Pouvoir observer le monde depuis son salon

Les jours raccourcissent et la météo se rafraîchit. C’est le temps idéal pour se blottir dans un plaid, une tasse de thé dans une main pour que de l’autre on puisse caresser son chat tout en regardant ce que le monde culturel a à nous offrir de mieux.

Voici une petite sélection qui rendra vos journées meilleures et vos soirées d’hiver moins longues. Vous aurez envie de militer, de crier, de pleurer, de rire, de voyager. Car l’art à cela de merveilleux qu’il ne requiert pas de grandes expéditions loin de son canapé pour ouvrir son esprit.

 

Les films

Chambre 212 de Christophe HONORÉ (encore au cinéma) avec Chiara MASTROIANNI, Vincent LACOSTE, Camille COTTIN et Benjamin BIOLAY. Après une dispute à la suite d’une révélation sur leur couple, Marie quitte le domicile et décide de passer la nuit à l’hôtel d’en face, dans la chambre 212. Le film parle d’amour, de ce dernier qui s’effrite, du couple, de sa construction et son évolution après des années de mariage. C’est drôle, poétique, musical, édifiant, souvent vrai, un peu loufoque et tiré par les cheveux par moment mais, c’est beau. Esthétiquement parlant, c’est très joliment réalisé et superbement interprété.

 

img_0136

Booksmart d’Olivia WILDE. Il y a un consensus général qui laisse penser que l’humour appartient aux hommes. Pourtant, avec son premier film, Wilde nous prouve le contraire car Booksmart est entièrement écrit, réalisé et produit par des femmes, ce qui est loin d’être un détail dans le monde actuel de la production artistique. Amy et Molly (Kaitlyn DEVER et Beanie FELDSTEIN), deux meilleures amies, finissent le lycée les mieux gradées de leur promotion. La veille de la remise des diplômes, elles réalisent qu’elles auraient pu moins travailler et participer davantage à la vie extra scolaire du lycée, cela n’aurait rien changé sur leur admission dans des universités de la Ivy League. Ainsi, elles décident de rattraper ces quatre années en une nuit de folies et de fêtes auxquelles elles ne sont jamais allées. En plus d’être drôle, frais et superbement écrit (Emily HALPERN, Sarah HASKINS, Suzanna FOGEL et Katie SILBERMAN), Booksmart parle de sororité, d’ambitions, d’amitiés, d’acceptation et de motivation.

img_0137

 

 

Deux moi de Cédric KLAPISCH. Jolie comédie dramatique racontant la vie de deux parisiens (Ana GIRARDOT et François CIVIL) perdus face à la solitude des grandes villes et leurs angoisses. Très belle musique, très belle interprétation et joliment réalisé par Klapisch.

 

 


Les séries télé

img_0138Unbelievable de Susannah GRANT, Ayelet WALDMAN et Michael CHABON est une mini-série réalisée pour Netflix. Pendant 8 épisodes on suit une enquête pour retrouver un violeur en série dans le Colorado. Parallèlement, nous suivons Marie Adler (Kaitlyn DEVER), une jeune étudiante qui est violée une nuit dans son appartement par un inconnu. Elle porte plainte avant de se rétracter sous la pression des policiers. Trois ans plus tard, les inspectrices Karen Duvall et Grace Rasmussen (Merritt WEVER et Toni COLLETTE) enquêtent sur une série de viols ayant eu lieu dans le Colorado et qui semblent avoir été commis par la même personne.

img_0139
Euphoria de Sam LEVINSON est une fresque qui dépeint les déboires de l’adolescence aux Etats-Unis. C’est violent et émouvant. Les acteurs sont incroyables, mention spéciale à Zendaya qui est bouleversante de vérité. Clairement, tu regardes la série avec Shazam dans une main tellement la musique est bien choisie.

 

img_0140

 

Dead to me de Liz FELDMAN est une série à l’humour noire qui parle du deuil et de résilience. Jen perd subitement son mari et s’inscrit à un groupe de parole pour tenter de surmonter cette épreuve. Elle y rencontre Judy et se lie d’amitié avec elle. Cela fait du bien de parler de deuil sur fond humoristique. Christina APPLEGATE et Linda CARDELLINI sont majestueuses.

img_0145-1

 

 

Love de Judd APATOW, Paul Rust et Lesley ARFIN est un bijou sur Netflix. Une jolie histoire de couple. La construction d’une relation n’est pas toujours aisée quand on doit se remettre de ses propres blessures. Il faut se faire confiance pour pouvoir faire confiance à l’autre. Je trouve cette série si vivifiante, si touchante, drôle et triste à la fois. C’est un petit morceau de vie.

 

img_0142Mindhunter de Joe PENHALL et produite par, entre autres, David FINCHER et Charlize THERON. Une série Netflix sur l’origine et la création du terme « Serial Killer ». Les agents Holden Ford et Bill Tench (Jonathan GROFF et Holt McCALLANY) du FBI accompagnés de Wendy Carr (Anna TORV), une psychologue interrogent plusieurs criminels dans le but de comprendre leur comportement afin de pouvoir établir des profils de criminels et ainsi, espérer pouvoir résoudre des affaires en cours.

 

img_0143

 

After life de et par Ricky GERVAIS est une comédie sarcastique qui parle du deuil et de comment continuer après la mort d’un être proche. Tony a perdu sa femme d’un cancer du sein et après avoir envisager de se suicider il décide de continuer à vivre en faisant et disant exactement ce qu’il veut. C’est drôle, émouvant et rempli d’espoir. Le petit plus, en écrivant ces lignes, j’apprends que la saison 2 sera disponible début 2020.

 


Les livres

img_0146-1

 

Pastorale américaine de Philip ROTH est mon coup de coeur de cet été, je l’ai dévoré en quelques jours seulement. Après une rencontre lors d’une fête des anciens du lycée, Nathan Zuckerman s’intéresse à nouveau à Seymour Levov, Le Suédois, ancienne vedette de son lycée. A travers lui, il raconte l’Amérique d’après-guerre froide, les désillusions de la société, du rêve américain et son économie jadis florissante.

img_0147-1

 

King Kong théorie de Virginie DESPENTES est un livre obligatoire qui devrait être lu à l’école. Ce livre et le message qu’il contient est à transmettre, à partager, de main en main, de coeur en coeur et d’esprit en esprit.

img_0148-1

 

Dans Sa mère, Saphia AZZEDDINE est Marie-Adélaïde née sous X qui mène sa vie malgré les galères et ses complications. Elle recherche son destin avec les moyens dont elle dispose comme son culot, les mots qui frappe et l’humour qui tue. L’insoumission et le désir comme bagages, elle décide de retrouver sa mère.

img_0149-1

 

Tout ce que j’aimais est un petit bijou écrit par Siri HUSTVEDT. Il parle de rencontre entre Leo et Bill et de leur relation. Quand l’amitié a un air de famille, q’il faut se reconstruire en semble, se séparer pour mieux s’aimer, grandir. L’art est au coeur de tout et rend ce livre magnifique.

 


La musique

De mes oreilles aux vôtres, voici ma playlist du mois ici.

 


Le Podcast

img_0150

A bientôt de te revoir  est un podcast écrit par Sophie-Marie Larrouy et produit par Binge Audio. Comme dans une contre soirée dans la cuisine, la conversation entre SML et son invité.e nous entraine partout. Des souvenirs d’enfance, à l’anecdote oublié, de l’origine à l’instant présent, du personnel à l’universel.  SML, la reine de la digression et de la métaphore, te prend à témoin d’un joli moment, toi l’audio guide.

 

 

 

Call me Elio et Oliver

En 2018 j’ai rencontré Elio et Oliver, j’ai découvert Call me by your name de Luca Guadagnino, l’adaptation cinématographique du livre éponyme d’André Aciman.

