Americanah

En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé.


Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, sans aucun doute je vous dirais de lire Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. Il fait un peu moins de 700 pages, donc il vous prendra du temps.

Pour ma part, je l’ai dévoré en une semaine de vacances.

On suit la vie d’Ifemelu et d’Obinze, leurs histoires personnelles respectives et leur histoire d’amour qui traverse trois continents. Ils ont grandi au Nigeria entre la classe moyenne et les privilégiés. Suite à des grèves à répétitions qui touchent les universités, Ifemelu obtient son visa pour les États-Unis d’Amérique. Elle est acceptée à l’université de Philadelphie. Entre choc culturel et adaptation, elle découvre l’existence de sa couleur. Sa différence et l’enjeu qu’elle représente. Les difficultés qu’elle apporte et sa position sociale.

Ce livre permet de se rendre compte de l’enjeu que représente la race, de sa position de blanc dans un pays occidental et de vouloir la remettre en perspective.

Le racisme ordinaire existe et est-ce que j’y participe ? De manière inconsciente et presque innocente, sans faire de vague. Non, je ne suis pas raciste. Mais je vis dans un monde qui l’est. Sans en donner l’intention. Sans se faire remarquer. À peine perceptible, la différence de race existe toujours et fait intrinsèquement partie de la norme. Et c’est là que c’est dangereux car fourbe.

Aux Etats-Unis, on apprend que peu importe son importance ethnique, si on n’est pas blanc, rien n’est « pire » que d’être noir. Et là encore, on distingue noir afro-américain et non-américain. Dans une université, les professeurs demandent de ne pas utiliser le terme « nègre » dans les commentaires à propos d’un film qui traite de l’esclavage. Comme si, ne pas dire le mot enlevait toute la signification. Tout est une question de contexte et non de syntaxe.

Ce livre permet de conscientiser cela, de se poser les bonnes questions et d’avoir envie d’y être attentif pour ne pas participer à ce jeu « inoffensif ». Pour qui ? Pour moi, pas pour l’autre, encore et toujours victime de cette différence. Moi, quoiqu’il arrive j’aurai toujours les bonnes cartes pour tirer mon épingle du jeu et justifier que je ne suis absolument pas raciste, sans avoir besoin à utiliser l’argument « ma colocataire est noire, je ne peux pas être raciste ».

Alors je dis stop. Je ne sais pas si je fais partie de ces gens qui sans en avoir l’air participe à perpétuer ce racisme perfide. Mais je décide que je ne veux pas. Et, je compte bien y faire attention.

C’est à ça qu’on reconnaît les grands livres. Tout en lisant un roman au bord d’une piscine, l’air de rien, j’ai appris une des plus belles leçons de vie: la tolérance. La vraie, celle inébranlable. Celle que rien ne vient perturber. Celle qui ne voit que l’être humain.

Accro aux séries-télé, moi ?

Il est vrai, je suis plutôt séries-télé que films. Attention, j’aime le cinéma mais, le soir dans mon lit, je préfère regarder un épisode de série qu’un film.

Suite à une vidéo qu’une amie m’a envoyé (http://lesbrutes.telequebec.tv/capsule/28022), j’ai commencé à m’interroger sur la question du principe de la Schtroumpfette dans les séries-télé que je regarde. Malheureusement, beaucoup n’y échappe pas. Heureusement, quelques une oui.

Et c’est de celles-ci dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui. Et aussi, un peu, parce qu’il est vrai qu’en période d’examens, j’en regarde beaucoup. (Ne le dites pas à ma maman).

La première série dont j’ai envie de vous parler est un petit bijou. Woman with Gloria Steinem est une série documentaire qui met en avant le quotidien de femmes face à l’oppression du patriarcat, dans le monde entier. Le pitch : « at the intersection of violence and stability, of oppression and progress, are women ». Pour ceux qui ne la connaissent pas ou peu, Gloria Steinem est une journaliste, féministe et activiste américaine. Elle s’est énormément battue, et continue de le faire, pour le droit des femmes et l’égalité des genres et des sexes. C’est une femme incroyable et tellement inspirante. Avec cette série-documentaire, elle va à la rencontre de différentes populations, cultures et femmes. Mais, à chaque fois, on retrouve la même oppression et la même ignorance du gouvernement et des politiques locales.

Pour le moment, il n’y a que trois épisodes qui sont sortis. Le premier épisode nous emmène en République Démocratique du Congo où le viol et les violences sur les femmes est une normalité et est devenu le quotidien de beaucoup d’entre-elles, peu importe leur âge. La journaliste sur place va, évidemment, à la rencontre de Denis Mukwege. On peut se rendre compte de l’importance de son travail.

Le deuxième épisode nous éclaire sur la situation des femmes membres des FARC en Colombie à l’approche de la fin de la guerre civile. Comment ces femmes sont-elles réintégrées au sein de la société civile colombienne ?

Le dernier épisode en ligne, nous en apprend sur les disparitions et les meurtres que subissent les « First Nations », les indigènes canadiennes. Nombres d’entre-elles subissent l’oppression raciste de la part des canadiens caucasiens. Lorsqu’elles quittent leur ville natale pour Vancouver afin d’avoir un meilleur avenir, elles désenchantent très vite. La prostitution, la drogue et la violence est leurs quotidiens.

