Should I Laugh or Should I Laugh

C’est avec un article un peu particulier que je te retrouve aujourd’hui. Particulier dans sa construction car il aura deux parties.

L’année dernière, je suis allée voir une pièce de théâtre, Should I Stay or Should I Stay  de Simon Thomas avec Jules Churin, Héloïse Jadoul, Manon Joannotéguy et Lucas Meister au théâtre de La Balsamine. Le chic d’avoir une amie comédienne !

Comme la pièce se rejoue à partir du 16 novembre pour quelques représentations et que je retourne la voir, je me suis dit que j’allais te convaincre d’y aller aussi. C’est simple, j’avais a-do-ré.

Je me suis dit que ce serait une bonne façon de te présenter la pièce. T’en parler comme je m’en souviens, un an après et te confirmer ou t’infirmer mes propos une fois la pièce revue.

[7 nov 2017]

Mais, Should I Stay or Should I Stay ça parle de quoi ?

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Photo de la pièce prise sur le site du Théâtre de la Balsamine

La pièce met en scène quatre personnages habillés en super-héros. Ils semblent enfermés dans une pièce malgré que les portes soient ouvertes.

C’est difficile de t’en dire plus, je crois que si je t’en disais plus, je ne te dévoilerais que mon interprétation et je te gâcherais la pièce.

Ce que je peux te dire, c’est qu’on rigole. Et je ne sais pas toi mais, moi, perso, j’aime rire. Surtout quand c’est intelligent. Attention, je ne veux pas dire que ça enchaîne les blagues avec des références culturelles et intellectuelles. Non, c’est intelligent car le rire est bien construit, il ne s’effrite pas et n’est pas de mauvais goût.

On rigole du début à la fin !

C’est difficile de te dire de quoi parle la pièce car, c’est complètement absurde, barré, déjanté, frais, drôle. C’est du belge autant que la piste cyclable qui s’arrête alors que la route continue, que le nombre de travaux dans Bruxelles, que le fonctionnement de la Stib en général et que les horaires de train. C’est complètement barré et on adore détester ça, ça fait partie de notre unité. Sauf qu’ici, tu adoreras adorer ça.

Alors, oui, une des comédiennes c’est ma pote. Tu vas me reprocher ma subjectivité parce qu’évidemment par principe j’aime tout ce qu’elle fait tellement je la trouve talentueuse.  Mais, ce n’est pas un seule-en-scène, elle n’a pas écrit la pièce et elle n’est pas la seule comédienne. Donc, bon. Et puis, vas-y, tu verras par toi-même. Et si tu trouves que je manque d’objectivité, pas de soucis, on en discutera !

 

*

 

[21/11/2017]

Hier soir je suis allé au théâtre. J’aime aller au théâtre.

Toute la journée j’étais impatiente. Même si j’avais déjà vu la pièce. Surtout parce que j’avais déjà vu la pièce.

Pas une seconde je me suis dit que je risquais d’être déçue. Comme quand on regarde un film qui importait tellement dans notre enfance des années plus tard et qu’on ne parvient plus à expliquer pourquoi on l’aimait.

Et j’avais raison, je n’ai pas été déçue. J’ai tout autant adoré. Peut-être même plus. On n’est plus surpris par l’ensemble de la pièce donc on peut se concentrer sur d’autres choses.

Je me suis concentrée davantage sur le texte. Ainsi, je peux vous dire que « Should I Stay or Should I Stay » ça philosophie, ça parle de la mort, de la vie, de la survie, de la construction de montgolfières, de notions de temps, de sandwich américain banane,…

Entre autres choses.

C’est toujours aussi drôle, frais, barré et complètement absurde.

C’était comme de revoir un épisode de Friends que tu connais par cœur. Tu connais la chute donc tu ris par anticipation.

Ce qui est chouette avec une pièce de théâtre comique c’est le public. L’entendre rire, parfois en décaler, parfois bizarrement, ou subitement, ça apporte beaucoup. C’est une atmosphère, une énergie.

