Journal d’une confinée – Jour 40

26 avril 2020.


Harry Potter de J. K. Rowling. Fleetwood Mac. S’émerveiller des fleurs qui poussent.


Et voilà c’est fini.

Mon confinement tel que je le vis depuis le début prend fin demain.

Cela ne veut pas dire que je vais sortir de chez moi sans masque, aller sonner chez mes voisins, les embrasser goulûment un à un ou encore aller lécher une barre de métro. À vrai, je ne ferais pas ça en temps normal….

Non, à partir de demain je reprend le chemin du travail. Après un an de chômage et 40 jours de confinement, je vais me vêtir de mon plus beau bleu de travail et sortir de mes petits problèmes de privilégiées et d’angoissée de la vie pour aller me rendre utile.

Et ça me met en joie.

J’ai appris que j’avais été engagée le lendemain de mes 30 ans (qui ont eu lieu lundi). C’était comme un cadeau de l’univers.

Je redoutais d’avoir 30 ans. Bien sûr à cause de toutes ces injonctions qu’on met sur le dos des jeunes femmes et des attentes de la société. Avoir 30 ans me mettait face à ces fameuses « check-list vie » où tout ce que je n’avais pas coché (et pour lequel j’ai encore le temps d’avoir envie d’y penser à les réaliser) prenaient plus de place que ce que j’avais accompli. Je n’avais pas prévu d’être au chômage si longtemps. Non, la petite privilégiée que je suis ne pensait pas une seconde qu’une recherche d’emploi serait si compliqué. Qui ne voudrait pas de moi ?

Même si je chéris ces privilèges (surtout maintenant que je les déconstruis) parce qu’ils m’ont permis de grandir en pensant que seulement le ciel est la limite, ils rendent le coup sur la tête très puissant et violent.

Un coup qui fait du bien, certes. Mais un coup quand même.

Alors que voila à 30 ans +1 jour, je reçois ce fameux appel que j’ai failli ignorer car comme tout millennial qui se respecte, j’ai une petite phobie du téléphone. Ce fameux coup de téléphone qui me dit que l’on m’a enfin choisie. « Bravo, tu as passé le cap de fêter tes 30 ans chômeuse et confinée. Pour te féliciter, on a un cadeau pour toi: un boulot. Un que tu voulais, qui plus est. En vrai, on y est pas pour grand chose, c’est plutôt un hasard de calendrier. C’est toi qui t’es donnée la peine d’y arriver. Tu as tenu bon, tu as tenu le choc, et tu ne t’es pas tant plaint que ça, et surtout tu n’as fait que 76 banana bread depuis le début du confinement. »

Surmonter ses peurs, quelle satisfaction !

Alors confinement chéri, on se quitte bons amis car on ne se sépare pas tout de suite. Le temps que tu trouves un appart et une autre planète à aller ennuyer. En attendant, je ne vais pas te faire l’offense de recommencer ma vie sociale, je sais que ça te ferait trop de mal.
Et je respecte ce que nous avons vécu.

Mais, mon petit Coco, ne t’éternise pas. Les ruptures qui durent 100 000 ans, ça ne fait du bien à personne. Je ne voudrais pas te détester et devoir expliquer à mes amis que je ne peux pas les recevoir tout de suite car comme tu vis encore sous mon toit, c’est plus compliqué.

Donc n’aie pas peur de décrocher le téléphone, tu pourrais manquer une bonne opportunité.

Et moi manquer de retrouver ma complète liberté.

Bisou.

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