Journal d’une confinée – Jour 19

5 avril 2020.


How To Get Away With Murder de Peter Nowalk. L’huile essentielle de pamplemousse. Le café glacé.


Ok, Confinement. Je suis prête.

Je suis prête que l’on se quitte.

L’ennui a fait des petits et je n’ai plus envie de cuisiner.

Tu as épuisé toutes tes cartouches.

J’ai brodé, commencé trop de bouquins que je n’ai pas eu l’énergie ou l’envie de terminer, cuisiné des recettes d’un autre monde, fait du sport sur ma terrasse car au bout du 15ème jour on s’en fout un peu de ce que les gens peuvent penser.

J’ai étudié mes voisins. Un peu trop. Je connais leurs habitudes, je sais que dans ce couple c’est le mec qui cuisine et la meuf qui pend la lessive, que cette maman seule met toujours un tabouret à la fenêtre pour que son fils puisse applaudir, que soit le salon en face de chez moi est un endroit partagé, soit le locataire à 4 petites amies différentes.

J’ai recommencé Friends pour la 26ème fois (de ma vie, pas du confinement), essayé des puzzles, entreprit des leçons de néerlandais, voulu postuler à des offres d’emplois qui n’existent pas.

J’ai contemplé le plafond de mon salon, de ma chambre et de ma salle de bain. Je me suis essayée au dessin avant de me rappeler que j’avais des limites. Du coup, j’ai tracé des lignes.

J’ai fait des gratins, des gateaux, des biscuits, des salades, des quiches, des galettes, des porridges, des petits plats et des boissons diverses et variées pour enjoliver mes journées.

J’ai participé à des appels vidéo via WhatsApp, Zoom, Skype, Messenger, Hangout, FaceTime et Whereby. J’ai joué en ligne au Pictionary et tenté un loup-garou.

J’ai écrit. Ce qui m’a fait du bien et m’a parfois fait pleuré.

J’ai fait des listes, tant de choses à faire pour prétendre une certaine productivité que d’envie pour l’après.

Je me suis lancée des défis aussi utiles que quelques minutes de sport par jour qu’inutiles tels que de laisser un peu de vaisselles sales s’empiler afin de me prouver que je ne suis pas une maniaque obsessionnelle.

J’ai autant échoué que réussi.

J’ai gommé, épilé, rasé, masqué, crèmé, coiffé, coupé, manucuré, limé, tressé, monté en chignon, lissé, crollé, ondulé, maquillé, démaquillé, nettoyé, purifié, matifié, teinté et rouge à levré.

J’ai fait le ménage, aspiré, récuré, passé à l’eau, frotté, séché, lancé des machines de linges et de vaisselles, lavé des vitres, dépoussiéré, mis du produit, laissé agir et rincé.

J’ai entreprit et abandonné aussi. J’ai essayé d’être productive et culpabilisé quand je ne l’étais pas. J’ai été bienveillante avec moi-même et ai tenté de m’écouter.

Et je me suis ennuyé.

Alors maintenant c’est bon. Confinement, j’ai donné. Tu peux arrêter de squatter mon canapé.

Merci d’être passé.

Journal du confinement – Jour 1

Mercredi 18 mars 2020.


How Will I Know de Whitney Houston. On My Block de Lauren Iungerich, Eddie Gonzalez et Jeremy Haft. Joséphine Baker de Catel et Bocquet. Le Book Club Podcast de Louie Media.


8:00. Réveil en grande forme et de bonne humeur. Je suis moi-même surprise car je n’ai pas passé une nuit sereine. Et oui, l’annonce du confinement de la veille a quelque peu fait ressortir mon anxiété. En général, je suis heureuse de vivre seule. Vraiment. Mais bon, il est certain que la perspective d’être SEULE pour les prochaines semaines m’a fait ressentir mon choix comme une légère contrainte.

Challenge accepted.