J’ai pu également me concentrer davantage sur le jeu d’acteur. Ils sont incroyables, ils se passent quelque chose entre eux sur scène. Comme un clic qui signifie que ça fonctionne. Ils sont drôles et justes. Et puis, leurs expressions sur leur visage et leur manière de se servir de leur corps, Oh my !

Je te conseille d’y aller. C’est 1h05 de rire, c’est bon pour les abdos.

*

Réserve vite ta place ici, ça part comme des petits pains (chauds et au chocolat) :  ici

Plus d’infos sur la pièce: ici

Antigone

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Jeudi soir, je suis allée voir Antigone de Sophocle au théâtre du Parc. La pièce est chorégraphiée et mise en scène par José Besprosvany. Oui, car dans un élan de modernité, danse et jeu se mêle afin de servir le texte et de bouleverser le spectateur.

Et je peux vous dire que j’ai été bouleversée.

Dans un premier temps, par l’actualité du texte.

Antigone se rebelle contre l’édit d’un monarque absolu, Créon, qui l’empêche d’offrir à son frère une sépulture dans la pure tradition des dieux. Créon la condamne à la mort. Le peuple se soulève. Antigone meurt. Le roi s’entête dans sa décision étant persuadé d’être juste. À n’avoir voulu écouter personne, il perd son fils et sa femme.

L’histoire on la connait tous. Pour la plupart, on l’a étudié en français à l’école. À l’époque, c’était un vieux texte, poussiéreux, que nous n’aimions pas avant de l’avoir lu. Probablement, à cause de son caractère obligatoire qui ne nous permettait pas d’apprécier son message. Sales morveux.

Bien-sûr, ici le texte est magnifiquement adapté et permet de créer le débat. Et il est important d’échanger après une pièce comme celle-là.

Antigone et Créon sont radicaux, intransigeants mais ne défendent pas les mêmes valeurs. Antigone incarne la Foi et le fanatisme religieux, alors que Créon, totalitaire, agit comme un tyran.

Le débat n’est pas de savoir qui a raison, ils ont probablement tous les deux torts d’ailleurs. L’important est de comprendre leur radicalité et de la remettre en question, quelle que soit la force derrière le combat.

Au niveau de la mise en scène, la danse apporte une émotion particulière et porte le message de la pièce. José Besprosvany est, d’ailleurs, avant tout un chorégraphe.

Malheureusement, je trouve que le jeu et la danse ne se rejoignent pas assez. Créon et Antigone paraissent isolés du reste de la troupe. Bien que cela permette de symboliser leur opposition face aux autres personnages, cela oppose un peu les deux disciplines. Le sort réservé à Antigone engendre le soulèvement du peuple, mais elle n’interagit pas eux, ou trop peu. D’ailleurs, elle n’est pas assez présente. Toutes ses interventions sont justes et bouleversent. Mais, on reste sur notre faim, on en veut plus.

Le personnage du messager est une vraie bouffée d’air frais. Il permet de prendre de la distance, et donc du recul, face au drame de la pièce car il apporte une touche de comédie. Il fait rire. Et c’est bon quand le sujet est intelligent.

J’ai vraiment passé un bon moment dans un théâtre splendide (je voulais le mentionner). J’ai aimé Antigone, les comédiens et les danseurs. J’ai adoré que jeu et danse se mêlent. J’ai adoré que le texte soit mis en musique tel un slam. Je regrette seulement qu’Antigone et Créon n’y prennent pas part.

L’avant dernière scène, nous laisse dans une émotion brute. Les danseurs rassemblent leurs dernières énergies afin de nous livrer un message magnifique. Et je crois que j’aurais aimé que la pièce se finisse là. Je ne suis pas rentrée dans le personnage de Créon. J’aimais qu’il ait un air de ministre, ça apporte encore plus d’actualité à la pièce. Mais, je n’y ai pas toujours cru.

J’ai envie de vous dire d’aller voir cette pièce. Entre amis ou en famille. Emmenez vos jeunes frères et sœurs ou cousins. Ou vos grands-parents. Allez-y avec des personnes avec qui vous aimez discuter, échanger, vous disputer et vous réconcilier.

C’est pour cela qu’il est important d’aller au théâtre, d’ailleurs. Pour se rappeler de s’aimer et de se tolérer davantage.

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