Une des nombreuses affiches du film, trouvée sur Google Image

Ce film a eu sur moi un impact tel qu’il m’a fallu plus d’un an pour réussir à poser cela sur papier. C’est le genre d’histoire qui te prend aux tripes tant par la beauté pure de ce qu’elle raconte, l’amour, que par le message qu’elle véhicule, vivons et ressentons.

Le plus objectivement possible, le film est magnifique tant par la lumière et la musique que par le jeu des acteurs, Timothée Chalamet et Armie Hammer, pour ne citer que les principaux. L’adaptation de Guadagnino est fidèle au roman, on retrouve dans le scénario des passages presqu’identiques.

Elio est un jeune garçon d’environs 18 ans, polyglotte, très cultivé, issu d’un milieu aisé, il lit beaucoup, joue et écrit de la musique. Tous les étés, son père, un professeur d’université aux Etats-Unis, invite dans la maison familiale, dans le Nord de l’Italie, un de ses étudiants à venir terminer d’écrire sa thèse. Cet été, il s’agit d’Oliver, un jeune homme sûr de lui, qui a l’arrogance de l’expérience, également très cultivé et qui semble très américain en comparaison aux personnes qui l’entourent.

Il ne laisse pas Elio indifférent et le sentiment est mutuel.

À partir de ce moment, on se laisse transporter au bruit des cigales par le début d’une histoire d’amour, les tentatives de séduction et les gestes maladroits. On est plongé dans un été en Italie, dans un ruisseau glacé par l’eau de la montagne, on est transporté par une mélodie jouée au piano, on danse de manière effrénée sur un dance-floor, on pleure, on rit, on sourit, on mange de la glace en saignant du nez, on a envie de dire « Later » pour ne plus dire au-revoir ou à tantôt, on est en maillot de bain au bord d’une piscine, on parle italien, français et anglais, on invite des amis tous les jours et à chaque repas, on boit, parfois trop, on rigole, souvent, on débat, on vit nos premiers ébats, notre première histoire d’amour.

Sauf que ce n’est pas la nôtre, c’est celle d’Elio et Oliver. Celle de deux jeunes hommes, celle où avoir de l’expérience ne signifie pas d’avoir le courage de faire le premier pas. C’est si particulier que ça la rend si universelle.

Leur amour donne envie d’aimer, de prendre un vélo et de parcourir une quinzaine de kilomètres juste parce qu’on avait envie de voir l’être aimé.

On prend conscience que même si cela fait mal et ça fera mal de toute façon, au moins on aura ressenti, on se sera autorisé à ressentir quelque chose car c’est cela être vivant. C’est se laisser ressentir tout ce qu’on a à vivre, à expérimenter, à aimer, à pleurer, à souffrir pour ne pas regretter.

Aimer c’est oser, c’est marcher sur le trottoir en sachant qu’on risque de se prendre une dalle surprise ou de marcher dans une crotte de chien mais d’y aller quand même. Même si ça fait mal, surtout si ça fait mal. Parce que si on avait renoncer par peur de s’amocher, on serait passer à côté d’une jolie promenade, d’une jolie histoire.

Cette histoire émeut, elle rappelle que l’amour est beau, surprenant, étourdissant, renversant, qu’il peut rendre malade, triste et décevoir. Mais que n’importe quel sentiment vaut mieux que pas de sentiment du tout. Car « ne rien ressentir pour ne rien ressentir – quel gâchis ! ».

La promesse de l’aube

« Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. On est obligé ensuite de manger froid jusqu’à la fin de ses jours »

La promesse de l’aube est une adaptation de l’œuvre éponyme de Romain Gary portée à l’écran par Eric Barbier avec Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney dans les rôles principaux.

Romain Kacew vit en Pologne avec sa mère, une ancienne actrice russe qui a dû fuir le pays à cause de ses convictions religieuses juives. Pendant un temps, ils vivent confortablement grâce à la maison de haute couture que tient la maman, Nina Kacew. C’est alors une période prospère pour Romain qui, selon les désirs de sa mère, se tente à plein d’activités artistiques telles que la musique et l’écriture.

Nina Kacew a de grandes ambitions pour son fils et elle raconte à qui veut l’entendre (ou pas, d’ailleurs) qu’il sera ambassadeur, un grand écrivain et un héro de la guerre.

Suite à la faillite de l’entreprise de couture, Nina et Romain quitte Wilno pour Nice. Bien qu’ils n’aient plus le sou en poche, Nina trouve vite du travail auprès d’un antiquaire ce qui l’amène à devenir gérante d’un petit hôtel.

Le changement de décor ne terni pas pour autant l’ambition de Nina pour Romain. Même quand ce dernier part étudier le droit à Paris, même quand il a sa première histoire publié dans un journal, même quand il rentre dans l’armée, Nina en veut toujours plus. Romain doit être le meilleur. Le plus grand. Que ce soit dans sa vie professionnelle ou amoureuse, il doit faire souffrir les femmes, il faut qu’elles l’adulent.

Bien que cette relation soit toxique par moment, Eric Barbier arrive à nous montrer sa complexité. L’ambition de Nina est un moteur pour Romain. Peut-être aurait-il rêvé d’être un simple peintre et tant pis si ça lui coûtait de ne pas être connu de son vivant. La frontière est mince entre ce qu’il souhaite vraiment et ce qu’il a intégré. Entre son désir et celui de Nina.

Cette ambition le bouffe, l’anime, le ronge et le maintient en vie. Même lorsqu’il combat dans l’armée et qu’il croit ses jours comptés.

Dès le début, on est pris dans cette histoire, dans cette relation. Nina ne vit que pour Romain. Elle ne s’intéresse qu’à lui, au point d’en abîmer sa santé. Alors bien sûr, cela est étouffant, on a bien envie de lui crier « Mais fous lui la paix à la fin ! » mais, on ne le fait pas.

On observe, silencieux et sans défense ces liens quasi sacrés. Cet indéniable poids de l’ambition d’une mère qui rêve trop grand. Cette pression subie par un enfant qui n’en demandait pas tant.

Ce que Nina veut, Romain le réalise. Même si cela implique que tout deux seront d’éternels insatisfaits.

Pierre Niney et Charlotte Gainsbourg sont magiques. Ils délivrent cette vérité, cette relation avec brio et émotion. Un jeu à fleur de peau qui te donnent des frissons. Mais, sans être lourd, ni plombant. Non, le scénario te permet de respirer avec de petites touches d’humour.

J’ai adoré ce film et mon âme de meuf émotive n’a pu retenir ses larmes. J’en garde encore l’émotion quelques jours après.

J’ai très envie de lire le livre maintenant.

SKAM, jeg elsker deg !

J’étais parti pour t’écrire un article sur mes favoris de cet hiver mais voilà que mon premier truc préféré me fait déjà 3 pages (en format word). Du coup, pour ne pas te surcharger et te perdre en cours de lecture, je vais consacrer un article entier à ce favori. Et promis, la suite arrive, ainsi que d’autres articles qui ne demandent qu’à être écrit (oui oui oui).

Il y a quelques semaines maintenant, sur la page instagram de Madmoizelle (et ensuite sur le site), of course, j’entendais les rédactrices ne pas tarir d’éloges sur la série Skam. Curieuse que je suis, surtout en ce qui concerne les séries télé, j’ai regardé le premier épisode. Et là, coup de foudre !

Mince j’ai encore bingewatcher !

SKAM de Julie Andem est une série norvégienne sur l’adolescence. Mais, ici pas de cliché servit à la sauce américaine des séries qui sont sensé te faire croire que les personnages ont 16 ans alors qu’ils s’habillent et se maquillent comme même toi tu ne le fais pas quand tu sors le vendredi soir alors que t’as quasi 30 ans. Non, ici c’est crédible, c’est moderne et réaliste. Je lisais une interview de la créatrice, Julie Andem, qui expliquait qu’elle avait recherché des vêtements de sa garde-robe d’adolescente pour la première saison. Elle racontait qu’elle avait envie de montrer stylistiquement un vrai adolescent. Ce dernier fait très souvent des erreurs et va à l’école trop maquillé un jour et pas du tout le lendemain. Il n’y a pas toujours de constance et la plupart du temps, il se cherche. Je trouve qu’elle a très bien su rendre cette réalité, je me rappelle qu’il m’est arrivé d’aller à l’école avec du noir pailleté sur les yeux en grosse couche épaisse, simplement parce que c’était nouveau.