9:10. Pendant mon ouverture matinale et quotidienne, un café à la main, Ziggy dans le creux de mon bras, d’instagram, je tombe sur le live enregistré la veille de Ben Platt, un acteur américain. Avec ses amis de confinement, il a enregistré une dance party. Sans plus grande introspection et réflexion, je retire mon pyjama et enfile des vêtements permettant une activité sportive. Je n’ai pas de tenue de sport à proprement parler. Le manque d’activité diront les mauvaises langues.

9:18. Je danse dans mon salon. Heureusement, l’appartement en face est inoccupé (cela veut-il dire qu’aussi longtemps que durera ce confinement, je ne peux pas espérer que quelqu’un lave ces foutus vitres qui commencent à me donner envie de leur faire une Monica ? Si tu as la ref tant mieux). Au plus je m’abandonne à mes mouvements, au plus je prends conscience du peu de chose que je suis. Et pour la première fois, cette pensée me rassure. Je n’ai pas de responsabilité, pas de travail, un chat à nourrir et des factures à payer, certes, mais je n’ai rien à faire d’autre que de rester chez moi. Et mon appartement je l’ai construit comme mon havre de paix, mon bunker. C’est ma chambre à moi. J’augmente le volume et je me connecte. Je m’éveille. Je prends possession de chaque recoin de mon appartement avec mes mouvements. A part Ziggy, personne ne me juge. Pas même moi.

Fini la rigolade. J’ai intérêt à ne pas trainer car le confinement commence à midi.

10:45. Je suis étonnée du monde en rue. Clairement, tout le monde est habité de la même urgence. À la poste, j’assiste à une scène que je n’aurais jamais pensé voir de ma vie. On fait la file sur le trottoir, 1,50m de distance entre nous pour rentrer 5 par 5 dans le bureau de poste. La voix de Macron en tête qui répète « On est en guerre », j’attends patiemment mon tour. On se sourit. Je retiens mon envie de tousser.

11:52. Je suis de retour chez-moi avec mon colis et une pizza surgelée. Y avait une file au Carrefour express, j’avais faim, j’ai opté pour le paki. C’était con. Je suis une faible personne.

13:10. Je sors mon transat dehors pour prendre le soleil. Je lis. J’écris, je brode sur un t-shirt. Je brode une phrase qui appelle à se mettre debout tout en restant affalée dans mon canapé (le temps s’était un peu rafraichit).

20:00. Il y a du bruit dans la rue. Tout le monde est à sa fenêtre pour applaudir toutes les personnes qui malgré les mesures de sécurité continuent de travailler: le personnel soignant, les pharmaciens, les travailleurs sociaux, les employés de grandes surfaces, les conducteurs de train et de transports en commun, les professeurs, les ouvriers, les agents d’entretien, les personnes qui ne peuvent pas télétravailler et qui tous les jours s’exposent au virus.

20:02. Je chiale. C’est beau ce monde qui applaudit.

Virginie Despentes, mon héroïne.

L’entretien d’embauche

Pour ceux d’entre-vous qui êtes passés par là, vous le savez ce n’est pas chose aisée de passer un entretien d’embauche.

Déjà parce que se vendre c’est chaud, ensuite parce que se vendre devant 2 ou 3 personnes (le minimum) c’est hyper compliqué. Et intimidant.

En ce moment, c’est ma routine de me preparer et d’aller à des entretiens d’embauche. J’ai toujours envie d’être ultra bien sapée et bien aprêtée. S’ils m’engagent, ils risquent d’être ultra déçus car ma base vestimentaire se compose d’un jean, tee-shirt basique et d’un pull coloré. Au pied, j’ai souvent une paire de basket ou des Doc quand j’ai envie. Mon maquillage ? Les sourcils frère, et souvent c’est tout.

Mais pour un entretien d’embauche, je fais un effort. Car comme toute femme qui se respecte (et qui vit dans une société dominée par l’image) j’ai le plus confiance en moi quand je fais un effort vestimentaire, que je suis maquillée mais comme si c’était naturel et que je porte une culotte et un soutien assorti.

