Antigone

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Jeudi soir, je suis allée voir Antigone de Sophocle au théâtre du Parc. La pièce est chorégraphiée et mise en scène par José Besprosvany. Oui, car dans un élan de modernité, danse et jeu se mêle afin de servir le texte et de bouleverser le spectateur.

Et je peux vous dire que j’ai été bouleversée.

Dans un premier temps, par l’actualité du texte.

Antigone se rebelle contre l’édit d’un monarque absolu, Créon, qui l’empêche d’offrir à son frère une sépulture dans la pure tradition des dieux. Créon la condamne à la mort. Le peuple se soulève. Antigone meurt. Le roi s’entête dans sa décision étant persuadé d’être juste. À n’avoir voulu écouter personne, il perd son fils et sa femme.

L’histoire on la connait tous. Pour la plupart, on l’a étudié en français à l’école. À l’époque, c’était un vieux texte, poussiéreux, que nous n’aimions pas avant de l’avoir lu. Probablement, à cause de son caractère obligatoire qui ne nous permettait pas d’apprécier son message. Sales morveux.

Bien-sûr, ici le texte est magnifiquement adapté et permet de créer le débat. Et il est important d’échanger après une pièce comme celle-là.

Antigone et Créon sont radicaux, intransigeants mais ne défendent pas les mêmes valeurs. Antigone incarne la Foi et le fanatisme religieux, alors que Créon, totalitaire, agit comme un tyran.

Le débat n’est pas de savoir qui a raison, ils ont probablement tous les deux torts d’ailleurs. L’important est de comprendre leur radicalité et de la remettre en question, quelle que soit la force derrière le combat.

Au niveau de la mise en scène, la danse apporte une émotion particulière et porte le message de la pièce. José Besprosvany est, d’ailleurs, avant tout un chorégraphe.

Malheureusement, je trouve que le jeu et la danse ne se rejoignent pas assez. Créon et Antigone paraissent isolés du reste de la troupe. Bien que cela permette de symboliser leur opposition face aux autres personnages, cela oppose un peu les deux disciplines. Le sort réservé à Antigone engendre le soulèvement du peuple, mais elle n’interagit pas eux, ou trop peu. D’ailleurs, elle n’est pas assez présente. Toutes ses interventions sont justes et bouleversent. Mais, on reste sur notre faim, on en veut plus.

Le personnage du messager est une vraie bouffée d’air frais. Il permet de prendre de la distance, et donc du recul, face au drame de la pièce car il apporte une touche de comédie. Il fait rire. Et c’est bon quand le sujet est intelligent.

J’ai vraiment passé un bon moment dans un théâtre splendide (je voulais le mentionner). J’ai aimé Antigone, les comédiens et les danseurs. J’ai adoré que jeu et danse se mêlent. J’ai adoré que le texte soit mis en musique tel un slam. Je regrette seulement qu’Antigone et Créon n’y prennent pas part.

L’avant dernière scène, nous laisse dans une émotion brute. Les danseurs rassemblent leurs dernières énergies afin de nous livrer un message magnifique. Et je crois que j’aurais aimé que la pièce se finisse là. Je ne suis pas rentrée dans le personnage de Créon. J’aimais qu’il ait un air de ministre, ça apporte encore plus d’actualité à la pièce. Mais, je n’y ai pas toujours cru.

J’ai envie de vous dire d’aller voir cette pièce. Entre amis ou en famille. Emmenez vos jeunes frères et sœurs ou cousins. Ou vos grands-parents. Allez-y avec des personnes avec qui vous aimez discuter, échanger, vous disputer et vous réconcilier.

C’est pour cela qu’il est important d’aller au théâtre, d’ailleurs. Pour se rappeler de s’aimer et de se tolérer davantage.

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Le soleil dans la grisaille

Hier soir, je suis allée à LA nouvelle adresse dans le quartier du Châtelain, Chez Wawa, rue américaine 91 à 1050 Ixelles.