Sinon de quoi ça parle ? Parce que bon, l’adolescence c’est vaste.

Et bien justement, cette série aborde plusieurs thèmes qui ne sont pas réservé exclusivement à l’ado d’ailleurs. C’est pour ça que j’ai aimé, pour la diversité des sujets abordé : la sexualité, les relations amoureuses, l’amitié, la religion, le féminisme, le slutshaming, la différence/tolérance, le cyberharcèlement, etc.

Skam se divise en 4 saisons d’une dizaine d’épisodes chacun. Bien qu’on suive le même groupe d’ado fréquentant le même lycée, chaque saison se concentre sur un personnage différent. On découvre Eva, une jeune femme qui cherche à avoir confiance en elle et qui écoute peut-être trop l’opinion des autres ; Noora, une jeune féministe qui casse l’image cliché de l’ado décérébré qui n’est intéressé que par le sexe et l’alcool ; Isak, l’ado qui se cherche sexuellement (il en fallait un) ; et, Sana, de confession musulmane, elle cherche son équilibre entre ces deux cultures qui quelque fois s’opposent fortement.

L’amitié est un des sujets principaux de la série. Dès le premier épisode, on comprend qu’Eva n’a plus d’amie à cause d’une dispute, très certainement à cause d’un garçon. Et on sait toutes combien il est difficile, quelquefois, d’avoir des amitiés entre filles qui perdurent malgré les histoires qui impliquent un garçon. Mais, très vite, Eva va rencontrer par hasard d’autres filles et se lier d’amitiés. À travers les saisons, les épreuves, les divergences d’opinions, Eva, Sana, Noora, Chris et Vilde vont se souder et lier une très jolie amitié.

Chaque saison est différente puisque se concentre sur quelqu’un d’autre. Mais, le ton ne change pas. On continue de présenter ce que c’est d’être un ado aujourd’hui, quelles questions ça se posent, quels liens ça tissent, quels sujets le passionnent. Finalement, à 27 ans, je ne me sens pas si éloignée des protagonistes.

J’ai adoré cette série et particulièrement 4 scènes, chacune d’une saison différente. Donc, attention spoiler, mais, je vais te les présenter ici bas :

  • Saison 1 : la scène de rupture entre Eva et Jonas. Je l’adore. Déjà pour la manière dont elle est filmée avec des sauts dans le temps. Ensuite pour se qu’elle raconte. Après quelques épisodes douloureux entre eux, Eva décide de se choisir elle-même. Malgré l’amour qu’elle ressent. Elle admet que la culpabilité qu’elle a ressentie au début de leur relation l’a fait douter d’elle-même. Elle a été incapable de se faire confiance. Ainsi, l’opinion de Jonas valait plus que la sienne. C’est beau d’arriver à avoir ce recul et de pouvoir réaliser que malgré l’amour la relation ne marche pas.

  • Saison 2 : « tu es forte et indépendante quand tu es capable de changer tes opinions ». C’est une phrase que Sana prononce à l’égard de Noora. Pendant toute cette saison elle tombe amoureuse du coureur de jupon (quelle horrible expression) du lycée. Cela est, pour elle, incompatible avec son caractère indépendant et ses convictions féministe. Je trouve ça très intéressant de montrer que tomber amoureuse du cliché de l’adolescent trop sûr de lui pour bien se comporter avec les filles ne remet pas en question notre personnalité et notre manière de nous voir si on se fait confiance. La politique et l’amour se situe à deux endroits différents. Si la relation n’empêche pas que l’on reste soi-même, alors on peut tomber amoureux.se de n’importe qui.

Ce n’est ni la bonne conversation ni la bonne saison, je sais.

  • Saison 3 : Isak est l’adolescent qui se questionne sexuellement. Lors de cette saison il tombe amoureux d’Even, un jeune homme tourmenté et tourmentant. Ce qui est très intéressant dans cette saison, c’est le raisonnement et le chemin que parcourt Isak avant d’admettre son attirance et sa sexualité homosexuelle. Une des superbes scènes de cette saison est la discussion qu’il partage avec son colocataire, lui aussi homosexuel. Isak lui explique qu’il n’est pas vraiment gay. Du moins, pas comme lui. S’en suit un malaise car il tient un dicours à la limite de l’homophobie car on comprend qu’Isak fait référence au physique, au goût vestimentaire et au choix musicaux. La réponse d’Eskild (le coloc) est parfaite puisqu’il lui explique que des milliers de personnes avant lui se sont battus pour qu’il puisse plus facilement accepter d’être homosexuel. Cela ne s’est pas fait sans insultes, jugements et coups. Et que temps qu’il ne sera pas passé par là il ne pourra juger personne.

Je souhaiterais quand même faire une mention spéciale à la scène où Isak dit à son meilleur ami, Jonas, qu’il est amoureux d’un autre garçon et que cela ne provoque aucune réaction. C’est comme s’il venait de lui dire qu’en fait il préfère porter du rouge que du bleu. La sexualité de son meilleur ne l’intéresse pas, il veut en connaître davantage sur la personne dont ce dernier est amoureux. Je trouve ça tellement rafraichissant que dans une série télé (et dans la vie) le coming out de quelqu’un soit un non-événement au même titre que n’importe quelle relation hétérosexuelle.

  • Saison  4 : je pense qu’il s’agit de ma saison préférée de tout Skam car elle traite de beaucoup de sujets différents qui m’intéressent beaucoup comme, la religion, le mélange de culture, la tolérance, l’amitié entre filles, le cyberharcèlement, l’amour, etc. Sana cherche son équilibre entre la culture musulmane de sa famille et la société norvégienne. Un de mes scènes préférées (c’était particulièrement difficile d’en choisir une), c’est la discussion entre Sana et Isak après qu’elle ait volé des conversations privées qu’il avait eu avec une autre personne. C’est une belle leçon de tolérance. Sana lui explique que c’est difficile pour elle en ce moment, d’arriver à concilier sa religion avec la vie au lycée et ses amis. Elle lui raconte que ce n’est pas évident tous les jours de porter son voile. Entre les regards des uns, les opinions des autres et ceux qui sont persuadés qu’elle est une femme soumise et qu’ils peuvent la sauver, il est difficile de ne pas être en colère, tout le temps. Isak lui répond qu’il ne sait pas quoi lui dire. Sana lui répond qu’il est parfois mieux de se taire que de poser des questions débiles et racistes. Et bien, pour Isak, non. Justement. Selon lui, il est important de continuer de répondre aux questions, même si elles sont débiles et racistes. Surtout, si elles sont débiles et racistes. C’est en arrêtant d’y répondre que ça devient dangereux car les gens se construisent leurs propres réponses.

Ce qu’il est important d’avoir en tête, c’est que cette belle leçon nous est donnée par Isak qui est en relation avec un autre homme. Des questions débiles et homophobes ainsi que des regards et des jugements de la part des autres il en reçoit aussi.

Bref, j’ai adoré cette série. C’est un véritable plongeon dans l’adolescence en Norvège. Ce n’est pas très différents que chez nous. Cette période de la vie est universelle et les questions qu’on se pose aussi. De plus, ces questionnements, ces doutes et ces remises en question ne se limitent pas à l’adolescence.

Ok, ça a l’air pas mal mais, une série en norvégien, je ne suis pas certaine. C’est chelou la langue, non ?!

Et bien je trouve que ça apporte du charme. Très vite on s’habitue en plus. Et en plus, ça donne envie d’y aller, de découvrir mieux ces pays du Nord où je n’ai jamais été. Sauf Copenhague (je t’en parlais, ici).

