche, le troisième et dernier jour et très vite on a l’impression d’être les plus frais, ou les plus propre. Mais, tout le monde semble heureux. L’alcool et la drogue aidant, sûrement.

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On fait un premier tour pour prendre nos marques, acheter des tickets boissons, se rendre compte du coût et criser un peu. On se repère à l’aide du plan, comme de vrais débutants. Une bière pour se fondre dans l’ambiance, une deuxième, une tresse de « hippie » dans les cheveux pour vivre le festival à fond et se rendre compte de ces choses que l’on fait pour se sentir légitimes. On se laisse transporter à cette joie, nous aussi on est heureux.

On rejoint des amis, avant le concert, au jardin suspendu, qui n’est qu’une pelouse-surélevée-à-côté-de-la-scène-principale-où-tu-peux-boire-une-bière-et-fumer-un-joint-tranquille mais, le terme était moins joli.

Il est 18h30 et le concert de Patti Smith ne va plus tarder. On prend place, l’excitation augmente. On énumère les chansons qu’on aimerait qu’elle interprète, et s’échange des anecdotes sur sa vie, à qui la connait le mieux ?

19h00, Patti Smith entre en scène. Elle est belle, classe, sobre, élégante et tellement rock. Androgyne, elle porte un ensemble pantalon-veste noir et une simple chemise blanche. Ses longs cheveux gris argent tombent de chaque côté de son visage.

Une envie de se taire et de l’écouter. Elle commence par réciter un poème d’Allen GINSBERG. Déjà que tout le  public ne situait pas Patti Smith, la voilà qui lit un texte d’un homme de la Beat Generation et tout le monde l’écoute.

Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy! Holy!
The world is holy! The soul is holy! The skin is holy! The nose is holy! The tongue and cock and hand and asshole holy!
Everything is holy! Everybody’s holy! Everywhere is holy! Everyday is in eternity! Everyman’s an angel!
The bum’s as holy as the seraphim! The madman is holy as you my soul are holy!
The typewriter is holy the poem is holy the voice is holy the hearers are holy the ecstasy is holy!
Holy Peter holy Allen holy Solomon holy Lucien holy Kerouac holy Huncke holy Burroughs holy Cassady holy the unknown buggered and suffering beggars holy the hideous human angels!
Holy my mother in the insane asylum! Holy the cocks of the grandfathers of Kansas!
Holy the groaning saxophone! Holy the bop apocalypse! Holy the jazzbands marijuana hipsters peace peyote pipes & drums!
Holy the solitudes of skyscrapers and pavements! Holy the cafeterias filled with the millions! Holy the mysterious rivers of tears under the streets! 
Holy the lone juggernaut! Holy the vast lamb of the middleclass! Holy the crazy shepherds of rebellion! Who digs Los Angeles IS Los Angeles!
Holy New York Holy San Francisco Holy Peoria & Seattle Holy Paris Holy Tangiers Holy Moscow Holy Istanbul!
Holy time in eternity holy eternity in time holy the clocks in space holy the fourth dimension holy the fifth International holy the Angel in Moloch! 
Holy the sea holy the desert holy the railroad holy the locomotive holy the visions holy the hallucinations holy the miracles holy the eyeball holy the abyss! 
Holy forgiveness! Mercy! Charity! Faith! Holy! Ours! Bodies! Suffering! Magnanimity!
Holy the supernatural extra brilliant intelligent kindness of the soul! 

GINSBERG, Allen. Berkeley, 1955.

Pendant une heure et quart, elle donnera le meilleure d’elle, au-delà de ce que nous espérions. Sa voix et son énergie nous transporte. Elle transmet un message humanitaire aux jeunes générations. L’art étant une arme face à ce monde à la dérive. C’est ensemble qu’il faut agir et se libérer.

Il y aura un avant et après ce concert. Je ne sais pas comment l’expliquer mais, elle m’a inspirée. Elle m’a transmise sa sérénité. Bouleversée, elle a laissé une trace, sa trace. Un peu de grâce, j’espère, et une envie folle de me bouger le cul.

Nous sortons de l’émotion appelés par nos estomacs, beaucoup moins enclins à se laisser envahir par cette effervescence artistique, et nous nous dirigeons vers les stands de nourriture. On choisit des hamburgers revisités. Pas déçus, ils étaient bons, vraiment délicieux en fait.

On se remet de l’après-Patti-Smith, on reprend des tickets boissons et on se dirige, à nouveau, vers la scène pour écouter Saint-Germain, un artiste électro. Nous ne le connaissions pas, ou juste de nom. L’idée de l’album est bonne, il a fait appel à des musiciens africains. Ce qui donne un mélange intéressant et entraînant. Malheureusement, le live n’apporte pas une dimension supplémentaire et on repart assez vite.