Chez Wawa, rue ameréricaine 91 à 1050 Ixelles

Ici, pas de chichi. Et d’ailleurs ça n’a rien à voir avec la chaîne de restaurants mexicains du même nom.

Depuis la rue, le restaurant dégage une odeur qui met l’eau à la bouche. La carte est simple, burrito, tacos ou salade. La décoration est branchée mais pas clichée. Les murs sont blancs, les tables sont en bois brut et du plafond pendent plusieurs piques roses qui mettent de la chaleur à la l’ambiance. Au bout du resto, le comptoir à des airs de foodtruck. Les serveurs sont multilingues, ce qui rajoutent à l’ambiance internationale.

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Les produits sont frais et les saveurs délicieuses. Personnellement, je me suis laissée séduire par le burrito au poulet et sauce salsa. Accompagné d’une Corona c’était parfait. Même si l’association des goûts c’était moyen, les deux, séparément, m’ont fait plaisir.

Attention, il y a une sauce « Mild » et une « Médium », suite à un souci de communication, je me suis retrouvé avec la médium, la salsa verde, qui est piquante. Un peu trop pour moi. Mais ça n’enlève rien aux saveurs, à la fraîcheur des produits et à l’association des goûts.

Chez Wawa, c’est un petit peu du Mexique dans son assiette.

Je tiens à préciser que je n’ai pas vraiment de points de comparaison, je n’ai jamais été au Mexique. Sauf à Tijuana. Donc je n’ai jamais été au Mexique. Je me rappelle, seulement, que les meilleurs tacos de ma vie je les ai mangés là-bas. Et j’ai retrouvé ce plaisir hier soir.

Évidemment, le soleil a un prix. Pour une bière et un burrito, j’en ai eu pour 14€. Heureusement que celui-ci était délicieux !

Il n’est pas possible de réserver. Prévoyez d’y aller en petit comité car la salle ne désemplit pas. Mais allez-y !

Mes boutiques préférées à Bailli !

Aujourd’hui, j’ai été faire un tour dans le quartier du Chatelain, à Ixelles. Même si ce coin est plus agréable quand il est ensoleillé, j’aime bien y faire du lèche-vitrine. Les boutiques de vêtements font envie et permettent de se projeter dans la saison estivale que l’on attend patiemment. Il y a un chouette mélange de magasins de marques et de déco. Vous pouvez trouver de tout, pour tous les goûts et pour tous les porte-monnaie. Mais, dans cet article, j’ai surtout envie de vous parler de mes boutiques chouchoutes. Il ne s’agit pas de vêtements ni de produits de beauté. Je ne vous parle pas non plus de mobilier design, que l’on peut trouver, également, dans le quartier. Non, ici je vais vous présenter mes trois boutiques chéries à bazar sympathique. Le terme « bazar » n’est pas péjoratif, j’adore les objets de décorations et les accessoires de maison !

Je ne  peux jamais m’empêcher d’entrer dans ces trois magasins quand je suis rue du Bailli :

Rose est une boutique d’objets de déco et d’accessoires en tout genre. Un brin design, colorés et minimaliste. Une boutique de chouette bazar dont on a envie chez nous. C’est simple, j’ai souvent envie de tout acheter ! Parfois, les objets sont un peu chers mais on peut trouver plusieurs petites choses abordables. Gros coup de cœur pour leurs carnets et leurs pochettes colorées.

Si jamais vous avez envie de faire un cadeau original à une fille ou même un garçon, allez jeter un coup d’œil, je suis sûre que vous trouverez votre bonheur.

 

Rose est situé Rue de l’Aqueduc, 56-58 à 1050 Ixelles, c’est sur la place de la Trinité.

Ma deuxième boutique, et qui est, pour moi, l’arrêt I-N-C-O-N-T-O-U-R-N-A-B-L-E, à la rue du Bailli, est ZAO. De nouveau, c’est une boutique de déco et d’accessoires, mais aussi de vêtements, de chaussures, de jeux et objets pour enfants.