En plus de parler de plusieurs sujets complètement différents, on apprend plein de choses. Notamment, sur la culture norvégienne et la tradition des Russ Bus, une fête estudiantine. En prime, tu feras des découvertes musicales intéressantes !

Alors, convaincu.e.s ?

120 mots pour 120 battements par minute

Important. Bouleversant. Giffle. Coup de poing. Coup de sang. Éducatif. Romantique. Militant. Amour. Sida. Maladie. Lutte. Triste. Émouvant. Essentiel. Existentiel. Ouverture. Liberté. Magistral. Jeux d’acteurs. Réalisation. Son. Grand prix du jury à Cannes. Leçon. Humilité. Grandiose. Émotion.

On retient son souffle, sa respiration. Assis dans son fauteuil, dans le silence de cette salle qui 5 minutes avant était remplie de bruit.

Pris par l’émotion, le générique de fin défile dans un silence presque religieux. Il faut intégrer ce qu’on vient de voir sur cet écran. Personne n’arrive à se lever. Quand une femme derrière moi me donne un coup de manteau en essayant de le mettre. Un fou rire éclate. Entre rire et larme, on se dit : « c’est l’émotion ».

Processed With Darkroom

« Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant »

Comme je suis une meuf rationnelle, je vous présente les deux livres parfaits pour se détendre au bord d’une piscine le 1er septembre, quand les vacances sont finies.

En réalité, c’est un concours de circonstances. Et puis, parmi vous, il y en a peut-être qui aiment partir quand les gens rentrent de congé ? Ou vous êtes étudiant et vous vous accordez une semaine de vacances avant votre rentrée ? Ou alors, vous savez très bien lire un bouquin idéal pour les vacances, chez vous ou dans les transports pour aller au boulot ?

Bref, qui que vous soyez, il est possible que vous appréciez la lecture de ces deux romans.

Il s’agit de « Les gens heureux lisent et boivent du café » et « La vie est facile, ne t’inquiète pas » de Agnès Martin – Lugand.

C’est le genre de bouquin qu’on trouve dans une gare ou un supermarché. Ce n’est pas de la grande littérature et pourtant, ça fait du bien. La simplicité de l’écriture apportant une justesse à l’émotion et au ton.

Diane est une jeune femme d’une trentaine d’années qui se maintient en vie, tant qu’elle peut, après le décès de son mari et de leur fille. Colin et Clara. Les deux amours de sa vie.

Ça parle de deuil, de résilience, de famille, celle qu’on se choisit, de l’Irlande, de bonheur perdu et retrouvé, d’accomplissement de soi, de réveil douloureux agrémentés de café et de cigarettes, d’amitié, d’amour, de rencontres, d’au-revoir, de cœurs brisés, de reconstruction, et de renouveau. La vie quoi !

Comme je vous le disais, malgré l’écriture sans grande prétention on est plongé dans l’histoire, dans cette lutte intérieure pour rester en vie et se reconstruire. La simplicité n’enlève rien à la justesse et sublime l’émotion.

On sourit, on pleure, on voyage et on termine le deuxième roman (qui est la suite) le cœur plus léger.

Ces livres font du bien car, une fois n’est pas coutume, on apprend qu’on se remet. On se remet de tout. On a tous la capacité de surmonter les épreuves. C’est en nous. Ça prend le temps que ça prend mais, on survit. Et, parfois, on y reprend goût.

Si comme moi, la rentrée scolaire rend votre trajet en tram ou en métro très inconfortable, je vous recommande le livre afin de vous couper du monde, de suspendre le temps, juste le temps d’un trajet.

« L’aboutissement d’un deuil normal n’est en aucune façon l’oubli du disparu, mais l’aptitude à le situer à sa juste place dans une histoire achevée, l’aptitude à réinvestir pleinement les activités vivantes, les projets et les désirs qui donnent de la valeur à l’existence ».
Monique Bydlowsky, Je rêve un enfant.

KØBENHAVN

Au mois de juin, animées par la pulsion « J’ai besoiiiiiin de vacaaaaances », Sisi (une amie) et moi avons décidé, sur un coup de tête,  de nous réserver un city trip de 4 jours à Copenhague, au Danemark.

En une matinée notre city trip était booké, vol et hôtel réservés. Il ne me fallait plus que prendre congé le jeudi 20 juillet. Vous n’imaginez pas la joie intense que ça a été. Depuis 3 ans, la quasi-totalité de mes jours de congés sont utilisés pour étudier et présenter mes examens. Pendant 3 ans, bien que je travaillais à mi-temps, je n’ai pas pris beaucoup de vacances. Pas assez à mon goût, en tout cas. J’en ai presque pleuré de prendre un jour de congé pour des vacances. Quelle drama celle-là.

Dans cet article je vais vous livrer nos 4 jours à Copenhague, parce que je suis comme ça, pas de secrets entre nous.

Jour 1 :

Autant vous dire d’entrée de jeu que la pulsion « J’ai besoiiiiiin de vacaaaaances » peut te faire faire des conneries. Comme de réserver un vol pour 6h40 du matin au départ de Charleroi… sur le moment, ça paraissait être une bonne idée. Sur le moment, seulement.

Heureusement, le vol est rapide. En moins de deux heures, nous atterrissons à Copenhague, vers 8h15 du matin. Nous décidons d’aller poser nos valises à l’hôtel. L’aéroport de Copenhague est très facilement accessible en métro, pas besoin de réserver un taxi. Et ce, même si notre hôtel, CPH Studio Hotel, est un peu excentré du centre-ville et près de la mer.

En parfaites touristes, qui n’ont pas pris le temps de se renseigner sur quoi faire, que voir, que visiter avant de partir (car pas eu le temps non plus…), nous décidons de nous promener et de nous laisser guider par nos pas.

Ce n’était pas une mauvaise idée, car le hasard nous emmène à Christiana, ce quartier de Copenhague qui s’est autoproclamé « Ville Libre de Christiana » et qui est une communauté autogérée fondée en 1971. C’est un endroit hors du temps. Ça vaut la peine de s’y promener et de se laisser imprégner par l’ambiance à la fois bobo et complètement anarchique du lieu.

Ensuite, nous nous dirigeons vers la City, le centre-ville de Copenhague. Nous avons marché jusque Nyhavn et nous nous arrêtons pour manger. C’est l’endroit idéal, les abords du port regorgent de restaurants.

On a jeté notre dévolu sur Hyttefadet afin de nous sustenter localement et de goûter aux fameux smørrebrød, une tartine ouverte agrémentée d’un peu près tout ce que tu veux.

IMG_3791
Miam !

La fatigue étant le maître mot de cette première journée, nous nous laissons guidées emportés par la foule vers Strøget, la rue commerçante. Nous nous imprégnons de l’ambiance, de la sérénité qui semble dominée la ville. Les gens sont beaux et calmes. Nous sommes surprises par la mixité. Bruxelles est une ville multiculturelle mais, une ville de communautés. Ici, tout le monde semble se côtoyer, se mélanger et vivre ensemble dans les mêmes quartiers.

En fin d’après-midi, nous décidons de rentrer à l’hôtel et de profiter de la cuisine de la chambre pour notre premier repas. Nous n’avions pas prévu que la balade de santé pour regagner nos quartiers à pied prendrait 2h. Heureusement, c’était beau. Long mais, beau. Mais, long. Enfin, tu as compris.

Jour 2 :

Pour le petit déjeuner, nous avions le bon plan pour gagner du temps et économiser de l’argent. Ce qui, à Copenhague, n’est pas du luxe. Tous les matins, nous avons acheté nos couques au supermarché Lidl. Et quelle merveilleuse idée, les rouleaux à la cannelle, qui avait tout l’air d’être des spécialités locales, étaient incroyablement bons. Et pas chèrs du tout.

À Copenhague, tout se fait très facilement à pied. Cependant, notre hôtel étant un peu excentré et ayant toujours en tête notre « randonnée » du premier jour, nous décidons de prendre le métro tous les matins et tous les soirs pour rentrer.