Nous nous dirigeons vers le cœur de la fête, le milieu de la danse. En plein cœur du quartier Baz-Art, radio-bistrot fait danser l’assemblée sur des sons d’autrefois. Du rockabilly aux classiques des années 90, il y a de tout. Nous sommes plongés dans la nostalgie des sons du passé. Juste ce qu’il fallait avant d’assister au concert de Dub Inc, un groupe de reggae. On se revoit à 16 ans, plus ou moins, fumant nos premiers joints, plus ou moins. Ils ont fait du chemin depuis le temps, on ne connaît plus les chansons. Mais, ils font le show, et on joue le jeu. Tout le monde danse et chante. Rudeboy dans les oreilles et on oublie l’heure qu’il est. On ne doit pas rentrer, ni travailler le lendemain. On a de nouveau 16 ans et tout est possible, au moins le temps d’une chanson.

 

Accro aux séries-télé, moi ?

Il est vrai, je suis plutôt séries-télé que films. Attention, j’aime le cinéma mais, le soir dans mon lit, je préfère regarder un épisode de série qu’un film.

Suite à une vidéo qu’une amie m’a envoyé (http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/28022), j’ai commencé à m’interroger sur la question du principe de la Schtroumpfette dans les séries-télé que je regarde. Malheureusement, beaucoup n’y échappe pas. Heureusement, quelques une oui.

Et c’est de celles-ci dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Et aussi, un peu, parce qu’il est vrai qu’en période d’examens, j’en regarde beaucoup. (Ne le dites pas à ma maman).

La première série dont j’ai envie de vous parler est un petit bijou. Woman with Gloria Steinem est une série documentaire qui met en avant le quotidien de femmes face à l’oppression du patriarcat, dans le monde entier. Le pitch : « at the intersection of violence and stability, of oppression and progress, are women ». Pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu, Gloria Steinem est une journaliste, féministe et activiste américaine. Elle s’est énormément battue, et continue de le faire, pour le droit des femmes et l’égalité des genres et des sexes. C’est une femme incroyable et tellement inspirante. Avec cette série-documentaire, elle va à la rencontre de différentes populations, cultures et femmes. Mais, à chaque fois, on retrouve la même oppression et la même ignorance du gouvernement et des politiques locales.

Pour le moment, il n’y a que trois épisodes qui sont sortis. Le premier épisode nous emmène en République Démocratique du Congo où le viol et les violences sur les femmes est une normalité et est devenu le quotidien de beaucoup d’entre-elles, peu importe leur âge. La journaliste sur place va, évidemment, à la rencontre de Denis Mukwege. On peut se rendre compte de l’importance de son travail.

Le deuxième épisode nous éclaire sur la situation des femmes membres des FARC en Colombie à l’approche de la fin de la guerre civile. Comment ces femmes sont-elles réintégrées au sein de la société civile colombienne ?

Le dernier épisode en ligne, nous en apprend sur les disparitions et les meurtres que subissent les « First Nations », les indigènes canadiennes. Nombres d’entre-elles subissent l’oppression raciste de la part des canadiens caucasiens. Lorsqu’elles quittent leur ville natale pour Vancouver afin d’avoir un meilleur avenir, elles désenchantent très vite. La prostitution, la drogue et la violence est leurs quotidiens.

3 épisode, 3 pays, 3 situations où les femmes sont victimes de l’oppression et de la violence masculine. 3 fois elles n’ont aucun soutien du gouvernement ou des politiques locales.

Une autre récente découverte et véritable coup de cœur est la série-télé You me her. Elle met en scène un couple marié qui n’arrive pas à concevoir un enfant et qui rentre dans une relation polyamour avec une tierce personne. L’histoire est bien ficelée et intelligemment construite. Elle met en avant la complexité des relations amoureuses et l’importance qu’on accorde aux regards des gens, à la société. Aimer, les frissons que ce sentiment provoque et les barrières qu’il demande de surmonter, fait peur. Tout fait peur quand on aime quelqu’un mais, « don’t do anything because you’re afraid to do something else ».

Ma dernière série fétiche n’a plus besoin d’être présentée puisque cela fait 12 saisons que je suis addict. Oui, vous l’avez deviné, il s’agit de Grey’s anatomy. J’avais envie de vous en parler car, à nouveau, je suis en admiration devant Shonda Rhimes, la créatrice. Cette femme est une badass de féministe et je pèse mes mots. Cela faisait 11 saisons que l’on suivait l’histoire d’amour entre Derek et Meredith et, comme beaucoup, j’avais très peur que la série ne survive pas à la mort de McDreamy.