3 épisode, 3 pays, 3 situations où les femmes sont victimes de l’oppression et de la violence masculine. 3 fois elles n’ont aucun soutien du gouvernement ou des politiques locales.

Une autre récente découverte et véritable coup de cœur est la série-télé You me her. Elle met en scène un couple marié qui n’arrive pas à concevoir un enfant et qui rentre dans une relation polyamour avec une tierce personne. L’histoire est bien ficelée et intelligemment construite. Elle met en avant la complexité des relations amoureuses et l’importance qu’on accorde aux regards des gens, à la société. Aimer, les frissons que ce sentiment provoque et les barrières qu’il demande de surmonter, fait peur. Tout fait peur quand on aime quelqu’un mais, « don’t do anything because you’re afraid to do something else ».

Ma dernière série fétiche n’a plus besoin d’être présentée puisque cela fait 12 saisons que je suis addict. Oui, vous l’avez deviné, il s’agit de Grey’s anatomy. J’avais envie de vous en parler car, à nouveau, je suis en admiration devant Shonda Rhimes, la créatrice. Cette femme est une badass de féministe et je pèse mes mots. Cela faisait 11 saisons que l’on suivait l’histoire d’amour entre Derek et Meredith et, comme beaucoup, j’avais très peur que la série ne survive pas à la mort de McDreamy.

Même si la dynamique est différente et demande un temps d’adaptation, je me suis réellement rendue compte, pendant cette saison, que la série était féministe. Et c’est ce que j’aime avec Grey’s anatomy. Lors de cette douzième saison, une femme devient chef de chirurgie, une autre lutte pour que son salaire soit équivalent à celui de ses pairs, une maman médecin lutte pour la garde de son enfant et se bat contre les préjugés de l’avocate, une maman dit à sa fille « don’t ever date a man who can’t handle your power », … Alors, bien sûr, Grey’s anatomy reste Grey’s anatomy. Il y a des drames, des histoires d’amour, du sexe et un peu de médecine.

Et vous quelles sont vos séries favorites ?

Célébrons les (droits des) femmes !

Aujourd’hui, le 8 mars, marque l’annuelle journée internationale des droits de la femme. Une journée pour se rappeler qu’il existe encore trop d’inégalités et que la femme est encore bien trop opprimée dans le monde entier. Et oui, ne baisser pas les yeux, chez nous aussi. 

D’ailleurs Le Soir d’aujourd’hui, sans bien se fouler pour nous sortir un vrai dossier sur un bilan de la condition de la femme dans le monde, nous rappelle que l’écart se creuse et se maintient entre les sexes. Ça me désole car chaque année on nous sort les mêmes chiffres sans développer aucune solution. C’est presque comme si chaque année on reculait. A force de répéter les inégalités on s’en contentera non? Du moins, on sera habitué et on se dira qu’on pourrait être une femme en Arabie Saoudite, donc réalisons notre chance.

Et bien, je dis stop. Stop à cette hypocrisie. L’égalité est possible, organisons-là. Ça commence à l’école, l’éducation a besoin d’être repensée. Et puis, il faut que la politique prenne le relais afin que les rôles sociaux de genre puissent être réarticulés. Il est primordial que les rôles sociaux soient redéfinis sans tenir compte du sexe et sans les hiérarchiser. 

Il n’est pas possible qu’en 2016 une femme se voit encore reproché le viol qu’elle a subi, aussi courte était sa jupe. Il n’est pas possible qu’en 2016, il y ait toujours une différence de salaire entre un homme et une femme. Et il n’est certainement pas possible qu’en 2016 la Légion d’honneur soit remise au prince héritier de l’Arabie Saoudite. À quand un peu de justice ?

J’aimerais rappeler le mot droit présent dans le titre de cette journée qui est bien trop souvent oublié. Aujourd’hui, ce n’est pas la journée de la femme mais de ses droits. Cette journée doit permettre de se rappeler des droits que nous avons acquis et de les utiliser pour tenter, un jour de plus, d’atteindre cette égalité. Je refuse de croire qu’elle est utopique.

Alors pour tout cela, je vous remercierais de ne pas m’offrir de fleurs, de ne pas m’accorder des ristournes dans les magasins sous prétexte que je suis une femme, de ne pas redoubler d’attention à mon égard car il s’agit bien de ma journée. Je n’ai pas choisi d’être femme. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis très heureuse de l’être. Mais, je n’ai pas besoin que vous me le rappeliez car il m’est impossible de l’oublier.

Offrez-nous le respect d’être considérées comme votre égal. Ne perdurez pas ses inégalités en m’accordant des promotions au rayon hygiène et parfumerie des grandes surfaces ou à l’achat d’un aspirateur.

Utilisez cette journée pour vous souvenir de toutes les remarques que vous avez un jour dites à une femme simplement parce qu’il était facile de lui faire une remarque. Souvenez de toutes les horreurs dont vous avez étés témoin en tant que femme et dont vous avez appris à vous y accommodez. Vous ressentez ? Le dégoût et la colère ?

Utilisez-là pour qu’il n’y ai plus jamais de journée de la femme ou même de ses droits. Soyons fières d’être femme car nous avons démontrer que nous pouvons nous battre sans faire de guerre. Rappelons aux petites filles de ne pas avoir honte, de s’exprimer, d’oser et de ne pas arrêter de rêver sous prétexte qu’on leur dit, un jour, que cela était réservé aux garçons. 

Merci à Klaire fait Grr pour son poème.