En ce deuxième jour un peu pluvieux, nous nous dirigeons vers la Petite Sirène de Copenhague. Pas bien grande, elle est facilement repérable à la horde de touristes agglutinée autour d’elle.

IMG_3917
Den Lille Havfrue !

Afin de rejoindre notre prochain lieu de visite (nous nous étions organisée la veille) nous  longeons le Kastellet, la Citadelle de Copenhague, l’une des mieux préservées d’Europe. Nous passons, également, par le quartier de Nybore caractérisé par ses maisons de couleur ocre qui logeait les travailleurs de la Citadelle. Aujourd’hui, le quartier est celui des artistes, il est réputé et très en vogue.

Nous avions envie de visiter la David Samling Collection, un musée qui abrite la plus grande collection d’objets d’art de la culture islamique d’Europe.

IMG_3908

La faim se faisant sentir, nous allons au Torvehallerne, le marché couvert. C’est le stand Hallernes et ces fabuleux smørrebrød qui retiennent notre attention.

L’après-midi, nous nous promenons calmement, au rythme des averses, en rentrant dans l’une ou l’autre boutique ou en s’arrêtant ci et là pour faire une jolie photo.

Le soir, nous avions envie d’aller à Tivoli, le parc d’attractions vintage. Seulement, le vendredi soir, après 19h, l’entrée est à environs 25€, ce qui nous refroidit.

IMG_3956

À nouveaux guidées par nos estomacs réclamant un dessert, nous suivons la musique. Cette dernière, nous mène nous à une sorte de mini festival de musique et de graff hip-hop qui a lieu au Pumpehuset. Malgré la fraîcheur et l’humidité, nous y  passons la soirée.

Pour rejoindre une station de métro, nous décidons de nous balader afin de découvrir Copenhague by night. Nous passons par le quartier latin où plusieurs bars se font concurrence dans une ambiance jeune et décontractée. Nous ne nous arrêtons pas, fatiguées de notre longue journée mais, ça avait réellement l’air très sympa.

Jour 3 :

Le soleil étant de la partie, l’excitation nous pousse à revoir notre programme de la journée.

En matinée, nous décidons de nous promener aux abords de la mer, près de l’hôtel. La balade est agréable même si l’architecture de la côte n’est pas très jolie. On sent que ça bouge, qu’elle est en pleine expansion et que des bâtiments se construisent.

Nous prenons le métro vers Frederiksberg, un parc magnifique et très familial. Comme tout Copenhague, en fait.

Après avoir mangé dans un petit restaurant chinois sans prétention, nous nous promenons dans Istedgade, dans le quartier de Verterbro, une rue typiquement copenhagoise où se mêle bouis-bouis bobo et multiculturels. Nous arrivons dans ce que les guides appellent le « Meatpacking Danois », le Kødbyen. C’est un ancien quartier industriel transformé en restaurants, espaces culturels et lieux de travail.

Nous sommes intriguées par un bâtiment qui semble abrité une exposition de photo, le Øksnehallen. Nous ne sommes pas déçues, l’expo est gratuite et interactive. Le but est de tester les nouveaux appareils photo de la marque Olympus. L’expo est génial. Nous y restons plusieurs heures à tester toutes les installations créées comme décor de photo.

Cette exposition nous ayant complètement enjouées, nous allons boire un café dans un bar du coin à l’ambiance un peu bohème, le Mandela.

Afin de conclure cette journée plus que parfaite, nous décidons de passer la soirée sur la terrasse du Papiroen Copenhagen Street Food. Ce « hangar » se situe sur les quais au bord du Syhavnen, le cours d’eau qui traverse Copenhague.  C’est un endroit super sympa qui mêle plusieurs stands de nourriture internationale (ça porte bien son nom) et de la bonne musique. Sur la terrasse, il y a des tables, des bancs qui encerclent des feux de camps et des transats qui font face au Skuespilhuset, littéralement la Maison des spectacles, un très joli bâtiment.

Avant de rentrer, nous marchons le long de l’eau, sur la rive d’en face et autour de la place Korgens Nytorv,  qui est un endroit très pittoresque de Copenhague.

Jour 4 :

Petite et dernière journée à Copenhague rythmée par la pluie. La drache, oui. Rien de poétique.

Nous nous réveillons un peu plus tard que d’habitude alors que nous devons faire nos valises pour quitter notre chambre d’hôtel. Cette dernière, d’ailleurs, n’était pas bien grande mais plutôt agréable. Seuls bémols, la salle de bain très petite qui oblige de se doucher au-dessus de la toilette et le manque de rangements pour les vêtements.

En fin de matinée, après avoir quittées l’hôtel et laissées nos valise à la consigne, nous nous rendons au Design Museum où se trouve une incroyable collection de mobiliers et d’objets design, ainsi qu’une collection de vêtements de haute couture.

Nous avions prévu de passer l’après-midi à nous promener dans le quartier de Nørrebro avant d’être surprises par la pluie.

Ainsi, notre découverte de Nørrebro s’est limitée à quelques rues à la recherche d’un petit restaurant. Mais, c’est alors que nous mangeons tranquillement notre lasagne assises à une table sur le trottoir d’un petit restaurant-traiteur italien que la pluie nous tombe dessus. En 10 minutes, nous sommes trempées. Notre magnifique cape ne tient pas le choc.

IMG_4185

 

Et c’est comme ça que s’achève notre city trip de 4 jours : en culotte dans les toilettes d’un café afin de profiter du sèche-mains automatique pour tenter de sécher un coup le pantalon, un autre les chaussures.

IMG_4188

Malgré cette dernière journée, qui était sans doute « la journée de trop » comme nous nous le répétions sur le ton de la blague, cette ville nous a embarquées. Nous avions aucun a priori puisque nous n’avions absolument pas pris le temps de préparer notre séjour, ce qui nous a permises de nous laisser séduire entièrement. Cette ville est magnifique. On s’y sent bien. Il y règne une atmosphère tranquille et sereine. Les gens ont l’air tout simplement heureux. Et la joie, ça se partage.

 

* photos prises à l’iPhone 5S ou au Samsung (sauf celles de l’expo)

* Merci Sisi 💕

Quand les séries ont du pouvoir

Aujourd’hui, je vous retrouve pour parler de deux séries qui sont en train de bousculer mon existence.

Je pense vous l’avoir déjà dit, je consomme les séries télévisées américaines comme un politicien consomme le mensonge. La difficulté, d’ailleurs, c’est que j’aime tous les styles, même si celles qui me parlent le plus sont les dramatiques. Et ces deux-ci ne font pas exception :

La première est Big Little Lies de David E. Kelley (Ally McBeal) avec Reese Witherspoon (Walk The Line, Wild), Nicole Kidman (Eyes Wide Shut, The Hours) et Shailene Woodley (The Descendants, The Fault In Our Stars).

323102

Un drame survient dans la petite ville de Monterey, en Californie. Un accident? Un meurtre ? On ne sait pas bien. Grâce au principe du flashback, on va revenir sur les semaines précédant l’événement afin de comprendre ce qu’il s’est passé. On se concentre sur Jane, Madeline et Céleste. Toutes les trois sont mères de famille et se sont liées d’amitié car leurs enfants sont dans la même classe. Sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé (et on ne l’apprend qu’au dernier épisode, le 7ème), on comprend que la violence a une place particulière. Le harcèlement à l’école, la violence conjugale, les mensonges et les secrets, ou encore la transmission génétique de comportements violents sont autant de thèmes abordés. La sincérité de la réalisation et du jeu d’acteur fait froid dans le dos tant la vérité nous touche. C’est bouleversant tellement le ton est juste et les sujets d’actualité. On se questionne sur le rôle de la femme et la place qui lui reste quand elle devient mère. Au fil des épisode, on s’interroge sur les rôles sociaux de sexe, la violence envers les femmes, la culture du viol et la banalisation de la violence.