Même si la dynamique est différente et demande un temps d’adaptation, je me suis réellement rendue compte, pendant cette saison, que la série était féministe. Et c’est ce que j’aime avec Grey’s anatomy. Lors de cette douzième saison, une femme devient chef de chirurgie, une autre lutte pour que son salaire soit équivalent à celui de ses pairs, une maman médecin lutte pour la garde de son enfant et se bat contre les préjugés de l’avocate, une maman dit à sa fille « don’t ever date a man who can’t handle your power », … Alors, bien sûr, Grey’s anatomy reste Grey’s anatomy. Il y a des drames, des histoires d’amour, du sexe et un peu de médecine.

Et vous quelles sont vos séries favorites ?

Denis Meyers – Remember, Souvenir

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va »

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Denis Meyers s’est battu pendant plus de trois ans pour pouvoir occuper l’ancien bâtiment Solvay voué à la destruction, Rue du Prince Albert 44 à 1050 Ixelles. L’artiste – graffeur est attaché au quartier Saint-Boniface, c’est pourquoi il tenait à réaliser cette œuvre gigantesque dans les anciens bureaux de Solvay. Il ne pensait pas que ça prendrait autant de temps, évidemment.

J’ai eu énormément de chance d’avoir obtenu des places, vu la vitesse à laquelle elles sont achetées. Et je crois que, je me considère encore plus chanceuse d’avoir eu l’opportunité d’assister à une telle exposition. À l’heure où vous lisez cet article, ARKADIA n’organise plus de visites. Mais, restez connectés sur le site, j’ai bon espoir qu’ils en organisent de nouvelles car il n’y a toujours pas de date officielle pour le début de la destruction.

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Cette exposition met en avant les talents de typographe, de graff et de scénographe de Denis Meyers. Il a pris possession du lieu. Au fil de la visite, qui respecte le sens de construction de l’artiste, on évolue en plein dans l’émotion de Denis. Le terme utilisé par le guide pour nous parler de la démarche était « Renaissance ». Renaître après le chaos. Renaître après un moment difficile et dans un lieu voué à la destruction. Denis Meyers traversait une étape douloureuse dans sa vie personnelle, les murs en témoignent. Au début de la visite, on sent que les mots sont libérateurs, qu’ils permettent de se défouler, tant pis s’ils sont sombres, et même, tant mieux. « Ne te courbe que pour aimer ».  Crever, aimer, mordre, haïr, accepter, démolir,…

Au fil du parcours, la lumière apparait, petit à petit. Certains murs sont laissés vides, permettant à chacun de reprendre son souffle. On n’est, bien sûr, pas à l’abri d’une ou deux rechutes mais, l’artiste s’ouvre, dessine et partage son expérience avec d’autres artistes. Entre autre, deux graffeurs, Arnaud Kool et Steve Locatelli, et deux photographes, Sébastien Alouf et Gilles Parmentier. Ce dernier est venu faire un travail de documentation pour permettre une postérité à cette exposition. Parce que « Remember, Souvenir » c’est ça aussi. Dès le début on n’est invité à prendre des photos et à les poster sur les réseaux sociaux en respectant les hashtag créés pour l’occasion.

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Plus Denis Meyers se libère d’un poids, plus la technique de typographie évolue, il se permet autre chose. Les lettres sont moins grosses, moins noires. Pour varier son style, il utilise différents embouts à attacher à la bombe. Ou alors, il se sert de ce que le bâtiment met à sa disposition comme des extincteurs ou une lance à incendie.

Au-delà du voyage émotionnel qu’a traversé Denis Meyers et dans lequel il nous embarque, il y a tout le poids des conditions psychologiques et météorologiques de la conception qui se ressent. Ce n’est pas anodin de n’autoriser que le noir comme couleur d’expression puisque la couleur vient, autrement, de lui, de l’innocence.

Cette exposition m’a chamboulée, émue, par moment dérangée car on entre dans son intimité. Mais l’art c’est ça. C’est bousculer, renverser, aimer, détester, choquer, émouvoir. L’art c’est un lieu, un moment. C’est Remember, Souvenir.

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(prix : 9€ par personne sur le site arkadia.be)

D’hier et d’ADAM

Vendredi, ma sœur et moi sommes allées au nouveau musée d’art et de design à l’Atomium, le ADAM, Art and Design Atomium Museum. Nous avions envie d’aller visiter l’exposition sur Eames et Hollywood (du 10 mars au 04 septembre 2016).

