Chère Pandémie

Aujourd’hui après de longs mois de silence, je reprends mon téléphone et son application notes.

Écrire contre l’angoisse, comme pour l’affronter. On dit qu’il faut nommer l’ennemi. Premiere étape aussi difficile que nécessaire vers l’acceptation.

Et si c’était un peu plus complexe que ça ?

Je veux bien nommer. Définir même. 

Mais, cela impliquerait de comprendre ce qui m’angoisse. De connaître la source exacte et les formes qu’elle prend. 

Donc oui, la pandémie m’angoisse. 

J’insiste sur le terme pandémie et non sur le nom de cette maladie.

La Covid a quelque chose de particulier, fait référence au malade. Et j’admets que du haut de mes 30 ans et de mes privilèges, je n’ai pas peur de tomber malade.

Non, c’est la pandémie qui m’angoisse. Son coté mondial, politique et oppressant.

C’est la sensation du masque sur ma peau qui me fait l’effet d’un vieux pull en laine qui gratte. Je ne le supporte plus ce masque car depuis avril je le porte en moyenne 10h par jour.

C’est les métros bondés et les deux personnes quotidiennes qui se croient au-dessus des gens pour ne pas recouvrir leur bouche et leur nez.

C’est la méfiance, les regards en coin, l’envie de changer de trottoir quand il y a trop de monde sur celui-ci.

C’est les sourires qu’on ne voient plus.

C’est la peau de mes mains sèches et leur paume moite.

C’est pratiquer mon métier derrière un masque et derrière un plexiglass. Devoir demander de répéter à coup de « pardon » ou « I’m sorry can you speak a little louder please ? » quand la personne en face de toi t’explique qu’elle a fuit son pays pour que sa fille ne soit pas excisée, qu’elle a fuit les menaces de mort de l’armée officielle après qu’elle ait assassinée son mari, qu’elle souhaitait vivre sa sexualité librement, qu’elle a fuit la faim afin d’échapper à sa propre fin. 

C’est devoir parler trop fort dans un open space, ne plus pouvoir respecter l’intimité et le principe de discrétion lors d’entretiens sociaux.

C’est ne pas pouvoir saisir la main ou l’épaule de cet homme a qui je dis qu’il a reçu un ordre de quitter le territoire.

C’est ne pas pouvoir m’appuyer sur mon collègue quand le poids de la journée devient trop lourd à porter.

C’est avoir l’impression de ne pas toujours bien faire mon métier.

C’est le directeur qui refuse de mettre en place le télétravail car « c’est impossible dans notre secteur » alors qu’il vient au travail dans une voiture de fonction, seul. Et qu’il ne réalise pas que le télétravail n’est pas un échappatoire pour ne plus travailler mais un moyen pour ne pas angoisser tous les matins à l’idée de prendre les transports en commun. C’est un moyen pour pouvoir rattraper le travail administratif en retard et ne plus commencer sa journée en sachant pertinemment qu’on ne cochera pas l’entièreté de sa to do list. Car on en vient jamais à bout et qu’elle ne cesse de s’alimenter. Que l’humain ne s’arrête pas ou plutôt l’inhumanité de nos institutions ne se met pas en pause afin qu’on puisse rattraper le travail en retard. Que les mesures sanitaires n’enlèvent pas de travail, au contraire. On doit être l’intermédiaire des médias. Tenter d’expliquer les règles dans une langue qu’une personne étrangère peut comprendre. C’est appliquer des sanctions en cas de non respect. Nous devons être garant de règles que nous ne supportons plus nous meme. Il faut qu’on s’érige en agent de contrôle des qu’un résident se permet de retirer son masque un court instant. On se doit de rassurer, ne pas céder à la panique. Même si nos amis sont malades, même si on se sent un peu plus seul tous les jours. On ne peut se permettre de partager leurs angoisses. Du moins, il faut les convaincre que tout va bien. Et que surtout nous contrôlons la situation.

Et comme si la crise sanitaire ne se suffisait pas à elle seule, je suis fatiguée.

Car si une pandémie est une maladie contagieuse qui touche la planète entière, je suis fatiguée des pandémies qui tentent à persister malgré les manifestations, les élections. Malgré les cris du peuple, malgré les pédagogies. 

Je suis fatiguée du système dans lequel on vit. 

De ces médias qui préfèrent discuter du port du voile avec Éric Zemmour ou n’importe quel homme blanc de plus de 50 ans et de droite, qu’avec les concernées. 

De ces médias qui s’obstinent à compter le nombre de musulmans qui s’offusquent du meurtre de Samuel Paty sans la moindre honte.

Je suis fatiguée d’entendre l’avis des hommes sur ce qu’une femme peut ou doit être. Je n’en peux plus d’entendre les hommes blâmer la longueur de ma jupe ou même écrire une chronique afin de m’autoriser à m’habiller comme je veux.

Je suis fatiguée des phrases qui commencent par « not all » comme si on ne le savait pas déjà que pas tous les blancs, pas tous les hommes. En quoi ça fait avancer le débat ? 

Et cette fatigue…

C’est savoir qu’un Darmanin ou un Dupont-Moretti a sa place dans un gouvernement qui a fait de l’égalité homme-femme la cause du quinquennat.

C’est la culture du viol qui permet à un président de comparer la France à une bonne fille qui ne se laissera pas violer.

C’est le 17ème féminicide en Belgique en 2020.

C’est Pascal Bruckner qui dit à la télévision que c’est le privilège d’être une femme noire et musulmane qui a permis à Rokhaya Diallo d’user de sa liberté d’expression. 

C’est le projet de loi de dépénalisation de l’IVG en Belgique qui est encore reporté alors qu’en Pologne cet acte est tout simplement jugé inconstitutionnel.

C’est la colère, tous les jours.

C’est le harcèlement que subi Alice Coffin pour avoir écrit ne pas aimer les hommes et celui que subi Angèle pour être la sœur d’un agresseur sexuel. 

C’est la fatigue de lire chaque jour une information sur un crime sexiste, raciste, homophobe, transphobe.

C’est la fatigue à force d’être en colère et de ne plus accepter le monde tel que ceux qui détiennent le pouvoir persistent à vouloir qu’il soit. 

J’angoisse d’allumer la radio le matin.

D’ouvrir Instagram ou Facebook.

J’angoisse d’avoir une migraine.

J’angoisse de pratiquer un métier de première nécessité et de ne pas pouvoir profiter de la sécurité de mon appartement une journée.

J’angoisse de ne plus avoir l’énergie de me faire à manger quand je rentre à 20h.

J’angoisse de lire que les ateliers d’impro sont suspendu jusqu’au minimum 19 novembre alors que j’angoissais d’y aller. 

J’angoisse de ne pouvoir trouver le calme. 

Et ce malgré Virginie Despentes qui prend la parole lors d’un séminaire et qui m’émeut tellement les mots sont justes et honnêtes.

Malgré l’énergie que me donne Lauren Bastide en écrivant « le backlash, c’est nous ».

Malgré les chroniques de Marina Rollman sur France Inter ou la perspective d’aller voir son spectacle en mai 2021.

Malgré « Je marche » de Ben Mazué qui annonce la sortie imminente de son prochain album.

Malgré le plaisir d’être allé une dernière fois au théâtre voir la pièce « Quarantaine » de Vincent Lecuyer qui rend à ton corps ce sentiment de vie, ses émotions et qui te fait rire tant l’honnêteté du texte y est crue et sans artifice.

Malgré la série « Normal People » adaptée du roman éponyme de Sally Rooney.

Et même, malgré le chocolat.

Alors pandémie. Oui, tu me fais peur. 

Journal d’une confinée – Jour 40

26 avril 2020.


Harry Potter de J. K. Rowling. Fleetwood Mac. S’émerveiller des fleurs qui poussent.


Et voilà c’est fini.

Mon confinement tel que je le vis depuis le début prend fin demain.

Cela ne veut pas dire que je vais sortir de chez moi sans masque, aller sonner chez mes voisins, les embrasser goulûment un à un ou encore aller lécher une barre de métro. À vrai, je ne ferais pas ça en temps normal….

Non, à partir de demain je reprend le chemin du travail. Après un an de chômage et 40 jours de confinement, je vais me vêtir de mon plus beau bleu de travail et sortir de mes petits problèmes de privilégiées et d’angoissée de la vie pour aller me rendre utile.

Et ça me met en joie.

J’ai appris que j’avais été engagée le lendemain de mes 30 ans (qui ont eu lieu lundi). C’était comme un cadeau de l’univers.