J’adore ce magasin et la plupart des objets qu’on trouve dedans. Leur vaisselle est magnifique, ils ont plein de tennis Bensimon, ils ont de jolis carnets et de chouettes cartes postales. J’ai même appris, via leur site internet, qu’ils mettent en place des listes de naissance, pour ceux que cela intéresse bien sûr.

Zao se trouve Rue du Bailli, 96 à 1050 Ixelles.

Souvent, lorsque j’emprunte la rue du Bailli, mon troisième arrêt est la boutique Hopono. Elle est tenue par un couple dynamique qui peut vous expliquer tous les produits du magasin. On sent qu’ils les choisissent avec soin et intérêt. Plus qu’une boutique de déco et d’objets, c’est une boutique de cadeaux. Vous pouvez y trouver des accessoires pour toute la maison, que ce soit de la vaisselle, des produits I-Tech, des objets design, des accessoires pour la cuisine, la salle de bain ou la chambre à coucher. Moi qui cherchais une bougie Yankee Candle, après en avoir entendu si souvent parler sur les réseaux sociaux et sur les blogs, elles sont en vente ici.

Pour vous donner une idée de ce que j’ai déjà acheté chez Hopono : un réveil Karlsson, un porte-bijoux Tosca de Yamazaki et une paire de lunette contre les écrans bleus.

Hopono Bailli, rue du Bailli, 48 à 1050 Ixelles. Ils ont une deuxième boutique Rue des Chartreux, 14 à 1000 Bruxelles.

Si je me trouvais dans le quartier aujourd’hui, c’est parce que je rentrais du pop-up store Caravan by Mia Zia, Rue du Mail 90-92 à 1050 Ixelles. Je vous recommande d’y aller avant dimanche, c’est le dernier jour. Cette boutique éphémère propose des objets magnifiques produits par des artisans marocains. Les couleurs sont chaudes, les matériaux nobles et bien travaillés et les objets magnifiquement réalisés.

Véritable coup de cœur pour leurs essuis de plage rond, leur tabouret en bois brute et au tissage coloré, et leur vaisselle.

Denis Meyers – Remember, Souvenir

« On ne va jamais aussi loin que lorsqu’on ne sait pas où l’on va »

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Denis Meyers s’est battu pendant plus de trois ans pour pouvoir occuper l’ancien bâtiment Solvay voué à la destruction, Rue du Prince Albert 44 à 1050 Ixelles. L’artiste – graffeur est attaché au quartier Saint-Boniface, c’est pourquoi il tenait à réaliser cette œuvre gigantesque dans les anciens bureaux de Solvay. Il ne pensait pas que ça prendrait autant de temps, évidemment.

J’ai eu énormément de chance d’avoir obtenu des places, vu la vitesse à laquelle elles sont achetées. Et je crois que, je me considère encore plus chanceuse d’avoir eu l’opportunité d’assister à une telle exposition. À l’heure où vous lisez cet article, ARKADIA n’organise plus de visites. Mais, restez connectés sur le site, j’ai bon espoir qu’ils en organisent de nouvelles car il n’y a toujours pas de date officielle pour le début de la destruction.

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Cette exposition met en avant les talents de typographe, de graff et de scénographe de Denis Meyers. Il a pris possession du lieu. Au fil de la visite, qui respecte le sens de construction de l’artiste, on évolue en plein dans l’émotion de Denis. Le terme utilisé par le guide pour nous parler de la démarche était « Renaissance ». Renaître après le chaos. Renaître après un moment difficile et dans un lieu voué à la destruction. Denis Meyers traversait une étape douloureuse dans sa vie personnelle, les murs en témoignent. Au début de la visite, on sent que les mots sont libérateurs, qu’ils permettent de se défouler, tant pis s’ils sont sombres, et même, tant mieux. « Ne te courbe que pour aimer ».  Crever, aimer, mordre, haïr, accepter, démolir,…