Le ADAM est dédié à l’art et au design du vingtième siècle. Une des raisons à l’initiative de ce projet était de mettre sur pied une exposition cohérente reprenant l’énorme collection d’objets usuels et d’art faite en plastique (le Plasticarium) dont l’Atomium ASBL avait, récemment, acquise la propriété.

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Le musée se situe près de l’Atomium, Place de Belgique 1 à 1020 Bruxelles, dans une partie du Trade Mart. Les trois escaliers en métal et aux couleurs patriotiques (not very disabled person friendly) permettent de reconnaître très facilement l’entrée. Et pour ceux qui ne verraient pas l’entrée, vous pouvez vous fier aux grandes lettres indiquant ADAM qui marquent le début du chemin vers le musée.

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Avant de poursuivre, j’aimerais vous informer que mon avis sur l’expo est complètement subjectif. Je ne suis pas historienne en art et je n’ai pas étudié le design. Je vous donnerai mon avis de manière brute, telle que j’ai vécu la visite. Mes parents et l’école où j’ai passé ma scolarité m’ont ouvert au monde artistique. Je ne suis pas une experte. Non, je suis simplement une amatrice d’art comme esthétisme ou comme moyen d’expression.

À l’image du nouveau musée, le personnel est jeune. Ils nous ont expliqué le sens de la visite et nous ont permis de circuler avec une poussette pour bébé. Apparemment, il y a une application à télécharger mais, malgré qu’ils nous aient donné le code WIFI nous n’avons pas réussi à nous connecter à internet. Nous avons commencé par l’exposition temporaire sur Eames et Hollywood. Pour ceux qui ne connaissent pas le célèbre couple de designers, Charles et Ray Eames sont principalement connus pour leurs chaises. Vous les avez sûrement déjà vues sans savoir par qui elles avaient été dessinées car les modèles sont repris par beaucoup de marques de grande production comme Ikea.

Pour revenir à l’exposition, ici, vous ne verrez aucun fauteuil mais des photographies, autre passion de Charles Eames. Il a accompagné son ami réalisateur, Billy Wilder (Certains l’aiment chaud, Irma la douce), sur plusieurs de ses tournages. Sans enlever aucune magie au cinéma des années 50, les photos dévoilent l’envers du décor, les trucs et astuces utilisés à une époque où le numérique n’existait pas encore. On a l’impression de découvrir un secret. Malheureusement, je pense que ça aurait été plus intéressant si j’avais vu les films en question.

Je trouve cela dommage qu’une exposition comme celle-là soit organisée au musée d’art et de design sans faire un lien avec l’art et le design justement. Charles Eames était un grand designer, pourtant, aucune correspondance n’est faite entre son métier et sa passion. Les photos sont, évidemment, intéressantes et biens prises mais, la scénographie de l’exposition manque de luminosité pour les mettre en valeur.

Ensuite, nous avons continué avec la collection permanente, le Plasticarium. « Unique au monde, cette extraordinaire collection privée remonte aux années 1980 et compte 2000 pièces allant du plus usuel à l’œuvre d’art, en passant par l’objet design datant du post-modernisme, du pop art, de l’utopie du Tout-Plastique des designers et artistes de renommée internationale tels César, Arman, Joe Colombo, Verner Panton ou Evelyn Axel »[1]. Une nouvelle fois, le sens de la visite n’est pas évident car, au lieu de faire une boucle, une fois arrivées à la fin nous avons dû rebrousser chemin dans le sens inverse. La collection est vraiment grande et diverse, nous pouvons voir l’évolution de l’utilisation du plastique dans le design. J’ai toujours trouvé le design ludique, on dirait être dans le décor d’un film de science-fiction qui se passe dans une navette spatiale. La scénographie est bien construite car on peut voir les objets et les meubles sous plusieurs angles, on peut presque tourner autour. Il y a des explications affichées partout et, à l’accueil, nous avons reçu un petit prospectus sur la visite en anglais, je ne sais pas s’ils n’en avaient plus ou s’il n’y en a pas en français.

En conclusion, j’ai aimé cette visite, même s’ils doivent peut-être encore ajuster certains détails car c’est un nouveau musée, il a ouvert en décembre 2015. Ça nous a pris un peu plus d’une heure de faire le tour des deux expositions, ce n’est pas trop long et, de cette manière, notre intérêt n’est pas éparpillé.

Mon bémol est sur le nom du musée que je trouve trop ambitieux pour n’abriter qu’une collection permanente liée au design en plastique. Mais, encore une fois, c’est un nouveau musée qui doit encore s’installer. Je suis impatiente de voir quelles expositions ils vont mettre sur pied.