Je redoutais d’avoir 30 ans. Bien sûr à cause de toutes ces injonctions qu’on met sur le dos des jeunes femmes et des attentes de la société. Avoir 30 ans me mettait face à ces fameuses « check-list vie » où tout ce que je n’avais pas coché (et pour lequel j’ai encore le temps d’avoir envie d’y penser à les réaliser) prenaient plus de place que ce que j’avais accompli. Je n’avais pas prévu d’être au chômage si longtemps. Non, la petite privilégiée que je suis ne pensait pas une seconde qu’une recherche d’emploi serait si compliqué. Qui ne voudrait pas de moi ?

Même si je chéris ces privilèges (surtout maintenant que je les déconstruis) parce qu’ils m’ont permis de grandir en pensant que seulement le ciel est la limite, ils rendent le coup sur la tête très puissant et violent.

Un coup qui fait du bien, certes. Mais un coup quand même.

Alors que voila à 30 ans +1 jour, je reçois ce fameux appel que j’ai failli ignorer car comme tout millennial qui se respecte, j’ai une petite phobie du téléphone. Ce fameux coup de téléphone qui me dit que l’on m’a enfin choisie. « Bravo, tu as passé le cap de fêter tes 30 ans chômeuse et confinée. Pour te féliciter, on a un cadeau pour toi: un boulot. Un que tu voulais, qui plus est. En vrai, on y est pas pour grand chose, c’est plutôt un hasard de calendrier. C’est toi qui t’es donnée la peine d’y arriver. Tu as tenu bon, tu as tenu le choc, et tu ne t’es pas tant plaint que ça, et surtout tu n’as fait que 76 banana bread depuis le début du confinement. »

Surmonter ses peurs, quelle satisfaction !

Alors confinement chéri, on se quitte bons amis car on ne se sépare pas tout de suite. Le temps que tu trouves un appart et une autre planète à aller ennuyer. En attendant, je ne vais pas te faire l’offense de recommencer ma vie sociale, je sais que ça te ferait trop de mal.
Et je respecte ce que nous avons vécu.

Mais, mon petit Coco, ne t’éternise pas. Les ruptures qui durent 100 000 ans, ça ne fait du bien à personne. Je ne voudrais pas te détester et devoir expliquer à mes amis que je ne peux pas les recevoir tout de suite car comme tu vis encore sous mon toit, c’est plus compliqué.

Donc n’aie pas peur de décrocher le téléphone, tu pourrais manquer une bonne opportunité.

Et moi manquer de retrouver ma complète liberté.

Bisou.

Journal d’une confinée – Jour 27

13 avril 2020.


La photo quotidienne en période de confinement sur le compte Instagram d’Audrey Pirault prise par son ami voisin. Les falafels maison. Voir pousser ses plantes.


Il y a des jours où ça va.
Et puis, il y a des jours où tu réalises que dans une semaine tu auras 30 ans.
J’en rigolais jusqu’ici.
Aujourd’hui, très peu.
Je n’aimais déjà pas l’idée de passer ce cap-là.
Mais, en confinement encore moins.

Il y a des jours où au réveil tu enchaînes 30 minutes d’exercices sportifs.
Et des jours où tu craques ton pyjama en faisant un squat.

Il y a des jours où tu prends conscience des bruits qui t’entourent.
Cela te rassure d’entendre cette vie loin de toi, ce rire d’enfant, ce cri d’un passant, ce skateboard et ce tram au loin.
La vie continue, malgré tout.
Et puis, il y a des jours où tu n’entends rien d’autre que le vent.
Celui qui vient du nord-est.
Celui que tu n’aimes pas.
Celui qui fait du bruit.
Celui qui t’angoisse.

Il y a des jours où tout va bien.
Tu n’as, d’ailleurs, pas besoin d’écrire pour calmer tes maux.
Et des jours où c’est le coeur lourd de peine, les yeux au bord des larmes et les mots au bout des doigts que tu écris pour donner un sens à ton angoisse.
Essayer de donner un sens.
Se connecter à son émotion, à sa temporalité.
S’autoriser à relativiser.
Mettre les mots bout à bout, les lier ensemble pour qu’ils n’expriment que les maux d’un instant.
D’une journée.

Car tu le sais.
Demain sera différent.
Les jours s’enchaînent et se ressemblent.
Sauf toi.
Sauf ce que tu ressens.
Demain, voire même dans une heure, tu auras le coeur plus léger.
C’est l’énergie qui reviendra.
Tu positiveras.

Mais, pas maintenant.

Tu as le droit.

Journal d’une confinée – Jour 20

6 avril 2020.


La jolie histoire en confinement de Jeremy Cohen visible sur son compte Instagram. L’application Visualizer de Levis avant de se lancer dans des travaux de peinture.


Dans la vie, il n’y a pas de petites victoires. Et en confinement encore moins.

Alors voilà, aujourd’hui j’ai mis un jeans et un soutien-gorge.

Je prendrai les applaudissements de 20h00 personnellement.

***

Non, bien sûr. Continuons d’applaudir le personnel de première ligne et ceux qui prennent des risques tous les jours afin de leur dire que nous serons dans la rue avec eux après le confinement !

Journal d’une confinée – Jour 14

31 mars 2020.


Les puzzles.


Il fait un peu froid. J’enfile un pull et referme doucement la porte derrière moi. Ce matin j’ai décidé d’aller prendre mon petit déjeuner à La Cuisine, mon café saint-gillois habituel. Ziggy, le tenancier, me fait un signe de tête quand j’arrive. Il me laisse appuyer sur le bouton de la cafetière car il sait que j’aime bien faire ça et m’invite à m’asseoir au soleil. Mais je préfère attendre près de la machine, je lui explique que j’irai m’asseoir quand mon café sera prêt. Comme ça il peut s’occuper des autres clients.

Je dépose quelques pièces, à peine 2 croquettes 50 et vais m’asseoir à la seule table au soleil. Je crois que Ziggy me drague un peu en ce moment. Il ne veut s’occuper que de moi et vient tout le temps me parler. Je suis polie mais j’ai mes limites. Je lui explique que je ne suis pas intéressée et que frotter ma jambe n’est pas un signe d’affection mais que c’est du harcèlement.

Je pense qu’il a compris. Quand j’ai commencé à un peu haussé la voix il s’est enfuit par la Corniche.

Une fois mon café terminé, je rassemble mes affaires, c’est-à-dire mon téléphone et me mets en route pour me rendre à mon cours de néerlandais. Comme il fait beau, je décide d’y aller à pied. J’emprunte les escaliers de la rue de l’Immeuble dans un sens, puis dans l’autre. Au centre de formation de Monsieur Enligne, je m’inscris pour la formule de cours particuliers avec la professeur Madame Virtuel.

Tot ziens, morgen

Le cours se finit un peu brutalement par ce qu’on appelle l’exercice de mise en hors ligne de la session. Je rassemble à nouveau mon téléphone pour aller rejoindre mon amie Visage. Elle n’a plus de corps depuis quelques semaines. Elle se porte bien mais j’espère qu’il reviendra.

À La Cuisine, Ziggy n’avait pas préparé ma commande. Je lui avais pourtant bien expliqué que je passerais vers midi la chercher. Il me raconte que depuis que Covid Corona a racheté l’établissement il a décidé que la particularité du lieu serait que tout est en self service. Je ne prends pas la peine de lui expliquer qu’à mon avis il va faire faillite d’ici les prochains mois. Personne n’a envie d’aller au restaurant pour faire comme à la maison. Il me fait de la peine, il est si content de son nouveau projet. Mais, je sais que d’ici quelques minutes il aura envie d’autres choses. Rien ne dure très longtemps avec lui.

Après avoir pique-niqué au Parc Terrasse de Saint-Gilles, je décide d’aller au cinéma. C’est assez étrange car aucun nouveau film est disponible à l’affiche. Même l’endroit me paraît plus petit que dans mes souvenirs. Mais ça fait longtemps que je ne suis plus venue. Mais bon, quand même, l’écran me parait très petit et il n’y a plus de popcorn à acheter. Je passe autant de temps à choisir le film qu’à le regarder. J’opte pour un film d’époque qui retrace le parcours de 6 amis qui vivent à New-York si j’ai bien compris. Ils traînent dans un café ou dans leur appartement. Enfin, dans celui d’une des filles mais elle n’a pas l’air de trouver cela problématique. Apparement, ils ont un travail mais ils ne font qu’en parler, on ne les voit jamais réellement faire quelque chose. Ça dure 25 minutes, je me sens arnaquée. J’espère qu’il y aura une suite.

Je me promène dans le quartier du Salon avant de rentrer. C’est agréable d’être à l’abri du vent même si toutes les rues se ressemblent un peu. Est-ce que je ne suis pas en train de tourner en rond ?