Je me dis que si les (futurs) employeurs savaient le mal qu’on se donne, peut-être qu’ils feraient eux aussi un effort léger de sourire de temps en temps, de te mettre à l’aise et en confiance. Ou alors, juste de ne pas te donner l’air de retenir un pet durant toute l’interview tellement tu es gênée.

Car on a beau avoir mis toutes les chances de son côté, porté un ensemble de sous-vêtements assortis (évidemment ils ne le savent pas et ne leur dites pas, c’est mieux) et préparer nos éventuelles réponses devant le miroir plusieurs fois le matin même, on ne maitrise pas entièrement le déroulement d’un entretien. On ne maitrise pas forcément toutes les questions qu’ils vont poser. Même après plusieurs entretiens dans des domaines et organisations différents, ils arrivent toujours à te poser LA question. Celle que tu n’avais pas vue venir, même pas envisagée. Et je ne parle pas d’éventuelles questions mysogynes, car étant une femme, à ça je suis préparée. Non, je parle de LA question qui vient après une série qui n’avait que pour unique vocation : te déstabiliser. Cette question souvent elle implique que tu aies déjà travaillé pour eux et que tu aies un recul sur la fonction au point de pouvoir en faire une analyse la plus objective possible. En gros, à cette question il n’y a pas de bonne réponse. Du moins, tu ne peux pas la connaître. Du coup, t’y vas au culot, tu tentes un truc, tu imagines. C’est risqué, tu pries l’univers que ton déo bio tienne le coup car tu n’as pas le choix, tu dois répondre à la question. Si tu es devant des gens bienveillants (ce qui est rare s’ils t’ont posés cette question mais souvent, dans le groupe à qui tu t’adresses, c’est à ce moment que l’un d’entre eux a un peu pitié pour toi) une discussion va naître car ils ne te laisseront pas seule dans ta réponse. Par contre, si tu es devant des gens qui ont très peu de considération pour l’humain, même s’ils travaillent dans le social (surtout s’ils travaillent dans le social), ils vont te laisser seule, te regarder intensément en te disant que tu as le temps de réfléchir, tu peux même écrire si ça t’aide à formuler ta réponse. Tout en commençant un air nerveux avec le bouton pour ouvrir et fermer leur bic. Tu as le temps, bien sûr.

C’est à ce moment que tu comprends que certains voient en l’entretien d’embauche l’occasion de flatter leur égo. Pourquoi veux-tu travailler pour nous ? Qu’est-ce qui fait que notre organisation te plaît plus qu’une autre ? Que penses-tu de notre travail ? De notre manière de le faire ? Que penses-tu de nous ? De moi ? Est-ce que tu m’aimes ?

Biensur qu’une série des questions évoquées plus haut sont logiques mais, c’est l’attente de la réponse qui ne l’est pas. Il y a une réponse idéale qu’on ne sait pas et qui ne peut pas être sue à moins d’avoir travailler pour eux ou alors d’être ultra faux-cul. Car ce qu’ils oublient souvent, c’est que quant on est en recherche d’emploi, on postule à plusieurs choses, que ça arrive que notre seule motivation soit de trouver une activité. Mais on ne peut pas leur dire que leur offre d’emploi représente l’opportunité de troquer son pyjama pour son jean qui nous manque et de sortir de chez soi quelques heures par jour afin de ne pas complêtement basculer dans une relation dépendante affective avec son chat.

Non, ils ne savent pas non plus (ne veulent pas savoir) qu’on a plusieurs entretiens sur le feu, qu’on est en attente de réponses de la part de différentes organisations. Que ce qui nous ferait choisir l’une ou l’autre c’est probablement le salaire et le fait qu’ils veulent de nous. Non, ça ils ne veulent pas le savoir. Alors on danse ensemble ce rock infernal dont personne ne connaît les pas mais tout le monde fait semblant. Il faut donner l’impression de maîtriser. Même si tu doutes. Même si ça commence à faire mal cet enchaînement d’entretiens qui ne mènent nulle part. Même si tu t’interroges, du coup, sur ce que tu vaux, ce que tu as offrir, si tu as choisi le bon métier, s’il y a quelque chose que tu fais mal. Même si toute cette danse infernale ne te donne que courbatures a force de ne pas savoir, d’avoir le sentiment de faire genre tout le temps.