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[1] Aliénor Debrocq (2015). Voici ADAM, le musée du design à Bruxelles. Le Soir. En ligne http://www.lesoir.be/1028338/article/victoire/design/2015-10-28/voici-adam-musee-du-design-bruxelles

 

Lille ou l’échappée culturelle

Hier, un peu sur un coup de tête, j’ai eu envie de squatter le week-end en amoureux d’un couple d’amis. Promis, je ne suis pas du genre à m’incruster mais cette semaine j’avais envie de rester occupée. Et quand ils m’ont dit qu’ils allaient voir l’exposition sur Modigliani au LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut) j’ai un peu sauté sur l’occasion.

Je suis partie de Bruxelles-midi à 9h17 et arrivée à Lille-Europe 35 minutes plus tard. Comme je n’avais rendez-vous avec mes amis qu’à midi devant la gare de Lille-Flandres, j’en ai profité pour me promener. Le soleil était au rendez-vous et il n’y avait personne dans les rues. J’étais d’ailleurs très étonnée car je pensais qu’en France les magasins étaient ouverts le dimanche. Mais, je ne plains pas, c’est plus agréable de se promener comme ça.

Lille est une ville agréable, on sent l’influence flamande. Les maisons sont petites et trop mignonnes. Et c’est tellement chouette une ville propre où les gens sont si gentils.

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L’opéra
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Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille
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Square Dutilleul

Vers midi, nous sommes partis vers Villeneuve-d’Ascq afin de nous rendre à l’exposition Modigliani. Coup de chance, nous n’avons pas dû faire la file très longtemps. Grâce à la carte étudiant, l’entrée est à 7€.

Pour être honnête, je ne connaissais pas bien Modigliani avant cette exposition. Mais en bonne fille de ma génération, un petit tour sur Wikipedia m’a permis de comprendre mieux quel genre d’artiste était Amedeo Modigliani. Son destin difficile, ses maladies à répétition et sa mort à 36 ans m’ont bouleversée et intriguée. Google image m’a permis de me rendre compte que cet artiste a la gueule d’ange avait un talent intéressant et un style différent de ce que j’ai déjà eu l’occasion de voir.

L’exposition est très bien faite, elle n’est pas trop longue et même s’il y a beaucoup de monde, la disposition des œuvres est telle que l’on n’est pas dérangé. Les tableaux sont classés par période et certaines œuvres ne sont pas de lui mais des artistes qui l’ont influencé ou qui maintiennent sa prospérité.

J’aime beaucoup ses portraits que je trouve très authentiques. Ces femmes nues ont l’air d’être capturées sur le moment, sans artifices. La luminosité et la carnation de leur corps est superbe. Pour Modigliani, le portrait était un hommage, une mise en valeur. La question qui l’animait était « comment rendre justice à la réalité du modèle, sans renoncer à l’ambition du style ? ». Je trouve justement que c’est son style, son trait qui rend le portrait juste, vivant.

 

Après la visite, nous nous sommes promenés dans le parc du musée. Je ne trouve pas que le bâtiment soit joli. On a l’impression d’aller voir un vieux bunker réaménagé. D’ailleurs, le parc est cerné de grillages, ce qui accentue l’idée « camp de concentration ». Même les jolies sculptures ne permettent pas d’enjoliver l’endroit. Dommage, seul bémol.

Nous avons continué notre « après-midi culturelle » en nous rendant à la Villa Cavrois, demeure familiale réalisée entre 1929 et 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens. Cette maison est une prouesse architecturale incroyable et une œuvre d’art totale puisque l’architecture, le décor et le mobilier représentent une construction homogène. Chaque pièce permet de se rendre compte de la technique et de la recherche d’esthétisme. Les matériaux utilisés sont nobles, majestueux et malgré cela, la demeure conserve un style épuré.

Véritable coup de cœur pour la salle de bain dans l’aile des parents et le roof top.

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Bon à savoir : l’entrée est gratuite jusqu’à 25 ans.

À la sortie de la visite, nous nous sommes laissé guider par nos estomacs jusque Roubaix. C’était une véritable surprise. La ville était déserte pour cause de Paris-Roubaix. L’Hôtel de ville est impressionnant, les rues sont propres. L’américain-frites et le vin en terrasse, en plein soleil a permis de finir cette journée en beauté !

Par contre désolée, je n’ai pas encore le « réflexes » de tout prendre en photo…

Si vous avez l’occasion et l’envie de vous octroyer une journée culturelle, je vous recommande ces deux visites. La première, pour moi, a permis d’ouvrir l’œil sur un artiste-peintre trop méconnu. Et la deuxième m’a fait rêver.

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