Avant de rentrer chez moi, je fais un dernier arrêt au Spa. J’en ai clairement besoin. Je leur demande leur habituel soin du cuir chevelu à base de shampooing et un rasage à la vénus. Miroir me dit que j’ai l’air d’une nouvelle personne. Je le quitte en lui promettant de ne plus laisser passer autant de temps avant de revenir.

Une fois chez moi, je me prépare en vitesse: un joli pull et un petit peu de rouge à lèvres. J’hésite entre mes bottines à talons ou ma nouvelle paire de Chaussettes, celle que tout le monde s’arrache ces temps-ci. Je me souviens que sur le chemin pour rejoindre les copains, je devrai passer par internet où il y a plein d’applications possibles et que je risque d’avoir mal au pied avant de pouvoir m’installer à la terrasse de l’Ecran, avec eux. J’opte donc, pour ma nouvelle paire de Chaussettes.

Après plusieurs bisous lancés à la voléé, on rentre chacun chez nous en refermant différentes fenêtres et éteignant divers écran.

Je retrouve enfin le calme de mon appartement après cette longue journée. Mon chat me tire un peu la tête mais change vite d’avis. Je le serre contre moi et lui promets que je resterai à la maison le lendemain.

Journal du Confinement – Jour 6

23 mars 2020.


Autre Espèce de Disiz la Peste (oui encore). Joséphine Baker de Catel et Bocquet (je l’ai bientôt fini). Observer mes voisins.


Matin. Des cookies sains

Écrasez deux ou trois bananes (au plus elles sont mures au meilleur c’est), rajoutez environ 70g de flocons d’avoine, 100g de chocolat noir (au minimum 75% de cacao) et une poignée d’amandes.
Mélangez le tout et répartissez en petites boules sur une grille (avec papier sulfurisé évidemment) et mettez le tout au four (préchauffez-le à 180°) pour 15 minutes, plus ou moins. Surveillez, c’est toujours plus prudent.
Veillez à garder les cookies dans une boîte hermétique pour qu’il ne s’assèche pas. Si, bien entendu, vous ne les mangez pas tous d’un coup.
Si pas d’amande je pense qu’avec des cacahuètes ou des noix de Pecan ça doit être délicieux.

Je tiens à préciser que je n’ai pas inventer la recette, elle existe un peu partout, chacun rajoute sa petite touche.

Matin tardif ou Brunch. Je pense que ça s’appelle un smoothie bawl, mais qu’est-ce que j’en sais ?

Dans un hachoir (je pense que ça s’appelle comme ça), mixez 2 bananes bien mûres et congelées (une heure au congélateur suffit), rajoutez une poignée de fruits rouges surgelés (préférence pour les framboises).
Pour liquéfiez un peu le tout, en fonction de votre faim, vous pouvez ajouter une banane mûre et non congelée ou un peu de lait (d’avoine).
Quand le tout est bien onctueux, versez-le dans un bol.
Et là, éclatez-vous. La version saine serait flocons d’avoine, graines de chia et baie de goji. Mais vous pouvez mettre du granola, du muesli, des cornflakes, ou même étalez la mixture sur une tranche de pain !

Midi. Quiche.

Je ne peux que vous recommander de faire la pâte maison… Maintenant, entre vous et moi, il y en a de très bonnes sur le marché, donc pourquoi s’ennuyer. En même temps, s’il y a bien un moment où on peut se faire chier à faire sa pâte à tarte maison, je pense que c’est en confinement… Et pourtant…
Déballez la pâte et étalez-la sur votre plat à tarte. Je vous conseille, peu importe que vous l’ayez faite ou achetée, de la précuire un peu. Pour cela, mettez du papier sulfurisé sur la pâte et versez des haricots sec. Le poids empêchera la pâte de gonfler. Après, ne jetez pas les haricots, vous pouvez tout à fait les conserver pour une prochaine fois.
Mettez au four à 180°.
Pendant ce temps, coupez une courgette (ou deux petites) en petits dés et mettez-les à cuire dans une poêle avec un peu d’huile d’olive (ou de tournesol si comme moi vous n’en avez plus et que vous vous rendez compte, à chaque fois que vous allez faire des courses, que les gens ont fait des réserves bizarres).
Dans une poêle à part (oui je sais c’est ennuyant ça va faire plein de vaisselle mais croyez-moi c’est mieux), mettez les lardons à cuire (l’équivalent des deux petites barquettes, je prends les « allumettes », j’ai l’impression que c’est moins gras).
N’oubliez pas de vérifier l’état de la tarte, elle ne doit pas être archi-cuite, et munissez-vous d’un grand bol, type saladier. Mélangez la ricotta (un pot suffit) et un œuf. Salez et poivrez. Et mettez-y toutes les épices qui vous font plaisir. Un peu d’ail peut-être.
Quand les lardons sont cuits, versez-les dans votre saladier (je vous conseille de les égoutter le plus possible). Une fois les courgettes cuites, joignez-les au saladier et veillez à mélanger le tout.
Vous pouvez verser le tout sur la pâte à quiche et enfournez à nouveau. La cuisson devrait prendre une bonne demi heure mais surveillez de temps en temps.

Goûter. Boisson chaude réconfortante.

Dans une petite casserole, versez du lait (d’avoine) et chauffez-le.
Plongez-y un sachet de thé de type Chai (pour ma part, j’ai acheté, de la marque Yogi, des sachets de thé Chai au choco), ajoutez deux carrés de chocolat noir et un peu de cannelle (en bonus, si vous aimez ça).
Quand c’est chaud, versez le tout dans une tasse, personnellement je ne retire pas le sachet de thé, et dégustez.
Soufflez un peu quand même, ça m’ennuierait que vous vous cramiez la langue à cause de moi.

Soir. Gratin de pâtes.

Coupez l’entièreté de votre Butternut en morceaux grossiers. Dans un saladier, mélangez ces morceaux à de l’huile d’olive, du gros sel et du poivre. Répartissez ces morceaux sur une grille. Si vous avez, je vous recommande de les mettre sur plaque anti-adhésive, cela permet qu’ils ne s’assèchent pas. Si vous n’en avez pas, pas de soucis, répartissez les morceaux sur la grille avec du papier sulfurisé. Sans, doute que vous aurez besoin de rajouter un peu d’eau plus tard dans la recette. Je vous le dirai.
Pendant que le butternut est au four (180°), coupez les oignons en petits dés (3 petits oignons rouges par exemple) et faites-le revenir à la poêle.
Mettez l’eau des pates à chauffer.
Une fois, les morceaux de butternut cuits (vous pouvez planter une fourchette sans aucun souci), mettez-les dans le hachoir (vous devrez peut-être faire cette étape en plusieurs fois) avec du piment d’Espelette, du paprika (je vous fais confiance pour le dosage) et un peu d’eau si les morceaux de butternut se sont un peu asséchés dans le four. Et mixez le tout pour que cela forme un ensemble homogène, ou arrêtez-vous avant pour former une sorte de compotée, c’est vraiment comme vous préférez. N’éteignez pas votre four.
Vos pâtes devraient être cuites (j’ai choisi des macaroni, mais de nouveau ce n’est absolument pas obligé). Égouttez-les et remettez les dans la casserole. Ajoutez-y le butternut mixé ou haché, les oignons, si vous avez peur, encore un peu de sel ou de poivre, et un peu de (gruyère râpé) fromage.
Versez le tout dans un plat pouvant allez au four, remettez du fromage sur le dessus pour former une croûte (vous savez très bien que c’est la meilleure partie du gratin) et enfournez le tout pour environ 25 minutes.

Pour cette recette, je me suis inspirée de Margot du blog YouMAKEfashion

Bon appétit.

Journal du Confinement – Jour 5

22 mars 2020.


Autre Espèce de Disiz La Peste. Camille et Justine sur Youtube. Avoir des courbatures en période de confinement.


Mon Jour 5 est en passe de devenir mon préféré de tous, du moins il met la barre si haut. Tenez-vous prêt les prochains jours, tenez-vous prêt.

Qui n’accepterait pas quand on vous propose qu’une dame fasse de la communication intuitive, dite télépathique avec votre chat ? Et bien, pour les besoins de l’expérience, j’ai dit oui.

Pour être très honnête, je n’ai pas bien compris de quoi il s’agissait quand on me l’a expliqué au téléphone. J’avais compris le terme communication mais mal entendu le mot qui suivait.

Ni une ni deux, je suis rajoutée à une conversation messenger et j’envoie une photo de mon chat où on voit très clairement les yeux. Je dois expliquer le comportement de Ziggy, comment il est arrivé chez moi, qui il est et raconter son dernier épisode de violence. Celui qui justifie que je me retrouve dans cette conversation.