Le plus dure c’est que tu ne sais pas quand ça va s’arrêter. Alors tu continues, en donnant davantage le sentiment d’y croire alors que le cœur n’y est plus.

Livreur Deliveroo c’est une bonne situation ?

Merde… j’aime pas le vélo

Une lanterne dans la nuit

Je sais, je vous dois des excuses. En ouvrant cette rubrique, je vous avais promis une critique littéraire par mois et j’ai un paquet de mois de retard. Mais, on ne va pas compter…

Du coup, ce mois-ci je vous retrouve avec, non pas un mais, deux coups de cœur. Ces deux livres écrits par Saphia Azzeddine m’ont bouleversé. Le premier, Bilqiss, je l’avais dans ma bibliothèque depuis moins d’un an et il m’attendait avec son post-it à lire. Le second, Confidences à Allah, je l’ai acheté en réaction à mon amour pour le premier.

Je vais commencer par vous pitcher le premier. Bilqiss raconte l’histoire d’une femme musulmane indocile, Bilqiss, condamnée à la lapidation dans un pays où la charia est appliquée. Son crime : avoir fait l’appel à la prière. Le juge, en charge du procès, tombe amoureux et une journaliste américaine, Leandra, fait le déplacement pour assister au procès et rencontrer son idole « à la beauté tragique et au regard puissant ». Les trois personnages ne parlent pas le même langage. Et chacun se renforce dans son discours.

Et c’est grâce à ce trialogue que nous nous posons des questions et nous interrogeons sur nos propres choix. Saphia Azzeddine réussit, à travers le prisme de la femme musulmane opprimée, à nous renvoyer à nos propres conflits intérieurs.

« Ah, vous les aimez, les femmes musulmanes opprimées, hein, vous raffolez de cette espèce. Et plus, la persécution est barbare, plus grande est l’affection. Vous bondissez pour nous défendre, élevez la voix pour nous soutenir, tout cela sobrement, avec des mines appropriées, pas trop maquillées, à peine coiffées, comme sur la photo que vous étiez si fière de me montrer la dernière fois, entourée de vos copines très concernées le temps d’un cliché, muettes parce qu’il n’y a tellement rien à dire face à l’horreur, à l’injustice et à la barbarie. »

À chacun de se positionner et de se demander à qui il ressemble le plus.

Sommes-nous le juge ? Cet homme de conviction que rien ne bouleverse et que tout renforce. Sauf l’amour, peut-être… Sommes-nous Leandra ? Une JAP (Jewish American Princess) qui s’indigne face à l’injustice. Mais son combat a autant de force que de condescendance et ne dure, souvent, pas plus longtemps que l’émotion. Ou, sommes-nous Bilqiss ? Une femme. Musulmane et opprimée. Dans un pays où nous n’avons pas le droit croire comme on veut et faisons de notre conviction notre combat. Elle cherche à se réapproprier Allah, son Allah.

Je ne m’étendrai pas longtemps sur à qui je ressemble et pourquoi. Je pense que cela est évident. Et ce n’est pas l’important. Non. Saphia nous invite à se poser les bonnes questions et à dépasser cette position un peu stéréotypée. Elle a choisi d’écrire son livre comme un conte. Elle se permet, ainsi, de grossir les traits sans pour autant tomber dans la caricature. Son histoire est crédible tout en ne l’étant pas. Ainsi, libre à chacun de tirer la sonnette d’alarme ou non. Libre à chacun de se poser des questions ou non, et de se laisser porter par son écriture et l’histoire romanesque. La nuance, c’est le lecteur qui l’apporte car, à notre niveau, on est tous un peu le juge, Leandra et Bilqiss à la fois…

« Vouloir m’aider était une noble pensée, Leandra. Pourtant ici les nobles pensées sont de belles salopes qui allument mais n’embrassent pas. »

Mon deuxième coup de cœur est en réaction au premier. J’ai tellement adoré la plume de Saphia Azzeddine que j’ai eu envie de lire l’entièreté de sa bibliographie. Je me suis retenue car je suis en blocus (donc, ne t’inquiète pas maman) mais j’ai tout de même jeté mon dévolu sur Confidences à Allah, le premier roman de Saphia Azzeddine. Et que vous dire ?