Bref, j’ai adoré cette série. Elle ne comprend que 7 épisodes et on ne peut qu’avoir un goût de trop peu. Je les regardais tous les lundis, après leur sortie et j’ai très envie, dès que j’aurai le temps, de me les enchaîner les uns à la suite des autres.

La deuxième série dont j’ai envie de vous parler est 13 Reasons Why de Brian Yorkey avec Dylan Minnette et Katherine Langford, deux jeunes acteurs que je ne connaissais pas.

index

Hannah Baker s’est suicidée. Elle laisse derrière elle, 13 enregistrements qui sont d’autant de raisons de justifier son geste. Clay Jensen est la 11ème personne à recevoir les cassettes audio car Hannah a donné les règles du jeu. Il faut écouter les enregistrements dans l’ordre chronologique et ensuite, donner la boîte à la personne suivante. Sinon, une personne de confiance a un double de chaque et les transmettra à qui de droit.

Au fil des 13 épisodes, on se plonge dans le quotidien d’Hannah. A mesure que Clay comprend l’enchaînement des événements qui a poussé Hannah a aller si loin, on se rend compte les dégâts que cause le harcèlement. Depuis un an, elle était considérée comme la pute du lycée, le faire-valoir des autres élèves et concentration de violences quotidiennes. Clay écoute les enregistrements impuissant et révolté. Il n’a rien fait, personne n’a rien fait.

J’ai aimé cette série que j’ai, d’ailleurs, binge-watché. Elle met en scène les méandres du harcèlement et ses conséquences. La violence quotidienne que ça représente pour la victime et comme il est difficile de demander de l’aide, ou qu’il est souvent trop tard. Le fait que ça se passe dans un lycée n’est pas anodin et rend le sujet encore plus actuel et puissant. L’école et les adultes ne sont pas à l’écoute et, parfois, sans s’en rendre compte, participent à cette violence ou font l’autruche et n’y mettent pas fin.

L’école permet de montrer à quel point un lieu peut renfermer les personnes dans leur solitude et renforcer l’isolement. Si les adultes et l’institution ne créent pas un environnement sain et n’interdisent pas un comportement malsain, celui-ci n’a plus de limites. D’ailleurs, celui sera renforcé et participera à une culture de la violence et du viol.

Alors je sais, vous allez me dire que ces deux séries n’abordent pas des sujets rigolos. Et vous n’avez pas tort. Mais, elles sont tellement bien réalisées, filmées, jouées et montées qu’il est difficile de ne pas devenir accros. Les sujets, c’est vrai, ne sont pas drôles ni enjoués. Non, ils sont utiles. Ils font du bien car ils sont abordés avec intelligence. On est émus, bouleversés, on a envie de se remettre en question et d’analyser nos propres comportements.

Car, sans réellement avoir un comportement violent, je pense qu’on participe tous à une forme de violence ordinaire et majoritairement à l’encontre des femmes. Il est tellement banal de juger une personne sur sa manière de s’habiller, de parler, de manger, de vivre, de faire l’amour et d’être dans ses relations. Au nom d’une morale perfide, on se permet d’objectifier autrui. Alors je dis stop.

Depuis quelque temps, j’ai entreprit de me remettre en question et d’analyser mon propre comportement à cet égard-là. J’essaye vraiment d’arrêter le jugement facile et les réflexions du style « T’as vu comment elle est habillée », « Elle a les yeux qui crient braguette », « Elle est frustrée et mal-baisée », et j’en passe. Je me rends compte, alors que j’ai horreur de ça et que ça me dégoûte, je le fais.

L’évolution de la société passe par la remise en question de nos comportements. Il est primordial de s’auto-analyser afin de ne plus reproduire le schéma et les carcans dans lesquels on est bien trop souvent enfermés. Il faut dire non au sexisme ordinaire et au slutshaming qui pérennisent une culture du viol. Comme l’a dit Navie dans la dernière Emifion, podcast qui déconstruit le sexe sur le site MadmoiZelle, « L’habit ne fait pas le moine de la même manière que la jupe ne fait pas la salope ! ».

En tout cas moi, j’ai décidé de changer. Et vous ?

Pour mieux comprendre le slutshaming:

Antigone

telechargement-1

Jeudi soir, je suis allée voir Antigone de Sophocle au théâtre du Parc. La pièce est chorégraphiée et mise en scène par José Besprosvany. Oui, car dans un élan de modernité, danse et jeu se mêle afin de servir le texte et de bouleverser le spectateur.

Et je peux vous dire que j’ai été bouleversée.

Dans un premier temps, par l’actualité du texte.

Antigone se rebelle contre l’édit d’un monarque absolu, Créon, qui l’empêche d’offrir à son frère une sépulture dans la pure tradition des dieux. Créon la condamne à la mort. Le peuple se soulève. Antigone meurt. Le roi s’entête dans sa décision étant persuadé d’être juste. À n’avoir voulu écouter personne, il perd son fils et sa femme.

L’histoire on la connait tous. Pour la plupart, on l’a étudié en français à l’école. À l’époque, c’était un vieux texte, poussiéreux, que nous n’aimions pas avant de l’avoir lu. Probablement, à cause de son caractère obligatoire qui ne nous permettait pas d’apprécier son message. Sales morveux.

Bien-sûr, ici le texte est magnifiquement adapté et permet de créer le débat. Et il est important d’échanger après une pièce comme celle-là.

Antigone et Créon sont radicaux, intransigeants mais ne défendent pas les mêmes valeurs. Antigone incarne la Foi et le fanatisme religieux, alors que Créon, totalitaire, agit comme un tyran.

Le débat n’est pas de savoir qui a raison, ils ont probablement tous les deux torts d’ailleurs. L’important est de comprendre leur radicalité et de la remettre en question, quelle que soit la force derrière le combat.

Au niveau de la mise en scène, la danse apporte une émotion particulière et porte le message de la pièce. José Besprosvany est, d’ailleurs, avant tout un chorégraphe.

Malheureusement, je trouve que le jeu et la danse ne se rejoignent pas assez. Créon et Antigone paraissent isolés du reste de la troupe. Bien que cela permette de symboliser leur opposition face aux autres personnages, cela oppose un peu les deux disciplines. Le sort réservé à Antigone engendre le soulèvement du peuple, mais elle n’interagit pas eux, ou trop peu. D’ailleurs, elle n’est pas assez présente. Toutes ses interventions sont justes et bouleversent. Mais, on reste sur notre faim, on en veut plus.

Le personnage du messager est une vraie bouffée d’air frais. Il permet de prendre de la distance, et donc du recul, face au drame de la pièce car il apporte une touche de comédie. Il fait rire. Et c’est bon quand le sujet est intelligent.

J’ai vraiment passé un bon moment dans un théâtre splendide (je voulais le mentionner). J’ai aimé Antigone, les comédiens et les danseurs. J’ai adoré que jeu et danse se mêlent. J’ai adoré que le texte soit mis en musique tel un slam. Je regrette seulement qu’Antigone et Créon n’y prennent pas part.

L’avant dernière scène, nous laisse dans une émotion brute. Les danseurs rassemblent leurs dernières énergies afin de nous livrer un message magnifique. Et je crois que j’aurais aimé que la pièce se finisse là. Je ne suis pas rentrée dans le personnage de Créon. J’aimais qu’il ait un air de ministre, ça apporte encore plus d’actualité à la pièce. Mais, je n’y ai pas toujours cru.

J’ai envie de vous dire d’aller voir cette pièce. Entre amis ou en famille. Emmenez vos jeunes frères et sœurs ou cousins. Ou vos grands-parents. Allez-y avec des personnes avec qui vous aimez discuter, échanger, vous disputer et vous réconcilier.

C’est pour cela qu’il est important d’aller au théâtre, d’ailleurs. Pour se rappeler de s’aimer et de se tolérer davantage.

Pour toutes les informations de réservations, cliquez ici

Americanah

En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé.


Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, sans aucun doute je vous dirais de lire Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. Il fait un peu moins de 700 pages, donc il vous prendra du temps.

Pour ma part, je l’ai dévoré en une semaine de vacances.

On suit la vie d’Ifemelu et d’Obinze, leurs histoires personnelles respectives et leur histoire d’amour qui traverse trois continents. Ils ont grandi au Nigeria entre la classe moyenne et les privilégiés. Suite à des grèves à répétitions qui touchent les universités, Ifemelu obtient son visa pour les États-Unis d’Amérique. Elle est acceptée à l’université de Philadelphie. Entre choc culturel et adaptation, elle découvre l’existence de sa couleur. Sa différence et l’enjeu qu’elle représente. Les difficultés qu’elle apporte et sa position sociale.

Ce livre permet de se rendre compte de l’enjeu que représente la race, de sa position de blanc dans un pays occidental et de vouloir la remettre en perspective.

Le racisme ordinaire existe et est-ce que j’y participe ? De manière inconsciente et presque innocente, sans faire de vague. Non, je ne suis pas raciste. Mais je vis dans un monde qui l’est. Sans en donner l’intention. Sans se faire remarquer. À peine perceptible, la différence de race existe toujours et fait intrinsèquement partie de la norme. Et c’est là que c’est dangereux car fourbe.

Aux Etats-Unis, on apprend que peu importe son importance ethnique, si on n’est pas blanc, rien n’est « pire » que d’être noir. Et là encore, on distingue noir afro-américain et non-américain. Dans une université, les professeurs demandent de ne pas utiliser le terme « nègre » dans les commentaires à propos d’un film qui traite de l’esclavage. Comme si, ne pas dire le mot enlevait toute la signification. Tout est une question de contexte et non de syntaxe.

Ce livre permet de conscientiser cela, de se poser les bonnes questions et d’avoir envie d’y être attentif pour ne pas participer à ce jeu « inoffensif ». Pour qui ? Pour moi, pas pour l’autre, encore et toujours victime de cette différence. Moi, quoiqu’il arrive j’aurai toujours les bonnes cartes pour tirer mon épingle du jeu et justifier que je ne suis absolument pas raciste, sans avoir besoin à utiliser l’argument « ma colocataire est noire, je ne peux pas être raciste ».

Alors je dis stop. Je ne sais pas si je fais partie de ces gens qui sans en avoir l’air participe à perpétuer ce racisme perfide. Mais je décide que je ne veux pas. Et, je compte bien y faire attention.

C’est à ça qu’on reconnaît les grands livres. Tout en lisant un roman au bord d’une piscine, l’air de rien, j’ai appris une des plus belles leçons de vie: la tolérance. La vraie, celle inébranlable. Celle que rien ne vient perturber. Celle qui ne voit que l’être humain.

Un mois, un livre.

C’est avec beaucoup d’humilité, un soupçon d’appréhension et beaucoup d’excitation que j’ouvre cette nouvelle rubrique. J’aime lire depuis toujours. Ça fait un peu niais comme expression  mais, c’est exactement ça. Petite, les histoires du soir me fascinaient. Je me souviens que j’aimais avoir la place juste à côté de maman (j’ai une sœur et un frère et ma maman n’a que deux côtés) pour pouvoir voir les mots défiler sur les pages. J’aimais les dessins, les couleurs et j’aimais voir ces lettres qui chantaient dans la bouche de maman. J’aimais l’entendre les lire et me rendre compte que ces petits mots mis les uns après les autres permettaient de constituer des phrases qui formaient des histoires.

Apprendre à lire a été décisif, je pouvais lire mes propres histoires et en raconter à mon tour. Déchiffrer un mot, avant de m’intéresser au sens, j’aimais leur son, découper les syllabes et les articuler correctement. Comme une chanson en moi. Au début, je les gardais pour moi, car comme la nature est vache, parfois, je parlais du nez. Quelle horreur ! Moi qui aimais tant les mots, je n’arrivais pas à les prononcer. Quelques cours de logopédie et j’ai enfin pu les formuler. Et là, c’est le monde du sens qui s’ouvrait à moi. Ces mots, bien que doux à mon oreille, m’offraient une infinité de possibilités, comme un goût de liberté. Avant même de savoir écrire et de ressentir le besoin de mettre des mots sur mes propres maux, ce sont les m(aux)ots des autres que j’aimais. Leurs histoires nourrissaient mon imaginaire et me permettaient de voler. À travers les pays, les cultures, les époques et les âges. Je pouvais être un garçon, une fille, un adulte et même un méchant. La limite étant l’imaginaire d’autrui, je pouvais être n’importe qui.

Evidemment, les goûts littéraires se construisent et évoluent. Même si ma sensation de liberté m’accompagne toujours autant, je m’abandonne moins quand je lis. Mes valeurs, mes sensibilités construisent mes choix. Les livres me bouleversent, me questionnent, m’émeuvent et me dérangent, parfois. Je lis moins avec mon esprit et plus avec mes tripes. Quand j’aime un livre, c’est d’amour, quand je le déteste, c’est de haine. Ils peuvent provoquer le débat en moi comme aucune autre forme d’expression artistique. Et pourtant, je crois que je les aime toutes. 

Depuis plus de deux ans maintenant, je participe à un club de lecture. Tour à tour, nous présentons un coup de cœur et nous partageons une lecture commune. Chacun exprime son amour pour un livre, le plaisir de l’écriture, la concordance avec l’histoire personnelle de l’auteur, le récit, le voyage, les faits historiques sont autant de raisons invoquées. Parfois, ces plaisirs sont partagés, et parfois pas mais, toujours il y a débat. Et qu’est-ce que j’aime ça.

C’est ce que j’ai envie de faire sur ce blog. Un livre par mois, pour m’efforcer à continuer à lire et pour transmettre mes coups de cœurs avec vous.

Si vous avez lu les livres que je partagerai, n’hésitez pas à me donner votre avis, ou à m’en conseiller du même auteur ou dans la même veine. Je ne vous garantis pas être à la pointe des sorties littéraires, mais j’essayerai de me diversifier !

Je vous laisse afin de préparer mon premier article de la rubrique, « En attandant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut.

Lisez, mes amis.

lire

D’hier et d’ADAM

Vendredi, ma sœur et moi sommes allées au nouveau musée d’art et de design à l’Atomium, le ADAM, Art and Design Atomium Museum. Nous avions envie d’aller visiter l’exposition sur Eames et Hollywood (du 10 mars au 04 septembre 2016).

Le ADAM est dédié à l’art et au design du vingtième siècle. Une des raisons à l’initiative de ce projet était de mettre sur pied une exposition cohérente reprenant l’énorme collection d’objets usuels et d’art faite en plastique (le Plasticarium) dont l’Atomium ASBL avait, récemment, acquise la propriété.

Photo 22-04-16 17 44 26.jpg

Le musée se situe près de l’Atomium, Place de Belgique 1 à 1020 Bruxelles, dans une partie du Trade Mart. Les trois escaliers en métal et aux couleurs patriotiques (not very disabled person friendly) permettent de reconnaître très facilement l’entrée. Et pour ceux qui ne verraient pas l’entrée, vous pouvez vous fier aux grandes lettres indiquant ADAM qui marquent le début du chemin vers le musée.

Photo 22-04-16 16 38 21

Avant de poursuivre, j’aimerais vous informer que mon avis sur l’expo est complètement subjectif. Je ne suis pas historienne en art et je n’ai pas étudié le design. Je vous donnerai mon avis de manière brute, telle que j’ai vécu la visite. Mes parents et l’école où j’ai passé ma scolarité m’ont ouvert au monde artistique. Je ne suis pas une experte. Non, je suis simplement une amatrice d’art comme esthétisme ou comme moyen d’expression.