À ce moment, je comprends que la personne va communiquer avec mon via la télépathie.

À ce moment, il est trop tard pour faire machine arrière. Je respecte trop les personnes présentes dans cette conversation. Évidement, je suis sceptique, curieuse mais sceptique. Nous avons tous des sensibilités et des croyances différentes. Et la télépathie ne fait pas partie des miennes. Sachant cela, mettez-vous dans ma tête de profane et vous verrez le prisme comique de cette situation.

J’ai bien entendu observé mon chat tout du long. Je m’attendais à ce qu’il entre dans une certaine transe. Rien de tout cela. S’il communiquait, ça n’avait pas l’air de le perturber ou de l’empêcher de se lécher le cul.

Au final, j’ai cette impression qu’on m’a donné l’horoscope de mon chat et qu’il suffisait de lire convenablement la description que j’avais fourni pour en déduire ce qu’elle a déduit. Mais, encore une fois, c’est parce que je n’y crois pas.

Ce que j’en retiens c’est que mon chat est mi enfant-roi mi pervers narcissique. Un capricieux en éternelle quête d’attention. C’est parce qu’il m’aime trop. Comme si l’amour excusait la violence. Il a besoin de jouet, ne supporte pas le changement, n’aime pas que je le regarde parfois avec l’air appeurée, après un acte violent par exemple et du coup est pris dans un cercle vicieux pour attirer mon attention. Il m’aime mais, c’est un éternel insatisfait.

Est-il important que je précise qu’avant ce confinement j’étais déjà sans emploi depuis un sacré moment, que ça fait donc un an que je n’ai jamais été aussi présente dans sa vie. Qu’il a tous les jouets de la terre. Que comme une maman fière, je ne peux parfois pas m’empêcher de parler de lui, que mon agenda se construit en fonction de lui, de ses besoins.

Alors Ziggy, si tu me lis, écoute-moi bien mon coco. Je t’adore, je t’aime et je ne souhaite qu’une chose c’est que notre cohabitation reste apaisée. Parce que oui, c’est une cohabitation. Tu n’es ni le roi ni le maitre des lieux. Est-ce que tu payes les factures, rembourse le prêt ou m’achète mon PQ ? Laisse-moi vérifier. Non. En plus tu as plutôt tendance ces temps-ci à me coûter un rein plus qu’autre chose. Alors je propose qu’on s’apaise tout de suite et qu’on se parle d’égale à égal.

Je recherche un travail. Même si la tout de suite c’est un peu mis en pause pour raisons évidente de coronavirus, je recherche un travail. Ce qui veut dire que je ne suis pas vouée à ne former plus qu’un avec mon canapé. Un jour, prochain, ça va se secouer de tous les côtés. J’aurai toujours du temps pour toi mais, moins. C’est peut-être mieux de privilégier la qualité à la quantité, tu ne crois pas?

Je te promets, ça ne changera pas grand chose pour toi. Je ne vais pas te faire le coup de trouver un mec et un boulot en même temps. Même si ça aussi c’est un jour possible que ça arrive. Si tu m’aimes, comme la dame à l’air de me dire que tu lui aurais dit cela, alors tu dois pouvoir souhaiter ces choses-là pour moi. Tu dois souhaiter que je m’épanouisse, comme je le souhaite pour toi.

Tu verras, tu seras toujours heureux, tu n’auras pas moins d’attention, elle sera plus de qualité, c’est tout. Moins à la demande. On s’habituera.

En attendant, on va faire les choses en douceur, on a encore 6 mois de Corona devant nous pour ça.

Je t’aime. Moi aussi

Journal du Confinement – Jour 4

21 mars 2020.


I’m With It de Satin Jackets and Metaxas. (Toujours) Joséphine Baker de Catel et Bocquet. Le work-out sur le compte Instagram d’Aloïse Sauvage. Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie. Et c’est bien assez de Maxime Combes.


Je viens de faire une lessive quasi exclusive de pyjama et sous-vêtements, la poussière et les peluches reviennent plus rapidement quand je ne sors pas de chez moi, et que mon chat perd ses poils.

Il faut mettre de la musique pour combattre le silence, se maquiller un peu pour sortir ça fait plaisir, c’est le moment de mettre le rouge à lèvres que tu n’oses jamais mettre en public, celui que tu mets en te préparant et que tu retires car prise de panique juste avant de sortir de chez toi.

On n’arrête pas de parler de la pénurie de PQ mais, personne ne mentionne celle de litière, j’ai encore de quoi faire tenir mon chat une semaine. Maximum.

D’ailleurs, avoir un chat ne remplace pas la présence humaine, même si c’est sympa, les bruits de vie de mes voisins d’immeuble me renvoie un peu plus à ma solitude, Bruxelles est en éternel dimanche sans voitures avec très peu de vélo. Ce ne serait pas le moment d’essayer de m’y remettre ? Peut-être, c’est sans compter le détail important que je ne possède pas de vélo.

C’est quoi tout ces gens qui se mettent au footing, il n’y en a jamais eu autant. Merde, mon jean me serre un peu, je suis capable d’écouter trop de fois d’affilée la même chanson, j’aime me couvrir et ouvrir grand mes fenêtres, la lumière du matin est celle que je préfère.

Est-ce que quelqu’un nourrit toujours les canards dans le parc ? Et si je lisais tous ces livres de ma bibliothèque que j’ai acheté sans les ouvrir ? Les pâtes avec du sucre est-ce aussi mauvais que ce que ça inspire ?

Il semblerait que les gens soient plus attentifs à ramasser les crottes de leur chien, si je décide de me promener dans le but de passer sous les fenêtres de mes proches il vaut mieux m’assurer qu’ils seront chez eux, prendre le tram c’est une expérience, mon sachet de thé se fout de moi, ou de la situation, il faut appeler ses proches tous les jours, écrire calme mon anxiété, danser c’est la meilleure manière de relâcher la pression, il m’aura fallu 3 jours pour me parler à moi-même, il faut dire à ses ami.e.s quand ça ne va pas, je n’ai pas regardé les infos hier et je pense ne le faire qu’un jour sur deux dorénavant, le vent qui vient du nord-est est celui qui m’empêche de dormir.

J’aurais probablement dû faire l’amour avant ce confinement.

Journal du confinement – Jour 3

20 mars 2020.


Solo de Lous and The Yakuza. Creustel (compte Instagram). WhatsApp Vidéo.


8:59. Réveil. Ce confinement n’aide pas mon anxiété. Cette nuit, tout se mêlait dans ma tête. Les dépenses qui vont forcément augmenter puisque je suis plus souvent chez moi et mon chômage qui va diminuer, dès le mois prochain. Confinement mis à part, je pense que je pourrais le gérer. Car je pourrais mettre les bouchées doubles et diminuer mes attentes. Trouver un travail qui correspond à mon premier diplôme et non mon master et revoir mes attentes de salaires. Mais, en ce moment, avec la recherche d’emploi qui subit elle aussi les conséquences du Covid19, je suis inquiète. Comment ça ira quand tout cela sera fini? Est-ce qu’ils engageront encore ? Je suis déjà tellement démotivée de me dire que j’ai passé le cap d’un an de chômage. Ce n’était pas sur ma check-list Vie.

9:26. Je prends mon carnet et note ce que je dois faire aujourd’hui. Il est impératif que j’aille faire des courses. À défaut d’être joyeuse, j’ai envie d’avoir un frigo qui envoie un message positif. Et que la boîte d’œufs cessent de se battre en duel avec une bouteille de Pineau des Charentes probablement périmée.

Je vais aller marcher aussi.

11:37. Alors que je suis en rue pour aller faire une promenade, je suis prise d’une envie de pleurer. (Attention spoiler: cette envie couvrira 87% de ma journée). La rumeur courre que bientôt les seules déplacements qui seront autorisés sont pour le travail et les courses de premières nécessités. Plus question d’aller faire des promenade avec un ami à 1,5m de distance. Moi qui ait toujours été une casanière, je vis cette solitude forcée (même si je comprends la raison) comme un isolement. Ce n’est que le 3ème jour et je suis déjà à bout.

11:46. Peut-être qu’il est normal de passer par cette phase d’angoisse et de dépression ? Peut-être qu’il s’agit seulement d’un signe que notre corps est en train de s’adapter à une nouvelle normalité ?

12:31. Quelle idée à la con j’ai eu la semaine dernière de ne pas appeler la société en charge de l’ascenseur de mon immeuble pour venir le réparer avant le confinement. « Ça te fera un peu de sport forcé et éventuellement un beau cul ». Super, je suis ravie. Ça va me servir à quelque chose d’avoir un cul en béton si c’est pour qu’il soit confiné h24 dans un pyjama. Même pas sexy le pyjama.