Déjà, je l’ai dévoré en une soirée. Signe de qualité d’écriture. Et aussi parce qu’il est petit, 126 pages.

Ce roman raconte le monologue de Jbara à Allah. Jbara est une petite bergère qui vit dans la pauvreté dans les montagnes marocaines et qui se prostitue pour des yaourts. Mais pas n’importe lesquels. Non, les « Raïbi Jamila, un délicieux yaourt à la grenadine qu’on boit par en dessous en faisant un petit trou. » A son Dieu, elle a décidé de s’y adresser crûment, sans langue de bois. Elle a surtout choisi de l’aimer sans le glorifier. L’honorer en recherchant à sortir de sa situation car, « une quête de savoir vaut une vie entière de prières ». Et ça, Jbara en a fait son combat.

« Allah, je refuse que Tu sois un Dieu bouche-trou, que Tu sois la réponse à toutes mes questions et spécialement la réponse à mes ignorances. Sinon, ça fait de moi une conne. Et je ne suis pas conne. Sauf des fois, c’est vrai… »

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J’ai, évidemment, conscience que si j’ai aimé particulièrement ces deux livres c’est qu’ils font tristement écho à l’actualité et à la médiocrité de 2016.

Mais je me dis, pourquoi ne pas accueillir 2017 en allumant nos lanternes pour nous éclairer un peu ? Pourquoi ne pas entreprendre le chemin et essayer d’être moins cons et moins donneurs de leçons ?

La tolérance, la vraie, c’est accepter. Accepter l’autre dans sa totalité et sa complexité. Accepter, alors, de ne pas pouvoir tout comprendre.

Pour 2017, lisons plus de livres dans ce genre-là. Permettons-nous de croire encore que le monde est beau et que les humains qui l’habitent aussi. Pour cela, ouvrons nos yeux et nos cerveaux. Ou plutôt, utilisons-les.

Americanah

En Amérique, le racisme existe mais les racistes ont disparu. Les racistes appartiennent au passé.


Si vous ne deviez lire qu’un roman cet été, sans aucun doute je vous dirais de lire Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. Il fait un peu moins de 700 pages, donc il vous prendra du temps.

Pour ma part, je l’ai dévoré en une semaine de vacances.

On suit la vie d’Ifemelu et d’Obinze, leurs histoires personnelles respectives et leur histoire d’amour qui traverse trois continents. Ils ont grandi au Nigeria entre la classe moyenne et les privilégiés. Suite à des grèves à répétitions qui touchent les universités, Ifemelu obtient son visa pour les États-Unis d’Amérique. Elle est acceptée à l’université de Philadelphie. Entre choc culturel et adaptation, elle découvre l’existence de sa couleur. Sa différence et l’enjeu qu’elle représente. Les difficultés qu’elle apporte et sa position sociale.

Ce livre permet de se rendre compte de l’enjeu que représente la race, de sa position de blanc dans un pays occidental et de vouloir la remettre en perspective.

Le racisme ordinaire existe et est-ce que j’y participe ? De manière inconsciente et presque innocente, sans faire de vague. Non, je ne suis pas raciste. Mais je vis dans un monde qui l’est. Sans en donner l’intention. Sans se faire remarquer. À peine perceptible, la différence de race existe toujours et fait intrinsèquement partie de la norme. Et c’est là que c’est dangereux car fourbe.