À l’image du nouveau musée, le personnel est jeune. Ils nous ont expliqué le sens de la visite et nous ont permis de circuler avec une poussette pour bébé. Apparemment, il y a une application à télécharger mais, malgré qu’ils nous aient donné le code WIFI nous n’avons pas réussi à nous connecter à internet. Nous avons commencé par l’exposition temporaire sur Eames et Hollywood. Pour ceux qui ne connaissent pas le célèbre couple de designers, Charles et Ray Eames sont principalement connus pour leurs chaises. Vous les avez sûrement déjà vues sans savoir par qui elles avaient été dessinées car les modèles sont repris par beaucoup de marques de grande production comme Ikea.

Pour revenir à l’exposition, ici, vous ne verrez aucun fauteuil mais des photographies, autre passion de Charles Eames. Il a accompagné son ami réalisateur, Billy Wilder (Certains l’aiment chaud, Irma la douce), sur plusieurs de ses tournages. Sans enlever aucune magie au cinéma des années 50, les photos dévoilent l’envers du décor, les trucs et astuces utilisés à une époque où le numérique n’existait pas encore. On a l’impression de découvrir un secret. Malheureusement, je pense que ça aurait été plus intéressant si j’avais vu les films en question.

Je trouve cela dommage qu’une exposition comme celle-là soit organisée au musée d’art et de design sans faire un lien avec l’art et le design justement. Charles Eames était un grand designer, pourtant, aucune correspondance n’est faite entre son métier et sa passion. Les photos sont, évidemment, intéressantes et biens prises mais, la scénographie de l’exposition manque de luminosité pour les mettre en valeur.

Ensuite, nous avons continué avec la collection permanente, le Plasticarium. « Unique au monde, cette extraordinaire collection privée remonte aux années 1980 et compte 2000 pièces allant du plus usuel à l’œuvre d’art, en passant par l’objet design datant du post-modernisme, du pop art, de l’utopie du Tout-Plastique des designers et artistes de renommée internationale tels César, Arman, Joe Colombo, Verner Panton ou Evelyn Axel »[1]. Une nouvelle fois, le sens de la visite n’est pas évident car, au lieu de faire une boucle, une fois arrivées à la fin nous avons dû rebrousser chemin dans le sens inverse. La collection est vraiment grande et diverse, nous pouvons voir l’évolution de l’utilisation du plastique dans le design. J’ai toujours trouvé le design ludique, on dirait être dans le décor d’un film de science-fiction qui se passe dans une navette spatiale. La scénographie est bien construite car on peut voir les objets et les meubles sous plusieurs angles, on peut presque tourner autour. Il y a des explications affichées partout et, à l’accueil, nous avons reçu un petit prospectus sur la visite en anglais, je ne sais pas s’ils n’en avaient plus ou s’il n’y en a pas en français.

En conclusion, j’ai aimé cette visite, même s’ils doivent peut-être encore ajuster certains détails car c’est un nouveau musée, il a ouvert en décembre 2015. Ça nous a pris un peu plus d’une heure de faire le tour des deux expositions, ce n’est pas trop long et, de cette manière, notre intérêt n’est pas éparpillé.

Mon bémol est sur le nom du musée que je trouve trop ambitieux pour n’abriter qu’une collection permanente liée au design en plastique. Mais, encore une fois, c’est un nouveau musée qui doit encore s’installer. Je suis impatiente de voir quelles expositions ils vont mettre sur pied.

Photo 22-04-16 17 43 05

[1] Aliénor Debrocq (2015). Voici ADAM, le musée du design à Bruxelles. Le Soir. En ligne http://www.lesoir.be/1028338/article/victoire/design/2015-10-28/voici-adam-musee-du-design-bruxelles

 

Lille ou l’échappée culturelle

Hier, un peu sur un coup de tête, j’ai eu envie de squatter le week-end en amoureux d’un couple d’amis. Promis, je ne suis pas du genre à m’incruster mais cette semaine j’avais envie de rester occupée. Et quand ils m’ont dit qu’ils allaient voir l’exposition sur Modigliani au LaM (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut) j’ai un peu sauté sur l’occasion.

Je suis partie de Bruxelles-midi à 9h17 et arrivée à Lille-Europe 35 minutes plus tard. Comme je n’avais rendez-vous avec mes amis qu’à midi devant la gare de Lille-Flandres, j’en ai profité pour me promener. Le soleil était au rendez-vous et il n’y avait personne dans les rues. J’étais d’ailleurs très étonnée car je pensais qu’en France les magasins étaient ouverts le dimanche. Mais, je ne plains pas, c’est plus agréable de se promener comme ça.

Lille est une ville agréable, on sent l’influence flamande. Les maisons sont petites et trop mignonnes. Et c’est tellement chouette une ville propre où les gens sont si gentils.

IMG_1090

IMG_1092
L’opéra
IMG_1094
Cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille
IMG_1099
Square Dutilleul

Vers midi, nous sommes partis vers Villeneuve-d’Ascq afin de nous rendre à l’exposition Modigliani. Coup de chance, nous n’avons pas dû faire la file très longtemps. Grâce à la carte étudiant, l’entrée est à 7€.

Pour être honnête, je ne connaissais pas bien Modigliani avant cette exposition. Mais en bonne fille de ma génération, un petit tour sur Wikipedia m’a permis de comprendre mieux quel genre d’artiste était Amedeo Modigliani. Son destin difficile, ses maladies à répétition et sa mort à 36 ans m’ont bouleversée et intriguée. Google image m’a permis de me rendre compte que cet artiste a la gueule d’ange avait un talent intéressant et un style différent de ce que j’ai déjà eu l’occasion de voir.

L’exposition est très bien faite, elle n’est pas trop longue et même s’il y a beaucoup de monde, la disposition des œuvres est telle que l’on n’est pas dérangé. Les tableaux sont classés par période et certaines œuvres ne sont pas de lui mais des artistes qui l’ont influencé ou qui maintiennent sa prospérité.

J’aime beaucoup ses portraits que je trouve très authentiques. Ces femmes nues ont l’air d’être capturées sur le moment, sans artifices. La luminosité et la carnation de leur corps est superbe. Pour Modigliani, le portrait était un hommage, une mise en valeur. La question qui l’animait était « comment rendre justice à la réalité du modèle, sans renoncer à l’ambition du style ? ». Je trouve justement que c’est son style, son trait qui rend le portrait juste, vivant.

 

Après la visite, nous nous sommes promenés dans le parc du musée. Je ne trouve pas que le bâtiment soit joli. On a l’impression d’aller voir un vieux bunker réaménagé. D’ailleurs, le parc est cerné de grillages, ce qui accentue l’idée « camp de concentration ». Même les jolies sculptures ne permettent pas d’enjoliver l’endroit. Dommage, seul bémol.

Nous avons continué notre « après-midi culturelle » en nous rendant à la Villa Cavrois, demeure familiale réalisée entre 1929 et 1932 par l’architecte Robert Mallet-Stevens. Cette maison est une prouesse architecturale incroyable et une œuvre d’art totale puisque l’architecture, le décor et le mobilier représentent une construction homogène. Chaque pièce permet de se rendre compte de la technique et de la recherche d’esthétisme. Les matériaux utilisés sont nobles, majestueux et malgré cela, la demeure conserve un style épuré.

Véritable coup de cœur pour la salle de bain dans l’aile des parents et le roof top.

IMG_1111

Bon à savoir : l’entrée est gratuite jusqu’à 25 ans.

À la sortie de la visite, nous nous sommes laissé guider par nos estomacs jusque Roubaix. C’était une véritable surprise. La ville était déserte pour cause de Paris-Roubaix. L’Hôtel de ville est impressionnant, les rues sont propres. L’américain-frites et le vin en terrasse, en plein soleil a permis de finir cette journée en beauté !

Par contre désolée, je n’ai pas encore le « réflexes » de tout prendre en photo…

Si vous avez l’occasion et l’envie de vous octroyer une journée culturelle, je vous recommande ces deux visites. La première, pour moi, a permis d’ouvrir l’œil sur un artiste-peintre trop méconnu. Et la deuxième m’a fait rêver.

FullSizeRender (7).jpg