14:00. Depuis hier et la lecture d’un article de Brain Magazine sur la critique des auteurs bourgeois qui écrivent leur journal de confinement je me sens un peu honteuse. Sans me prétendre écrivaine, je suis bourgeoise. Et j’en ai conscience. Seulement, je ne réalise pas toujours mes privilièges instantanément, il me faut prendre un peu de recul. Je suis en déconstruction. Le mot confinement est à prendre comme si c’était le nom de la période que nous vivons. Je suis consciente de l’endroit où je vis.parfois, j’ai besoin qu’on me le rappelle. Parfois, il suffit qu’une amie me dise que j’ai de la chance d’être en sécurité en comparaison à toutes ces personnes qui sont en premières lignes tous les jours. Et elle a raison. Prendre conscience de ses privilèges ne doit pas me faire culpabiliser de ne pas me sentir bien aujourd’hui mais peut mettre mon anxiété en perspective. Me faire prendre un peu de hauteur et de recul sur cette situation. Sur ma situation. Certes, je me sens un peu seule et je m’inquiète de l’état de mes finances, ce qui est légitime. Mais, je suis en sécurité.

15:37. WhatsApp vidéo avec ma sœur et mes nièces. Leurs voix, leurs sourires. Le bruit, les cris. Tout le monde qui parle en même temps. Ines qui crie « caca » et Julia qui veut laver des petits pots. Retrouver le chaos réconfortant d’une maison remplie de vie. Me dire que ma sœur est forte de pouvoir télétravailler dans ces conditions. Roberto qui prend en charge les repas. Je raccroche alors qu’ils vont faire du popcorn pour le goûter. Je raccroche et j’ai 6 ans, je suis dans l’appartement de mes grands-parents. avec ma sœur, mon frère et mon cousin. On fait du popcorn dans sa super machine. Dans un grand bol avec un peu d’huile d’olive et du sel, nos doigts plongent avec délectation. On est tous les 4 coincés dans le canapé et on regarde Cartoon Network.

17:14. J’ai mal à la tête. Je suis habitée d’une flemme inouïe. Je prends un livre pour le reposer, je commence une série que j’arrête après 10 minutes. J’ai envie de faire quelque chose mais finit par abandonner.

19:53. Je sors ma pâte à quiche du four et je me rends compte que j’ai oublié de mettre du papier de cuisson entre la pâte et les haricots secs. Et ils se sont tous incrusté dans cette dernière. Je suis bonne pour les retirer un à un à l’aide d’une cuillère. Il y a des jours où il ne faudrait pas essayer.

22:26. Je décide de me plier à la règle « demain est un autre jour » et je souhaite qu’il démarre bien. Me voilà, à ranger mon salon, faire la vaisselle, préparer le café pour que je n’ai plus qu’à appuyer sur le bouton, j’éponge, je range, je me douche et je me lave les cheveux.

Journal du confinement – Jour 2

19 mars 2020


Je disparais dans tes bras de Christine and the Queens. (Toujours) Joséphine Baker de Catel et Bocquet. Request in Peace Podcast. Les cookies banane-chocolat.


8:45. Je me réveille doucement. J’ai bien dormi. J’ai même rêvé, ce que je ne fais pas souvent, voire jamais. Je perds un peu les images de mon rêve mais, je sais qu’il impliquait mon salon, mon tapis et mon canapé. Génial, l’évasion les gars. Je suis en confinement chez moi, après un an de chômage, mon canapé je le connais par cœur. Et comme je ne rêve jamais, c’était l’occasion pour vous de briller, de me convaincre que rêver c’est incroyable, c’ est voyager, vivre des trucs de fous. Car si même mon inconscient n’y met pas du sien, ça va être long ce confinement.

10:07. Je suis au téléphone avec mes grands-mères et je prends conscience que je les ai plus eu au téléphone ces derniers jours que ce dernier mois.

11:25. Je décide de remédier à mon anxiété ambiante et mes pensées sombres en posant une action. Le Samu social recherche des travailleurs sociaux pour une période de deux mois, pour les aider pendant cette crise sanitaire. Me rendre utile, travailler, tenter de trouver une solution pour tous ces sans-abris et ces personnes fragilisées dans Bruxelles me semble important. Pour donner du sens à ce qu’on vit. À ce que je vis. Alors que je suis bien installée sur ma terrasse, que ma vue est magnifique bien qu’un peu couverte, je réalise mes privilèges. Et ô combien, on n’est pas tous égaux face à une crise.

14:21. Je reçois un message de ma maman me proposant de me lancer dans l’écriture d’un journal du confinement. Elle tombait à pic car, j’avais justement commencé 5 minutes plus tôt d’en écrire un. c’est l’évidence, une fois de plus et au cas où j’en avais besoin d’une, que je dois toujours écouter ma maman.

17:56. Je décide de cuisiner. Enfin, je fais des cookies pour mes matins. Trempés dans le café c’est délicieux. Je me rends compte que mon habitude de faire les courses au jour le jour en période de confinement n’est pas la plus idéale. Je n’ai rien qui va avec rien dans mon frigo. J’ouvre une bouteille de cidre (je n’ai plus de vin non plus), fais rôtir la fin de mon butternut et fais chauffer du riz.

20:01. Toujours les frissons. Il y a plus de monde qu’hier. C’est beau.

21:10. Après un échec flagrant de Loup-garou virtuel, on tente une e-conversation vidéo avec les copains.

23:28. J’entends le tram maintenant.

Journal du confinement – Jour 1

Mercredi 18 mars 2020.


How Will I Know de Whitney Houston. On My Block de Lauren Iungerich, Eddie Gonzalez et Jeremy Haft. Joséphine Baker de Catel et Bocquet. Le Book Club Podcast de Louie Media.


8:00. Réveil en grande forme et de bonne humeur. Je suis moi-même surprise car je n’ai pas passé une nuit sereine. Et oui, l’annonce du confinement de la veille a quelque peu fait ressortir mon anxiété. En général, je suis heureuse de vivre seule. Vraiment. Mais bon, il est certain que la perspective d’être SEULE pour les prochaines semaines m’a fait ressentir mon choix comme une légère contrainte.

Challenge accepted.

9:10. Pendant mon ouverture matinale et quotidienne, un café à la main, Ziggy dans le creux de mon bras, d’instagram, je tombe sur le live enregistré la veille de Ben Platt, un acteur américain. Avec ses amis de confinement, il a enregistré une dance party. Sans plus grande introspection et réflexion, je retire mon pyjama et enfile des vêtements permettant une activité sportive. Je n’ai pas de tenue de sport à proprement parler. Le manque d’activité diront les mauvaises langues.

9:18. Je danse dans mon salon. Heureusement, l’appartement en face est inoccupé (cela veut-il dire qu’aussi longtemps que durera ce confinement, je ne peux pas espérer que quelqu’un lave ces foutus vitres qui commencent à me donner envie de leur faire une Monica ? Si tu as la ref tant mieux). Au plus je m’abandonne à mes mouvements, au plus je prends conscience du peu de chose que je suis. Et pour la première fois, cette pensée me rassure. Je n’ai pas de responsabilité, pas de travail, un chat à nourrir et des factures à payer, certes, mais je n’ai rien à faire d’autre que de rester chez moi. Et mon appartement je l’ai construit comme mon havre de paix, mon bunker. C’est ma chambre à moi. J’augmente le volume et je me connecte. Je m’éveille. Je prends possession de chaque recoin de mon appartement avec mes mouvements. A part Ziggy, personne ne me juge. Pas même moi.

Fini la rigolade. J’ai intérêt à ne pas trainer car le confinement commence à midi.

10:45. Je suis étonnée du monde en rue. Clairement, tout le monde est habité de la même urgence. À la poste, j’assiste à une scène que je n’aurais jamais pensé voir de ma vie. On fait la file sur le trottoir, 1,50m de distance entre nous pour rentrer 5 par 5 dans le bureau de poste. La voix de Macron en tête qui répète « On est en guerre », j’attends patiemment mon tour. On se sourit. Je retiens mon envie de tousser.

11:52. Je suis de retour chez-moi avec mon colis et une pizza surgelée. Y avait une file au Carrefour express, j’avais faim, j’ai opté pour le paki. C’était con. Je suis une faible personne.

13:10. Je sors mon transat dehors pour prendre le soleil. Je lis. J’écris, je brode sur un t-shirt. Je brode une phrase qui appelle à se mettre debout tout en restant affalée dans mon canapé (le temps s’était un peu rafraichit).