Au fil du parcours, la lumière apparait, petit à petit. Certains murs sont laissés vides, permettant à chacun de reprendre son souffle. On n’est, bien sûr, pas à l’abri d’une ou deux rechutes mais, l’artiste s’ouvre, dessine et partage son expérience avec d’autres artistes. Entre autre, deux graffeurs, Arnaud Kool et Steve Locatelli, et deux photographes, Sébastien Alouf et Gilles Parmentier. Ce dernier est venu faire un travail de documentation pour permettre une postérité à cette exposition. Parce que « Remember, Souvenir » c’est ça aussi. Dès le début on n’est invité à prendre des photos et à les poster sur les réseaux sociaux en respectant les hashtag créés pour l’occasion.

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Plus Denis Meyers se libère d’un poids, plus la technique de typographie évolue, il se permet autre chose. Les lettres sont moins grosses, moins noires. Pour varier son style, il utilise différents embouts à attacher à la bombe. Ou alors, il se sert de ce que le bâtiment met à sa disposition comme des extincteurs ou une lance à incendie.

Au-delà du voyage émotionnel qu’a traversé Denis Meyers et dans lequel il nous embarque, il y a tout le poids des conditions psychologiques et météorologiques de la conception qui se ressent. Ce n’est pas anodin de n’autoriser que le noir comme couleur d’expression puisque la couleur vient, autrement, de lui, de l’innocence.

Cette exposition m’a chamboulée, émue, par moment dérangée car on entre dans son intimité. Mais l’art c’est ça. C’est bousculer, renverser, aimer, détester, choquer, émouvoir. L’art c’est un lieu, un moment. C’est Remember, Souvenir.

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(prix : 9€ par personne sur le site arkadia.be)

Ce soir, on prend Racines

Cette semaine, j’ai testé une nouvelle adresse, Racines. À deux pas de la place Flagey, ce restaurant-épicerie est une vraie bonne découverte. Les deux collaborateurs à l’origine de ce concept sont Francesco Cury, au service et Ugo Federico, aux fourneaux.

Ici, on mange de la cuisine italienne raffinée et de qualité. L’accueil est branché et sans chichis, on aurait presque envie de se claquer la bise tellement l’ambiance y est chaleureuse. D’ailleurs, Francesco viendra s’asseoir à votre table, le temps de vous expliquer l’entièreté du menu. Celui-ci est écrit à la craie sur un mur rouge vif.  Soyez attentifs, les plats il les connaît et les énumère rapidement en vous les expliquant. Heureusement, la liste n’est pas longue, vous ne serez pas perdus. Chaque entrée ou plat fait envie. Avec le vin qui sublimera le tout, on est en Italie.

Personnellement, j’ai pris le trio bufala, ricotta et burrata en entrée, ainsi que le thon mi-cuit accompagné de ces petites pommes de terre en plat. Je me suis régalée.

Le service est rapide et veille à ce que vous ayez ce dont vous avez besoin. L’ambiance du concept restaurant est cordiale. La décoration est magnifique, les tables sont en métal et en bois ce qui va parfaitement avec les style simple et épuré de l’établissement. Coup de cœur pour les toilettes, l’évier « façon étable » donne un charme particulier. On a l’impression d’être dans une ferme en Toscane.

Bon à savoir, Racines fait aussi bar à vin. La salle du restaurant donne sur un beau jardin, parfait pour venir siroter un aperitivo au soleil !

Mon bémol, le bruit. Le restaurant étant bondé et l’insonorisation n’étant pas optimale, il faut un peu crier pour s’entendre parler. Je vous recommande d’y aller à 4, pas plus.

En bref, c’est l’endroit idéal pour aller manger avec votre maman, vos sœurs ou vos amies. Même avec votre amoureux si vous n’avez pas envie d’un endroit calme et particulièrement romantique. De toute façon, avec qui que vous soyez, après le Spritz de l’apéro, vous vous laisserez complètement emporter par l’ambiance et le dynamisme du lieu.