Aux Etats-Unis, on apprend que peu importe son importance ethnique, si on n’est pas blanc, rien n’est « pire » que d’être noir. Et là encore, on distingue noir afro-américain et non-américain. Dans une université, les professeurs demandent de ne pas utiliser le terme « nègre » dans les commentaires à propos d’un film qui traite de l’esclavage. Comme si, ne pas dire le mot enlevait toute la signification. Tout est une question de contexte et non de syntaxe.

Ce livre permet de conscientiser cela, de se poser les bonnes questions et d’avoir envie d’y être attentif pour ne pas participer à ce jeu « inoffensif ». Pour qui ? Pour moi, pas pour l’autre, encore et toujours victime de cette différence. Moi, quoiqu’il arrive j’aurai toujours les bonnes cartes pour tirer mon épingle du jeu et justifier que je ne suis absolument pas raciste, sans avoir besoin à utiliser l’argument « ma colocataire est noire, je ne peux pas être raciste ».

Alors je dis stop. Je ne sais pas si je fais partie de ces gens qui sans en avoir l’air participe à perpétuer ce racisme perfide. Mais je décide que je ne veux pas. Et, je compte bien y faire attention.

C’est à ça qu’on reconnaît les grands livres. Tout en lisant un roman au bord d’une piscine, l’air de rien, j’ai appris une des plus belles leçons de vie: la tolérance. La vraie, celle inébranlable. Celle que rien ne vient perturber. Celle qui ne voit que l’être humain.

La cup est pleine !

Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de LA révolution qui est entrée dans ma vie, j’ai nommé la cup menstruelle !

Vous vous attendiez probablement à quelque chose de plus glamour mais voilà je suis une femme et par conséquent je suis réglée tous les mois…

Alors évidemment, comme beaucoup j’étais réticente au début. « Mais comment je vais faire au boulot ? », « C’est un peu crade quand même », « Vive l’odeur ! »… Mais l’essayer c’est l’adopter.

Un beau jour, entre copines, on s’est dit qu’on ferait bien une commande groupée. Non pas de chaussures, de cups menstruelles. On est des filles cools, un peu bobo mais dans l’air du temps.

En avant la recherche sur les sites internet car celle vendu chez Di coûte tout de même 25€. Même si on est d’accord que c’est bien moins que ce que les tampons coûtent à force d’utilisation.

Nous avons trouvé la nôtre (je rassure tout le monde, nous en avons chacune acheté une bien-sûr) sur le site sebio.be, un site de produits biologiques. Celle que nous avons achetée ne coûte que 13,90€ sans les frais de port. Elle vient de la marque Meluna et est disponible en différentes tailles et coloris. Sous les conseils du site, j’ai pris une de taille médium avec l’anneau au bout.

D’un point de vue technico-pratique, je vous recommande de lire correctement la notice avant de l’essayer. Je vous rassure, ce n’est pas bien compliqué d’utilisation. Personnellement, j’ai besoin de m’accroupir mais, je pense qu’il y a vraiment moyen de la mettre en place en restant assise. Alors je n’ai pas de règles très abondantes, ce qui ne m’handicape pas du tout au travail car, je n’ai  pas besoin de la vider. On peut la laisser en place de 8 à 12h.

Alors évidemment, j’avais mes réticences mais toutes ont disparues.

Mon propre sang ne me dégoute pas, et je pense qu’il est temps qu’on arrête d’être écœuré des choses naturelles de notre propre organisme. Il faut arrêter de penser les menstruations comme un tabou. Toutes les femmes, la moitié de l’humanité vit au rythme des menstruations. Si c’était les hommes qui les subissaient, il y a longtemps que tout ce qui se rapporte à l’intimité féminine serait considéré comme produits de première nécessité. Mais, c’est un autre débat.

La cup respecte tellement mieux l’environnement naturel de notre intimité. Moi qui aie tendance à avoir des démangeaisons pendant mes règles, elles ont complètement disparues avec l’utilisation de la cup. Il faut savoir qu’un tampon pour être absorbant utilise toute sorte de produits chimiques et ne « trie » pas ce qu’il absorbe. Ce qui, en définitive, assèche énormément notre vagin qui est sensé resté humide.