20:00. Il y a du bruit dans la rue. Tout le monde est à sa fenêtre pour applaudir toutes les personnes qui malgré les mesures de sécurité continuent de travailler: le personnel soignant, les pharmaciens, les travailleurs sociaux, les employés de grandes surfaces, les conducteurs de train et de transports en commun, les professeurs, les ouvriers, les agents d’entretien, les personnes qui ne peuvent pas télétravailler et qui tous les jours s’exposent au virus.

20:02. Je chiale. C’est beau ce monde qui applaudit.

Virginie Despentes, mon héroïne.

Après deux ans

Hier soir j’ai eu peur.

 

Pas parce que j’avais entendu un bruit ou vu un film stressant.

Ce n’était pas non plus car j’étais seule chez moi et que j’entendais fort le vent.

Ce n’était ni irrationnel, ni lié à l’instant.

J’étais paniquée, paralysée et je pleurais sans larmes.

Mes yeux fixaient la porte entrouverte de ma chambre.

Je ne comprenais pas.

 

Mon appartement c’est mon hâvre de paix. Un lieu à moi.

Ma chambre à moi. Et à mon chat aussi.

Ici je me sens bien, je suis libre.

Depuis que je suis à la recherche d’un emploi, j’ai eu le temps de l’apprivoiser.

Je connais ses moindres recoins et tous ses secrets.

Ses bruits sont familiers et ses défauts acceptés.

C’est l’extension de moi-même. Un lieu à moi.

 

Cependant, hier soir, je n’étais plus chez moi.

Je n’ai pas tout de suite compris. Pourtant, je le savais.

Quelqu’un allait s’introduire dans mon appartement.

Paralysée dans le silence de ma chambre, j’en étais persuadée.

Ce n’était pas irrationnel.

C’était une certitude.

 

Et c’est au bruit de ma respiration que j’ai compris.

Cette peur c’est la mienne.

Et elle porte un nom.

Trouble de stress post-traumatique.

 

Le 21 janvier dernier cela faisait deux ans qu’un dimanche matin je me suis réveillée car je sentais que quelqu’un s’allongeait dans mon lit.

C’était mon voisin.

Un matin, bourré, drogué (probablement), il a décidé de me faire la peur de ma vie.

De me voler ma sécurité.

Ma tranquilité.

J’ai changé d’appartement.

Je n’ai plus recroisé cet individu.

Je qualifiais cette mésaventure d’incident.

Je la réduisais à l’anecdote.

J’en riais. Presque.

 

Sauf que hier soir, j’ai vérifié 6 fois que j’avais fermé ma porte à clé.

Je n’ai pas mis mon téléphone en mode avion.

J’ai fait des exercices de respiration car je me sentais stressée.

J’ai lu, posé mon livre après avoir lu la même phrase une dizaine de fois.

J’ai regardé Friends.

Pris mon chat dans les bras.

Mais ma respiration ne se calmait pas.

J’avais beau avoir trouvé le sommeil c’est comme si on ne savait plus communiquer.

Mes yeux sur la porte.

Mes oreilles qui déchiffrent le silence.

Les bruits de la rue au loin. En fond sonore.

Le vent. Mon frigo.

 

Mais personne qui ne rentre dans mon appartement.

L’entretien d’embauche

Pour ceux d’entre-vous qui êtes passés par là, vous le savez ce n’est pas chose aisée de passer un entretien d’embauche.

Déjà parce que se vendre c’est chaud, ensuite parce que se vendre devant 2 ou 3 personnes (le minimum) c’est hyper compliqué. Et intimidant.

En ce moment, c’est ma routine de me preparer et d’aller à des entretiens d’embauche. J’ai toujours envie d’être ultra bien sapée et bien aprêtée. S’ils m’engagent, ils risquent d’être ultra déçus car ma base vestimentaire se compose d’un jean, tee-shirt basique et d’un pull coloré. Au pied, j’ai souvent une paire de basket ou des Doc quand j’ai envie. Mon maquillage ? Les sourcils frère, et souvent c’est tout.

Mais pour un entretien d’embauche, je fais un effort. Car comme toute femme qui se respecte (et qui vit dans une société dominée par l’image) j’ai le plus confiance en moi quand je fais un effort vestimentaire, que je suis maquillée mais comme si c’était naturel et que je porte une culotte et un soutien assorti.

Je me dis que si les (futurs) employeurs savaient le mal qu’on se donne, peut-être qu’ils feraient eux aussi un effort léger de sourire de temps en temps, de te mettre à l’aise et en confiance. Ou alors, juste de ne pas te donner l’air de retenir un pet durant toute l’interview tellement tu es gênée.

Car on a beau avoir mis toutes les chances de son côté, porté un ensemble de sous-vêtements assortis (évidemment ils ne le savent pas et ne leur dites pas, c’est mieux) et préparer nos éventuelles réponses devant le miroir plusieurs fois le matin même, on ne maitrise pas entièrement le déroulement d’un entretien. On ne maitrise pas forcément toutes les questions qu’ils vont poser. Même après plusieurs entretiens dans des domaines et organisations différents, ils arrivent toujours à te poser LA question. Celle que tu n’avais pas vue venir, même pas envisagée. Et je ne parle pas d’éventuelles questions mysogynes, car étant une femme, à ça je suis préparée. Non, je parle de LA question qui vient après une série qui n’avait que pour unique vocation : te déstabiliser. Cette question souvent elle implique que tu aies déjà travaillé pour eux et que tu aies un recul sur la fonction au point de pouvoir en faire une analyse la plus objective possible. En gros, à cette question il n’y a pas de bonne réponse. Du moins, tu ne peux pas la connaître. Du coup, t’y vas au culot, tu tentes un truc, tu imagines. C’est risqué, tu pries l’univers que ton déo bio tienne le coup car tu n’as pas le choix, tu dois répondre à la question. Si tu es devant des gens bienveillants (ce qui est rare s’ils t’ont posés cette question mais souvent, dans le groupe à qui tu t’adresses, c’est à ce moment que l’un d’entre eux a un peu pitié pour toi) une discussion va naître car ils ne te laisseront pas seule dans ta réponse. Par contre, si tu es devant des gens qui ont très peu de considération pour l’humain, même s’ils travaillent dans le social (surtout s’ils travaillent dans le social), ils vont te laisser seule, te regarder intensément en te disant que tu as le temps de réfléchir, tu peux même écrire si ça t’aide à formuler ta réponse. Tout en commençant un air nerveux avec le bouton pour ouvrir et fermer leur bic. Tu as le temps, bien sûr.

C’est à ce moment que tu comprends que certains voient en l’entretien d’embauche l’occasion de flatter leur égo. Pourquoi veux-tu travailler pour nous ? Qu’est-ce qui fait que notre organisation te plaît plus qu’une autre ? Que penses-tu de notre travail ? De notre manière de le faire ? Que penses-tu de nous ? De moi ? Est-ce que tu m’aimes ?

Biensur qu’une série des questions évoquées plus haut sont logiques mais, c’est l’attente de la réponse qui ne l’est pas. Il y a une réponse idéale qu’on ne sait pas et qui ne peut pas être sue à moins d’avoir travailler pour eux ou alors d’être ultra faux-cul. Car ce qu’ils oublient souvent, c’est que quant on est en recherche d’emploi, on postule à plusieurs choses, que ça arrive que notre seule motivation soit de trouver une activité. Mais on ne peut pas leur dire que leur offre d’emploi représente l’opportunité de troquer son pyjama pour son jean qui nous manque et de sortir de chez soi quelques heures par jour afin de ne pas complêtement basculer dans une relation dépendante affective avec son chat.

Non, ils ne savent pas non plus (ne veulent pas savoir) qu’on a plusieurs entretiens sur le feu, qu’on est en attente de réponses de la part de différentes organisations. Que ce qui nous ferait choisir l’une ou l’autre c’est probablement le salaire et le fait qu’ils veulent de nous. Non, ça ils ne veulent pas le savoir. Alors on danse ensemble ce rock infernal dont personne ne connaît les pas mais tout le monde fait semblant. Il faut donner l’impression de maîtriser. Même si tu doutes. Même si ça commence à faire mal cet enchaînement d’entretiens qui ne mènent nulle part. Même si tu t’interroges, du coup, sur ce que tu vaux, ce que tu as offrir, si tu as choisi le bon métier, s’il y a quelque chose que tu fais mal. Même si toute cette danse infernale ne te donne que courbatures a force de ne pas savoir, d’avoir le sentiment de faire genre tout le temps.

Le plus dure c’est que tu ne sais pas quand ça va s’arrêter. Alors tu continues, en donnant davantage le sentiment d’y croire alors que le cœur n’y est plus.

Livreur Deliveroo c’est une bonne situation ?

Merde… j’aime pas le vélo

Octobre rose

À vous,

En paires,

Ou seul, tel un survivant

À ceux choyés, dorlotés,

Embrigadés dans des corsets trop serrés,

À ceux qui sont mis en avant,

Ou un peu cachés,

À ceux qui viennent de pousser et qui font un mal de chien,

Ou qui commencent à tomber sous le poids des années, des allaitements ou autres « camions pouet-pouet »,

À ceux qui n’ont jamais vraiment pointés vers le haut,

À ceux qui ne se ressemblent pas, ne se regardent pas ou qui ne vont pas dans la même direction,

À ceux qui font mal quand on se retourne la nuit,

Ou quand on courre pour attraper un bus,

À ceux qui n’ont jamais eu besoin de soutien-gorge ou qui les ont usés,

À ceux qui sont à l’origine de multiples maux de dos et qui ne rentrent pas dans un bikini triangle,

Ou à cause de qui tu ne peux pas porter une chemise ceintrée,

À ceux qui t’ont fait mettre de la ouate avant d’acheter des soutiens rembourrées,

À ceux qui t’ont valu d’être comparé à une planche à repasser

Et à cause de qui tu déplores ton décolleté,

À ceux qui sont les stars quand tu es au-dessus,

À ceux qui ont froid, qui ne sont pas à la place de tes yeux

À ceux dont tu as honte, que tu ne souhaitais pas,

À ceux que tu as rêvés et jamais eus

À ceux qui sont beaux, ronds, poilus, pointus, assymétriques,

À ceux qui sont libres ou opprimés,

À ceux qui sont balancés, palpés, trop regardés, têtés, carressés,

À ceux qui défendent une cause,

À ceux qui ont mal en eux,

Qui ont perdu leur compagnon,

Ou qui ont été reconstruit,

À ceux qui ont survécus,

Ou qui sont toujours au combat,

Merci d’être de petits ou gros compagnons du quotidien.

Prenez soins d’eux,

Dépistez-vous.

Cartes sur table, par Charlotte Abramow

De l’importance de s’aimer

Je succombe à cette mode-de-blogueuse-qui-s’y-croit pour vous livrer un billet d’humeur.

C’est habitée par cette énergie qui ne me quitte pas depuis hier soir – alors que j’ai facile 4-5h de sommeil dans les pattes – que j’ai envie de vous parler d’amitié.

Il est difficile de s’entourer de bonnes personnes, bienveillantes, encourageantes, aimantes, compréhensives et enthousiastes. Particulièrement, entre femmes. Je n’ai pas envie de faire une analyse politico-sociéto-militanto-féministe des raisons qui justifient ce triste constat car, je devrais faire davantage de recherches sur le sujet et je perdrais l’authenticité de vous faire un billet d’humeur, sur le moment, dans l’instant.

J’avais envie de vous parler d’amitié entre femmes.

Hier soir, autour de trop de bières et trop de cigarettes, avec mes amies nous n’avons pas refait le monde. Nous avons pris le temps de parler de nous, de chacune d’entre nous et de nos amies absentes. Sans jugement, ni critique. Seulement dans l’intérêt de l’autre, pour l’autre. Nous nous sommes complimentées, remises en questions, posées des questions, nous avons écouté, parlé. Vraiment parlé. Nous nous sommes dit les choses. Sans artifices, dans la brutalité de l’émotion et la douceur de la bienveillance. En partant du principe que nous avons chacune nos vies et que, toutes, nous suivons un chemin, certes différent mais, un chemin tout de même. Ce qui est important pour l’une mérite encouragements ou félicitations. On s’apporte toutes quelque chose, une écoute ou une perspective différente, la possibilité de voir les choses différemment. Sans obligations de suivre le conseil donné. On prend conscience que la vie de chacune ne nous appartient pas. C’est simplement un cadeau d’être invitée à en faire partie. Et, il faut le préserver.

On a trop souvent tendance à croire qu’on a le droit de donner son opinion. Et même si, souvent c’est vrai. On oublie qu’elle n’intéresse pas forcément la personne en face de soi. Partager son opinion, c’est attendre qu’on nous la demande. Et, là encore, il faut faire attention. Dans l’éventualité d’être présent tout simplement pour ses amies, il faut se rappeler que notre opinion n’est pas une injonction. Il n’y a rien qui fait plus mal qu’une amie qui te dit « tu vois, je te l’avais dit », ça n’aide personne.

On ne dit pas assez aux gens qu’on aime qu’on les aime, qu’on est fier d’eux, de ce qu’ils sont, de ce qu’ils font. On ne se félicite plus et ne s’encourage pas assez. Enfermés dans nos mondes individualistes, on ne se rend plus compte de l’importance de chacun.

Entre femmes, il est primordiale qu’on n’arrête de se basher. Surtout entre copines. Il n’y a pas de compétitions et nos différences de vies et de trajectoires font notre richesse. Le bonheur de l’une est le bonheur de l’autre. Le bonheur de se voir heureuse. De savoir l’autre heureuse. Et se réjouir ne veut pas dire qu’on souhaite la même chose, ni qu’on soit jalouse.

C’était si bénéfique de se parler sans tabous, dans le respect, l’amour, la compassion, l’empathie et la bienveillance. Le tout saupoudré d’humour et de légèreté.

Je sais que cette conversation, un peu insolite, représente complétement l’état d’esprit dans lequel je suis vis-à-vis de mes amies. C’est ce que je recherche. Ce dont j’ai besoin.

Sans tomber dans le discours Girl Power, les amies ça rend forte. Sans avoir refait le monde à coup de gorgées de bières et de lattes de cigarette, je le vois sous un autre angle aujourd’hui. Vous me direz que c’est probablement les effluves de l’alcool qui parle, et vous auriez peut-être raison, mais je me sens euphorique. Oui.

C’est pleine d’énergie, et d’amour aussi, que je suis rentrée chez moi. Malgré la petite nuit qui a suivie et le réveil qui piquait ce matin, je suis heureuse.

J’avais envie de vous dire merci (je sais qu’elles me lisent) et de transmettre ma bonne humeur.

Après tout, c’est ça un billet d’humeur, non ?!

Quand il n’y a pas de mots, il reste le silence

Posé sur le présentoir, je ne me souviens pas pourquoi je l’ai choisi.

Est-ce l’œil de la couverture qui m’a intriguée ?

Ou le résumé au dos ?

Mathieu Menegaux, jamais entendu parler. Normal, c’est son premier roman.

Mais, Mathieu Menegaux, de toi je me souviendrai.

« Je me suis tue » c’est l’histoire d’un cri. Comme une angoisse. Long et aigu.

Un cri d’une personne en souffrance.

« Je me suis tue » c’est la gifle.

Celle que tu vois arriver mais que tu ne peux éviter.

Claire, c’est toi, c’est moi. C’est une femme qui vit sa vie banale entre son travail, son mari et ses blessures.

C’est une femme partagée entre la certitude d’être là où elle devrait être et la déception de ne plus se surprendre.

Entre non-dits et rancœurs, elle décide de rentrer seule.

Confiante, Claire c’est le genre de femme qui a conquis la ville. Elle n’en a plus peur, quel que soit son état. C’est la femme de 2017, sûre d’elle car la vie lui sourit. La rue, elle la maîtrise. Jusqu’au tunnel.

La rue, elle la maîtrisait.

De femme battante, elle devient victime. Pour terminer criminelle.

Mathieu Menegaux est Claire et on oublie qu’il est un homme. Il respecte son héroïne, ses émotions, son ressenti, ses actes.

« Je me suis tue » m’a laissée sans voix. Oui, je me permets le mauvais jeu de mots.

Je l’ai achevé ce matin en arrivant au boulot à 7h32. À 7h40, je lisais mes mails.

8 minutes.

Il m’a fallu 8 minutes d’agonie pour sortir de mon émotion.

8 minutes pour me rappeler que je suis Annick, également une femme de 2017.

La rue, je pense la maîtriser aussi. Quel que soit son état.

Ce qui est arrivé à Claire ne m’arrivera pas. Il faut s’en convaincre, ne pas douter.

Son récit n’est pas le mien. Avant de me rappeler qu’ à quelques nuances près, il est celui de tant d’autres.

Alors,

Je me suis tue et mise au boulot.

image1.jpg
Je me suis tue de Mathieu MENEGAUX aux éditions Points, 2017

Quand les séries ont du pouvoir

Aujourd’hui, je vous retrouve pour parler de deux séries qui sont en train de bousculer mon existence.