En plus d’être respectueuse de notre corps, elle respecte la planète car les tampons et les serviettes hygiéniques sont tout de même très polluants. Elle respecte notre porte-monnaie car je n’ai lu nulle part que la cup avait une durée de vie limitée.

En conclusion, vous comprendrez que je ne vois aucune raison de ne pas adopter la cup comme protection hygiénique. Je ne sais pas si je vous convaincus, j’espère et je vous la recommande vivement.

Voici une petite illustration que mon chéri m’a envoyé et qui m’a bien fait rigoler.

À bientôt.

Célébrons les (droits des) femmes !

Aujourd’hui, le 8 mars, marque l’annuelle journée internationale des droits de la femme. Une journée pour se rappeler qu’il existe encore trop d’inégalités et que la femme est encore bien trop opprimée dans le monde entier. Et oui, ne baisser pas les yeux, chez nous aussi. 

D’ailleurs Le Soir d’aujourd’hui, sans bien se fouler pour nous sortir un vrai dossier sur un bilan de la condition de la femme dans le monde, nous rappelle que l’écart se creuse et se maintient entre les sexes. Ça me désole car chaque année on nous sort les mêmes chiffres sans développer aucune solution. C’est presque comme si chaque année on reculait. A force de répéter les inégalités on s’en contentera non? Du moins, on sera habitué et on se dira qu’on pourrait être une femme en Arabie Saoudite, donc réalisons notre chance.

Et bien, je dis stop. Stop à cette hypocrisie. L’égalité est possible, organisons-là. Ça commence à l’école, l’éducation a besoin d’être repensée. Et puis, il faut que la politique prenne le relais afin que les rôles sociaux de genre puissent être réarticulés. Il est primordial que les rôles sociaux soient redéfinis sans tenir compte du sexe et sans les hiérarchiser. 

Il n’est pas possible qu’en 2016 une femme se voit encore reproché le viol qu’elle a subi, aussi courte était sa jupe. Il n’est pas possible qu’en 2016, il y ait toujours une différence de salaire entre un homme et une femme. Et il n’est certainement pas possible qu’en 2016 la Légion d’honneur soit remise au prince héritier de l’Arabie Saoudite. À quand un peu de justice ?

J’aimerais rappeler le mot droit présent dans le titre de cette journée qui est bien trop souvent oublié. Aujourd’hui, ce n’est pas la journée de la femme mais de ses droits. Cette journée doit permettre de se rappeler des droits que nous avons acquis et de les utiliser pour tenter, un jour de plus, d’atteindre cette égalité. Je refuse de croire qu’elle est utopique.

Alors pour tout cela, je vous remercierais de ne pas m’offrir de fleurs, de ne pas m’accorder des ristournes dans les magasins sous prétexte que je suis une femme, de ne pas redoubler d’attention à mon égard car il s’agit bien de ma journée. Je n’ai pas choisi d’être femme. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, je suis très heureuse de l’être. Mais, je n’ai pas besoin que vous me le rappeliez car il m’est impossible de l’oublier.

Offrez-nous le respect d’être considérées comme votre égal. Ne perdurez pas ses inégalités en m’accordant des promotions au rayon hygiène et parfumerie des grandes surfaces ou à l’achat d’un aspirateur.

Utilisez cette journée pour vous souvenir de toutes les remarques que vous avez un jour dites à une femme simplement parce qu’il était facile de lui faire une remarque. Souvenez de toutes les horreurs dont vous avez étés témoin en tant que femme et dont vous avez appris à vous y accommodez. Vous ressentez ? Le dégoût et la colère ?

Utilisez-là pour qu’il n’y ai plus jamais de journée de la femme ou même de ses droits. Soyons fières d’être femme car nous avons démontrer que nous pouvons nous battre sans faire de guerre. Rappelons aux petites filles de ne pas avoir honte, de s’exprimer, d’oser et de ne pas arrêter de rêver sous prétexte qu’on leur dit, un jour, que cela était réservé aux garçons. 

Merci à Klaire fait Grr pour son poème.