Je pense vous l’avoir déjà dit, je consomme les séries télévisées américaines comme un politicien consomme le mensonge. La difficulté, d’ailleurs, c’est que j’aime tous les styles, même si celles qui me parlent le plus sont les dramatiques. Et ces deux-ci ne font pas exception :

La première est Big Little Lies de David E. Kelley (Ally McBeal) avec Reese Witherspoon (Walk The Line, Wild), Nicole Kidman (Eyes Wide Shut, The Hours) et Shailene Woodley (The Descendants, The Fault In Our Stars).

323102

Un drame survient dans la petite ville de Monterey, en Californie. Un accident? Un meurtre ? On ne sait pas bien. Grâce au principe du flashback, on va revenir sur les semaines précédant l’événement afin de comprendre ce qu’il s’est passé. On se concentre sur Jane, Madeline et Céleste. Toutes les trois sont mères de famille et se sont liées d’amitié car leurs enfants sont dans la même classe. Sans savoir ce qu’il s’est vraiment passé (et on ne l’apprend qu’au dernier épisode, le 7ème), on comprend que la violence a une place particulière. Le harcèlement à l’école, la violence conjugale, les mensonges et les secrets, ou encore la transmission génétique de comportements violents sont autant de thèmes abordés. La sincérité de la réalisation et du jeu d’acteur fait froid dans le dos tant la vérité nous touche. C’est bouleversant tellement le ton est juste et les sujets d’actualité. On se questionne sur le rôle de la femme et la place qui lui reste quand elle devient mère. Au fil des épisode, on s’interroge sur les rôles sociaux de sexe, la violence envers les femmes, la culture du viol et la banalisation de la violence.

Bref, j’ai adoré cette série. Elle ne comprend que 7 épisodes et on ne peut qu’avoir un goût de trop peu. Je les regardais tous les lundis, après leur sortie et j’ai très envie, dès que j’aurai le temps, de me les enchaîner les uns à la suite des autres.

La deuxième série dont j’ai envie de vous parler est 13 Reasons Why de Brian Yorkey avec Dylan Minnette et Katherine Langford, deux jeunes acteurs que je ne connaissais pas.

index

Hannah Baker s’est suicidée. Elle laisse derrière elle, 13 enregistrements qui sont d’autant de raisons de justifier son geste. Clay Jensen est la 11ème personne à recevoir les cassettes audio car Hannah a donné les règles du jeu. Il faut écouter les enregistrements dans l’ordre chronologique et ensuite, donner la boîte à la personne suivante. Sinon, une personne de confiance a un double de chaque et les transmettra à qui de droit.

Au fil des 13 épisodes, on se plonge dans le quotidien d’Hannah. A mesure que Clay comprend l’enchaînement des événements qui a poussé Hannah a aller si loin, on se rend compte les dégâts que cause le harcèlement. Depuis un an, elle était considérée comme la pute du lycée, le faire-valoir des autres élèves et concentration de violences quotidiennes. Clay écoute les enregistrements impuissant et révolté. Il n’a rien fait, personne n’a rien fait.

J’ai aimé cette série que j’ai, d’ailleurs, binge-watché. Elle met en scène les méandres du harcèlement et ses conséquences. La violence quotidienne que ça représente pour la victime et comme il est difficile de demander de l’aide, ou qu’il est souvent trop tard. Le fait que ça se passe dans un lycée n’est pas anodin et rend le sujet encore plus actuel et puissant. L’école et les adultes ne sont pas à l’écoute et, parfois, sans s’en rendre compte, participent à cette violence ou font l’autruche et n’y mettent pas fin.

L’école permet de montrer à quel point un lieu peut renfermer les personnes dans leur solitude et renforcer l’isolement. Si les adultes et l’institution ne créent pas un environnement sain et n’interdisent pas un comportement malsain, celui-ci n’a plus de limites. D’ailleurs, celui sera renforcé et participera à une culture de la violence et du viol.

Alors je sais, vous allez me dire que ces deux séries n’abordent pas des sujets rigolos. Et vous n’avez pas tort. Mais, elles sont tellement bien réalisées, filmées, jouées et montées qu’il est difficile de ne pas devenir accros. Les sujets, c’est vrai, ne sont pas drôles ni enjoués. Non, ils sont utiles. Ils font du bien car ils sont abordés avec intelligence. On est émus, bouleversés, on a envie de se remettre en question et d’analyser nos propres comportements.

Car, sans réellement avoir un comportement violent, je pense qu’on participe tous à une forme de violence ordinaire et majoritairement à l’encontre des femmes. Il est tellement banal de juger une personne sur sa manière de s’habiller, de parler, de manger, de vivre, de faire l’amour et d’être dans ses relations. Au nom d’une morale perfide, on se permet d’objectifier autrui. Alors je dis stop.

Depuis quelque temps, j’ai entreprit de me remettre en question et d’analyser mon propre comportement à cet égard-là. J’essaye vraiment d’arrêter le jugement facile et les réflexions du style « T’as vu comment elle est habillée », « Elle a les yeux qui crient braguette », « Elle est frustrée et mal-baisée », et j’en passe. Je me rends compte, alors que j’ai horreur de ça et que ça me dégoûte, je le fais.

L’évolution de la société passe par la remise en question de nos comportements. Il est primordial de s’auto-analyser afin de ne plus reproduire le schéma et les carcans dans lesquels on est bien trop souvent enfermés. Il faut dire non au sexisme ordinaire et au slutshaming qui pérennisent une culture du viol. Comme l’a dit Navie dans la dernière Emifion, podcast qui déconstruit le sexe sur le site MadmoiZelle, « L’habit ne fait pas le moine de la même manière que la jupe ne fait pas la salope ! ».

En tout cas moi, j’ai décidé de changer. Et vous ?

Pour mieux comprendre le slutshaming:

Trois petites minutes pour bien démarrer la journée

Aujourd’hui, j’avais envie de vous retrouver pour un article blabla.

Depuis quelque temps, je me rends compte que j’ai une petite habitude le matin qui me rend de bonne humeur et me donne de l’énergie pour le reste de la journée.

Vous savez, on a tous ces petites choses du quotidien qui, même si elles sont très routinières, elles permettent de garder un équilibre. Sans elles, tout s’effondre.

Non, je ne suis pas du tout en mode drama queen ! Prenons ce matin, par exemple :

Je peux arriver au travail entre 7h30 et 8h30 mais, aujourd’hui, je me suis réveillée à 6h30 (sans raisons apparentes). À 6h55, après avoir essayé de retrouver le sommeil et d’avoir flâné sur les réseaux sociaux (dès le réveil, c’est mal), j’ai capitulé. Je me suis levée et j’ai commencé ma journée (« profites-en pour arriver tôt au bulot, ça changera »).

Après avoir bu un grand verre d’eau, j’ai préparé mon café. Habituellement, j’attends qu’il coule et j’en profite pour m’étirer, réfléchir, me réveiller en douceur et envisager le déroulement de ma journée. Sauf que, ce matin, je ne sais pas pourquoi, en un coup je me suis dépêchée.

Je suis connue pour être extrêmement lente. Régulièrement, je démarre ma journée à 7h00 – 7h15 du matin, par le même rituel. Mais après, d’un coup, il est 30 minutes plus tard et j’ai seulement bu mon café. Même si je m’énerve à être comme ça, je me suis habituée et j’en ai fait un besoin. Je sais être efficace quand il le faut. Cependant, j’ai besoin d’avoir le temps.

Et ce matin, spécifiquement, j’avais le temps. Et je voulais arriver tôt au boulot.

Sauf que mon copain avait son propre emploi du temps, dont j’étais au courant, et je me suis énervée. Je l’ai pressée, je me suis dépêchée, je l’ai quitté fâchée et j’ai renversé mon café.

Je sais que tout ça est sans importance pour vous, et vous avez raison. Ou alors, pouvez-vous, peut-être aussi, en tirer une leçon ? La journée, elle commence dès le réveil. Et si, comme pour moi, celui-ci est déterminant pour vous, prenez le temps.

La vie défile et on ne profite pas assez. Demain, on aura 50 ans et ces années auront filées sans qu’on ne les ai vu passées. Prenons le temps quand on peut, quand on en a besoin. Une minute c’est long quand on y réfléchit. Alors imaginer, chaque matin prendre deux à trois minutes pour vous, rien que pour vous. Pour apprécier la journée qui s’annonce, la programmer, pour rire d’une blague de la veille, pour apprécier l’odeur du café, ou du pain grillé, pour regarder dehors, voir le temps qu’il fait et se dire qu’il pleut, encore. Trois minutes le matin pour s’étirer, méditer et laisser les bonnes énergies vous envahir. Trois petites minutes pour bien démarrer la journée.

The Time Traveler by Xetobyte